GRAINE
GRÂCE. Considérée comme le don de plaire, la Grâce avaji élu divinisée par les anciens sous les traits de trois aei'.B>cs aux l'onnes et à la démarche séduisantes. Voy. CRÀtEs au Dict. d'Hisf. et de Géogr.
C'juime titre de dignité, le mot Grâce a été appliqué aux rois d'Angleterre jusqu'à Henri YIII, qui le remplaça par le titre A Altesse et plus tard par celui de Majesté. — 11 est encore auj. porté par les ducs anglais et par les évè(jucs anglicans.
GRACIOSO (du lat. gratiosus], bouffon de la comédie espagnole. La condition du gracioso est toujours subalterne. Loquace, poltron, naïf, parfois grossier et glouton, il amuse à ses propres dépens : souvent il a de l'esprit, de la malice, du trait; mais ces qualités se montrent ou gauchement, ou hors de propos. Cependant, chez les dramatistes récents, chez Moreto p. ex., le gracioso est plein de ruse et de finesse. Arlequin tient du gracioso.
GRACULA, oiseau. Voy. martin.
GRADATION (du lat. gradatio), nom donné, en Littérature, à certain arrangement des idées tel que l'effet va en augmentant sans cesse, et comme par degrés. Un orateur, p. ex., en disposant ses preuves, aura soin de réserver les plus fortes pour les dernières. Un auteur dramatique, un romancier, fait succéder les scènes et les tableaux de manière que les émotions deviennent de plus en plus vives et profondes. — En Rhétorique, la gradation (climax) est une figure de mots par laquelle on accumule des images ou des expressions qui enchérissent l'une sur l'autre ; elle est ascendante, comme dans cet hémistiche : t'a, cours, vole et nous venge (Corneille), ou descendante, comme dans ce vers de Boileau :
Soupire, étend les bras, ferme l'œil et s'endort.
En Peinture et en Sculpture, la gradation est l'habileté avec laquelle les peintres et les sculpteurs groupent leurs personnages, de manière que les principaux soient en relief et que les autres soient graduellement affaiblis par l'expression et le jeu de la lumière à mesure qu'ils s'éloignent de Vaction.
GRADE (du lat. gr-adus). Voici l'ordre des grades dans l'Armée de terre : 1" caporal ou brigadier; 2° sous-officier (sergent ou maréchal des logis, fourrier, sergentmajor ou maréchal des logis chef, adjudant); 3° officier subalterne (sous-lieutenant, lieutenant de 2" et de l"^" classe, capitaine de 2" et de 1"^ classe) ; 4° officier supérieur (chef de bataillon ou d'escadron, major, lieutenantcolonel, colonel) ; 5" officier-général (général de brigade, général de division) ; 6" maréchal de France, titre qui est plutôt une dignité qu'un grade.
Dans l'Armée de mer, les grades sont les suivants : 4^ quartier-maitre; 2" second et premier maître; 3° aspirant de 2" et de l"^' classe: 4° enseigne de vaisseau; 5° lieutenant de vaisseau de 2» et de 1" classe; 6° capitaine de frégata; 1" capitaine de vaisseau; 8° contre-amiral; 9° vice-amiral; 10° amiral.
Depuis la loi de 1852, les grades, en France, sont donnés soit à l'ancienneté, soit au choix, et d'après des règles déterminées. Avant la Révolution, les grades se vendaient, ou bien le roi les donnait arbitrairement; la haute noblesse accaparait les hauts grades, la petite noblesse se partageait le reste.
Il faut distinguer le grade de l'emploi. Le grade est la propriété de l'officier; la disponibilité, la non-activité, la réforme, la retraite, enlèvent l'emploi, mais non le grade; ce dernier n'est perdu que par la dégradation.
Dans le Clergé, grade se dit de la prêtrise et des autres degrés plus élevés, même de l'épiscopat.
Grades universitaires, synonyme de degrés. Voy. ce
mot, DIPLÔME et FACULTÉ.
GRADE, nom donné au degré centésimal que, lors de la réforme du système métrique, on a cssaje de substituer au degré ordinaire [Voy. degré) dans la division du cercle. Dans ce système le quadrant ou quart de circonférence, au lieu d'être partage en 90 degrés, était partagé en 100 grades, le grade en 100 minutes, la minute en 100 secondes. Cette réforme n'a pas été acceptée par le monde savant.
GRADUÉ (de grade), celui qui est pourvu d'un grade dans quelque Faculté. On distmguait autrefois, en Théologie, plusieurs espèces de gradués : les G. simples n'avaient que les lettres de leurs degrés et l'attestation de Uur temps d'étude; les G. nommés y joignaient leurs
lettres de nomination et de présentation aux bénéfices ; les G. de privilège, ceux à qui des lettres du pape, de ses légats, etc., conféraient ce titre, avec dispense du temps d'étude et des examens.
