‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 752 sur 1729 · HALAGE · texte numérisé non relu

HALAGE

se prolongeait au delà du taillant en pointe aiguë. 11 y avait aussi des haches où le marteau était remplacé par un dard ou par un croissant à deux pointes. Im hache, aujourd'hui, n'est plus portée à l'armée que par les sapeurs; mais, pour eux, ce n'est qu'un outil, et non une arme; dons la Marine seulement, on a gardé la hache d'abordage ; elle sert à la fois pour frapper l'ennemi, pour renverser les mâts et pour couper les manœuvres, lorsqu'on prend un navire à l'abordage. — Un doimail le nom de hachereaii ou hacliette à une petite liache d'armes courte, légère et sans marteau.

l,on{;temps la hache a été l'instrument du supplice. Voy.

LICTEUR et DÉCAPITATIOX.

lians l'Economie rurale et domestique, on donne le nom de hache à divers instruments qui servent à hacher les substances, c.-à d. à les diviser en menus morceaux, par ex. : le hache-paille (à moteur ou à main), pour hacher la paille que l'on donne aux bestiaux ; le hache- feuille», employé dans les magnaneries; le hache-écorce , pour diviser le tan ; le hache-légumes, pour couper menu les légumes dans nos cuisines, etc.

HACHICH ou HASCHISCH (en arabe herbe sèche], péparalion enivrante qui a pour base l'extrait de chanvre indien {Cannabis saliva) ; on en fait un opiat, des pastilles, etc., dont la coniection varie suivant les ueuples. Sa composition chimique est mal connue. Le hachich pro^luit une espèce d'i*TCsse très distincte de l'ivresse alcoolique : elle se noanifeste d'abord par des rires quelquefois convulàfs ; puis vient ime extase délicieuse pendant laquelle l'esçrit se complaît à suivre les idées les plus agréables ; à cet état de béatitude, qui dure environ t ou 4 heures, succède une prostration plus ou moins prolongée. La dose de hachich nécessaire pour produire ces effets varie suivant le mode de préparation, les individus, l'accoutumance. Pris rarement, le hachich n'offre pas d'inconvénient marqué; mais si l'usage en devient fréquent, il produit l'hébétation et la poltronnerie. Les Orientaux en font un abus déplorable : ils l'absorbent ou le mâchent ou le fument soit seul, soit mêlé avec de l'opium. On sait que c'est avec le bacliicb que le Vieux de la montagne pi'oduisait ces extases extraordinaires au moyen desquelles il obtenait un dévouement et une foi aveugles de ses séides, qui prirent de là le nom A'Hachichins (dont nous avons fait ^4«sa««îMs) . Quelques médecins ont pro|X)sé l'emploi du Iwcliich contre la cliorée et certaines affections mentales, mais on a dû renoncer à son emploi.

HACHURE (de hacher), nom donné, dans le Dessin et la Gravure, aux traits parallèles, croisés ou pointillés, que l'on fait pour exprimer les ombres.

HACHURES, t. de Blason. Ce sont les traits ou pfùnts au moyen desquels en gravure on indique les métaux et les émaux. L'o?' est marqué par un pointillé; l'argent, par l'absence même de toute» hachures ; Vazur, par des lignes horizontales (en fasce) ; les gueules, par des lignes verrtcales (en pal); le sinople (vert), par des lignes diagonales allant de dcxtre à sénestre; le pourpre, par des diagonales de sénestre à dextre; le sable (noir), par des lignes horizontales et verticales croisées.

HACK, nom anglais donné à certains chevaux de selle utilisés exclusivement pour la promenade. Ces animaux de loie sont presque toujours des chevaux de pur sang.

HADENA (du gr. Sôfjî, enfer), genre d'Insectes, de l'ordre des Lépidoptères, famille des Noetiu'ncs, tribu des Noctuélites : le dessin de leurs ailes figure une M couchée. Leurs chenilles vivent sur les plantes basses, principalement sur les Crucifères : l'espèce type, H. hrassicse, vit aux dépens du chou ctiltivé.

HADJI. Yoy. PELERINAGE et, au Bict. d'Hist. et de Géogr.. le mot hadjf.

H/EMA... (en grec sang], etc. Voy. héma....

H/EMATOPUS, nom latin du genre huîtrie^.

HAGARD. Voy. FAUCONNERIE.

HAGtOGRAPHES (du gr. ajioç, saint, et ypàçeiv, écrire). Ih-iniitivemcnt on qualifia d'hagiographes tous les livres et tous les auteui-s de l'Antien Testament autres que BlcMse et les Prophètes. Ce nom passa ensuite aux biographes et légendaires qui racontaient la vie et les actions des saints : tels ont été : 1» («rmi les Grecs, Palladius, et Siméon le Mctapliraste, qui rassembla les vies des saints ('•psrscs dans les archives des églises et des monastères; 'y au moyen âge, Jacques de Voragine, auteur de la Lé- (jende dorée; 3° pantii les uiotlerncs, les Bollandistes

[Acta Sanclorum, 61 vol. in-f"), dom Ruinart, Baillet, Méseiiguy, Alban Butler, dont la Vie des saints a été traduite par Godeseard, Guérin, Giry, etc.

