‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 704 sur 1729 · GAZETTE · texte numérisé non relu

GAZETTE

assez imparfaits : c'est un carbonate double hydraté de chaux et de soudo (!SVO.CO* + CaO.GO* + 511*0). On le trouve dans les marnes qui recouvrent l'urao à Lagunilla en Venezuela, et à Ragtown (Nevada).

GAZ (nom créé par Van Helmont, du flamand geest, esprit, onde 1 allem. gàschen, bouillir, fermenter), nom commun à tous les fluides aériformcs. c.-à-d. aux corps qui sont ana- Jo,;aies à l'air par leur transparence, leur compressibilité, et »'n général par l'ensemble de leurs ))ropriétés plivsiques. La plupart des gaz passent à l'état liquide ou solide, lorsqu'on les expose à l'action d'une forte pression, ou d'un grand froid, comme Faraday l'a démontré le premier : les gaz ne sont donc que des vapeurs de liquides très volatils. On a appelé gaz coercibles ceux que l'on peut liquéfier, et gaz permanents ceux que Tonne savait pas condenser, comme l'oxygène, l'hydrogène, l'azote, le bioxyde d'azote, l'oxyde de carbone et le gaz des marais. M. Cailletet a montré qu'après une forte compression suivie d'une détente hrusque, tous les gaz peuvent se liquéfier ou du moins se

frésenter à l'état de brouillard plus ou moins ouaque. I. It. Pictet a annoncé à la même époque (1877) des expériences de liquéfaction complète de l'oxygène et de l'hydrogènt' (|ui auraient peut-être besoin d'être reprises. Depuis, WM. Wroblewski et Olszewski (1884) ont obtenu, en s'inspir;iiit des expériences de M. Cailletet, la liquéfaction de l'oxygène et la solidification de l'azote. — Les gaz sont remarquables par la tendance qu'ils possèdent à augmenter sans cesse de volume et à exercer ainsi une pression contre les pa^rois des vases qui les contiennent : on donne à cette propriété le nom à'expansibilité; la pression ou force élastique qui en résulte se mesure à l'aide du manomètre [Voy. ce mot). Mariotte et Boyle ont reconnu que lorsque l'on comprime les gaz, leurs volumes sont en raison inverse des pressions qu'ils supportent [loi de Mariotte). Cette loi n'est à peu près exacte que pour les gaz àiii permanents : elle se modifie, pour les autres gaz, dès qu'on approche de leur point de liquéfaction ou de solidification. Regnault a vu le premier que tous les gaz, excepté l'hydrogène, sont plus compressibles que ne l'indique la loi de Mariotte. Récomment M. Cailletet, retrouvant un résultat ancien de Nattèrcs, a vérifié que l'azote à de très fortes pressions se conduit comme l'hydrogène ( Voy. condensation, point critique). — La chaleur augmente l'élasticité des gaz : pour ciiaque degré du thermomètre, le volume de l'air augmente de 1/273 de son volume à 0°. Le coefficient de dilatation pour les autres gaz est à peu près le même. Voy. dilatation, ÉLASTICITÉ, etc.

Les gaz se dissolvent dans certains liquides ; l'eau dissout l'oxygène et l'azote de l'air dans la proportion de 1/21 de son volume pour le premier et de 1/40 pour le second : c'e't à ces gaz dissous que les poissons doivent de pouvoir respirer. Les gaz sont condenses au contact des solides et pe'.i vent , dans certains cas, être absorbés par eux : ils semblent être liquéfiés dans les pores, comme dans le cas du charbon, qui absorbe 90 fois son volume de gaz ammoniac, ou se combiner avec eux, comme dans le cas du palladium, qui absorbe 980 fois son volume d'hydrogène. La perméabilité du platine chauffé ou du fer rouge pour les gaz parait tenir à des phénomènes analogues.

Quand les gaz s'unissent entre eux, c'est toujours dans des rapports simples : ainsi 2 vol. d'hydrogène s'unissent à 1 vol. d'oxygène; 1 vol. d'hydrogène à 1 vol. de chlore (loi de Gay-Lussac). — Voy. les noms des principaux gaz.

On doit les premières notions sur les gaz à Van Helmont, oui en a introduit le nom dans la science. Mariotte, Boyle, Torricelli, et plus récemment Gay-Lussac, Regnault, Faraday, Cailletet, Van der Waals, etc., en ont étudié les propriétés physiques.

GAZ d'éclairage. On donne ce nom au gaz produitpar la distillation, en vase clos, de la houille, des schistes bitumineux, des résines, du pétrole ou du bois. La composition varie suivant les matières employées et les circonstances de la fabricati in. Celle-ci s'opère auj. dans les usines à gaz au moyen de cornues en terre réfractaire, chauffées à une température élevée dans des fours spéciaux. Le gaz ainsi obtenu est un mélange de gaz divers : il contient : 1° des carbures d'hydrogène constituant la partie éclairante ; 2° des fraz inutiles ou nuisibles : acide carbonique, hydrogène sulfuré, hydrogène, azote, oxygène, bisulfure de carbone; 3» des vapeurs condensables : goudrons, ammoniaque. La fabrication dans l'usine à gaz consiste donc à condenser les vapeurs condensables par le refroidissement et le choc mé-

canique (appareil Pelouze-Audoin) ; puis à laver le gaz à l'eau, et enfin à Vépurer chimiquement en retenant les corps inutiles ou nuisibles. Après ces diverses opérations, le gaz est emmagasiné dans les gazomètres [Voy. ce mot), qui l'envoient en ville dans les tuyaux de distribution, avec une pression suffisante pour alimenter les becs de l'éclairage public ou particulier.

