‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 771 sur 1729 · HORLOGE · texte numérisé non relu

HORLOGE

NOQUETON (origine arabe). Ce mot désigna d'abord la casaque brodée que portaient les arcliers du grand prévôt et les gardes de la manche, puis celle des bas-of'liciers de la ville et enlin toute espèce de casaque militaire. Il était d'abord en élolVe : on le fit ensuite en cuir, avec des (garnitures en métal, à l'épreuve des armes trancbantcs.

HORAIRE (du lat. ftorarius), se dit, en Astronomie, de ce qui concerne les heures. Les cercles horaires de la sphère sont les grands cercles passant par la ligne des pôles. Ils sont ainsi nommés parce qu'ilsviennentcoïncideravec le méridien les uns après les autres aux dill'érentes heures de la journée. L'angle horaire d'un astre est l'angle que forme le cercle horaire de cet astre avec le méridien de l'observateur. L'angle horaire du point vernal est l'heure sidérale.

HORDiACÉES (du g -type hordeum, orge), tribu de la famille des Graminées, caractérisée par ses épillets multil'.ores, à 2 glumes et à 2 ])aillettes, par ses stigmates sessiles, et son ovaire le plus souvent pileux. — Les genres Orge, Fromrnl, Seigle, Ivraie font partie de cette tribu.

HORDÉINE (du lat. hordeum, orge), substance particulière extraite de l'orge : elle est pulvérulente, jaunâtre, insipide, inodore, un peu rude au toucher et semblable à la sciure de bois : c'est elle qui rend le pain d'orge rude et grossier. On l'extrait en faisant toml)er un filet d'eau snr de la pâte de farine d'orge : l'hordéinc et l'amidon se déposcMit. On traite le précipité par l'eau bouillante, qui transforme puis dissout l'amidon, et l'hordéine reste pure.

HORDEUM, nom latin du genre Orge {Voy. ce mot),

HORIZON (du gr. ôptÇw, Iwrner), cercle suivant lequel lu voûte céleste paraît s'appuyer sur le plan de la terre

firolongé : plus exactement, c'est le cercle suivant lequel a sphère céleste est coupée par le plan tangent à la surface de la terre en un point donné : on l'appelle aussi horizon

rationnel. Tout plan parallèle à l'horizon rationnel, ou, en d'autres termes, tout plan perpendiculaire à la verticale, prend le nom de plan horizontal. — Quand un point est situé au-dessus de la surface de la terre, son horizon sensible est le cône formé par les rayons visuels menés de ce point tangcnticUement à la surface de la terre. — La dépression de l'horizon sensible est l'angle que font les différentes génératrices du cône de l'horizon sensible avec le plan horizontal mené par le même point. La dépression de l'horizon sensible est partout à très peu près constante autour d'une même verticale. Ce fait prouve que la surface de la terre est sensiblement sphérique.

HORIZONTAL, Voy. vertical.

HORLOGE (du lat. horologium; du gr. ipoXdytov), nom commun à tous les instruments qui servent à mesurer le temps. On comprend sous ce nom : \° les cadrans solaires ou horloges solaires, les clepsydres ou horloges <i'eau et les sabliers [Voy. ces mots), seuls instruments en usage chez les anciens pour la mesure du temps; 2° les horloges mécaniques, à poids ou à ressorts, comprenant les horloges fixes ou horloges propr. dites, les pendules et les montres ; 3» les horloges électriques ; 4° les horloges pneumatiques.

Horloges mécaniques. Dans la plupart des horloges [H. fixes, régulateurs, etc.), le moteur du mécanisme est un poids attaché à une corde qui est enroulée sur une poulie : l'autre extrémité de cette corde porle un Contrepoids plus faible qui la maintient tendue. Si ce poids était abandonné librement à l'action de la pesanteur, il tomberait avec une vitesse accélérée ; mais sa chute se trouve bientôt arrêtée par l'oscillation de l'ancre dont est muni le pendule [Voy. ce mot). Dès que l'ancre cesse d'agir, la cliute du poids moteur recommence, pour s'arrêter de nouveau après que la même hauteur a été parcourue, et par l'effet du même obstacle on obtient ainsi une série de chutes de même durée [isochrones), que l'on compte au moyen A'ai- </«tWes qui marchent sur un cadra?», et auxquelles le poids moteur imprime le mouvement par l'intermédiaire de rouages. — Dans les pendules et les montres, le poids moteur est remplace jwir un ressort moteur qui se débande peu à peu.

