‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 706 sur 1729 · GÉMEAUX · texte numérisé non relu

GÉMEAUX

GÉDRITE, var. aluminifcrc d'anthophyllite, se trouve à Gcdres (lltcs-Pyrénécs) et en Norvège.

GEHENNE (de l'hébreu géi-hinnom, val de Hinnom), valléi' Miaudile, près de Jérusalem, où l'on avait fait des sacrifices linmains au dieu Moloeli, et dont le nom est devenu synonyme A'enfer [Voy. le Dicl. d'Hist. et de (iéogr.). — Ce mot a été pris ensuite pour désigner la torture : en ce sens, il s'est transformé en gêne. Voy. tortuhe.

GEHLÉNITE, minéral grisâtre ou verdàtre, qui cristallise en prismes cpiadratiques. C'est un silicate d'alumine et de chaux avec un peu de fer [3GaO.(Al.Fe)*0'.2SiOs]. — On l'a trouvée dans le Tyrol.

GEISER. Voy. geyser.

GÉLASIME (ilu gr. ys^àffiiioî, grotesque), Gelasinms, genre do Crustacés, de l'ordre des Décapodes brachyures. Us ont la carapace très large, courbée et rétrécie en arrière. Les pattes antérieures atteignent dans le mâle des dimensions énormes : l'une d'elles, appelée grossepince, est quelquefois deux fois aussi grande que le corps ; quand ils marchent, ils la tiennent élevée en l'air, comme s'ils faisaient le geste d'appeler : d'où le nom de Crabes appelants qu'on leur a donné. Ces Crustacés vivent dans des trous creusés dans le sai)le des grèves, et quand ils y sont retirés, ils en ferment l'entrée avec leur plus large

Siince. Le type du genre est le G. combattant [G. pugiator], qui, dans la Caroline, vit par millions sur le bord de la mer et les rives des fleuves.

GÉLATINE [du lat. gelare), substance organique azotée qui a la propriété de lormer une gelée avec l'eau, et qui se produit par l'action de l'eau bouillante sur le tissu cellulaire des animaux, particulièrement sur les os, les ligaments, les tendons, les membranes, les cartilages, etc. A l'état de pureté, elle est solide, cassante, incolore, sans odeur ni saveur ; insoluble dans l'eau froide, elle acquiert une grande solubilité dans ce liquide par l'addition d'un acide ou d'un alcali. L'acide sulfurique concentré la convertit en une substance cristallisée, improprement appelée sucre de gélatine ou glycocolle [Voy. ce mot). — On prépare dans l'industrie diflérentes espèces de gélatine : 1" la colle de poisson ou iclityocolle {Ij^^^, poisson), tirée de la vessie natatoire de certains poissons et qui est de la gélatine presque pure; elle a de nombreux usages : collage des vins, apprêt des gazes, fabrication du talfetas d'Angleterre, gelées alimentaires, etc. ; 2° la colle de peau ou colle forte, qu'on extrait des cuirs, tendons et débris de parcliemineries; c'est une gélatine impure qui peut servir à fabriquer de la gélatine pure, ou, dans la menuiserie, pour assembler des pièces de bois ; 3° la colle d'os ou gélatine prop. dite, qu'on peut extraire des os soit par l'eau à température élevée dans un autoclave, soit en enlevant par un acide étendu la matière minérale des os et transformant l'osséine en gélatine; c'est cette colle d'os qu'on emploie le plus souvent sous le nom de gélatine àans la fabrication clés tablettes de bouillon et dans les gelées en cuisine.

Papin est le premier qui ait parlé de la propriété nutritive de la gélatine; son idée fut tournée en ridicule, et un siècle entier se passa avant qu'on y revînt. Proust et Jean Darcet rappelèrent l'attention sur la gélatine; ce dernier et surtout Joseph Darcet, son fils, la mirent en grande vogue. On exagéra d'abord les services qu'elle pouvait rendre comme substance alimentaire; puis on en vint à nier complètement ses qualités nutritives. Auj. il paraît constaté que si la gélatine ne nourrit pas par ellemême, elle concourt réellement, avec les autres éléments nutritifs que renferme le bouillon, à l'alimentation, en facilitant la digestion des autres aliments, et on continue à s'en servir dans les hospices et à bord des navires. 11 a été démontré qu'elle se digère parfaitement.

