GÉOLOGIE
GÉNUFLEXION (du lat. genuflexio). La génuflexion, consi(l«5rée comme acte d'humilité et de respect, est surtout usitée chez les Catholiques, dans les cérémonies du eulte, et particulièrement devant le St Sacrement. Anciennement on priait debout le dimanche, et pendant tout le temps de Pâques à la Pentecôte, pour célébrer la résurrection de Jesus-Christ. Les Ethiopiens, les Juifs et les Russes font encore leurs prières debout. — Autrefois on s'agenouillait devant les rois et les princes en les abordant. Auj. le seul homme devant lequel on fléchisse le genou est le Pape.
GÉOCENTRIQUE (du gr. yri, terre, et xévxpov, centre]. Les coordonnées des planètes, ascension droite et déclinaison, longitude et latitude, sont dites : géocenlriques, quand elles sont rapportées au centre de la terre comme centre de la splière céleste; hcliocentriques, quand on suppose que le centre du soleil occupe ce même centre. — Dans les observatoires, les instruments font connaître l'ascension droite et la déclinaison des planètes ou des comètes à un instant donné; et c'est à l'aide de formules trigonométri(|ues qu'on passe de là d'abord à la longitude et à la latitude géocenlriques, puis de celles-ci à la longitude et à la latitude héliocenlriqucs. La même question ne se pose pour les étoiles fixes que si elles ont une parallaxe très sensible.
GÉOCORISES (du gr. yfi, terre, et vcôpiî, punaise), famille d'Insectes, de l'ordre des Hémiptères hétéroptères, forme quatre tribus dans la division de Latreille : les Louqilabres (Scutellère, Pentatome, Corée, Lygée, etc.); les Membraneuses (Punaise propr. dite, Arade, Tingis, etc.) ; les NiidicoUes (Réduve, Ploière, Acanthie, Leptode) ; les Hamcurs (llydromètre, Gerris, Vélie). — Ce sont les liéduviens, les Lygéens et les Scutellériens de M. Blanchard.
GÉODE (du gr. yewSti;), se dit, en Minéralogie, de toute pierre naturellement creuse et qui renferme à son intérieur des cristaux ou des matières terreuses. Les géodes sont dues tantôt à un effet de retrait éprouvé par des substances minérales postérieurement à leur formation : telles sont les géodes de célestine qu'on trouve dans les marnes du gypse aux environs de Paris; tantôt elles résultent de ce
aue des matières incrustantes ont pénétré lentement dans es cavités préexistantes, qu'elles ont tapissées couche par couche sans parvenir à les remplir complètement. Les noyaux de calcédoine, qu'on rencontre au sein des roches amygdaloï.les, ont la plupart du temps la forme géodique. L'aétite, variété de limonite, est une géode qui renferme un noyau argileux mobile.
GÉODÉSIE (du gr. y zui8a.:<ji(x], partie des Mathématiques qui traite des opérations nécessaires pour lever la carte d'un pays, mesurer un arc de méridien, etc. Les opérations géodésiques sont fondées généralement sur la triangulation, qui consiste, pour déterminer la distance de deux points donnés à la surface de la terre, à rattacher ces deux points à une base une fois mesurée, à l'aide d'une suite de triangles dont on mesure les angles, et que l'on résout ensuite de proche en proche. — Voy. les Traités de géodésie de Francœur, de Puissant, etc.
GÉODÉSIQUE (ligne). Les lignes géodésiques d'une surface sont telles que le plan osculateur à fa courbe en chaque point soit normal à la surface. Entre deux de leurs points sul'fisamnicnt rapprochés, elles sont le plus court chemin possible sur la surface. Un fil sans poids tendu sur une surface se dispose suivant une ligne geodésique.
GÉOGNOSIE (du gr. y-?,, terre, et wwcjii;, connaissance). On (loiuie ce nom, employé pour la première fois par Werner, à la Géologie descriptive. La Géognosie comprend la lithologie, la paléontologie et la stratigraphie ; elle ne s'occupe pas de la Géologie dynamique.
