‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 746 sur 1729 · GUÉRITE · texte numérisé non relu

GUÉRITE

GUEVEI

«t MiQUELETs SU Dictionnairc d'Histoire et de Géographie.

GUÉRITE (de l'anc. catalan guarita, refuge), petit ré- <luit de bois ou de pierre servant de refuge aux factionnaires et aux gardiens militaires ou civils. — En Architecture, on nommait échatiguettes, au moyen âge, de petites ^érites en pierre, construites en saillie* et en encorbellement, soit au sommet des tours ou près des portes des forteresses et donjons, soit aux angles des courtines.

GUERRE (du b.-lat. tcerra; orig. germaniq.). On distingue : guerre offensive et guerre défensive ; guerre de 4:ampagne et guerre de siège, tous mots qui se définissent <l"eux-mèmes.

Dans l'Histoire, on connaît des guerres sacrées, des guerres de religion, des guerres sociales, des guerres privées, etc. Voy. ces mots au Dicl. d'Hist. et de Géogr.

L'histoire de la guerre remonte aux premiers âges du monde. Les Assyriens et les Perses se firent remarquer de bonne heure par leurs nombreuses armées, leur cavalerie «t leurs chars armés de faux; les Indiens, par leurs éléphants. En Europe, cet art fit de grands progrès, d'abord «n Grèce, chez les Spartiates, les Athéniens, les Thébains, et chez les Macédoniens, inventeurs de la phalange ; puis «hcz les Romains, qui créèrent la légion et perfectionnèrent ies armes de jet et celles de main. L'invasion des Barbares fut une époque de décadence pour l'art de la guerre; au moyen âge, la chevalerie n'ofirit pour ainsi dire que de brillants faits d'armes, des traits de bravoure isolés; mais nul esprit d'ensemble, nulle idée de lactique. Au iv* siècle, l'invention de la poudre à canon révolutionna l'art de la guerre et rendit inutiles les pesantes armures du moyen âge. Le xvii' siècle fut l'époque des grandes manœuvres, des guerres longues et systématiques, des sièges savants ; au xviii' siècle, Frédéric le Grand, en instruisant mieux •SCS soldats, put étonner ses rivaux par la promptitude de ses mouvements et la hardiesse de ses opérations ; cepen- <la(it il fallut les guerres de la République et celles de l'Empire pour qu'on sortît du système de lenteur et de «oinbinaisons prudentes usité jusqu'alors. Napoléon I" enfeigna à agir par masses compactes de manière à frapper •des coups décisifs, à diviser les forces de l'ennemi, à l'isoler de ses ressources, à le troubler par des marches hardies «t rapides, en même temps que par l'ensemble des attaques. De nos jours, l'emploi des voies rapides pour transporter sur un point donné des forces considérables, la précision «t la puissance de portée données aux armes à feu, enfin ies proCTès de la marine à vapeur ont eu pour effet de rendre la guerre plus meurtrière, mais aussi plus promptemcnt décisive et par là moins désastreuse.

Arrieii, Polyen, Elien, Onosander, l'empereur Léon, ■chez les Grecs; César, Végèce, Frontin, Modestus, parmi les Romains, ont écrit sur l'art de la guerre. Chez les rao- -dernes. on estime surtout les traités de Guibert, Folard, Ternay, Turpinde Crissé, Puységur, Koch, Jomini, Rogniat; «insi que les mémoires de MontecucuUi, de Frédéric le <jrand, du maréchal de Saxe, de l'archiduc Charles et de Kapoléon I", les publications de l'Etat-Major général prussien, etc. Voy. STRATÉGIE, TACTIQUE, ClC.

La guerre est un fléau que les amis de l'humanité ont -de tout temps cherché à combattre, ou du moins à restreindre : c'est dans ce but que furent établies les amphi- ^tyonies des Grecs et les trêves de Dieu au moyen âge. Dans les temps plus rapprochés de nous, on a vu les Quakers anathématiser la guerre, et refuser obstinément d'y prendre aucune part; au siècle dernier, l'ablié de St-Pierre crut avoir trouvé, dans la création d'un tribunal suprême des nations, le moven d'assurer la paix perpétuelle; Kant, Bentham émirent des pensées analogues; enfin, de nos jours, il s'est formé de nombreuses « associations de la paix » (Voy. paix], qui, s'adressant à la raison publique, unissent leurs efforts à ceux des économistes pour démontrer que la guerre, lorsqu'elle n'est pas faite pour la légitime défense de l'Etat, mais pour la satisfaction d'une politique égoïste et ambitieuse, est à la fois contraire au droit international et à l'intérêt public. En 1874, la Russie « pris l'initiative d'un congrès international tendant à • adoption d'une convention concernant les lois et pratiques de la guerre entre les peuples civilisés. Ce congrès s'est tenu à Bruxelles.

Un décret du 18 février 1876 a créé à Paris une Ecole supérieure de la guerre destinée à suppléer à l'insuflisance de l'effectif du corps d'Etat-Major.

