‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 727 sur 1729 · GOURA · texte numérisé non relu

GOURA

rupta ; il existe à cet étal en Normandie, en Bretagne, eu Belgifjue, dans les Pyrénées, dans les Alpes orientales. En Bohwnc, c'est l'étage E de Barrande qui correspond au Silurien supérieur des autres régions ; quant aux étages F, G et 11, il est probable qu'ils doivent être rangés dans le Dévonicn.

GOUACHE (de l'ital. gMa;:30, lavage), sorte de peinture dans laquelle on emploie des couleurs broyées avec de l'eau mêlée de gomme, et réduites en pâte : ces couleurs se posent sur le papier, généralement lisse, par couches successives, ce qui distingue la gouache de l'aquarelle (Voy. ce mot). — La gomme donnant aux couleurs une belle transparence, la gouache est très favorable au paysage ; on l'emploie aussi pour les décorations de théâtre, pour les tableaux de moyetme proportion, pour les esquisses. Les gouaches d'un bon coloriste llatlent toujours par des tons Irais, éclatants et veloutés. Mais il faut que l'artiste sache parfaitement proportionner sa gomme à chaque couleur et

3uil peigne habilement; car la gomme est siccative, et il evient bien vite impossilile de retoucher. Aussi a-t-on conseillé de joindre à la gomme quelques corps glutineux (entre autres, le jaune d'œuf), ou de substituer à la gomme arabique la sarcocolle. Le procédé dit gouache vernie, dont on a vu les premiers échantillons à l'exposition de 1839, a aussi pour but de remédier à cet inconvénient. On peint beaucoup à la gouache des éventails, des écrans, etc. — Parmi les artistes qui ont excellé dans ce genre, on cite Ant. Corrège, J.-G. Bawr de Strasbourg (né en 1610), Baudoin, gendre de Boucher, Noël, etc.

GOUDRON VÉGÉTAL (de l'arabe katràn), ou Drai liquide, substance noire, épaisse, visqueuse, d'une forte odeur cmpyreumalique, qu'on obtient en soumettant à une combustion incomplète, dans des fours grossiers, les pins et les sapins presque épuisés de térébenthine. Le goudron végétal est un mélange complexe de résines plus ou moins altérées par la chaleur, de produits pyrogénes, comme des carbures d'hydrogène, de l'acétone, de l'acide acétique, etc. Ce qui le caractérise surtout, c'est la présence de la créosote ( Voy. ce mot) . Sa composition et ses nropriétés sont totalement différentes de celles du goudron ae houille {Voy. goudron MINÉRAL ctGAZD'ÉCLAiiuGE). Il cst insolublc dans l'eau, soluble dans l'alcool, l'éther. — On fait une grande consommation de goudron dans la marine pour en enduire la carène et les cordages. Les goudrons de Norvège et de Russie sont les plus estimés; ceux de Bordeaux, de Provence, etc., sont également l'objet d'un commerce étendu. Les tanneurs s'en servent aussi pour faire gonfler les peaux. Le goudron est employé, en médecine, à l'intérieur contre un certain nombre d'alfeclious catarrhales, maladies de vessie, bronchites chroniques, phtisie à sa première période ; à l'extérieur, contre certaines maladies de peau. — Les Vétérinaires emploient le goudron contre la gale des moutons et les plaies des chevaux, à cause de son action stimulante sur la peau et de ses propriétés antiseptiques.

L'eau de goudron est une macération de goudron végétal dans l'eau, qui se charge de quelques-uns des principes aromatiques du goudron.

GOUDRON MINÉRAL OU COALTAR, goudron extrait de la houille. On le distiHe en grand pour en retirer les huiles légères, les h. lourdes et les h. à anthracènes. Le résidu de cette distillation est le brai [Voy. ce mot). Parmi les produits principaux renfermés dans les luiiles légères, sont la benzine et \c phénol; dans les huiles lourdes, on trouve la naphtaline.

GOUDRONS DE LIGNITE, TOURBE ET SCHISTES. LcS gOudronS

sont distillés pour la fabrication des huiles minérales et de la jjaraffine [Voy. ce mot).

GOUDRON DE PÉTROLE, résidu de la distillation du pétrole [Voy. ce mot), contient de la paraffine et sert à fanriquer un produit nouveau très employé en parfumerie ou en pliarmacie : la vaseline.

GOUET, Arum, genre type de la famille des Aroïdées, est composé de végétaux herbacés à racines tuberculeuses et charnues, et à feuilles engainantes ; la fleur est formée d'une spathe en oreille d'âne, renfermant un spadice en massue, nu au sommet, et supportant à sa partie inférieure plusieurs rangées d'anthères sessiles; puis, au-dessous, 2 ou 3 rangées de glandes aiguës ; et enfin, à la base du spadice, plusieurs ovaires surmontés d'un stigmate barbu. Le G. ordinaire [A. maculalum), vulg. Pied-de-veau, croît dans les bois humides. Ses feuilles, d'un vert foncé, sont tachetées de noir ; son fruit est formé de petites baies

d'un rouge écarlate et de la grosseur d'un pois. Sa racine fraîche renferme, comme toute la plante, un suc laiteux émétocathartiijue ; mais, desséchée, elle fournit une fécule agréable et très nourrissante. — On a détaché de ce genre le G. comestible et le G. sagitté [Voy. caladion), ainsi que le G. serpentaire et le G. chevelu [Voy. dracunccle).