GÉOGRAPHIE (du gr. Y£a)ypa'.pîa), science qui donne la description de la terre. On distingue : l" la G. mathématique et astronomique, qui traite de la forme, des dimensions, des mouvements de la terre et de ses rapports avec les corps célestes; 2° la G. physique, qui décrit la surface du globe, la distribution des terres et des eaux, les inontagnes, le cours des fleuves; on y doit discerner deux divisions : Géog. physique proprement dite, et Géog. biologique ; la première s'appuie sur les sciences physiques, la seconde sur les sciences naturelles; cette dernière se divise à son tour on Géog. botanique et Géog. zooloqiqtie : la piemière a uour but la connaissance de la distribution des végétaux, la seconde, la distribution géographique des
animaux; 3° la G. politique, qui fait connaître les divisions établies par les conventions humaines, et toutes les créations de l'homme, habitations, institutions, religions, langues, etc. ; une des branches île la géographie politique, l'Ethnographie, envisage les variétés de l'espèce humaine, les races ; elle en est inséparable, attendu que les circonstances, les faits politiques ont de plus en plus une action prépondérante sur la distribution des races; 4° la (j. historique, qui fait connaître les formations des Etats, les changements de leurs frontières, les divers noms c[uc chaque localité a reçus et les événements dont elle a été le théâtre : cette dernière se divise en G. ancienne, G. du moyen âge, G. moderne. — On peut en outre distinguer une Géog. économique, une Géog. industrielle et commerciale, une Géog. médicale (fondée sur la G. physique, sur la climatologie et sur l'ethnographie), une Géog. militaire; cette dernière s'applique surtout au relief du sol et aux voies de communication ; elle a donné un grand essor à la cartographie.
La Géographie ne fut longtemps qu'une topographie informe. Les entreprises commerciales des Phéniciens l'avancèrent un peu. Au temps d'Hérodote et surtout d'Eudoxe de Cnide, ses progrès sont déjà sensibles. Les con<juêtes d'Alexandre lui ouvrirent un champ plus vaste, et bientôt la géographie .scientifique prit naissance. Eratosthène, Hipparque, iStrabon, Ptolémée la développèrent ou la popularisèrent. Les Romains se bornèrent à dresser des Itineraria qui n'avaient aucune valeur représentative. Au moyen âge, les conquêtes des Arabes et les croisades furent les principales occasions de découvertes nouvelles. Saint Louis envoya jusqu'au fond de la Mongolie ; le prince Henri, en Portugal, donna l'élan aux expéditions dans le but d'arriver dans l'Inde en doublant la pointe de l'Afrique. Ch. Colomb, en 149'2, découvrit les Antilles et peu après l'Amérique. Depuis ce temps, la Géographie a décrit la terre entière, secondée par la Cartographie [Voy. ce mot). Les plus célèbres géographes des temps modernes sont le Hollandais Varenius (Varen) (1604), puis d'Anville, Malte-Brun, Balbi, d'Avczac, Vivien de St-Martin, Pinkerton, Levasseur, Elisée Reclus, et particulièrement en Allemagne, Busching, Mannert, Ritter, A. de Humboldt, Berghaus, A. Petermann, Kiepert, etc. — Des Sociétés de géographie, formées à Paris (1821), à Berlin (1827), à Londres (1830), à Francfort (1856), à St-Pétersbourg (1845), à New-York (1851), à Vienne et à Genève (1858), etc., pour ne citer que les principales, ont contribué aux progrès de la science, en dirigeant les recherches et proposant des prix.
Les ouvrages les plus utiles à consulter sont : le Précis de Géographie universelle de Malte-Brun, revu par Th. Lavallée (18o6), l'Abrégé de Géographie d'A. Balbi, revu par Chotard ri875); le Dict. géographique de Kilian (Paris, 1823-35) ; l'Histoire des découvertes géographiques ; la Géographie univ. d'E. Reclus ; le Tour du inonde, le Nouveaic Dictionnaire de Géographie univ. de Vivien de St-Martin; les Nouvelles Géographiques; le Journal du Comité de l'Afrique française ; la Revue de géographie ; la Revue française de l'Etranger et Exploration; l'Année Géographique; les Annales de Géographie; le Mouvement Géographique de Bruxelles; les Mitteilungen de Petermann; le Geographisches Jahrbuch de Gotha, la Deutsche Rundschau fier Geograpliie und Statistik de Vienne ; The Geographical journal, la Nature de Londres. Pour se tenir au courant de la production géog. on consultera les revues, puis les publications des diverses Sociétés de géographie. Pour la statistique, les principales publications annuelles sont l'Ahnanach de Gotha et le States mans Ycarbook.
GEÔLE, GEÔLIER (du b.-lat. gabiola, dimin. de gabia, cage). Ce mot était autrefois synonyme de prison. On appelait d)-oit de geôle, ou geôlage, ce que chaque détenu devait au geôlier pour son gîte : ce droit était d'un sou par jour pour les prisonniers à la paille. Le geôlage n'existe plus. Voy. PRISON.
GÉOLOGIE (du gr. yf,, terre, et )^ôyo?, discours), science qui a pour obiet l'étude de la constitution de la Terre, de la nature et de la disposition des matériaux qui la composent, et aussi l'histoire de sa double évolution, physique et organique. Ces deux évolutions sont continues et l'évolution organique peut être considérée comme fonction de l'évolution physique. Leur étude est donc intimement liée. — La Géologie est une science toute moderne. Les anciens se
GEOMËTML