HÉMOSTATIQUES
HÉMOGLOBINE ou iiématociustaixine (du gr. ci'.^x, -ŒTo;, el lie (flohe ou cristal]], maiiùrc colorante du sang. Elle a la composition de l'albumine (de l'hydrogène étant remplacé par un peu de fer). Elle cristallise, peut être séchée à 0°; à 100° elle se dédouble en hémaloshie, globuline el acide volatil. C'est à cette matière que les globules sanguins doivent la propriété d'absorber l'oxygène pendant la respiration et de le transporter dans les profondeurs de l'organisme : dans les poumons, l'oxygène de l'air se (ixe sur l'hémoglobine et donne Voxy hémoglobine, combinaison instable qui dans les tissus cède facilement son oxygène aux cellules. L'oxyde de carbone donne avec l'hémôglobiiie un composé stable, inapte à fixer l'oxygène, ce qui explique l'action délétère de l'oxyde de carbone pénétrant dans les poumons. — L'hémoglobine a été découverte rar Lehmann dans le sang des animaux à sang rouge, et à état cristallisé et libre par Kûlmc dans le sang du cochon d'Inde. Ou l'obtient du sang défibriné en traitant celui-ci par un excès d'acide acétique cristallisable en présence de l'air et d'un peu de bile, et ajoutant de l'alcool.
D'après M. Quinquand, le chifl're de l'hémoglobine, dosée par la détermination de la quantité maximum d'oxygène ansorbée par le sang chez un individu robuste, s'élève de 125 à 130 gr. pour 1000 gr. du sang. L'abaissement de ce cliidre à 100 gi\ et au-dessous indique un état pathologique. Dans la chlorose, il descend jusqu'à 57. Voy. gi.o-
BILES DU SANG.
HÉMOPHILIE (du gr. aîjjia, sang, et tpOvOi;, ami), disposition héréditaire aux hémorragies. Les malades atteints de cette disposition peuvent succomber aux hémorragies produites par une plaie insignifiante : écorchure, piqûre de sangsue, avulsion d'une dent.
HÉMOPIDE (du gr. al[ia et irtvw, boire), Hsemopis, genre d'Annélides apodes, se compose d'animaux qui ne dill'èrent des sangsues que par leur ventouse orale hilabiée el par la disposition de leurs yeux. L'espèce type est 1'//. sanguisorba, Hippobdelle ou Sangsue chevaline, conmiuue dans nos ruisseaux. Se pouvant percer la peau des animaux, elle s'insinue dans leurs narines ou dans leur Louche, el occasionne parfois des accidents graves.
HÉMOPTYSIE (du gr. aliAÔnTuaiî, crachement de sang), hémorragie qui se fait dans les bronches et qui eet caractérisée par l'expectoration d'une quantité plus ou moins glande d'un sang vermeil et écumeux. Le sang expectoré peut être rendu à flots ou bien, au contraire, s'échapper l)eu à peu. Eu dehors des plaies du poumon (coups de couteau, d'épée, fractures décotes), la cause principale de l'hémoptysie est la tuberculose pulmonaire, amenant une congestion du poumon. Au début de la maladie, l'arrêt de la menstruation peut amener une hémoptysie dite siipplénienlairc ; il v a des hémoptysies à l'âge critique, sans lésion pulmonaire. Les chants et les cris, la toux violente, le jeu des instruments à vent n'amènent d'hémoptysie que chez les gens prédisposés. On prescrit d'aliord le repos et le silence, puis des pédiluves ou sinapismes, la diète, les Ixjissons gommées, iiitrécs, astlringentes et froides, enfin remploi des hémostatiques. Plus tard on conseille un régime dans lequel on proscrit le vin, les liqueurs, le café, Tes exercices violents, les émotions vives, etc.
HÉMORRAGIE (du gr. a'.^o^pay(a), écoulement du sang hors des vaisseaux qui doivent le contenir. Toutes les causes excitantes peuvent la provoquer. Si elle résulte d'un afflux de sang vers un organe [H. active), elle apporte son remède avec elle et ne doit être combattue que si elle devient excessive : on a recoui-s alors aux révulsifs. Si elle est le résultat d'une débilité générale [H. passive], ce qui arrive aux individus affaiblis par une longue maladie ou de fréquentes évacuations sanguines ou bien encore dans certaines alfections, telles que le scorbut, on a recours aux toniques et aux astringents [Voy. aussi iiémosta- TiQCEs). L'hémorragie peut suivre une autre voie que la voie habituelle : ex., le saignement de nez remplaçant la menstruation; dans ce cas elle est dite supplémentaire. — H. traumatiques. Leurs causes sont ou extérieures (blessures de toute sorte), ou le résultat d'un travail morbide (gangrène, ulcérations cancéreuses, etc.). Si le sang provient des artères, il est venneil et sort par saccades; 8 il rient des veines, il est rouge foncé et coule en jet continu; le sang des vaisseaux capillaires s'écoule lentement et en nappe. Ces hémorragies réclament, selon les circaiislances, l'emploi des absorbants, des styptiques, des caustiques, de la compression ou de la ligature. Loi-squ'aprcs
avoir été suspendue spontanément ou artificiellement, l'hémorragie se reproduit, elle est dite secondaire. — Dans ce cas elle est toujours due à une infection de la plaie. Suivant la partie du c( rps où elle a lieu, l'hémorragie prend un nom particulier. Voy. épistaxis, iiématéjièse, hémoptysie, IIÉMATLRIE, HÉMORROÏDES, CtC.
