‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 724 sur 1729 · GOITRE · texte numérisé non relu

GOITRE

GNOMIQUES (poètes)," du gr. yvujjLixdç, sentencieux. Les Grecs ont donné ce nom à des poètes dont les vers renferment des apliorismes, des préceptes sur la conduite de la vie. C'est la forme primitive de la Morale. Plusieurs de ces poètes furent en même temps philosophes et législateurs. On cite parmi les plus célèbres : Hésiode, Théognis, Phocylide, Pytiiagore, Selon, Simonide, Cléanthe, etc., dont un recueil a été donné par Brunck (Strasbourg, 1784) et par Boissonade (Paris, 1825). Leurs sentences ont pris place dans la poésie de Pindare, de Sophocle, de Méiiandre, etc., dans les discours des orateurs attiques, dans les récits des historiens, d'où on les a souvent extraites pour en composer des recueils, comme l'ouvrage d'Orelli \Opuscula Grxcoru7n sententiosa et moralia, Leipzig, 1818). Elles ont inspiré chez les Romains les Distiques de Dionysius Caton et les ïambes du mimographe P. Syrus; chez les Français, les Quatrains du président Dufaur de Pibrac et ceux de P. Matthieu. Voy. mohalistes.

GNOMON (du gr. yvwjjiwv), instrument composé généralement d'une tige verticale, dont l'ombre se projette sur un plan iiorizontal, et qui sert à trouver la hauteur du soleil par la longueur de cette ombre, ou l'heure par sa position. Quelquefois la tige verticale est remplacée par une ouverture circulaire placée en haut d'un bâtiment «levé, et par oîi passent les rayons du soleil : ces rayons vont peindie l'image de l'astre à une distance plus ou moins giundc du bâtiment sur le sol, où préalablement l'on a tracé une méridienne, et l'instrument rend dès lors les mêmes services que le gnomon ordinaire. Tel est le gnomon de l'église St-Sulpice à Paris. Voy. cadran solaire.

GNOMON IQUE, art qui a pour objet la construction des gnomons et des cadrans solaires (Voy. cadran et gnomon). On cil trouvera les procédés décrits dans le Manuel de gnomonique de M. Boutereau (collection Roret).

GNOQUIS (de l'ital. gnocchi), composition de fécule, sucre, (iHifs, muscade, parmesan râpé et beurre, découpée en rondelles et gratinée.

GNOSE (du gr. yvwatî). Ce mot, qui signifie propr. la doctrine des Gnostiques ( Voy. ce mot au Dict. d Hist. et de Géogr.], a été employé au xvn° siècle pour exprimer la science religieuse supérieure.

GNOU, Antilope gnus, Catoblepas, espèce du genre Antilope [Voy. ce mot). C'est un animal de grande taille, d'un aspect farouche, et qui a la face recouverte de poils épais. Avec le mufle et les cornes du bœuf, il a les jambes du cerf, et l'encolure, la crinière et la croupe du cheval. Une seconde crinière lui défend la face inférieure du cou. Enfin, sa queue est terminée par un flocon de longs poils. Cette espèce habite l'Afrique et l'Amérique méridionales; «lie parait difficile à apprivoiser.

GOBELET (du b.-lat. gubellus; de cupa). A la cour des rois de France, le service du gobelet était un des offices de la maison du roi : il comprenait le pain, le vin, le fruit et le linge pour la bouche du roi. On appelait chef du gobelet le premier des officiers de la bouche du roi. Voy. éciianson.

Gobelet émétique, gobelet de métal dans la composition duquel il entrait de l'antimoine, et qui étant attaqué par les acides organiques du vin communiquait une vertu émétique au vin qu'on y laissait séjourner. On y a renoncé, parce que la quantité d'antimoine dissoute n'était pas «onstante, et qu'il en résultait des accidents. — On emploie encore de même des gobelets de bois de quassia amara, etc.

GOBELETS (jOHEUR De). Voy. PRESTIDIGITATEUR.

GOBE-MOUCHES, Muscicapa, genre d'Oiseaux, de l'ordre des Passereaux dentirostres : bec moyen, élargi et déprimé à la base, qui est hérissée de longs poils : comprimé et échancré vers la pointe, ou très acéré. Ces oiseaux se nourrissent d'insectes, ils sont migrateurs : ils arrivent au printemps dans les pays tempérés, et partent en automne, après avoir niché. Ils vivent dans les lieux retirés, sur le sommet des arbres les plus élevés; leur cri est aigu et monotone. On trouve en Europe le G. gris [M. qrisola), long de 0 m. 15, brun cendré, avec le ventre blanc; le G. à collier [M. albicollis), long de 0 m. 12, noir, avec les parties inférieures blanches; le G. noir iM. luctuosa), long de 0 m. 12, d'un plus beau noir que le précédent : ces deux derniers sont souvent appelés Bec-figues.

GOBE-MocciiES, plante. Voy. attrape-mouche.

GOBETIS. Voy. crépi.

