‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 748 sur 1729 · GUILLOTINE · texte numérisé non relu

GUILLOTINE

GLITARE

GUILLOTINE (du nom du docteur Guillotin), instrumeiit de décapilation usité surtout en France, consiste en une lame d'acier triangulaire, tranchante, suspendue entre deux poteaux, et que le simple jeu d'une corde abaisse ou relève à volonté. Le patient est placé de son long sur une table, de telle façon que le cou corresuonde à la ligne sur laquelle le coutelas vient s'appliquer c: tombant.

Dès "1507 on exécutait à Gènes à l'aide d'un instrument dit mannaja, et qui ne dilFèrc de la guillotine que par sa grossièreté : c'est la mannaja qui trancha la tête de Béatrix Cenci, à Rome, en ItiOO. Les Ecossais avaient des instruments analogues, connus soas le nom de maiden. Le duc de Mpntmerency, à Toulouse, en 1632, fut mis à mort de la même manière. Le docteur Guillotin, membre de l'Assemblée constituante, proposa, le 28 novembre 1789, que la peine de mort fut infligée selon un mode uniforme sans distinction de noblesse ou de roture, et que ce fût la décapilation, opérée par le procédé le plus rapide et le plus siir, parce que c'est aussi le plus doux. On adopta le principe, mais ce ne fut qu'en 1791 qu'on passa à l'application. Chargé par l'Assemblée législative de donner son avis motivé sur le mode de décollation, le docteur Ant. Louis présenta, le 7 mars 1792, un rapport on il proposait le procédé actuel, imité de l'Italie ; le 20 mars suivant, un décret sanctionna les conclusions de ce rapport. La première exécution à l'aris eut lieu le 27 mai : ce fut celle d'un voleur de grand chemin ; le 21 août eut lieu la première exécution politique, celle de Collenot d'Anglemont. Le public appela d'aljord la machine Louison ou Louisette, par allusion au docteur Louis : celui de Guillotine ne prévalut qu'ensuite.

GUIMAUVE, Althsea, genre de la famille d^es Malvacées, se com|K)se d'herbes annuelles ou vivaces, tomenteuses, à feuilles alternes, à fleurs rouge pâle, formant une sorte de grappe ou de corymbe au sommet de la tige. L'espèce la plus importante est la G. officinale, plante vivace, à tige cylindrique et velue, haute de 1 m. 50 à 2 m.; à feuilles alternes, munies d'un calice double ; à pétales rose pâle ou blancs, à racine pivotante, longue et charnue. Toutes les parties de la plante et surteut les racines contiennent un mucilage alwndant qui leur donne des propriétés émollientes et adoucissantes. Les fleurs servent à 1)réparer des infusions pectorales, et la racine mondée est a base de la pâte et du sirop de guimauve. Les fibres de la tige servent à faire de la filasse et un papier pour calfluer. La G. à feuilles de chanvre lA. cannabinum) est également textile. — On réunit ordinairement au genre Althsea le genre Alcea. qui en est très voisin et auquel appartient la Rose trémière. Voy. alcée.

On nomme : G. veloutée et G. royale deux espèces de Ketmie, l'Hibiscus abelmoschus et VU. syriacus ; G. potagère, une Corète, le Corchorus olitorius ; Fausse Guimauve, une espèce de Liccron.

GUIMBARDE (orig. inconnue), instrument de Musique, se compose d'une petite branche de fer pliée en deux comme ces lire-lwuchons dont le manche se replie sur la vis, et d'une languette d'acier qui fait ressort. On tient l'instrument entre les dents et les lèvres : les sons s'obtiennent en agitant la languette avec le doigt et en modifiant ses vibrations par le jeu des lèvres. Pour exécuter un air, il faut au moins deux guimbardes. Un Allemand, nommé Scheibler ou Scheiler, a uni jusqu'à douze guimbardes, au moyen d'un anneau qu'il appliquait à sa bouche et dont il dirigeait le mouvement selon les sons qu'il voulait obtenir; il a donné à cet instrument le nom d aura et a écrit une méthode de guimbarde. — La guimlwrde est d'origine fort ancienne, on l'a trouvée en Asie comme en Europe ; elle fait les délices des habitants du Tyrol et de la Hollande. Les Anglais l'appellent /eu) 's hàrp, harpe de Juif.

GciMBARDE (jeu DE LA], jeu de cartcs dans lequel la dame de cœur, dite guimbarde, est la carte la plus importante. Voy. MARIÉE (jeu de la).

GiiMBARDE, grand chariot à quatre roues et couvert qui sert au transport des marchandises.

GUIMPE (de l'allcm. Wimpel, \oile), morceau de toile qui fait partie de la toilette des religieuses : la guimpe couvre le col et la poitrine, et quelquefois encadre le visage. Les femmes du inonde portent aussi des collerettes en forme de guimpe.