GELÉE (de geler; du lat. gelare], phénomène qui résulte de l'abaissement de la température de l'atmosphère au-dessous de 0°. Alors l'eau se congèle dans les rivières et à la surface du sol, et le sol lui-même se durcit souvent à de gi-andes profondeurs. En Sibérie, la congélation descend jusqu'à 8 ou 9 m.; en France, il est rare qu'elle s'étende à plus de 0"',40. La gelée a pour cause principale, avec le refroidissement opère par l'absence du soleil ou son peu de hauteur au-dessus de l'horizon, le rayonnement considérable qui s'opère à la surface du sol. — Les plantes soutirent beaucoup de la gelée, surtout si elle vient après de longues pluies, après un dégel ou une fonte de neige :

l'eau contenue dans les végétaux, occupant plus de place à l'état de glace qu'à l'état liquide, déchire alors les cellules où elle s'est logée et désorganise la fleur ou le bourgeon. C'est le même phénomène qui fait fendre les pierres. On sait aussi (jue les animaux peuvent avoir les membres gelés. Pour dégeler un membre, on doit prendre les plus grandes précautions : l'approcher rapidement du feu, ce serait s'exposer à y amener la gangrène, les liquides, dans ce cas, se détendant plus vite que les vaisseaux qui les contiennent et les brisant. La meilleure méthode consiste à pratiquer des frictions avec de l'eau de neige, et dans un endroit très froid.

Le gelée blanche, ou givre, résulte de la congélation de la rosée. Elle se forme la nuit par un froid de 1 à 2" au-dessous de 0, et se présente sous la forme de fines aiguilles blanches. Elle est frcnuente au printemps et nuit beaucoup aux bourgeons, que 1 on voit noircir ou tomber dès que le soleil vient à les frapper.

GELÉE, matière molle, tremblotante, transparente, que fournissent soit les fruits, soit les viandes convenablement traités. — Les gelées végétales s'extraient surtout des fruits acides, dans lesquels abonde un suc renfermant divers principes et entre autres de la pectine et des acides malique et citrique ; ce suc, par suite de la transformation de la pectine en acide pectique, ne tarde pas à se prendre, et, mêlé avec du sucre, il forme la base des confitures dites gelées de groseilles, de mûres, de pommes, de coings, d'abricots, etc. — Les gelées animales ne sont autre chose que la dissolution concentrée de gélatine qu'on a laissée refroidir. On emploie surtout à cet effet les parties tendineuses et gélatmcuses des viandes, et, comme auxiliaires, la colle de poisson, la corne de cerf râpée, etc. Les gelées se colorent, s'aromatisent et se coulent en moule de mille manières. En général, ce sont des aliments doux, agréables, de digestion facile ; ils conviennent aux personnes délicates et aux convalescents.

Gelée minérale, nom donné jadis à certains précipités qui se forment dans des solutions acides ou alcalines de substances minérales, et qui, par leur aspect tremblotant^ rappellent une gelée végétale. Ex. : Silice en gelée ou silice gélatineuse. Voy. silice.

Gelée de mer, espèce de Méduse. Voy. rhizostome.

GÉLIFICATION, transformation partielle ou totale de la membrane cellulosique des Végétaux en une sorte de mucilage. Dans la graine de lin, dont on fait les cataplasmes, c'est la partie médiane de la membrane qui se gélifie.

GELINOTTE (dimin. de gfe7»ie, poule). Tétras bonasia^ espèce du genre Tétras, voisin des Perdrix, se reconnaît à un espace noir entouré d'une bande blanche qu'elle |)ortfr sous la gorge, à une tache rouge au-dessous des yeux, et au mélange de roux, de blanc et de noir qui recouvre toutes les autres parties du corps. La Gelinotte est assez commune eu France; elle vit dans les Iwis de bouleaux, de pins et surtout de coudriers : d'où son nom de Poule des coudriers. Son vol est lourd; mais elle court avec vitesse, comme la perdrix. Elle niche dans les broussailles et les fougères, et pond de 12 à 16 œufs d'un roux clair parsemé de taches plus foncées. Sa chair est très recherchée.

Gelinotte des Pyrénées. Voy. ganga.

GÉLIVE (pierre), se dit des pierres qui, s'imprégnant facilement d'eau, sont très sensibles à l'action de la gelée et se délitent pendant l'hiver.

GÉLIVURE (de gélif), se dit, en Arboriculture, des fentes ou gerçures qui se produisent dans les arbres à la suite des fortes gelées. Il ne faut pas les confondre avec celles qui sont l'effet de la vieillesse (Foj/. caûran). — C'est aussi 1 état d'une pierre qui se délite après avoir subi l'action de la gelée.

GÉMARA, seconde partie du Talmud. Voy. ce mot.

GÉMATRIE (du gr. yewfiETpta, géométrie), un des pi*océdés employés par les cabalistes, consistait en une sorte d'explication géométrique ou arithmétique des mots de l'Ecriture sainte. Ils prenaient la valeur numérique de chaque lettre dans un mot ou dans une phrase, et donnaient à ce mot ou à cette phrase la signification d'une autre phrase ou d'un autre mot, dont les lettres, prises de même pour des chiffres, formaient le même nombre. Voy. cabale.

GÉMEAUX (du lat. gemelli, jumeaux), Gemini, la 3" constellation zodiacale en partant du Bélier. Elle se compose d'une étoile de 1" grandeur (Castor), 1 de 2° (Pollux), qui forment presque les doux extrêmes de la ligne qui termine au nord la constellation : c'est à elles qu'elle doit

GÉMELLAIRE

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