GOBIE, Gobius, vulg. Goujon de mer, genre de Poissons acanthoptérygiens, de l'ordre des Squamodermes, type de la famille des Gobioïdes. On trouve ces poissons d'ans

toutes les mers, quelques-uns même dans les fleuves. L'espèce type est le Boulereau noir (G. niger], que l'on pêche sur nos côtes en mars et en avril. Il n'a que O^jlS de longueur ; mais sa chair est estimée.

GOBIO, Gomus, noms latins du Goujon.

GOBiO'iDES (du g.-type Gobie], famille de Poissons acanthoptérygiens, de l'ordre des Squamodermes, caractérisée par ses ventrales attachées sous ses pectorales, un peu en avant, et réunies par leur bord interne. — Cette famille renferme les genres Gobie, Blennie, Anarrhique, Callionyme, etc.

GODILLE (orig. inc), aviron qui, placé dans une entaille arrondie sur l'arrière d'une petite embarcation, sert à l'homme qui la manie à diriger seul cette embarcation soit sur une rivière, soit même sur la mer quand elle n'est pas trop mauvaise. Cette manière de gouverner s'appelle godiller.

GODIVEAU (orig. inc), pâté chaud composé d'andonillettes, de hachis de veau en boulettes, et ne béatilles (ris de veau, crêtes de coq, champignons, etc.). On n'en fait plus auj. Les tourtes d'entrée et les vols-au-vent l'ont remplacé.

GODRON ou GAUDERON (orig. inc). Ce mot, qui primitivement était un terme d'Orfèvrerie et désignait les moulures ovales que l'on fait au bord de la vaisselle plate, a été étendu ensuite aux plis ronds que l'on fait avec le fer aux fraises et aux jabots : les fraises à gros godrons ont été à la mode pendant la seconde moitié du xvi* siècle. — On appelle encore godrons des ornements ciselés que l'on fait sur les bagues et les cachets : ce sont le plus souvent des espèces de rayons droits ou tournants sur le fond du bijou, partant du centre de ce fond.

GOÉLAND (du b.-breton gwela, pleurer), Larus, section du genre Mouette {Voy. ce mot), en renferme les plus grosses espèces, c-à-d. celles qui atteignent au moins la taille du canard, comme le G. à manteau noir [L. marinus et L. nsevius) et le G. à manteau gris ou Bourgmestre [L. glaucus], qui habitent les contrées arctiques.

GOÉLETTE (de goéland), navire léger, de 50 à 300 tonneaux, allongé, peu large, construit essentiellement pour la course. Il porte deux mâts, fort inclinés en arrière, une grande voile et une voile de misaine trapézoïdale enverguées à une corne ou pic, et presque toujours des mâts hauts sortant des huniers, parfois une voile de fortune à la vergue carrée de l'avant, et des focs. On l'arme en guerre avec de petite artillerie, et il sert de mouche ou d'aviso. Le commerce s'en sert aussi beaucoup dans les parages où la mer est basse.

GOÉMON, nom donné, sur quelques côtes de France, aux Algues et Varechs jetés sur ces côtes ou ramassés sur les rochers, et qui fournissent aux habitants un engrais précieux pour les champs.

GOETHITÉ, sesquioxyde de fer hydraté [Fe^O^.ll'^O], en cristaux ortborbombiques ou en petites lamelles d'un rouge sang; généralement noire, rouge par transmission ; colore assez fréquemment en rouge d'autres minéraux, en jmrticulier des zéolithes. La gœthite se trouve à Siegen et en Cornouailles.

GOÉTIE (du gr. yoTjTSLa), espèce de magie par laquelle on invoquait les génies malfaisants pour nuire aux hommes : c'est l'opposé de la Théurgie. Voy. sorcellerie et magie.

GOIGNADE, ancienne danse d'Auvergne qui avait beaucoup de rapport avec la bourrée. Voy. ce mot.

GOITRE (du latin guttur, gorge), engorgement dn corps thyroïde, dû à une tumeur d'origine épithéliale généralement bénigne, et qui forme à la partie antérieure du cou une tumeur irrégulière, indolente, de grosseur variable et quelquefois considérable, sans changement de couleur à la peau et sillonnée de grosses veines. Les femmes y sont plus sujettes que les hommes. Le goitre est endémique et héréditaire dans certaines contrées froides et humides, notamment dans les vallées des Alpes, le bas Valais, la Savoie, la Maurienne, etc. ; on l'a attribué à l'usage des eaux séléniteuses, calcaires, magnésiennes, et aussi au défaut de matières iodées. Des médecins itahens attribuent le goitre à un bacille spécial. De tout cela on ne peut retenir qu'une chose, c'est que certaines sources sont goitrigènes et peuvent même donner lieu chez les jeunes gens à de véritables épidémies de goitre. — Un des points les plus intéressants sont les relations du goitre avec le crétinisme [Voy. crétins).

Le goitre suit, en général, une marche fort lente ; mais,

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