‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 708 sur 1729 · GÉNÉRATION · texte numérisé non relu

GÉNÉRATION

cïtrômc. Au moyen âge, cet usage donna naissance à l'art licralliquc.

l'our rendre sensible à l'œil la fdiation, on emploie surtout Ica tables généalogiques et les arbres généalogiques. Dans les tables, on place en tête le personnage tige de la famille; au-dessous sur une 2' ligne, les fds et (illes, en les embrassant par une accolade borizontale; sur une 3" ligne, les (lis et filles des fils, disposés de la même manière, et ainsi de suite. Dans les arbres, on voit sortir comme d'un tronc diverses branches qui chacune sont représentatives d'une ligne; celles-ci, à leur tour, se ramifient, se sous-ramilient suivant les subdivisions des lignes.

Beaucoup de seigneurs, jadis, avaient leur généalogiste; il plus forte raison les rois : d'Hoiier, sous Louis XIV, fut le dernier généalogiste royal de la couronne de France. Le P. Anselme, Uitterhusius, Hùbner, Lenz, Koch, Chazot de Nanligny, llellbacb, Imhof, Saint-Allais, se sont aussi fait un renom européen comme généalogistes.

GÉNÉPI. On donne ce nom, dans les Alpes, à plusieurs plantes que les montagnards regardent comme autant de panacées. Chaque localité a son génépi particulier. Le G. des Savoyards est l'Armoise glaciale. Le vrai Génépi est l'Achillée musquée ; le G. blanc est l'Achillée naine ; le G. noir, l'Achillée noire. Ces plantes font partie des mélanges appelés vulnéraires suisses. Voy. falltranck.

GENERA (c.-à-d. genres), nom donné à des ouvrages de Botanique, où l'on indique les caractères qui distinguent les genres de plantes, et la disposition de ces genres en ordre méthodique. Les plus célèbres, sous ce titre, sont les Gênera plantarmn de Linné, de Jussieu, de Steph. Endlicher, Benliiam et Hooker, etc.

GÉNÉRAL (du lat. generatis), nom donné, dans l'Armée, à tous les officiers généraux, c.-à-d. à ceux commandant les armées, corps d'armée, divisions et brigades. Le général en chef est celui qui commande une armée ou un groupe d'armée ; dans le langage courant, on dénomme souvent ainsi les généraux commandant les corps d'armée. Les généraux de division, qui sont le grade le plus élevé de la iiiérarchie, commandent, suivant le cas, les armées, les corps d'armée ou les divisions, ainsi que les circonscriptions territoriales correspondant à ces deux dernières unités ; les généraux de brigade commandent les brigades et ont sous leurs ordres une ou plusieurs subdivisions militaires. — Les premiers ont comme signe distinct! f 3 étoiles sur les épaulettes et sur la manche ; ceux d'entre eux qui commandent des corps d'armée ont une soutache d'argent au képi, au-dessus de la broderie, et portent la plume blanche au chapeau ; les seconds ont deux étoiles. — La création du grade de général remonte à 1603; les généraux de division étaient appelés lieutenonls généraux, et ceux de brigade maréchaux de camp. Les dénominations actuelles, créées par la Révolution, furent supprimées de 1815 à 1848, et les anciennes appellations furent remises en vigueur; elles ont disparu depuis cette dernière date. —

Voy. OFFICIERS GKNÉRAUX.

Il y a eu autrefois : en France, un général des galères, qui commandait les galères sur la Méditerranée ; en Espagne, un général de la mer ou des galions, qui commandait toutes les forces navales du royaume. — Les conseillers de la cour des monnaies avaient le titre de général des monnaies.

GKXÉRAL d'ordre, chef Supérieur et unique de tous les couvents du même ordre. Le titre de général est ici opposé à celui de provincial. Les ordres de Cîteaux, des Feuillants, des Chartreux, etc., avaient leurs généraux particuliers; les Jésuites, les Dominicains, les Franciscains ont encore des généraux résidants à Rome.

GÉNÉRALE (idée), généralisation. En Philosophie, on appelle idée générale celle qui s'applique à tous les êtres doués des mêmes propriétés principales, à tous les phénomènes analogues par leurs principaux caractères. On y distingue la compréhension, c.-à-d. le nombre de qualités Su'elle contient, et Yextension, c.-à-d. le nombre d'êtres ont elle peut être affirmée comme attribut. La compréhension de l'idée d'homme est celle d'un être sensible, intelligent, actif, etc. ; son extension est l'ensemble des races qui constituent le genre humain {Voy. classification, ESPÈCE, genre). — La généralisation est l'opération de l'esprit qui, par la cotnparaison, découvre les qualités communes à une classe d'individus, et, négligeant les différences, réunit ces tmalités r( mmunes en une seule idée ; puis elle la fixe par le langage et la définit par une pro-

position. Elle est parfois spontanée et parfois réfléchie. (Voy. définition). Elle simplifie la nature, pour pouvoir la connaître, et, au milieu de la variété des êtres et de la mobilité des phénomènes, elle trouve l'unité et la stabilité en déterminant les essences et les lois. — La question de la. valeur des idées générales a donné naissance à trois systèmes célèbres, qui sont le Nominalisme, le Conceptualisme et le liéaltsme. Voy. ces mots.

