‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 720 sur 1729 · GLANDE · texte numérisé non relu

GLANDE

abondamment dans les montagnes, et qui par l'effet des gelées et des dégels successifs finissent par se prendre en glace : cette glace est d'alK)rd grenue et désignée sous le nom de névé; ce n'est qu'à la longue qu'elle prend cette texture homogène et cette belle couleur azurée que l'on admire dans la plupart des glaciers. — La surface des glaciers est le plus souvent coupée de largos et profondes crevasses. La marche du glacier est comparable en tous points aux mouvements de l'eau courante, la glace présentant, dans un milieu à température supérieure à 0°, une véritable plasticité et se comportant, par suite, comme un liquide visqueux ( Voy. glace) . La progression du glacier est assez rapide ; sa vitesse est en moyenne de 0 m. 305 par 24 heures,

[)0ur la Mer de Glace. Dans certains glaciers, la fusion à a partie inférieure n'est pas compensée par la nouvelle glace fournie par le névé; ces glaciers sont alors en voie de retrait. C'était le cas pour le plus grand nombre des glaciers de la Suisse, mais actuellement la plupart d'entre eux sont de nouveau en voie do progression. C'est à ce phénomène de la marche du glacier que sont dus les dépôts de cailloux comius sous le nom de moraines. Sans cesse, en effet, des fragments de rochers descendus de la montagne tombent à la surface du glacier, et, englobés dans le nevé, font bientôt partie de sa masse. Ils marchent avec lui, entraînés par son mouvement de progression; et au bout d'un temps plus ou moins long ils arrivent vers ses bords, où la glace en fondant les laisse en liberté sur le sol. Ceux

?|ue le glacier a entraînés jusqu'à sa lunite inférieure, y brment les moraines terminales ou frontales ; ceux que sa croissance latérale a poussés vers ses côtés, y forment les moraines latérales. En même temps d'autres fragments arrivent peu à peu jusqu'au fond, et, emprisonnés entre la masse puissante du glacier et les roches sousjacenles, font subir à celles-ci le phénomène du striage et du polissage qui, avec les moranies, permet toujours de reconnaître l'existence et l'emplacement d'un glacier, lors même qu'il a disparu depuis longues années.

Beaucoup de torrents et même de rivières sortent des glaciers ; celui de Chamonix donne naissance au torrent de l'Arveyron. Le Rhône doit son origine à la fonte successive d'un glacier. — Consulter Agassiz, Système glaciaire (Paris, 1847) ; J. Tyndall, les Glaciers et les transfortnations de l'eau (Paris, 1873), et A. Ileim, Gletsckerkunde. — Voy. aussi préhistorique.

GLACIS (de glace), se dit en général de toute pente douce, par opposition au talus, qui est plus rapide. — En termes de Fortification, le glacis s'étend entre la crête du chemin couvert ou celle du talus de contrescarpe, lorsqu'il n'y a pas de chemin couvert, et le terrain naturel; sa longueur est variable et peut atteindre 50 ou 60 m. Son but est de permettre à la crête du rempart de bien battre les abords immédiats de la fortification. Le glacis est interrompu au droit des entrées des ouvrages et des sorties de chemin couvert.

En Peinture, on nomme glacis l'application suf une couleur sèche d'une couleur claire et transparente, de façon à modifier ce ton de la première ou à en augmenter l'éclat.

GLADIATEURS. Voy. le Dict. d'Hist. et de Géogr.

GLADIOLUS, nom latin botanique du glaïeul.

GLAGOLITES, glagolitique (écriture), du slavon glagol, lettre, et plus tard langue. Les Glagolites sont des catholiques dalmates auxquels Innocent IV, par une bulle de 1248, permit d'entendre la messe dans la langue ecclésiastique du pays (le vieux slavon) et à l'aide de livres liturgiques écrits en caractères spéciaux, dits (jlagolitiques, qui ont de l'analogie avec, les lettres cyrilliques, dont se servent les Russes et les Serbes. La tradition dalmate en attribue l'invention à St Jérôme ; mais on pense que cette écriture ne remonte guère qu'au vu' siècle.

GLAIADINE. Voy vins (maladies des).

GLAÏEUL, Gladiolus, genre de la famille des Iridées, renferme des végétaux herbacés, à racines bulbeuses, à feuilles larges et longues, en forme de glaive (d'où son nom) ; à Heurs en épis, à couleurs variées et très éclatantes. Ces plantes se trouvent dans toutes les parties de l'ancien continent. On cultive dans les jardins : le G. commun, à fleurs blanches ou rouges; le G. cardinal, qui a ses fleurs écarlates et les pétales inférieurs marqués d'une tache blanche ; le G. flatteur, à fleurs blanc de chair, et le G. perroquet, à fleurs d'un rouge safrané. Toutes ces espèoes ont fourni de nombreuses variétés.

