GÉNÉRATION
GÉNÉTHLUQUE
forme » ; la nature de l'animal dépend alors de la rencontre de certaines molécules organiques disséminées dans tout le corps ( Voy. passpermie) : les partisans de celte opinion, déjà mise en avant chez les anciens, sont, chez les modernes, Ch. Perrault, Buffon, etc. : on les a appelés métamorphistes. D'un autre côté, parmi ceux qui admettent la préexistence des germes, il en est qui l'ont limitée à l'un des êtres procréateurs : les uns plaçant dans Vovule le véritable germe de l'animal préformé (Swammerdam, Malpighi, flaller, Spallanzani, Ch. Bonnet), les autres le plaçant dans l'élément mâle (Locuwenhoek, Boerliaave, Darwin, elc). — D'après la doctrine de Vépigenèse ou posl- formation, la génération est une véritable production nouvelle ; aucun tissu, aucun oi^;ane ne préexiste à son apparition. Celte doctrine a été fondée par Wolff, Blumenbach, Kanl. Les recherches des physiologistes contemporains l'ont confirmée. Le développement de l'embryon est dû à la division répétée de la cellule œuf, puis des cellules qui proviennent de ce premier partage, et ainsi de suite. Quant à la cause qui groupe ces éléments ainsi produits en une forme semblable à celle des parents, elle est obscure encore. Les diverses théories de l'hérédité sont pour l'instant encore plus métaphysiques que scientifiques.
GÉNÉRATION ALTER.NA.NTE, dite aussi Diçetièse, Métagenèse, Généafjenèse, etc., engendrement de générations multiples et diverses à l'aide d'un œuf unique. Ce fait qu'un œut fécondé peut produire, par gemmiparité, scissiparité, parthénogenèse, plusieurs générations pouvant n'avoir entre elles aucun rapport de forme, de structure, de genre de vie, a été établi depuis peu de temps ; il contient l'explication du polymorphisme aes animaux inférieurs. La génération alternante ne se rencontre ni chez les Vertébrés, ni chez les Mollusques ; elle est le fait général chez les Tuniciers ; une Ascidie, un Biphore, ne ressemble jamais ni à sa mère, ni à ses fils, mais toujours à son aïeule et à ses petits^fils : chaque animal isolé sorti d'im œuf engendre par bourgeonnement des enfants qui forment une colonie : ceux-ci redonnent des œufs, et le cycle d'alternance recommence. Ce mode de génération existe chez tous les Cœlentérés : les Acalèphes (Méduses) pondent des œufs bien caractérisés, d'où sortent des larves ciliées [planula] , cellesci deviennent bientôt polypes, animaux entièrement différents de la méduse. La scissiparité transforme ensuite le pol\-pe en strobile, être composé destiné à produire des individus isolés; ces derniers sont sexués et recommencent le cycle. Ces phases de génération alternante ont été reconnus chez les Polypes (Lowen, 1841), chez les Eponges
ÎGrant, 1826), chez les Infusoires (Claparède et Lachmann, 860), chez les AnnéUdes. Dans 1 embranchement des Arthropodes, quelques Insectes [Ophioneunts] et des Crustacés Daphnies) présentent aussi ces phénomènes. Enfin, ils se rencontrent avec tout leur développement chez les Helminthes. Le Ver solitaire ou Ténia n'est pas im être unique : c'est une association [strobile] dont chaque anneau proglottis) est un individu isolé et sexué. Celui-ci pond des œufs d'où sortent diverses espèces de scolex ayant des formes et des genres de vie diîférents. — Consulter Quatrefages, Métamorphoses de l'homme et des animaux (1862).
GENERATION SPONTANÉE. L'hypothèse de la G. spontanée ou hétérogénie consiste à admettre la création d'im être nouveau dénué de parents. Chez les anciens, Aristote attribue à la fermentation du hmon des fleuves la formation des anguilles, celle des chenilles à la putréfaction de la terre ou des plantes sous l'action de la rosée, etc. La G. spontanée fut admise sans conteste pendant tout le moven âge et juscpi'à la Renaissance. Elle tut remise en question
far r.\cadeinie del Cimento de Florence ; l'un des memres de cette Société, Redi, montra (1668) que les vers de la viande en putréfaction ne naissent pas spontanément, mais proviennent d'œufs déposés par les mouches. Des expériences analogues, faites plus tard par Vallisneri sur les insectes qu'on rencontre parfois dans l'intérieur des fruits et par Swammerdam sur la génération des abeilles et d'autres insectes, ébranlèrent la doctrine des G. spontanées. — La découverte du microscope, vers la fin du xvii* siècle, en faisant connaùtre une multitude d'êtres animés d «ne petitesse extrême, changea la direction des idées. C'est dans le monde des intiniment petits que s'implanta dès lors ta doctrine des G. spontanées, à la suite des expériences (le Nei'dhaiu ( 1745}, abandonnant ainsi toute prétention sur la génération des êtres plus élevés eu organisation.