GUINOAGE (de guinder, de l'anc. ht-allem. windan). Dans la Marine, le guindage, ou action de guinder, consiste à hisser sur les bas-màts les mâts de perroquet et de

eacatoès. C'est aussi l'action de charger et décharger les bâtiments, ce qui se fait au moyen de cordages assemblés par une poulie. — On nomme giiindant la plus grande hauteur à laquelle on puisse élever mie voile : on dit aussi le guindant d'un pavillon. — Le guindal est une machine à hisser les fardeaux, et le guindeau une sorte de cabestan horizontal. — Enfin, la guinderesse est la corde, le gros cordage qui sert à guinder les hauts-mâts.

GUINÉE, monnaie d'or très usitée en Angleterre, et qui, avant 1816, équivalait à 21 shillings, mais qui auj. n'en vautplusque20. Lai ■■° valait en monnaie française 26 fr. 17, et la 2" vaut 25 fr. 21 . — Les premières guinées furent frappées sous Gliarles II, avec de l'or importe de Guinée.

GUINÉE, toile de coton assez fine, rayée bleu et blanc, qui vient des Indes orientales, principalement de Pondichéry, et qu'on importe en grande quantité au Sénégal et en Guinée. On fabrique aussi celte espèce d'indiennes dans plusieurs villes de France.

GUI NETTE, ancien nom de la Pintade, dite aussi Poule de Guinée.

GUINGAMP ou GUOGAS, toile de coton très fine et très lustrée, qu'on fabrique à Guingamp (Côtes-du-Xord), et dont on fait des robes et des cravates. — On a donné le même nom à une toile de coton de Pondichéry, très commune et parfois mêlée de fils d'écorce. ^^

GUINGUAMADOU ou cirier de cayexne. Voy. htrica.

GUIPER, c'est travailler ou dessiner en façon de, guipure ; passer un brin de soie sur ce qui est déjà tors.

GUIPURE (de guiper ; de l'anc. ht-aliem. wëban, tisser), espèce de dentelle, fort belle, fort riche, soit en fil, soit en soie, où il entre de la cartisane [Voy. ce mot). Les guipures étaient autrefois d'un gi-and emploi, notamment sur les jupes. Négligées depuis, elles sont redevenues de mode aujourd'hui. L'Eglise n'a jamais cessé de faire usage des guipures pour ses costumes de luxe.

GUIRACA, genre d'Oiseaux d'Amérique, de l'ordre des Passereaux conirostres et analogues à nos Gros-Becs : bec court, bombé, à côtés renflés, à boixls rentrés et lisses; mandibule supérieure écliancrée à la base ; ongles petits ei faibles. Ils sont granivores. Les principales espèces sont : le Gros-Bec rose-gorge, de la Louisiane; le Cardinal, de l'Amérique septentrionale ; le Bouvreuil bleu, de la Caroline, et le Gros-Bec bleu de ciel, du Brésil.

GUIRLANDE (de l'ital. ghirlanda), cordon de verdure et de fleurs auquel on donne toute espèce de formes, mais surtout celle de l'arc de cercle, soit simple, soit multiple (elle forme alors des festons), et celle de la spirale p. ex. lorsqu'elle s'enroule autour d'un thyrse, d'une colonne). Les guirlandes figurent comme décor de monuments et dans la toilette des femmes. — Par extension, on dit guirlande de perles, guirlande de pien-eries.

En Marine, les guirlandes sont des pièces de bois de longueurs et de courbures diverses qui forment des liaisons aux bouts des ponts des bâtiments, et particulièrement de l'avant de ces bâtiments, où elles sont placées horizontalement.

GUIRLANDE DE JULIE, rccueil de pièces de vers faites par les plus célèbres poètes du temps en l'homieur de Julie d'Angennes, fille de la marquise de Rambouillet (1641).'

GUISARME, hache à deux tranchants, qui servait d'arme de guerre au moyen âge.

GUITARE [du gr. x'.6âpa), instrument de Musique à 6 cordes (jadis 5), ayant la forme d'un violon très épais et très gros, à table plate et sans chevalet ; elle est percée, au milieu, d'un grand trou circulaire, dit rosace. De ses 6 cordes, 5 sont en soie revêtue de laiton et se nomment bourdons, 3 sont en boyau (ce sont les plus aiguës). On les nomme, en partant de" la plus grave (dite sixième), mi, la, ré, sol, si, mi, etc. De l'une à l'autre, on compte toujours une quarte, sauf de la 2' à la 3"", où l'intervalle est d'une tierce majeure. Les sons s'obtiennent en pinçant avec la main droite les cordes, que pressent les doigts de la main gauche. Des divisions établies le long du manche de l'instrument, et correspondant à autant de demi-tons, facilitent l'exécution. La guitare ne sert guère qu'à accompagner la voix. Cet instrument offre peu de ressources : il est monotone, ses arpèges fatiguent vite, les sons en sont voilés, l'absence de clievalet semble empêcher toute sonorité; d'ailleurs tous les tons ne sont pas également faciles sur la guitare. Pour parer à cet inconvénient, on a recours à un petit mécanisme qu'on adapte au manche, et qui, haussant tout le système d'un ton et demi, transforme le do

GUIT-GUIT

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