On donne le nom de Glaïeul des marais à l'Iris des marais, et celui de G. puant à l'Iris fétide.

GLAIRE (du lat. clara s. -ont. pars ovi). Ce mot, qui signifie au propre le blanc d'un œuf qui n'est pas cuit, sert aussi à désigner une matière blanchâtre, visqueuse, ressemblant à du blanc d'œuf, que sécrètent les membranes muaueuses dans certaines allcftions, surtout chez les indivius débiles ou affaiblis. Les glaires ne diffèrent des mucosités ordinaires que par leur consistance et leur viscosité : elles ne constituent pas une maladie spéciale, comme on l'a cru; elles sont l'effet, non la cause, des maladies qui affectent les muqueuses. Il ne faut donc attacher aucune valeur aux sirops ou élixirs antiglaireux, qui ont joui longtemps d'une grande vogue.

GLAIRINE, dite aussi liai'égine, matière organique azotée d'aspect gélatineux que l'on trouve dans les eaux minérales sulfureuses, notamment dans l'eau de Barèges, est ainsi nommée de sa ressemblance avec la glaire des œufs; clic est tantôt blanche, tantôt grise, brune, rougcàtre, verte; tantôt en filaments, tantôt en flocons. C'est à ce principe, dont la nature et les propriétés ne sont pas encore bien connues, qu'on a rapporté à tort ou à raison les bons effets que produisent les eaux des Pyrénées.

GLAISE (du b.-lat. glis, glitis; orig. germ.), nom vulg. de y argile commune (Foy. argile). Cette terre est douce, onctueuse au toucher ; elle fait avec l'eau une pâte un peu tenace, et, quoique offrant les couleurs les plus variées, elle devient toujours rougeâtre par l'action du feu. Elle est fusible à un feu très élevé, et renferme une petite quantité de chaux carbonatéc. C'est avec de la terre glaise que se font les tuiles, les poteries rouges, les poteries fines, les faïences communes, les pipes turques et autres. C'est aussi de glaise que se servent les statuaires pour modeler leurs œuvres.

GLAIVE (du lat. gr/arfiMs). C'est proprement une espèce de long sabre à simple poignée, à deux tranchants presfjue parallèles, séparés par une nervure et terminés par une pointe pyramidale ( Voy. épée). Ce mot ne s'emploie plus guère que dans le style noble.

GLANAGE (orig. incertaine). Le glanage remonte aux premiers temps de la civilisation : c est, d'après le l'oiitateuque, la part du pauvre, de l'étranger, de l'orphelin et de la veuve; ils exercent le glanage sur le blé, sur la vigne, sur les oliviers. Le Christianisme sanctionna cet usage inspiré par la charité. Les lois des 2 et 28 sept. 1791 et du 23 therm. an iv, les art. 471 et 473 du Cocle pénal, l'art. 95 de la loi du 28 avril 1832 et divers arrêts de la Cour de cassation, ont précisé et réglementé chez nous l'exercice du glanage. Ont seuls le droit de glaner les pauvres hors d'état d'aider à la récolte (femmes, vieillartls, enfants et infirmes) ; le glanage n'est permis que dans les champs ouverts, après l'enlèvement de la récolte et quand le soleil est sur l'horizon ; il est accordé deux jours pour le glanage ; nul propriétaire ou fermier ne peut, avant la fin du 2" jour, envoyer son bétail dans ses champs moissonnés; enfin, nul ne peut vendre le droit d'y glaner, et nul ne peut, par violence ou autrement, s'opposer à l'exercice du glanage.

On appelle : grappillage le glanage dans les vignes ; râ- Iclagc, le glanage des foins dans les prairies qui viennent d'être fauchées.

GLAND (du lat. glans), fniit simple, sec, indéhiscent, uniloculaire et monosperme, provenant d'un ovaire infère, et plus ou moins recouvert par une capsule de forme variable. Tels sont les fruits du chêne, du hêtre, du châtaignier, etc. ; c'est au fruit du chêne que l'on donne plus spécialement ce nom. Il y en a des espèces comestibles, clites douces; elles sont fournies par le Chêne bellotte, le C. grec, le C. castillan et le C. yeuse. Torréfiés, certains glands sont employés en guise de café sous le nom de café de glands doux. — Les glands qui viennent du Chêne rouge, du C. blanc et du C. de Bourgogne ont une saveur extrêmement amère ; ils s'emploient en médecine comme astringents. — On donne les glands crus ou cuits aux pourceaux, aux dindons, aux oies, aux poules, etc.

On appelle vulg. : Gland de mer, les mollusques du genre Balane; Gland de terre, la Gesse tubéreuse, l'Arachide, la Terre-Noix, plusieurs Clavaires, etc.

gland, ouvrage de passementerie, en soie, fil, laine, coton, etc., destiné à rester pendant et qui affecte souvent la forme du fruit du chêne.

GLANDE ((kl lat. ^/a72s}. Les glandes sont les organet

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