HAGRI, ou Hamster voyageur. Voy. hamster.

HAHA (onomatopée exprimant réloiiiienienl), ouverture pratiquée dans un mur de jardin ou de parc afin de laisser la vue libre, et qui est deleinlue par un fossé extérieur.

HAIDINGÉRITE, arséniatc de cliaux hydraté, orthorhombique ; très rai'e.

HAIDOUKS ou heidcqces, milice autrichienne. Voy. le

HAIE (de l'anc. ht-all. haga]. On distingue la haie vive, formée d'arbres ou d'arbrisseaux vivants, et la haie morte ou sèche, construite avec des fagots, des ronces mortes, ou même avec des planches. La haie vive est quelquefois

Ïtlantée sur double rang, au fond et sur les Ijords d'un ossé. Elle ne peut être plantée à moins de 0 m. 50 du terrain voisin, et si les branches se tléveloppciit trop, le pi'opriétaire de celui-ci peut contraindre à les couper; aucune distance n'est fixée pour la haie morte. Les haies entre deux héritages sont réputées mitoyennes à moins qu'un seul des héritages ne soit clos ou qu'il n'y ait titre ou possession contraire (C. civ., art 670 et 671).

Les espèces qui font une bonne haie vive sont celles qui ont des racines pivotantes et non traçantes, qui supportent aisément la taille, ne se dégarnissent pas du pied et sont de longue durée. L'aubépine seule réunit toutes ces qualités : ensuite viennent le néllier, l'alizier, le houx, l'épine-vinette, les ronces, le charme, l'érable, le lilas, le sureau, les acacias, le coudrier, etc. Parfois même on y

F lace des arbres fruitiers. On en fait la tonte deux lois an, en hiver et en été. On sème ou l'on plante la haie vive; elle est formée au bout de six ans; on commence à la tailler à la -i' année. — Dans les prairies clôturées, les haies ont des avantages : elles entretiennent l'humidité du sol en diminuant l'évaporation, conservent la chaleur acquise le jour, épargnent les frais de surveillance du bétail, etc. Sur les terres arables, elles prennent du terrain et nuisent aux communications.

HAIK (mot arabe), couverture de laine blanche, qui sert de vêtement aux Berbères et aux Arabes. 11 se porte drapé autour du corps et serré à la tête par une corde de poil de chameau.

HAINE (de haïr; orig. germaniq.), passion qui est le plus haut degré de Vaverston. Elle place l'âme dans un état de réaction ou de répulsion contre ce qui l'empêche de satisfaire un désir. Elle peut naître d'une lionne comme d'une mauvaise disposition. Dans le premier cas, elle nous excite contre le crime, le vice, la tyrannie, etc. ; dans le second, contre les qualités opposées à nos défauts. Quand elle a ainsi le vice pour principe, elle se lie souvent : à l'envie, irritation produite par la vue des avantages dont nous sommes privés; à l'orgueil, sentiment de l'égoïste qui, rapportant tout à lui, rencontre à chaque instant des résistances humiliantes pour son amour-propre ; à l'î'w^olérance, qui ne peut souffrir les opinions contraires, qu'il s'agisse de religion, de politique, de science, d'art, etc. — Quelle que soit sa cause, la haine est la uriiKipale de ces passions que les anciens appelaient irascibles. Elle diffère de la colère, qui est un mouvement aveugle, mais [passager, tandis qu'elle-même bnplique la réflexion qui la fait durer et lui donne les moyens de se satisfaire. Elle a pour but la vengeance, qui rend le mal pour le mal, que ses griefs soient fondés ou non ; elle trouble ainsi la paix de la famille et de la société; elle est funeste à l'humanité, prce qu'elle arme les nations les unes contre les autres avec une fureur d'autant plus grande qu'elle est plus aveugle.

HA IRE (de l'anc. ht-all. hâra, poil). Voy. cilice.

HAKIM, mot arabe. Voy. le Dict. d'Hist. et de Géogr.

HAJE, serpent. Voy. aspic et naja.

HALAGE (de l'anc. haut-allem. halôn, tirer), action de haler, e.-à-d. de tirer un bateau à l'aide d'un câble mis en mouvement à bras d'hommes ou ])ar chevaux. On diminue la résistance en faisant serrer le rivage par la l)ateau, et en plaçant le moteur très en avant. — La partie de la rive sur laquelle se meut lemoteur est dite chemin de halage. Aux termes d'une ordonnance de 166!t et de l'arrêt du Conseil du 24 juin 1777, confirmé par le Code civil (art. 650), les propriétaires riverains iloivorit abandonner le long des voies navigables une largeur de 7 m. 80 pour le service de halage; toutefois le terrain frappé de

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