‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 744 sur 1729 · GROSSISSEMENT · texte numérisé non relu

GROSSISSEMENT

GRL'NSTEIN

GROSSISSEMENT, en Phvsique, nombre qii! mesure l'avantage qu'on a à se senir d'un instrument d'optique. Dans le* instruments de projection, tels que la lanterne magique, le microscope solaire, le grossissement est le rapport de l'image à l'objet. Dans les instruments qui servent à l'eianien des objets éloignés, tels que les lunettes et les télescopes, le grossissement est le rapport des angles sous lesquels est vu l'objet à travers l'instrument et à la vue simple; c'est ce qu'on désigne assez fautivement sous le nom de rapprochement, parce que l'angle sous le<juel est vu un objet varie en sens contraire de la distance. Enfin, dans les instruments comme la loupe et le microscope composé, le grossissement est le rapport des angles sous lesquels sont vus l'image et l'objet, tous deus étant supposés à la dislance de vision distincte. — On appelle quelquefois G. superficiel le carré du grossissement proprement dit, lequel serait alors le G. linéaire.

GROSSO, ancienne monnaie de compte de Venise, était la 124' partie du ducat, et valait 0 fr. 0255.

GROSSULAIRE (de grossularia, groseille à maquereaux, à cause de sa couleur], minéral du genre Grenat (Voy. ce mot', de couleur rerdàtre, jaunâtre ou rougeorangé. Le Grossulaire est un grenat à base de chaux [5Cab.Al-0'.3SiO-] . On le trouve dans les granités, les gneiss, les micaschistes, etc., à Ala (Piémont), à l'ile d'Elbe, en Sil)érie, à Ceylan, etc. — La n'ilnite (blanc-verdàtre), VEssouite (jamie-orangé), la Succinite (jaune-miel), la Pyrénéile (d'un brun noir, des environs de Barèges), sont des variétés de Grossulaire.

GROSSULARIÉES, famille de plantes. Voy. ribésiacées.

GROTESQUES (de l'ital. groltesce\, peintures ou ornements fantastiques, imités de ceux qui furent découverts dans les grottes ou ruines du palais de Titus. Ce sont surtout des groupes dans lesquels le peintre outre et contrefait les êtres, ou bien associe des objets qui ne se trouvent pas réunis dans la nature, p. ex. un homme sur un animal sortant d'une branche d'arbre, au milieu de fleurs, de fruits, d'instruments et d'armes. La peinture grotesque n'était point inconnue aux Grecs. Un grand nonibre d artistes s'illustrèrent en ce genre et l'on peut citer Pozon, nommé pr .\ristote [Polit., liv. II) ; Péréichos, le rhyparographe; Antiphile, inventeur des grylli: Caladès, Ludius, le ropographe, etc. [Voy. caricature.) Les Romains aimaient beaucoup les grotesques. La mode en reprit au xvi' siècle, après un long abandon, et Raphaël et Léonard de Vinci eux-mêmes ne dédaignèrent pas de s'exercer en ce genre. En France, Callot s'est fait un nom dans les grotesques. De nos jours, Decamps et Grandville ' et parfois Gill (Voy. la collection de ï'Eclipse) ont appli- 1 que leur talent à ces sortes de compositions étranges et souvent fantastiques.

GROTTES ^du b.-lat. crupta), cavités naturelles qui ' existent au sein de certaines montagnes; elles sont sem- [ blaliles aux cavernes, mais moins grandes. Rares dans les I roches schisteuses, telles que gneiss et micaschistes, elles ] se rencontrent, au contraire, fréquemment dans les mon- ! tagnes calcaires ( Voy. caverxes) et dans les roches volca- ! niques. C'est à cette dernière catégorie qu'appartient la ! grotte de Fingal, dans l'île de Stalfa, en Ecosse, creusée ! dans une coulée de balsate à colonnes de retrait. Dans la célèbre grotte du Chien, près de Pouzzoles. l'atmosphère, ; jusqu'à 1 mètre de hauteur, n'est composée que d'acide carbonique, et asphyxie tout être vivant dont la taillo ne dépasse pas cette mesure.

GROULARD, nom vulgaire de deux oiseaux, le Traquet et le Bouvreuil.

GROUP (orig. inc.K sac cacheté plein d'or ou d'argent qu'on envoie d'une ville à une autre. Cette expression est propre au commerce du Midi et du Levant.

GROUPE, en Mathématiques. Voy. scbstitutios.

GROUPEMENT. Voy. cristal.

GROUSE, oiseau d'Ecosse. L'importation et la vente de ce gihier sont permises en tout temps.