HFîlMORROÏOES (du gr. aip-oppoi;), tumeurs sanguines de l'anus, accompagnées ou non de flux de sang : ces tumeurs, de couleur violacée, de forme et de volume variables, tantôt isolées, tantôt rapprochées de manière à former une sorte de bourrelet, ont leur siège soit à la marge de l'anus (//. externes], soit dans l'intestin même [H. internes]. Elles proviennent d'une dilatation des veines de l'anus. — Cette affection s'annonce par des douleurs dans les lombes et dans le dos, par l'engourdissement des membres inférieurs, une gêne sensible dans la région abdominale, puis dans celle du rectum, avec de la chaleur et du prurit au pourtour de l'anus et quelquefois un besoin continuel d'aller à la selle. Un petit suintement blanchâtre précède l'apparition des tumeurs et le flux du sang. Tantôt ce flux a lieu goutte à goutte, tantôt il coule avec abondance : 'cette hémorragie n'a du reste rien d'inquiétant; on prétend même auc quand le flux hémorroïdal est fréquent et pour ainsi dire régulier, il devient comme une fonction ou un besoin de l'économie, qu'il y aurait danger à contrarier. Chez certaines personnes les hémorroïdes internes faisant issue à travers le sphincter [H. procidentes] peuvent s'y étrangler. Les douleurs deviennent extrêmement vives, et la partie étranglée, si on ne la réduit pas, peut se gangrener. — Les hémorroïdes apparaissent ordinairement dans l'âge adulte. On leur donne pour causes : une constitution sanguine et bilieuse, une vie oisive ou sédentaire, la constipation habituelle, les grossesses fréquentes, les vêtements trop serrés à la taille, l'habitude de se coucher et de s'asseoir sur la plume, l'abus des aliments échaulTants, des purgatifs, des remèdes (lavements) irritants, l'application fréquente des sangsues à l'anus, les maladies de la vessie ou de l'utérus, etc. Souvent aussi elles sont héréditaires.
Le traitement des licmorroïdes varie suivant les circonstances. Dans les cas ordinaires, on prescrit la position horizontale, les purgatifs doux, les bains tièdes et les lavements : on peut aussi, avant d'aller à la selle, enduire les tumeurs d'un corps gras, tel que la vaseline. Si les tumeurs sont enflammées, ou a recoure à une diète légère, aux laissons rafraîchissantes, aux sangsues, ainsi qu'à des lotions et à des bains de siège chauds. Si le flux est considérable ou qu'il ne s'arrête point, on emploie les astringents et au besoin la compression ou le tamponnement. En outre, le malade doit se coucher sur le côté et éviter toute espèce d'eflorts pour aller à la selle. Lorsqu'il y a un spasme du sphincter et un étranglement douloureux cfes hémorroïdes, on doit pratiquer la dilatation du sphincter et cherchera réduire. Mais lorsqu'il existe des bourrelets volumineux irréductibles, il vaut mieux les détruire en les extirpant au thermocautère. Eu respectant entre chaque bourrelet extirpé un pont de muqueuse saine, on évite les rétrécissements consécutifs.
HÉMOSPASIE (du gr. a';j.a, sang, et uriatî, attraction), moyen thérapeutique imaginé par Junod; il consiste dans l'application, sur tout un membre, dune grande ventouse, qui produit par un appel de sang sur une large surface saine une dérivation salutaire pour la partie malade, sans spoliation sanguine pour l'organisme entier.
H ÉMOSTASE, arrêt d'une hémorragie. Voy. hémostatiques.
HÉMOSTATIQUES (du gr. aîp.oaTai:tx(3<:). On appelle ainsi les moyens que l'on met en usage pour arrêter les hémorragies." 11 varient suivant le volume, le nombre, la situation des vaisseaux qui fournissent le sang, etc. Tantôt ce sont les topiques froids, les absorbants, tels que la charpie, l'amadou ou l'agaric, que l'on recouvre de difl"érentes poudres, comme la colophane, la gomme, le charbon ; les styptiques el astringents, tels oue l'alun, les dissolutions oc noix de galle, de ratanhia, uc perchlonue de fer et d'acides minéraux ; tantôt ce sont les caustiques, tels que le nitrate d'argent fondu, différents acides minéraux concentrés, le chlorure d'antimoine ou de zinc, etc., ou bien le cautère actuel ou fer rouge, le thermocautère dePoquelin; enfin, la compression, la ligature, la tor^ sion et le tampofinement .
Dans ces dernières années, l'hémostase pendant les opérations a fait d'immenses progrès. L'arsenal liémostatiquc ino-
HENDÉCASYLLABE