‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 731 sur 1729 · GRAMMAIRE · texte numérisé non relu

GRAMMAIRE

triques, l'une externe, le test; l'autre interne, le teqmen. Le lest laisse apercevoir le petit eni'onccment appelé micropyle et la trace de l'insertion du funiculc, le hile ou ombilic. L'amande peut être composée aussi de deux parties sans adhérence : i" l'albumen, nui souvent n'existe pas, qui d'autres fois est double et désigné alors par les noms de périsperme et à'eitdosperme : c'est l'albumen féculent des céréales qui nous fournit nos farines alimentaires ; l'albumen charnu d'autres plantes nous fournit des matières oléagineuses ; 2° l'embryon, c.-à-d. le corps essentiel, la plante en miniature; on y distingue : une partie centrale dite tigelle, qui en se développant formera la partie inférieure de la lige ou ti(je hypocolylée; une extrémité pointue, la radicule, qui donnera la racine; et un ou deux renflements charnus, qui ne sont autre chose que les premières feuilles de la très jeune plante : les cotxjlédons [Voy. ce mot). La tigelle se termine par une sorte de petit bourgeon, la gemmule, qui donnera, par son développement, la lige" et les branches. — Lorsque l'embryon est plongé dans la masse de l'albumen, on le dit intraire (Cypéracées) ; il est extraire lorsque l'albumen ne l'embrasse pas complètement (Graminées). La base de toute graine est son Iule : la base de l'embryon est sa radicule. Lorsque la radicule regarde du côté opposé au hile, l'embrvon est antiirope; il provient d'un ovule orthotrope, puisque la radicule correspond au micropyle. L'embryon est : homotrope, lorsque la radicule regarde le hile ; amphitrope, lorsqu'il est recourbé ; hétérolrope, lorsque les rapports normaux de la radicule et du micropyle sont altérés. — La vie de la graine comprend deux périodes : 1° la maturation, qui l'amène à son état de développement complot; 2° la germination, pendant laquelle elle développe son embryon en une jeune plante destinée à vivre par elle-même et à produire à son tour de nouvelles graines.

On nomme vulg. : Graine à chapelet, ou G. de réglisse, l'Abrus ; G. à dartres, les graines de la Casse et de la Valérie; G. à vers, le Chénopode et l'Artémise de Judée ; G. d'ambrette ou G. musquée, celle de la Ketmie musquée ; G. d'amour, le Grémil ; G. d'Avignon, le fruit du rserprun; G. de baume, le Baumier de la Mecque; G. de capucin,lcY\.\S3\n; G. d'écarlate, G. tinctoriale, la. galle du Chêne kermès; G. de gérofle, l'Amome cardamome, le fruit du Myrte et du Campèche épineux; G. joyeuse, la semence du Fenu grec; G. de paradis, relie d'une espèce d'Amome à goût poivré [Voy. maniguette) ; G. de perroquet, le Carthame officinal ; G. de perruche, le Micocoulier ; G. de psyllion, la semence du Plantain ; G. des Canaries, celle de l'Alpiste et du Millet des oiseaux; G. orientale, le Ménisperme; G. perlée, le Grémil et la Larmille ; G. de Tilly ou des Moluques, le fruit du Croton tiglium ; G. de Turquie, le Mais.

Graine de vers à soie. Voy. ver à soie et chaînage.

Graine d'épinards [Epaulette à). Voy. épaiilette.

GRAINS. Voy. grain et céréales.

GRAISSAGE (de grrame), opération qui consiste à interposer entre deux pièces ou organes d'une machine un corps qui puisse diminuer le frottement (Voy. ce mot). On emploie à cet effet le savon, les graisses, les huiles, l'eau, la plombagine porphyrisée, le talc en poudre et même l'air comprimé. Ces substances sont appliquées au moyen d'appareils nombreux, tels que la boîte à étoupe, les paliers graisseurs, les godets graisseurs , les robinets graisseurs, elc.

GRAISSE (de gras; du b.-lat. grassus, pour crassus), substance solide, d'une consistance variable, fondant à une température peu élevée, tachant le papier, inflammable, insoluble dans l'eau, et que les alcalis convertissent en savon (Voy. ce mot). — La graisse est logée, chez les animaux, dans les petits sacs formés par le tissu conjonctif {tissu adipeux) ; mais elle occupe de préférence certaines parties du corps : ainsi, chez les mammifères, elle est abondante sous la peau, à la surface des muscles, autour (les reins, à la base du cœur et auprès des intestins. Elle oifre des modifications dans les diiférentes classes d'animaux : chez les herbivores, elle est plus ferme, plus solide, moins odorante que chez les carnivores ; la graisse des oiseaux est fine, douce, onctueuse et très fusible. — Dans les végétaux, la graisse se rencontre particulièrement dans la graine et quelquefois dans le fruit.

