‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 751 sur 1729 · HABITAT · texte numérisé non relu

HABITAT

Le ppse se rencontre dans les terrains sédimentaires de l)iis les âges, mais il est siirloul aiwndanl dans le Pennieii, dnns le Trias, dans les couches de Purbcck et dans l'Eocène supérieur. C'est à cet étage qu'appartient le gypse des environs de Paris, qui l'orme trois masses superposées, que l'on exploite à Argenteuil et dans lequel on a trouvé jadis à Montmartre les squelettes d'Anoplotherium et de Palieotherium étudiés par Cuvier. On expliquait autrefois la formation du gypse par des actions hydrothcrmales, mais auj. on sait que, dans la majeure partie des cas, elle est due à l'évaporation des eaux marines dans des lagunes.

'GYPSOPHILE (de gypse et du gr. çtXoç, qui aime), Gijpsophilus, genre de la fam. des Caryopliyllées, renferme des plantes herbacées ou vivaces, dont quelques-unes sont cultivées pour l'ornement, telles que le G. paniculé, de Sibérie, et le G. élégant.

GYRATION. Voy. gihation.

GYRIN (du gr. yuplw^], Gyrinus, genre d'Insectes, de l'ordre des Coléoptères pehtamères, tribu des llydrocanthares, renferme des insectes appelés aussi Tourniquets et Puces aquatiques, qui ont le corps ovale, un peu bombé, très luisant en dessus, et qui se tiennent habituellement à la surface de l'eau, où ils font des tours et circuits continuels avec une grande vivacité. Le G. nageur, long de 0 m. 006, est très commun en France. Il est vert bronze en dessus, noir en dessous, et a les pattes fauves.

GYROCARPE (du grec yûooç, cercle, et xapTOç, fruit), genre type de la famille des Gyrocarpées, voisine des Combrélacées, renferme des arbres élégants de l'Inde et de l'Amérique, à feuilles alternes, à fleurs précoces, disposées en paniculé, et à fruit monosperme, pourvu de deux ailes à son sommet, ce qui le fait retomber en tournoyant quand on lo jette en l'air.

6YR0CÉRAS, genre de Mollusques céphalopodes, de l'ordre des Tentaculifèrcs, famille des Ammonidées : coquille spirale, enroulée dans un même plan, à tours disjoints et a siphon externe. Us sont tous fossiles, des terrains silurien et dévonien.

GYROPORELLE, Gyroporella, Algue calcaire du groupe des Siphonées verticillées, dont les restes fossiles constituent presque exclusivement certaines puissantes masses calcaires du Trias alpin.

GYROSCOPE (dugr. yOpoç, cercle, et oxotow, examiner),

appareil imaginé en 1852 par L. l'oucaull pour démontrer la rotation de la terre. C'est une sorte tic toupu; formée d'un anneau ou tore métallique, mobile autour d'un axe perpendiculaire à son plan; le tore a un diamètre très grand par rapport au rayon de son cercle générateur. Quand la toupie a reçu un mouvement rapide sur son axe, si on la pose, par l'extrémité de cet axe, sur un support qui lui laisse la liberté de se mouvoir dans tous les sens, elle ne tombe pas, mais son axe éprouve un mouvement conique très lent autour de la verticale; ce mouvement est de même sens ou de sens contraire à celui de la rotation initiale suivant que le centre de gravité du tore est à l'instant initial au-dessus ou au-dessous du point de contact de la toupie et du support ; il est sensiblement uniforme. L'axe de la toupie éprouve en outre un mouvement oscillatoire, mais qui est d'autant plus insensible que la rotation initiale du tore autour de son axe est plus grande. — Pour démontrer la rotation de la terre à l'aide du gyroscope, on monte l'axe du tore sur une double suspension alin d'assurer la liberté des mouvements autour nu centre de gravité ; on imprime une rotation au tore autour de son axe que l'on a préalablement fixé dans la direction d'une étoile et on abandonne ensuite le tore en laissant son axe libre de se mouvoir autour du centre de gravité qui est maintenu fixe ; l'axe du tore suit alors, pendant peu de temps à cause du frottement, l'étoile clioisie, dans son mouvement apparent sur la voûte céleste. Or ceci est conforme aux résultats que donne le calcul dans l'hypothèse du mouvement relatif du gyroscope à la surface de la terre supposée animée d'un mouvement de rotation uniforme égal et de sens contraire à celui de la voûte céleste. — Le gvroscope de Foucault permet aussi de déterminer le méridien d un lieu et la liauteur du pôle au-dessus de l'horizon sans faire usage d'aucun instrument d'astronomie ; cette double détermination résulte, elle aussi, du calcul dans l'hypothèse du mouvement de la terre et elle a été vérifiée expérimentalement. — Il convient toutefois d'ajouter que ces expériences sont très délicates et exigent une grande patience et une habileté peu communes. — Après Foucault on a construit divers types de gyroscopes (Robert. Pliuker, Hardy, Gruey, Sire, Gilbert) aui ont pour objet de mettre en évidence des mouvements oe solides invariables autour d'un point fixe. Voy. rotation.

