‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 719 sur 1729 · GLACIERS · texte numérisé non relu

GLACIERS

gîte à la noix la partie extérieure de la cuisse du bœuf au-dessous de la pointe de culotte; on y disling:ue la tranche au petit os, le ^ite à la noix prop. dit et le derrière de gîte à la noix.

GÎTES d'étape. Voy. ÉTAPE.

GITHAGO. Voy. agrostexme et lycbxide.

GIVÉTIEN. étage supérieur du Dévonien moyen, composé de calcaires très riches en Polypiers; très développé dans le massif rhénan et dans l'Ard'enne, notamment aux environs de Givet, où a été pris le type de l'étage. Fossiles caractéristiques : ilegalodon cucuUatus, Stringocephahts Burtini, Uncites gryphus, etc.

GIVRE (orig. incert.), syn. de gelée blanche [Voy. ce mol).

GrvRE ou GurvRE, t. de Blason. C'est le serpent ou bisse

Juand il est représenté dévorant un enfant ; on la dit : alissante de pour marquer l'émail de l'enfant; rampante quand elle est de fasce; et en pal lorsqu'elle est droite.

GLABRE (du lat. glaber], se dit, surtout en Botanique, de toutes les surfaces dépourvues de poils ou de duvet.

GLACE [du lat. glacies] , eau solidiliée en masse parle froid. Elle prend cette forme lorsfjue la température s'abaisse à 0°. Si l'eau est parfaitement tranquille, on peut quelquefois la faire descendre à plusieurs degrés au-dessous de 0 avant qu'elle se soliditie [Voy. scrfcsios). La glace est plus légère que l'eau, parce que celle-ci, en se congelant, augmente considérablement de volume (loy. co.ngéi-atios). Celte dilatation de l'eau par la congélation explique les degradations qu'éprouvent les pieiTcs de taille, les tuyaux de conduite, les corps de pompe, etc., par l'effet des fortes gelées. — La glace est cristalline ; la forme de ses cristaux se rapporte au système hexagonal, comme on le voit dans les flocons de neige, qui sont des assemblages d'aiguilles de neige cristallisée. Tyndall a montré l'état cristallin de la glace compacte, en dirigeant à travers cette glace un faisceau solaire : la glace lond alors en divers points de l'intérieur, et en chacun de ces points on observe une cavité

3ui a l'aspect d'une fleura six pétales; c'est l'expérience es fleurs de la glace. — La glace fond à 0° dans les circonstances ordinaires ; mais quand on la comprime, elle fond à une température plus basse. Ce fait explique conmaent on peut mouler la glace par compression, comment les glaciers descendent dans les hautes montagnes eu se moulant sur le contour des vallées qu'ils remplissent. Voy.

KEGEL.

On peut se procurer de la glace soit en maintenant l'eau dans un mélange réfrigérant (p. ex., dans un mélange de 8 p. de sulfate de soude et de 5 p. d'acide chlorhvdriquc), soit en la faisant rapidement évaporer dans le vide, soit en la plaçant dans un vase autour duquel on évapore rapidement un liquide volatil, tel que l'ammoniaque (appareil CaiTé], ou dans lequel on dilate brusquement de l'air. — On emploie la glace en médecine comme tonique et comme répercussif.

GLACE. En Cuisine on donne ce nom à du jus ou bouillon très concentré devant servir à relever le goût de certaines sauces. On donne encore ce nom à un mélange de blancs d'œuf et de sucre très fin, destiné à la décoration de certaines pièces de pâtisserie.

GLACES, espèces de sorbets, composés de sucs de fruits, de sucre, de matières aromatiques et d'eau congelée. Ces glaces se font à la vanille, à l'ananas, au citron, aux fraises, etc. : pour cela on introduit dans un vase cylindrique en étain, appelé sabot ou sorbetière, les liquides ou'on veut glacer, et l'on plonge ce vase dans un mélange ae 6 p. de glace pilée avec 2 p. de sel marin, auquel on ajoute souvent du chlorure de calcium cristallisé, afin de hâter la congélation. On agite rapidement la sorbetière, et l'on répète cette manipulation jusqu'à ce que toute la liqueur, après avoir perdu sa transparence, se soit convertie en une sorte de neige compacte. Dans les grands centres de population, l'art du glacier est devenu ime spécialité. — L Italien Procope fabriqua les premières qu'on ait mangées à Paris, en 1660; aujourd'hui on en fait une consommation considérable, surtout dans les bals et dans les cafés. Les médecins sont unanimes pour en regarder l'abus comme dangereux.