générale (la), batterie de tambour par laquelle on donne l'alarme aux troupes. On bat la générale à l'armée en cas de surprise ; dans les villes, à l'occasion d'un incendie, d'une révolte, d'une émeute.

GÉNÉRALISATION. Voy. ci-dessus générale (idée).

GÉNÉRALISSIME (superlatif de général), litre donné jadis soit à des généraux en chef, soit à des princes ou à de très hauts personnages commandant en même temps à plusieurs armées. Tels furent Wallenstein, Piccolomini, etc., et souvent en Turquie les grands vizirs. En France, le cardinal de Richelieu le prit au siège de la Rochelle.

GÉNÉRALITÉS (du lat. generalitas), division financière de l'ancienne France. Voy. élection (pays d') et le mot généralité au Dict. d'Hist. et de Géoyr.

GÉNÉRATEUR (du lat. generator), synonyme de chaudière (Voy. ce mot), dans les machines à vapeur. — G. d'électricité, nom donné souvent aux piles [Voy. ce mot). — G. à ga%, syn. de gazogène (Voy. ce mot), appareil producteur de gaz destinés à la combustion.

On appelle, en Musique, son générateur (ou fondamental) : 1° la tonique, relativement aux accords qui s'appuyent sur elle ; 2° la note productrice de sons harmoniques.

En Géométrie, générateur, génératrice, se ait de ce qui engendre par son mouvement quelque ligne, quelque surface, ou quelque solide : ainsi, le point est générateur de la ligne, la ligne est génératrice d une surface, la surface est génératrice d'un solide.

GÉNÉRATION (du lat. generatio), fonction par laquelle les êtres vivants se reproduisent et perpétuent leur espèce. Elle a trois modes principaux : la G. par œufs {ovigenèse, oviparilé), la G. par bourgeons [gemmiparité, bourgeonnement) et la G. par scission [scissiparité). Vovigenèse a lieu soit par œufs fécondés [généi-ation propr. dite ou reproduction sexuelle), soit par œufs non fécondés [parthénogenèse). — La génération par œufs fécondés exige le concours de deux éléments : Yovule, élément femelle, et le spermatozoïde, élément mâle [Voy. reproduction). Ce mode de génération est le plus important de tous; c'est une fonction de premier ordre, propre à toutes les espèces animales, depuis l'Homme jusqu'aux Infusoires, ainsi qu'aux espèces végétales. La génération par œufs non fécondés, qui n'exige pas l'intervention du mâle ( Voy. parthénogenèse) et qu'on observe chez certains Insectes; la génération par bourgeons [Voy. gemmiparité), qui se rencontre chez les Annélides, les l'olypes et les Infusoires, et la génération par scission ( Voy. scissiparité), qui ne s'observe que chez des espèces animales inférieures (Helminthes, Madrépores, Hydres, Eponges, Infusoires), constituent la reproduction dite agame. Certaines espèces animales présentent successivement ces dillérents modes de génération, et à chacun d'eux correspond une forme nouvelle [Voy. ci-après génération alternante), mais au bout d'un certain temps on voit reparaître la génération par œufs fécondés ; de là cette loi établie par M. de Quatrcfages : La réapparition de la forme primitive par œufs fécondés ouvre et ferme tous les cycles de génération. Voy. œcf.

il a été produit un grand nombre d'hypothèses sur la

?énération ; elles peuvent toutes se ramener à deux : Vévoution et ïépigenèse. — Les partisans de Vévolution supposent tous que les organes des animaux préexistent à leur développement, et que la production d'êtres nouveaux n'est qu'un accroissement de leurs germes qui grandissent ; mais les uns soutiennent que l'embryon ou lœlus « préexiste en matière et en forme » et, pour ainsi dire, en miniature; la fécondation ne ferait qu'en déterminer le développement : cette hypothèse a été soutenue par Fabrice d'Acquapendcnte, Slalpighi, Haller et autres savants auxquels on donne le nom de préformisles : cette théorie suppose Y emboi tentent des germes (de Leibniz), c.-à-d.

aue le premier être a porté en lui les germes innombrables e l'espèce tout entière. Cette manière de voir est tout à fait abandonnée aiij.; d'autres admettent que le fœtus « préexiste en matière seulement et qu'il acquiert la

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