GYROSELLE, plante. Voy. dodécathéon.

H. 8" lettre de notre alphabet : c'est l'éta grec (H, t,), que les Latins introduisirent dans leur alphabet pour figurer le signe d'aspiration appelé par les Grecs, esprit rude, et pour représenter, par sa combinaison avec le P, le C et le T, les lettres aspirées cp, jf et Sr. En français, on distingue VH. muet et VH. aspiré; mais l'aspiration de celte dernière lettre y est moins sensible qu'en anglais et en allemand. Les Italiens n'ont pas d'il aspiré. Les Espagnols ne prononcent cette lettre que devant certaines diphtongues. — Comme abréviation, US (pour LLS, libra, libra semis) signifiait sestertius. De nos jours, S. H. se lit Sa Haulesse. — Prise comme signe numérique, H, à Rome, valait 200 et H 200 000. — Sur les monnaies, H était la marque de la Rochelle. — En Chimie, H veut dire hydrogène; Hg, mercure. — En Musique, H désigne le si nsthirel.

HABEAS CORPUS. Voy. le Dict. d'Hist. et de Géogr.

HABENAIRE, Habenaria, genre de la famille des Orchidées (Ophrydées), section des Gymnadéniées, renferme des [liantes d'Amérique, caractérisées par des fleurs irréguières, dont la corolle a 3 ou 5 pétales réunis en casque et un 6° portant un éperon à sa base ou plutôt formant ccmme la courroie du casque [habena].

HABIA, Saltator, oiseau. Voy. tascara.

HABILLEMENT. Voy. costume.

HABIT (du lat. habitas, manière d'être). Dans son acception la plus large, ce mot s'entend de tout vêtement. Dans un sens plus restreint, l'habit est ce vêtement des hommes qui couvre les bras et le corps, qui est ouvert par >levant, et terminé par derrière par des pans ou basques.

Ainsi entendu, l'habit ne remonte pas au delà du règne de Louis XIV. Dans l'origine, les basques étaient assez larges pour faire le tour du corps, ce qui donnait au vêtement la forme d'une redingote; elles se retroussèrent ensuite en se repliant sur elles-mêmes, et finirent par prendre la forme étriquée qu'elles ont de nos jours. Le collet, d'abord droit, fut rabattu à la fin du siècle dernier ; les parements, amples et détachés de la manche, diminuèrent peu à peu de grandeur et se collèrent à la manche : aujourd'hui ils ont disparu. [Les habits se font généralement en drap; autrefois ils se faisaient aussi en soie, en velours, en bouracan, etc. Jusqu'à la Révolution, les habits de la noblesse étaient chargés de riches broderies d'or, d'argent et de soie. Auj. presque tous les habits, surtout les habits habillés, ou fracs, sont en drap noir, ou en étoffes de serge ou autres se rapprochant du drap noir. On a essayé récemment de faire revenir la mode des habits de couleurs, mais ils n'ont été presque exclusivement portés que dans les bals costumés. — Dans les cours, on porte encore des habits brodés, à collet droit, qui rappellent un peu la forme des habits du siècle passé : on les nomme habits à la française.

On appelle aussi habit le costume que portent les ecclésiastiques et les membres des ordres religieux : c'est en ce sens qu'on dit : prendre l'habit, l'habit »e fait pas le moine, etc.

HABITACLE (du lat. habitaculum), petite armoire qui renferme la boussole dans un navire. Elle est située au milieu du gaillard d'arrière, sous les yeux du limonier. On l'éclairé la nuit.