Les graisses s'emploient à mille usages : on les utilise pour la ciiisine, pour faire des savons et des pommades, pour fabriquer des chandelles et des bougies, pour grais-

ser les essieux des roues, etc. Les graisses de porc, de nv)uton, de bœuf, tl'oie, etc., sont les plus généralement employées. Les matières grasses produisent sur les étoiles des tacfies désagréables : on les enlève au moyen de l'éthcr, de l'alcali volatil, de la benzine, etc. Voy. dégraissage.

Les graisses sont de vrais sels ou étners de la glycérine. Voy. gras (corps).

GRAISSE. Voy. VINS (.MALADIES DES).

GRALLARIE, oiseau, synonyme de Roi des Fourmiliers.

Voy. FOURMILIER.

GRALLES (du lat. grallse, échasses), Grallm, Grallatores, famille d'Oiseaux, nommés aussi Echassiers. Voy. ce mot.

GRAMINÉES (du lat. gramen, gazon), famille de plantes Monocotylédones à albumen, se compose d'espèces annuelles ou vivaces, ayant pour tige un chaume creux, entrecoupé de nœuds solides de distance en dislance. Leurs feuilles lancéolées présentent à leur base une gaine fendue, terminée supérieurement par une petito ligule. Leurs fleurs, disposées en épis ou en panicules, forment, autour d'un axe commun, de petits groupes ou épillets, enveloppés chacun d'une ou de deux écailles oui constituent l'enveloppe appelée glume; chaque fleur ne l'épillet est aussi entourée d une ou de deux écailles formant une glumclle, qui quelquefois présente à l'intérieur une glumellule, formée de deux petites écailles charnues. En dedans de ces enveloppes se trouvent trois étamines et un ovaire surmonte d'un stigmate double et plumeux. Le fruit est un caryopse formé en partie d'un périsperme farineux et placé au-dessus de l'embryon. — La famille des Graminées comprend plus de 3000 espèces, répandues dans toutes les parties de l'univers; elle a été partagée en 13 tribus : ôryzées, Phalaridées , Panicées , Stipacées, Agrostidces, Arundinacées, Pappophorées, Chloridées, Avcnacées, Festucacées, Hordéacées, Phléoîdées, Andropogonées. — Plusieurs Graminées, le Froment, le Seigle, l'Orge, VAvoine, le Riz, le Ma'is, la Canne à sucre, etc., fournissent à l'homme des substances alimentaires; les genres Fétuque, Paturin, Vidpin, Fléole, Flouve, Amourette, etc., donnent le foin dont on nourrit les animaux.

GRAMMAIRE (du b.-lat. grammaria; du gr. ypiiiixa, lettre). Dans son acception la plus vaste, c'est à la fois la science et l'art du langage : la science, car elle en fait connaître les éléments constitutifs et les principes généraux, en s'appuyant sur les théories qu'elle emprunte à U Psychologie et à la logique [Voy. langage, proposition); art, car elle en expose les procédés et les règles. — La gi-ammaire est dite : générale, quand elle ne s'attache qu'aux principes communs à toutes les langues ; particulière, quand elle se borne aux formes propres à un seul idiome ; comparée, quand elle met en regard les analogies et les différences de deux ou plusieurs langues. — Toute grammaire traite : \° du matériel d'une langue : lettres, alphabet, syllabes, accents et signes divers; 2' de la lexigraphie, c.-à-d. des différentes espèces de mots, de leurs modifications ou inflexions : genres, nombres, cas, personnes, voix, temps, modes, etc. ; 3° de la syntaxe, qui enseigne à unir et à combiner les mots pour exprimer nos pensées; 4° enfin, des idiotismes, de l'orthographe, de la prononciation et de la prosodie.

La grammaire ne commença à former une science à part qu'à l'époque de l'école d'Alexandrie. Elle comprenait alors l'explication des poètes, l'interprétation du sens des mots et les règles de la prononciation [Voy. grammairiens). Il en fut de même à Rome et pendant la plus grande partie du moyen âge : Cassiodore met la grammaire au premier rang des Arts libéraux. Peu à peu cependant la grammaire se sépara de la philologie et de la critique littéraire, et devint ce que nous la voyons auj. Au xvii° siècle, les travaux des savants de Port-Royal contribuèrent puissamment aux progrès de la science grammaticale : Arnauld, Nicole et Lancelot publièrent une Grammaire générale devenue célèbre et d'excellentes Méthodes [grecque, latine, espagnole et italienne). Après eux parurent, en France, Régnier Desmarais, Buffier, 1 abbé Dangcau. et, pendant le xvin° siècle, l'abbé Girard, d'Olivet, DucIos,Dumarsais, Condillac, de Brosses, Beauzée; vers la même époque, l'Anglais Harris publiait sous le titre d'Hermès une grammaire générale estimée. Le xix« siècle n'a pas été moins fécond que ses devanciers : aux continuateurs de Condillac, Destutt de Tracy, S. de Sacjy, succédèrcnl, ru France, les travaux de Lemare, de Marie, Girault-Duvi-

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