GLACES (Verrerie), grandes lames de verre d'une cer^ taine épaisseur destinées à réfléchir la lumière, ou à servir de vitrages. On fabrique ces lames en les soufflant ou en les coulant. Les glaces soufflées se font par les mêmes

manipulations que le verre à vitres [Voy. terre). Le coulage consiste à étendre le plus régulièrement possible sur des tables en cuivre ou en fonte, d'une surface parfaitement unie, le verre en fusion. Après quoi, on fait passer sur la pâte encore brûlante un rouleau en métal très pesant qui aplatit et égalise la matière. La glace est alors formée; mais elle n'a pas une solidité suffisante : pour l'acquérir, elle ne doit se refroidir que par degrés. A cet effet, on la place dans un four chauffé au rouge, dit carcaise, qu'on ferme hermétiquement. Cette opération, qu'on appelle recuisson, s'exerce sur plusieurs glaces à la fois. — Obtenues soit par le soufflage, soit par le coulage, les glaces sont ensuite soumises au doucissage, opération qui a pour but de rendre les deux faces planes et parallèles, puis au polissage ; après quoi, il ne reste plus, quand elles sont destinées à servir de miroirs, qu'à les étamer. Voy.

ÉTAHAGE des GLACES et MIROIR.

On croit que les glaces ont été inventées au moyen âge. Pendant longtemps le monopole de leur fabrication appartint aux Vénitiens, qui les préparaient par le procédé du soufflage ; ce procédé fut importé en France par Colbert en 1665, et il s'établit dès lors à Tourlaville, près de Cherbourg, une manufacture de glaces soufflées, qui n'a cessé d'exister qu'en 1808. Ce fut en 1688 qu'Abraham Thévart imagina de couler les glaces; son établissement, construit d'abord à Paris, dans la rue de Reuilly, fut transféré peu de temps après à St-Gobain, près la Fère, où il existe encore. I^s plus importantes manufactures de glaces sont : en France, outre celle de St-Gobain, celles de Cirey (Meurthe-et-Moselle), de Montluçon (Allier), d'Aniche, de Recquignies et de Jeumont (Nord) ; en Belgique, celles d'Oignies près Charleroy et de Floreffe près Namur; en Angleterre, celles de Blackwall près Londres, de Birmingham, de South-Shieds (Newcastle) et de Saint-llelens; en Allemagne, de Stolberg (Prusse] et de Mannheim (Bade). L'Amérique possède aussi plusieurs manufactures , de glaces, qui ont été créées en 1820 par des Français.

GLACIAIRE (période). Pour expliquer l'origine des dépôts quaternaires des Alpes, des Pyrénées, de l'Europe septentrionale, du nord des Etats-Unis, etc., les géologues supposent l'existence, dans ces contrées, de glaciers gigantesques, dont nos glacière actuels ne peuvent donner qu'une très faible idée, et ils ont donné à la partie correspondante de la période quaternaire le nom de période glaciaire. On admet généralement deux maxima dans l'extension des glaciers et par suite deux périodes glaciaires distinctes. — Le grand développement de ces glaciers a été attribué à des causes diverses, notamment à l'existence en plus grande abondance de la vapeur d'eau dans l'atmosphère.

GLACIALE, plante. Voy. ficoïde.

GLACIÈRE, réservoir où l'on conser^•e pour l'été la neige ou la glace dont on l'a rempli l'hiver. Pour construire une glacière, on fait choix d'un terrain sec, à l'abri des infiltrations souterraines et des rayons du soleil : le flanc d'un coteau regardant le nord est excellent à cet effet. On creuse ensuite une cave circulaire d'environ 12 mètres de profondeur sur 2 m. ou 2 m. 50 de diamètre ; le fond de cette cave est carrelé en pierre, et forme un puisard où vont s'écouler les eaux de la glacière. Le tour en est garni d'im mur en pierres de taille ou du moins en bâtisse excellente construite à chaux et à ciment. La glacière construite, sur un lit de paille peu épais qui revêt le haut du puisard, on couche une grille en fer sur laquelle reposera le premier lit de glace ; ensuite on jette les glaçons ou la neige, en les tassant à mesure pour laisser le moins de vide possible. De cette manière, la glace peut se conserver fort longtemps.

On donne aussi le nom de glacières aux appareils portatifs au moyen desquels on produit artificiellement de la glace, soit par des mélanges réfrigérants, soit à l'aide de l'évaporation. Voy. glace.

GLACIERS, vastes amas de glaces que l'on obser^-e dans les grandes chaînes de montagnes. Les uns sont situés sur les flancs des montagnes, ce sont les glaciers suspendus ; ils atteignent rarement de grandes dimensions. Les autre» sont les glaciers encaissés ; ils descendent dans les vallées et atteignent souvent une grande longueur : celle du glacier des Bois ou Mer de Glace, près de Chamonix,par ex., est presque de 60 kil. La largeur des glaciers est très variable. Leur épaisseur est quelquefois énorme : celle du glacier de l'Aar est évaluée à plus de 400 m.

Les glaciers ont pour origine les neiges qui tombent

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