GRUAU (orig. germaniq.), partie du blé de froment qui envelopi>c le germe du grain ; c'est la plus nourrissante et la plus abondante en gluten ; elle est aussi la plus dure, et ne se broie d'abord qu'imparfaitement sous les meules, à moins de tenir celles-ci très rapprochées; alors le gruau sort du blutage sous la forme d'un sable plus ou moins lin : c'est la semoule. Soumis de nouveau à la moulure sous l'action de meules plus rapprochées, les gruaux Qomicnt les farines de gruaux, avec lesquelles on fait

les pains dits de gruau. On divise les farines de gn:aux en première, deuxième, troisième, etc., suivant qu'ils ont été repris sous les meules une, deux ou trois fois. La plus parfaite des farines de gruaux est celle dite de giMoux de sasserie, parce qu'outre les blutages ordinaires, elle a encore été soumise à l'action de sas, de tamis et de vejitilateurs qui en ont extrait toutes les piqûres ou parties d'issues.

On donne aussi le nom de gruau : !•> à l'avoine dépouillée de son enveloppe extérieure par une espèce de mouture : ce gruau ne peut pas servir à faire du pain; mais sa décoction, dite eau de gruau, est regardée comme délayante et adoucissante; 2** à l'orge dépouillée de son enveloppe et arrondie de manière à former ce qu'on appelle l'orbe perlé; on s'en sert, ainsi que du gruau d'avoine, pour faire une boisson rafraîchissante ; 3'' à une

Sâte de pommes de terre réduite en petits grains qui lui onnent l'aspect du sagou ; on en fait ime bouillie.

GRUE (du lat. grus], Grus, genre d'Oiseaux, de l'ordre des Echassiers, famille des Hérodiens : bec long, droit, pointu, comprimé latéralement; narines situées dans un sillon, et couvertes en arrière par une membrane ; tai-ses nus, très longs; doigts externes unis à leur base par une membrane. Les grues vivent de poissons, de reptiles et quelquefois de graines et de plantes aquatiques. Elles voyagent en volant sur deux files en forme de V, et avant un chef à leur tête. Elles ont des sentinelles lorsqu'elles stationnent pour dormir. Elles font leur nid sur une petite élévation où elles puissent se tenir comme à cheval pour couver leurs œufs. La G. commune [G. cinerea'i a le sommet de la tête rouge, la gorge et l'occiput noirâtres,, et le reste du corps d'un gris cendré. Elle nous arrive, en automne, du nord de l'Europe, pour se rendre en .Afrique et dans l'Asie méridionale. — Parmi les autres espèces, il faut remarquer la G. couronnée {G. pavonia] ou Oiseau rouai, qui a l'occiput couronné d'une gerbe de plumes eflilées qu'elle étale à volonté ; la G. de Numidie ou Demoiselle [G. virgo), oiseau au port élégant dont les oreilles sont couvertes par deux belles aigrettes blanchâtres; la G. de Mandchourie, importée en France en 1854, etc.

GRUE, appareil de levage dont on se sert pour soulever les fardeaux et les transporter d'un point à un autre. L» puissance d'une grue est la charge maxima qu'elle puisse enlever ; sa portée est son ravon d'action. La plus simple comprend un arbre vertical fixé dans le sol, une pièce oblique partant du pied, la flèche, et enfin une pièce horizontale ou inclinée réunissant les deux précédentes à leur partie supérieure. Du sommet de la llèche, ou est amarrée une poulie, descend la chaîne destinée à soulever les fardeaux; elle reçoit son mouvement d'un train d'engrenages. L'arbre vertical, ou fût, est monté sur un pivot et peut tourner sur lui-même. Ces appareils, au lieu d'être mus à bras d'hommes, peuvent être commandés à la vapeur, ou par l'eau sous pression. — On peut installer les grues sur im chariot mobile sur des rails, comme on le fait dans les grands chantiers de construction, sur les chemins de fer, etc. — Un type spécial est la gnie roulante^ composée de deux montants verticaux mobiles sur rails; ils supportent un pont sur lequel circule un appareil de levage.

grue, constellation australe située à l'ouest du Phénix» comptant 1 étoile de 2* grandeur, 1 de 5°, 2 de i', 7 de 5*. ayant pour ascension droite moyenne 22 h. 20 m., pour déclinaison 47" sud.

GRUERIE (p. gruyerie, de gruyer; de l'anc. allem. gruo, vert), nom donné, sous l'ancienne monarchie française : 1" à ime petite juridiction subordonnée au maître des eaux et forêts; 2° à un droit que le roi prélevait sur certains bois appartenant soit à des gens de mainmorte, soit à des particuliers, et consistant en amendes, confiscations et autres droits de justice, plus une portion du prix des bois vendus. — On appelait gruyer l'oflicier charge de percevoir ces droits et ae connaître des délits, abus et malversations.

GRUME (du lat. grumellus, dimin. de grumus, tas, monceau), bois coupe, mais non équarri et qui a encore son écorce. Voy. bois.

GRÛNAUITE, sulfure de nickel et de bismuth, contenant du cobalt, du fer, du cuivre, etc., que l'on trouve à Grûnau (Honcrie).

GRUNSTEÏN, c.-à-d. eu ail. pierre verte. Voy. diorite.

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