GRÂCE
n'est pas accidentel, mais constant; qu'il se reproduit toujours au moment du contact géométrique, mais que ses dimensions angulaires sont inversement proportionnelles au diamètre de l'objectif. Il devient très petit avec les objectifs de 6 pouces; on peut aussi le dimmuer considérablement en augmentant l'épaisseur ou le nombre des verres noirs employés près de l'oculaire pour observer le passage. Il est dû à des piiénomènes de dilfraction relatifs à la production des images au foyer d'un instrument d'optique. M. Ch. André en a fait une étude approfondie, nitlammcnt dans sa thèse intitulée Elude de la diffraction drius les instrmneiils d'optique (Gautliier-Villars, 1876).
GOUTTIÈRE (de goutte). Les gouttières se font en plomb, en zinc ou en fer-blanc. Il y en a aussi en bois Ou en pierre. Au moyen âge elles étaient presque toutes terminées par des gargouilles {Voy. ce mot), qui ont été remplacées avec avantage par des tuyaux de descente.
En Anatomie, on donne le nom de gouttière à toute rainure creusée sur la surface des os. Quelques gouttières facilitent le glissement des tendons, comme la G. bicipilalc ; d'autres logent des vaisseaux sanguins, particulièrement des veines [G. sagittale); quelques-unes servent seulement à soutenir certains organes [G. basilaire). — C'est aussi le nom d'un api)areil chirurgical en fils de fer, matelassé intérieurement et qui est destiné à recevoir un membre fracturé.
GOUVERNAIL (du lat. (/HAernacu/um), appareil attaché à l'arrière d'un navire et qui sert à le diriger. Il se compose d'un fort morceau de chêne dit mèche du gouvernail, aux deux faces duquel s'ajoutent d'épaisses planches de sapin, chevillées fortement avec la mèche et formant la partie extérieure et saillante, dite safran ; des ferrures suspendent cet assemblage le long de l'étambot, autour duquel le gouvernail tourne verticalement. Une barre, qui traverse la lète de la mèche, meut tout l'assemblage ; lorsque le navire est grand, les palans, ou une corde très solide, souvent en cuir tressé, dite drosse du gouvernail, aident à manœuvrer la barre ; enfin, sur le pont du navire est située une roue verticale sur le tambour de laquelle s'enroule la drosse et que manient les timoniers. Le gouvernail est l'organe essentiel de la direction du navire; il lui transmet l'impulsion que lui donne l'eau environnante, arrivant rapidement après avoir glissé le long des flancs du vaisseau. Le gouvernail n'était d'abord qu'un large aviron attaché au (lanc du navire. Primitivement, il n'y en avait qu'un; dans la suite, on en mit un de chaque côté. On ne sait à quelle époque on l'attacha pour la première fois à l'étambot d'un navire : le premier exemple qu'on en connaisse est du xiii" siècle: mais l'usage doit en être bien plus ancien.
En Vélocipédie, le gouvernail est la pièce avec laquelle on dirige un cycle. Ce terme n'est employé que pour les tricycles et les tandems: pour les autres cycles on se sert de l'expression de guidon {Voy. ce mot).
GOUVERNEMENT (de gouverner; du lat. gubernare), autorité chargée d'administrer un pays. La manière ilont s'exerce cette autorité varie selon la constitution de l'Etat. 11 y a trois formes principales de gouvernement : la monarchie, l'aristocratie et la démocratie, qui peuvent elles-mêmes se combiner de diverses manières, et qui donnent ainsi naissance aux gouvernements absolus et despotiques, constitutionnels, parlementaires et représentalifs, et aux différentes sortes de républiques.
Voy. ÉTAT, CONSTITUTION, ARISTOCRATIE, DÉMOCRATIE, MONAR-
ciiuv, etc.
GOUVERNEMENT, division territoriale. Avant 1789, la France était divisée en iQ gouvernements (32 grands et 8 petits).
GOUVERNEUR (de gouverner), celui qui commande dans une province, dans une maison rovale.
Gouverneurs de provitices. Les titres de ceux qui commandent dans les provinces diffèrent beaucoup. C'étaient autrefois des satrajyes chez les Perses ; c'étaient des émirs sous les khalifes, des nababs et des soubabs dans l'Inde; ce sont des pachas et des beys dans la monarchie ottomane; mais presque partout dans l'Europe moderne, ils portent le nom de gouverneurs. En Prusse, en Autriche, en Russie, les provinces, dites gouvernements, obéissent à des gouverneurs. Il en était de même en France, avant 4789; le nom de gouverneur a été conservé pour les magistrats qui exercent l'autorité aux colonies; l'Algérie a un gouverneur général.
Il y a encore auj. le G. de l'Hôtel des Invalides
(comme, en Angleterre, le G. de l'hospice de Chelsea) ; le G. de la Banque de France, le G. du Crédit foncier, le G. du Crédit mobilier, etc.