GRADUEL (du lat. gradus, degré), portion de l'office de la messe, entre l'épître et la prose, et qui précède l'évangile. Elle a été ainsi nommée parce qu'elle se chantait autrefois sur les degrés ou marches du jubé ou de l'ambon. Le graduel se compose le plus souvent de trois versets contenant quelques réflexions relatives à l'épître. On croit (jue c'est St Ambroise qui introduisit le graduel dans l'office. — On donne aussi le nom de graduel au livre qui se place sur le lutrin, et qui contient ce que le chœur chante à la messe.
GRAFFITTO, -TTI, ou bien grafitto, -tti, mots italiens employés par les archéologues pour désigner les dessins au trait, les inscriptions, etc., tracés avec du charbon ou avec la pointe d'un stylet sur les murailles des monuments antiques et qu'on retrouve encore aujourd'hui. Les graffitti de Pompéi sont particulièrement curieux.
GRAILLE, un des noms vulgaires de la Corneille commune. Voy. CORNEILLE.
GRAIN (du latin granum), se dit de tout fruit eu semence qui ne présente qu'un petit volume, comme les grains de blé, de raisin, de poivre, etc., et particulièrement du fruit des Graminées qui servent à la nourriture de l'homme et des animaux. Dans ce sens, grains ett synonyme de céréales ( Voy. ce mot). — On nomme : gros
frains, le froment, le méteil et le seigle; menus grains, orge, l'avoine et le sarrasin; et grains ronds, les fruits des vesces, des féveroles, et les autres semences que l'on sème afin d'avoir du fourragé pour les bestiaux ou de la graine pour les oiseaux de basse-cour.
Les grains, ou verts, ou pendants par racines, ne peuvent être vendus, sauf quelques exceptions (Décrets des 6 et 23 messidor an m). }oy. fruits et céréales.
En Pharmacie, on appelle quelquefois grains des préparations qui ne dilTèrent des pastilles que par leur forme globuleuse, tels sont : les grains de cachou, sorte de pastilles aromatiques ; les grains de santé de Frank, sorte de pilules composées d'aloès et d'extrait de réglisse.
On nomme vulgairement : Grain de Zelim, le Poivre long de l'Inde ; Grain d'avoine, une coquille fossile, du genre Pupa ; Grain de blé ou de riz, plusieurs Porcelaines; Grain d'orge, un Bulime, etc.
Grain d'aleurone, d'amidon, de pollen. Voy. aleurome,
AMIDON, pollen.
GRAIN. Dans l'ancien système des Poids et mesures, le grain était la 72"= partie du gros, qui était lui-même le 8* de l'once et le 128° de la livre. En mesures nouvelles, le grain équivaut à 0 gr. 053.
Le nom de grain s'applique à un outil employé dans plusieurs arts : il sert au menuisier pour dégager une baguette ou une autre moulure ; le grain d'orge ou tourneur a la forme d'un triangle ; celui du serrurier est carré ; il s'en sert pour percer les pierres.
GRAINAGE, opération qui permet de reconnaître si une graine de ver à soie a les qualités nécessaires pour fournir une bonne éducation. Le procédé du grainage de M. Pasteur consiste à faire d'abord une sélection de chambrées, afin d'opérer l'exclusion de toutes celles qui sont atteinte» de flacherie {Voy. flacherie). On fait ensuite la sélection des papillons, afin de détruire les graines des sujets corpusculeux [Voy. pébrine). La première de ces opérations n'exige l'emploi d'aucun instrument : il suffit de voir les vers à la montée et de constater leur agilité et leur vigueur. La seconde se fait à l'aide du microscope ; on n'emploie que les graines de papillons reconnus non corpusculeux à l'examen microscopique. — Ce procédé de grainage est maintenant employé par tous les fabricants de graines; il a rendu à la sériciculture son ancienne prospérité.
GRAINE (de (/rai'n), corps reproducteur spécial des plantes Phanérogames. C'est Vovule (Voy. ce mot) fécondé et arrivé à son entier développement. Entourée du péricarpe, c.-à-d. des parois de l'ovaire développées, la graine constitue l'ensemble appelé fruit ( Voy. ce mot) ; elle est fixée au péricarpe par un petit cordon, le podosperme ou funicule, attaché en un point, le hile. — La graine se compose de deux parties essentielles : le tégument séminal ou spermodei-me, et Vamande. Le tégument lui-même n'est pas simple : il est formé de deux enveloppes conceu-