HABITAT ^du lat. habitatum), nom donné, en Histoire

ILVBITATION

IIACIIE

natiirolle, aux stations ou circonscriptions propres à ciiaqiio C'trc organisé, c.-à-d. aux lieux où il vil cl croît nalurellcnionl. — La vie étant, sous tous les rapports les plus essentiels, plus facile à entretenir au sein des eaux qu'à la surface de la terre, l'élément liquide est non seule-, nient le plus peuplé, mais c'est aussi le séjour naturel des animaux comme des végétaux les plus inférieurs. C'est dans l'eau qu'habitent les Protozoaires, les Zoophytes, la plupart des Mollusques et des Vers, tous las Poissons, certains Reptiles et Batraciens ; c'est dans l'eau que végètent les Algues et d'autres plantes inférieures. — D'un autre côté, le nombre des espèces, tant marines que terrestres, augmente à mesure que l'on descend des pôles vers l'équatfur. Les terres polaires n'offrent que quelques Insectes et un très petit nombre de Mammifères, et pour le règne végétal des Saxifrages, des Lichens et des Mousses; dans les mers arctiques, les Poissons et les Mollusques sont peu variés. Dans les climats tempérés, la faune et la flore deviennent plus nombreuses en espèces; et enfin la diversité des végétaux et des animaux est d'une richesse infinie dans les régions tropicales. C'est aussi dans les climats chauds qu'habitent les êtres dont l'organisation est le plus compliquée et les facultés le plus développées. Tels sont : parmi les animaux, les Singes, les Eléphants, les Perrocjuets, et tous les Oiseaux au plumage brillant et varié, etc. ; parmi les végétaux : le Baobab, le Bananier, les Palmiers, les Fougères arborescentes, etc. — L'altitude, comme le climat, exerce une influence remarrjuable sur la répartition des êtres organisés, surtout pour les végétaux : la végétation des montagnes se partage par zones bien tranchées, et telle montagne des Andes peut olfrir de sa base à son sommet les mêmes variations d'espèces que l'on remarquerait en allant de léquateur vers les pôles. — On peut dire aussi que le genre de nourriture, son al)ondance et sa variété louent un rôle important parmi les causes qui déterminent l'habitat des animaux. Le déboisement ou le défrichement d'une contrée en modifient sensiblement la faune cl la flore ; c'est à cette cause aussi qu'il faut rattacher, autant qu'à la température, les grandes migrations que l'on observe chez les Oiseaux, chez certains Mammifères (antilopes, bœufs sauvages, rats, etc.), chez les Poissons et même les Insectes. — Enlin il semble exister un certain rapport entre le climat et la tendance de la nature à produire telle ou telle forme animale ou végétale. On observe une ressemblance générale très sensible entre la plupart des plantes et des animaux qui habitent la même région, le même continent. Peu d'espèces sont cosmopolites, et parmi celles qui s'acclimatent ailleurs que dans leur contrée natale, le plus grand nombre se modifient considérablement sous le rapport de la forme et sous celui des propriétés. Voy. abâtardissement,

ACCIIJIATATIO.N, DOMESTICATION-, CtC.

HABITATION (du lat. habitatio), nom commun donné aux coiistruclioiis de l'arehitoclure domestique, châteaux, hôtels, maisons de ville et de campagne, fermes, etc. Dans ces derniers temps, de grandes améliorations ont été successivement apportées aux habitations des villes. Les logements d'ou%Tiers notamment ont été l'objet des légitimes préoccupations des philanthropes. — Consulter Ch. Gourlier. Des voies pttbiiques et des habitations particulières à Paris ; tjeorges Picot, Un devoir social : les logements ouvriers, l'oy. logement, maison.

L'hygiène de l'habitation a trait à plusieurs points : choix de l'emplacement, mode et matériaux de construction, ventilation, chaulfage, éclairaire, éloignement des immondices.

Le sol devra être assaini par des travaux de drainage s'il est trop humide. Les sols argileux imprégnés de matières organiques, où la nappe d'eau souterraine est trop voisine de la surface, devront être évités autant que possible. Certains artifices de construction, tels que l'établissement transversal dans l'épaisseur des gros murs de plaques imjierméablcs en plomb, en ardoises; les briques en argile vitrifiée rendent de réels services contre l'humidité. — Quant aux matériaux de construction en général, ils doivent être peu hygroscopiques, mauvais conducteurs des caloriques, et ne pas s'imprégner facilement de matières organiques. Les granités, les calcaires, les grès sont de bons matériaux. Les briques de Iwnne qualité sont encore meilleures. Les charpentes de fer ont de grands avantages, au point de vue hvgiénique, sur les charpentes de bois. Pour la toiture, lès tuiles et l'ardoise sont excellentes. Les toitures en zinc, s'il n'y a pas de vastes combles interposés, sont trop chaudes en été et trop froides en hiver.