Le résidu de la distillation est le coke [Voy. ce mot).

Le goudron [ Voy. ce mot) est devenu la matière première d'une industrie très complexe qui fabrique les dérivés du goudron [benzine, brai, anthracène. Voy. ces mots). --

Le pouvoir éclairant du gaz dépend de la quantité d'hydrocarbures qu'il renferme. On peut augmenter le pouvoir éclairant d'un gaz donné, en lui faisant traverser des liquides très volatiles comme la benzine ou la gazoline.On peut également enrichir ainsi un gaz non éclairant comme l'hydrogène, ou simplement de l'air. Ces procédés ne sont pas sans danger ; ils sont toutefois employés souvent pour l'éclairage d'habitations isolées de toute usine à gaz.

L'éclairage oxyhydrique augmente l'intensité lumineuse du gaz ordinaire en combinant, au bec même, l'oxygène avec le gaz. Il est uniquement employé auj. pour des effets scéniqucs de théâtre, les essais à l'éclairage des rue» étant restés infructueux à cause du prix de revient élevé.

Le gaz portatif comprimé est obtenu par la distillation de schistes bitumineux, comprimé à l'usine dans des réservoirs en tôle d'acier, et transporté sur le lieu de consommation. Depuis quelques années on fait usage de ce procédé pour l'éclairage des wagons de chemins de fer.

L'art d'éclairer par le gaz a pris naissance en France : l'ingénieur Lebon conçut, dès 1 785, L'idée de faire servir à l'éclairage des maisons les gaz combustibles qui se produisent par la distillation«du bois, mais cette idée n'eut point de succès parmi nous ; quelques années après (1805), deux Anglais, Murdoch et Windsor, s'en emparèrent, et continuèrent sur une plus gi-ande échelle les expériences de l'ingénieur français. En 1816, la première usine pour l'éclairage public fut établie à Londres. Ce n'est qu'en 1818 que ce mode d'éclairage fut adoj)té en France.

L'industrie du gaz s'est répandue dans toutes les villes un peu importantes. En France, elle consomme environ deux millions de tonnes de charlx)n, correspondant à une production de cinq à six cents millions de mètres cubes de gaz. — Voy. pour la fabrication du gaz d'éclairage les traités de Clegg, Schieling, d'Harcourt, Borrias, etc.

gaz des marais, dit aussi Hydrure de îuéthyle. Hydrogène protocarboné, Formène. Voy. fobmène.

GAZ OLÉFiANT (du lat. olcuîn, huile, et fio, devenir, parce que le chlore le transforme en un corps de consistance huileuse, le chlorure d'éthylène ou huile des Hollandais).

Voy. ÉTHYLÈNE.

GAZE (de Gaza, v. de Syrie, où ce tissu fut d'abord fabriqué), tissu très léger et très clair, fabriqué avec la soie et le lin, seuls ou mélangés, et même avec le coton. On distingue toutes ces gazes en y joignant le nom du fil dont elles sont formées. On distingue de plus les façons données à la gaze en disant : G. unie, G. façonnée, G. rayée, G. brochée, G. crème, G. fond plein, G. de Chambéry. etc. Ce qui caractérise la gaze, c'est la transparence et la finesse du tissu, ducs à l'écartement des fils de la trame. — La gaze unie se fabrique comme le taffetas.

GAZÉ ou Papillon de l'aubépine. Voy. piéride.

GAZELLE (de l'arabe ghazal). Antilope dorcas, une des plus gracieuses espèces du genre Antilope, caractérisée par ses cornes annelées à double courbure, à pointes en avant, en dedans ou en haut; ses membres d'une grande finesse, ses yeux noirs, vifs, perçants et d'une grande douceur. Ses oreilles sont grandes, sa queue courte, terminée par une toulfe noire. Des poches placées près des aines sécrètent une liqueur fétide. Les gazelles habitent l'Asie et l'Afrique, et vont par troupes. Leur chair est recherchée. — On pense que V Antilope Corinne et le Kevel sont la femelle et le jeune de la gazelle commune. VA. aux pieds noirs ou Pallah, VA. Jairon, le Springbock, \'A. duma, sont aussi rangés parmi les gazelles. Voy. antilope.

GAZETTE (de gazzetta, petite pièce de monnaie de Venise prix que coûtait chaque numéro d'un journal qui paraissait en cette ville). Ce mot a été longtemps synonyme de toute espèce de journal et il l'est encore; mais c'est aussi le titre de certaines feuilles publiques, dont les plus célèbres sont la Gazette de France et la Gazette de Hollande.

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