GOYAVIER ou gouyavier, Psidium, genre de la famille des Myrtacces, se compose d'ariires à feuilles opposées, entières, et à Heurs portées sur des pédoncules axillaires. Ce genre, propre à 1 Amérique et à l'Asie, a pour type le G. poire [P. piriferum), vulg. G. blanc des Indes'. C'est un arbre de 3 m., à tronc droit, à écorce unie, vcrdâtre. tachée de rouge et de jaune ; à rameaux (|uadrangulaires, portant des feuilles ovales, allongées, aiguës, lisses, veloutées en dessous; des ileurs blanches, semblables à celles du cognassier, donnent naissance à des fruits appelés goyaves, en forme de poire et de la grosseur d'un œiif. Leur chair est blanche, succulente, parfumée et très agréable. Une variété de cette espèce est appelée G. pomme, parce que ses i'ruits ressemblent à des pommes. Une seconde espèce, le G. aromatique, porte à la Guvane le nom de Citronnelle. On connaît encore le G. à feuilles en cœur, de la Guadeloupe, et le G. de Catlley, originaire de Chine.
GRAAL ou GRÉAI, (le saint), célèbre vase mystique. Voy. GRÉAL au Dict. d'Hist. et de Géoqr.
GRÂCE (du lat. gratia). En théologie, ce mot désigne en général les faveurs et les dons qui ont pour objet la sanctification d& celui qui les reçoit, et spécialement un don surnaturel et gratuit que Dieu accorde à l'homme pour le conduire à sa fin, et sans lequel il ne peut être sauvé. On distingue : les G. extérieures, comprenant tous les secours extérieurs que Dieu donne à l'homme pour lui faire connaître ses devoirs et le porter au bien, comme la révélation, la loi de Dieu, les leçons de J.-C, la prédication de l'Evangile, les exhortations, les bons exemples; et la G. intérieure, action toute spéciale de la Divinité,
3 ni s'exerce au dedans des cœurs et qui inspire les saints ésirs, les résolutions louables.
La G. intérieure elle-même, qui est la Grâce proprement dite, est : habituelle, sanctifiante ou justifiante, si elle réside dans l'àme comme une qualité ou une disposition permanente ; actuelle, si elle nous est donnée dans chaque circonstance pour nous aider à faire le bien ; prévenante ou excitante, si elle prévient ou détermine les bons mouvements de notre volonté; coopérante, si elle agit avec nous pour soutenir et fortifier notre volonté; efficace, si elle produit infailliblement son elTet, sans que l'homme y résiste jamais ; suffisante, si, tout en donnant à la volonté assez de force pour faire le bien,, elle admet la résistance de l'homme.
La difficulté de concilier avec le libre arbitre l'action de Dieu sur la volonté dans la grâce a donné lieu à un grand nombre d'opinions diverses, dont quelques-unes sont devenues des hérésies célèbres. D'un côté, les Pélagiens, et après eux les Sociniens, penchant de préférence pour la liberté, nient la nécessité de la grâce; les Semi-Pélagiens, tout en reconnaissant la nécessité de la grâce pour les bonnes œuvres, soutiennent qu'elle n'est pas nécessaire pour ces premiers mouvements par lesquels l'homme se tourne vers Dieu, et qui sont le commencement du salut. D'un autre côté, les Prédestinatiens, les W'iclélistes. les Luthériens, les Calvinistes, Ba'ius, Jansenius et Quesnel, exagérant le rôle de la grâce, sacrifient la liberté et soutiennent que la grâce fait tout ; que l'homme est un instrument purement passif, incapable de résister à la grâce: qu'il ne pèche que parce que la grâce lui manque. St Augustin a combattu avec force les Pélagiens et a su concilier la grâce avec la liberté ; sa doctrine sur ce sujet fait autorité. — Pascal, dans ses Provinciales, expose les disputes sur la grâce et défend la doctrine des Jansénistes sur ce point. L. Racine a composé un poème intitulé la Grâce. grâce. En Droit, la gy-âce, qu il ne faut pas confondre avec Vamnistie {Voy. ce mot), est la remise faite au coupable de tout ou partie des peines corporelles ou pécuniaires auxquelles il a été condamné. Elle laisse subsister les conséquences civiles de la peine, telles que la dégradation civique et l'interdiction légale. — Autrefois un grand nombre de seigneurs, d'évêques et les légats du pape avaient le droit de grâce. Maintenant, dans tous les Etats de l'Europe, le souverain ou le chef de l'Etat exerce seul ce droit. — En France, il est donné à celui qui est l'objet de cette faveur des lettres de grâce, qui doivent être entérinées par une cour d'appel. — Voy. abolition (lettres d') et entérinement.