— L'eau qui est entrée dans la confection du plâtre et des mortiers donne toujours aux maisons neuves un excès d'humidité. Dans les maisons construites en été, le dessèchement s'opère très rapidement. Celles construites en hiver se dessèchent moins vite; mais on y remédie par le chauffage, en ayant soin de laisser fenêtres et portes ouvertes, sans quoi l'humidité persisterait. L'orientation la plus avantageuse dépend évidemment du climat. Si dans les pays du nord l'orientation sud des chambres où l'on se tient le plus souvent est à rechercher, dans les pays chauds l'orientation nord est plus avantageuse [Voy. ve>tilatios, cuacffage, éclairage, latrines).

En Droit, le droit d'habitation est une servitude personnelle consistant dans l'usage d'aune maison restreint à ce qui est nécessaire aux besoins du titulaire et de sa famille. Ce droit ne peut être cédé, ni loué {C. civ., art. 632-633). — Voy. aussi, pour la femme veuve, les art. 1465 et 1570.

HABITUDE (du lat. habitudo), manière d'être ou disposition stable qu'im acte ou une sensation a engendrée et qui se fortifie par sa répétition. Elle porte à la fois sur l'esprit et sur le corps. — Habitudes actives. Les actes répétés ont pour premier caractère de s'exécuter avec plus de facilité, de promptitude, de précision, comme on I'oIjserve chez les artistes qui jouent d'un instrument et chez les faiseurs de tours d'adresse ; ensuite, en même temps

?|ue l'effort diminue, la conscience que nous en avons s'afaiblit ; enfin, la répétition des mêmes actes engendre un penchant à les reproduire, penchant qui se rapproche

fins ou moins de l'instinct : c'est ce qui a fait dire que habitude est une seconde nature; cependant l'habitude diffère essentiellement de l'instinct en ce que, créée par la volonté, elle reste toujours plus ou moins sous son in- ] fluence, qui s'affaiblit et renaît par une transition insensi- I ble. Les effets de l'habitude ne se bornent pas à l'activité I physique; ils s'étendent à l'activité intellectuelle et à l'ac- ! tivité morale : d'un côté, la perception externe, la méi moire et toutes les opérations où intervient l'attention I s'améliorent par l'habitude; d'un autre côté, la vertu est ! d'abord un effort, puis devient un plaisir. Là est le secret I de l'éducation : les mœurs se forment de cette manière. — ! Habitudes passives. Une sensation répétée ou continuée ! s'affaiblit d'autant plus qu'elle est plus passive, au point

Sue souvent on cesse presque d'en avoir conscience ; elle evient un besoin et engendre ainsi un appétit factice. Il i en est de même du sentiment, s'il est uniforme ; il peut ! faire naître un penchant ou même une passion, si l'imagination représente son objet sous des aspects divers et que, I pour une seule affection, il produise une grande variété de j modes : c'est ainsi que les obstacles irritent" le désir, taudis que la monotonie de la possession détruit le charme, tout I en augmentant la force de l'attachement. — Les animaux i sont, comme l'homme, susceptibles d'habitudes : c'est sur cette aptitude qu'est fondée leur éducabilité. On a remari que, en outre, que certaines habitudes acquises se trans- I mettent de génération en génération, et il semble yraisem- I blable que certains instincts, innés chez les individus ae- I tuels, ne sont que le produit des habitudes contractées par I leurs ancêtres. — Consulter : Ravaisson, thèse sur l'Habi- I tude. Voy. activité, association des idées, mémoire.

En Médecine, habitude ou habitus signifie l'apparence extérieure du corps dans son ensemble.

HABROTHAMNUS (du çr. àêpôî, élégant, et £ri[J.vOî. buisson), genre de la famille des Solanées, tribu des Cestrinées, renferme des arbrisseaux du Mexique cultivés dans nos jardins, notamment : VH. élégant, à fleurs pourpres tubuleuses, en corvmbe paniculé pendant du sommet des rameaux; 1'^. fascicularis, à fleurs rouge-orange; 1'//. roseus. \'H. aurantiacus, etc. Ces arbrisseaux doivent tire rentrés à l'automne.

HACHE (du gr. à\vn^, du lat. ascia, ou de l'allem. HackeK La hache est connue de toute antiquité. On la retrouve jusqu'en Océanie. On en a fait d'airain, de fer. d'acier; on en trouve même en pierre chez les peuples primitifs {Voy. ÂGE de LA pierre). Quant aux formes de la hache, elles ont été infiniment variées : tantôt simple, tantôt double [bipenne, francisque , elle fut à la fois et un instrument de travail pour le bûcheron [cognée, merlin], le charpentier, le maçon, le couvreur, etc., et une arme de guerre. La hache d'arnies du moyen âge formait hache d'un côté et marteau de l'autre. La haihe des gendarmes de Charles VIII était sans marteau ; mais la douille du fer

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