Commissaire des guerres. Voy. cowinssÀiPr.

Conseils de guerre. Voy. coxseil.

Décime de guerre. Voy. décive.

Déclaration de guerre. Voy. déclar.(tio5.

Dépôt de la guerre. Voy. dépôt.

.Ministère de la guerre. Voy. xinistèbes.

GUET (de l'anc. ht-allem. wahta], troupe chargée avant 1789 de la jwlice de sûreté dans les villes de France, notamment à Paris. Son oi^anisation date de 1*254, sous St Louis. Le guet fut alors divisé à Paris en guet royal, composé de 20 sergents à cheval et de 40 sergents à pied ; et en guet assis ou mestiers, ne comptant que des nour-

Î;eois et gens de métiers ; le premier, chargé de parcourir a ville pendant la nuit; le second stationnant dans les corps de garde pour prêter au besoin main-forte au guet royal. L'un et l'autre avaient pour chef un officier, dit chevalier du guet : cette charge, qui conférait certains avantages, fut abolie en 1753. Le guet de Paris était formé en 1789 de deux compagnies de 69 hommes appelées archers: de 111 cavaliers et d'une troupe de 85'! fantassins. L'Assemblée constituante, en détriusant le guet, le remplaça par la gendarmerie. Voy. ce mot. Mot du guet. Voy. mot d'ordre.

GUET-APENS (pour guet-apensé, c.-à-d. prémédité). Aux termes du Code pénal, art. 298, le guet-apens consiste à attendre un individu dans le but de lui donner la mort ou d'exercer sur lui des actes de violence. Le guetapens entraîne l'idée de préméditation et devient une circonstance a^ravante de tout crime ou délit ; un meurtre avec la circonstance du guet-apens est puni de mort. Les coups et blessures faits dans les mêmes circonstances sont

Eunis des travaux forcés à perpétuité, s'ils ont occasionné i mort, et des travaux forcés à temps, s'ils ont occasiomié une incapacité de travail de plus de 20 jours. S'ils nont été suivis ni de maladie ni d'incapacité de travail, ils sont néanmoins punis d'un emprisonnement de 2 à 5 ans et de 50 à 500 fr. d'amende.

GU^RES (mot d'origine inconnue, ou venant du lat. vestiaria) . Les guêtres cou%Tent la jambe depuis le genou jusqu'au cou-dé-pied, et se ferment sur le côté extérieur, avec des boutons ; on appelle demi-guêtres celles qui ne montent que jusqu'au mollet. Les guêtres ont précédé les bas : auparavant on se servait de bandelettes ou de lanières pour s'envelopper les jamlies. Les anciens ont connu les guêtres sous le nom de tibialia; mais l'usage était loin d'en être général ; les chasseurs et les soldats surtout s'en servaient. Auj. les soldats de presque toutes les nations portent des demi-guêtres, dites guêtres, en cuir, en drap on en toile.

GUETTEUR (de guetter). On appelle ainsi : l" les hommes placés sur des éminences au bord des côtes pour signaler les bâtiments, ainsi que leurs manœuvres j I oy. sémaphore) ; 2° l'homme qui se tient dans un beffroi ou un clocher pour signaler les incendies. Au moyen âge, il y avait des guetteurs dans tous les châteaux et les places fortes pour signaler l'approche de l'ennemi.

GUEULARD (de gueule' , partie supérieure d'un haut fourneau. C'est par cette ouverture qu'on introduit le minerai et le charbon. Voy. foubsead.

GUEULE (du lat. gula). Ce mot, qui au propre désigne la bouche de certains animaux, se dit, en Botanique, de la fleur de certaines plantes, composée de deux lèvres qui forment une espèce de gueule, comme la Gueule-de-Loup ou G.-de-Lion, qui est le Muflier {Voy. muflier). — En Conchyliologie, on nomme Gueule-de-souris, le Mytile marin; G. noire, le Strombe. — En Omitholc^ie, on appelle Gueule-de-Four la Mésange à longue queue.

Dans la Marine, on nomme gueule de loup une entaille angulaire faite dans l'extrémité d'une pièce de bois, pour qu'elle puisse embrasser l'angle plan de deux faces adjacentes d'une autre pièce.

GUECLEs (t. de Blason). C'est la couleur rouge : elle fait partie des émaux. C'est la couleur la plus honorable ; elle est censée exprimer la valeur, la justice, l'amour de Dieu, etc. Le champ de gueules se trouve dans les armes des Noailles, des Rohan, des Alhret, etc. A défaut de couleur, l'émail de gueules est indiqué par des lignes verticales sur le fond ae l'écu.

GUEUSE (de l'allem. Guss, fonte), nom donné au fer fondu tel qu'on le coule dans le sable au sortir du fourneau de fusion. Voy. fonte.

GUEVEI, Antilope pygmxa. Voy. umujw^

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