GOUFFRE (le même que golfe]. C'est, en Géologie, une cavité souterraine qui s étend perpendiculairement à une profondeur très grande.

En Géographie, on réserve ce nom aux parages de la mer ou même des rivières où les eaux se précipitent en tournoyant et font disparaître avec violence tous les objets qui s'y trouvent. Les gouffres résultent de l'action de courants opposés qui se heurtent et tourbillonnent. Charybde et Scylla, si redoutés des anciens, sont des gouffres. Le Maelstrom, gouffre de la mer du Nord, celui de Cariaco, dans le golfe de Cumana (Amérique méridionale), ont de bien plus vastes dimensions et sont beaucoup plus dangereux.

GOUGE (du b.-lat. guvia ou gulvia), outil en fer, à manche de bois, dont le tranchant est en acier et a généralement la forme d'un demi-cercle. Il en existe de diverses sortes, les unes droites, les autres recourbées, et dont le manche est perpendiculaire au plan de la courbure (celles-ci se nomment gouges à la main) ; les unes, dont le tranchant est garni, par ses deux côtés, d'un rebord; les autres, qui n'en ont pas (ce sont les gouges rondes) . Dans presque toutes les industries, les ouvriers se servent de gouges appropriées à leur genre de travail.

GOUJON, Gobio, genre de Poissons malacoptérygien» abdominaux, de l'ordre des Squamodermcs, famille des Cyprinidés, caractérisé par ses nageoires dorsale et anale, qui sont courtes et sans épines, et par deux barbillons situés aux angles de la bouche. Ce sont de petits poissons qui vivent en troupes, et habitent les fonds sablonneux de toutes les eaux douces de l'Europe. Leur chair est blanche. Ils sont très recherchés pour la friture. — L'espèce type est notre Goujon commun [G. cyprinus], qui a le corps allongé, le dos arrondi, d'un bleu noirâtre, et les flancs couverts de petites taches brunes. Une seconde espèce, le G. oblusirostris, a été trouvée dans la Somme, et une troisième espèce, le G. uranoscopus, dans le Danube.

On nomme : Goujon de mer, la Gobie; Goujonnière, ou Perche-Goujonnière, la Grémille.

On a nomme goujon, sans doute à cause de sa forme, une cheville de fer, à pointe perdue, qui sert, p. ex., à unir les deux parties d'une charnière ; ainsi qu'une cheville de bois, que les charrons mettent dans les trous des jantes pour les assembler.

GOULE (de l'arabe ghoul), génie malfaisant qui, dans les superstitions de l'Orient, vient, la nuit, déterrer les corps dans les cimetières pour les dévorer. C'est une sorte de loup garou.

GOULET, GOULETTE (du lat. gula). On nomme ainsi : 1° un canal étroit et peu long qui reçoit les eaux de la mer, et sert d'entrée à une rade ou à un port, comme à Brest et à Tunis ; 2" l'ouverture dans laquelle on met la fusée d'une bombe, et qui est nommée plus généralement \'œil de la bombe; 3° une espèce d'entonnoir que l'on met à l'entrée des filets en manche et des nasses, par où le poisson descend dedans sans pouvoir en sortir.

GOULOTTE (du lat. gula), nom donné, en Architecture, à une petite rigole taillée sur la cymaise d'une corniche pour l'écoulement des eaux de la pluie, et, dans les cascades, à un petit canal en pente douce taillé sur des tablettes de pierre ou de marbre, et interrompu d'espace en espace par de petits bassins en coquille d'où sortent des bouillon» d'eau.

GOUM, mot arabe usité en Algérie, et qui désigne le contingent que chaque tribu doit fournir pour les expéditions militaires.

GOUPILLE (du lat. cuspicula, de cuspis, pointe, ou de goupil, comme le suiv.), cneville de métal qui sert à assembler deux pièces l'une contre l'autre. On en fait usage dan» l'horlogerie, l'armurerie, etc.

GOUPILLON (du V. fr. goupil [du lat. vulpecula, renard, ou queue de renard]), petit bâton de bois ou de métal garni au bout de soies de porc. On s'en sert pour répandre l'eau bénite sur les personnes ou les objets à bénir.

GOUR, Bos gaurus, variété de Buffle. Voy. buffle.

GOURA, dit aussi pigeon ou faisan couronné, Lophyrus coronatus. Voy. colojhji-galline.

GOURAMI

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