Les résultats de Needham, appuyés de l'autorité de Buffon, lurent acceptés par le monde savant jusqu'en 1765, mais ils rencontrèrent alors un adversaire redoutable dans Spallanzani, qui niait les G. spontanées. Schwann, Schultze et, en 1854, Schrôder et Dusch vinrent successivement corroborer les idées de Spallanzani; mais les travaux de Pouchet (1859) remirent tout en question. — Enfin, M. Pasteur résolut le problème de la façon la plus complète, en montrant que dans tous les cas où l'on a constaté la G. spontanée, c'est par suite d'une erreur d'expérience. Il constate directement dans l'air la présence d'un grand nombre de corpuscules solides, parmi lesquels certains sont tellement semblables aux spores de moisissures ou aux œufs des microzoaires, qu'on ne peut les en distinguer. De plus, toutes les infusions organiques restent intactes quand au préalable elles ont été chauffées) si on les met en contact avec l'air calciné ou filtré sur du coton ; mais si l'on v introduit une bourre chargée de matières puisées daiîs l'air, elles se peuplent rapidement d'espèces varices. L'inaptitude à féconder les infusions, que possède l'air filtré sur le coton ou calciné, ne tient pas à ce que ces opérations y ont détruit mi principe plus ou moins mystérieux (gaz, fluide, ozone, etc.), car on peut arriver au même résultat par tout dispositif mettant en présence du liquide bouilli, de l'air ordinaire débarrassé de tous ses éléments sohdes. Enfin, on peut même supprimer l'ébuUition, à la condition d'opérer sur des liquides, tels que le lait ou le sang d'animaux sains, qui n'ont jamais eu le contact de l'air et des poussières qu'il contient. — La théorie de la panspermie [loy. panspermie) , ainsi définitivement élahUe par .M. Pasteur et acceptée depuis par le monde savant tout entier, a été la base d'une science nouvelle d'une importance considérable : la viicrobie {Voy. ce mot) ou microbiologie.
GÉN^HATiox. Dans la Généalogie ou la Chronologie, on appelle ainsi : 1° chaque degré de filiation ou de tiescendance de père en fils : ainsi il y a une génération ou un degré de génération du père au fils, deux du père au petit-fils (on en compte huit de Hugues Capet à Si Louis) ; 2^ la moyenne de la durée qui s'écoule entre chacun de ces degrés de filiation : cette moyenne, assez arbitraire, est de 50 à 33 ans ; Hérodote compte trois générations en 100 ans.
En Géométrie, on appelle génération la formation d'une ligne, d'une surface, d'un solide, par le mouvement d'im point, d'une ligne, d'ime surface {Voy. génératecr). — Pour la génération des diverses figures, voy. les noms de chacune d'elles.
GENÈSE (du gr. y^veaiç). Ce mot, qui désigne spécialement le 1" livre du Pentateuque de Moïse et de tout Vkor cien Testament, a été étendu à tout système cosmogonique [Voy. cosmogonie). — En Physiologie, il est synonyme de naissance ou de formation.
GENESTADE (de genêt), un des noms vulgaires de V Ajonc. Voy. ce mot.
GENESTROLLE ou genestrale, le Genêt des Teinturiers.
Voy. GENÊT.
GENÊT. Genista, genre de la famille des Papilionacées, tribu des Lotées, sous-tribu des Génistées, renferme des arbrisseaux, tantôt inermes, tantôt épineux, à feuilles ordinairement simples, à fleurs jaunes, terminales et le plus souvent en grappes. Parmi les espèces on dislingue : le G. d'Espagne ou Spartier joncier [G. juncea, Spartitim junceum), en buissons de 2 à 3 m.; ses fleurs passent pour diurétiques; dans les Cévennes, on cultive le genêt d'Espagne pour en retirer une filasse dont on fait des toiles ; le G. des teinturiers [G. tinctoria), dit aussi Genesirolle, Genelte, Petit Genêt, Herbe à jaunir, qui s'élève à 1 m. et dont la fleur jaune fournit une couleur très solide ; le G. commun ou à balais {Sarothammis scoparius), qui se trouve dans toute la France : on s'en sert pour faire des balais, cou\Tir les cabanes ou chauU'cr les fours; les bestiaux en aiment les tiges et les feuilles. Toutes les partics de la plante servent, comme celles de l'espèce précédente, à teindre en jaune. On prépare avec son écorce un lil assez résistant, mais de moins bonne qualité que celui du chanvre et du lin.
Genêt épineux. Voy. ajonc.
GENET (de l'esp. ginete, cavalier armé à la légère), espèce particulière de chevaux d'Espagne, petits et bien confoi^ mes. Il y a aussi des genêts de Sardaigne et de Portugal.
GÉNÉTHLIAQUE (du gr. yEvseXtaxoî; de yavÉÔ at,. naissance), nom donné par les anciens aux poèmes ou discours