Les premières horloges mécaniques ««raissent avoir été faites eu Orient. En Europe, le pape Gerbert appliqua le premier le poids moteur aux horloges, et il est, suivant toute vraisemblance, l'inventeur de l'échappement uniquement employé jusqu'au xvii* siècle. On ne connaît pas l'inventeur de la sonnerie, qui existait au commencement du XII» siècle. L'horloçerie prit son essor au xiv« siècle. Jean de Dondis, dit Deglt orologj, fit une horloge pour Padoue,

sa patrie ; en France, celle de la tour du Palais fut établie par Henri de Vie, horloger allemand, que Charles V avait attiré à sa cour. Sous Charles Vil fut inventé le ressort moteur, qui permit de fabriquer bientôt des horloges d'une très petite dimension. En 1483, on voit Louis XI donner des statuts à la corporation des horlogers. Dès cette époque l'application de l'horlogerie aux calculs astronomiques fil faire de rapides progrès à cet art ; en 1560, Tycho-Bralié possédait déjà des liorlogcs assez délicatement exécutées pour marquer les minutes et les secondes. L'horloge de Strasbourg date de 1573. Huygens fit faire un grand progrès à l'horlogerie par l'application du pendule aux horloges et par l'invention de la roue balancier qui sert de régulateur dans les montres.

Au Xvii« siècle, Leiwn, les Leroy, Gaudron, Enderlin, Tliiout, Rivaz, Dutertrc, Romilly, 'Lcpaute et Ferd. Berthoud, en France; Graham, Cole,'Harrisson, en Angleterre, s'illustrèrent par des horloges remarquables de combinaison et d'exécution, ainsi que par des traités d'horlogerie estimés. Vinrent ensuite Robin, Lénine, L. Berlhoud, Bréguet et Robert. Dans notre siècle, il faut citer : Janvier, pour les machùies astronomiques; Bréguet fils, Lepaute, Leroy, pour l'horlogerie fine, et Wagner pour la grosse horlogerie. Paris, Genève et Londres sont aujourd'hui les places les plus renommées pour l'horlogerie. Dans le .lura français et suisse il y a aussi de nombreux établissements consacrés à cette branche d'industrie. C'est dans la Forêt- Noire qu'on fabrique en grand l'horlogerie en bois [coucous, réveille-matin, etc.). — Voy. F. Berthoud, Essai sur l'horlogerie (Paris, 1773 et 1786); L. Moinet, Traité élémentaire d'horlogerie (1838) ; Urb. Jurgenson, Principes de l'exacte mesure du temps par les horloges (1838) : P. Dubois, Histoire et Traité de l'Horlogerie depuis son origine jusqu'à nos jours (1850) ; Saunier. Traité d'Horlogerie. Voy. aussi chronomètre et montre.

Horloges électriques. Dans ces horloges, le moteur est un électro-aimant, qui par un mécanisme ingénieux imprime au pendule une première impulsion : le départ du pendule interrompt le contact métallique et par suite le courant électrique ; mais son retour ramène le contact cl produit une nouvelle impulsion, et, la répétition de ces deux mouvements se faisant avec une régularité mathématique, les oscillations du balancier sont nécessairement isochrones. — Dans d'autres horloges électriques, l'action motrice de l'électro-aimant est employée à décrocher et à rendre libre un ressort dont la détente imprime une impulsion au Iwilancier. — Quant aux aiguilles, elles sont également mises en mouvement par l'action électro-magnétique exercée sur la petite roue à rochet qui les porte : cette ac^tion u'étant pas permanente, mais se produisant à intervalles réguliers, minutes ou secondes, on voit les aiguilles, en apparence immobiles, franchir subitement une division du cadran. La transmission de l'électricité à grande distance est sujette à des perturbations qui peuvent amener des irrégularités de service importantes, quand il s'agit de la marche continue d'une horloge. On peut, comme l'a fait Bréguet, ne se servir alors de l'électricité que pour la remise à l'heure, à intervalles réguliers, d'horloges reliées à un chronomètre central. C'est ainsi que les horloges des principaux monuments de Paris sont reliées électriquement avec l'Observatoire.

Horloges pneumatiques. On a établi à Vienne en 1877, à Paris en 1880, dans plusieurs points de la ville, des candélabres-horloges, indiquant toutes exactement la même heure, à quelque distance qu'elles soient placées les unes des autres. Ces horloges sont mises en mouvement par l'intermédiaire de l'air comprimé lancé par une horloçe centrale qui sert de régulateur et circulant dans une série de tubes placés dans les canaux d'égout. — Chaque minute, un déclenchement, produit par l'horloge de l'usine centrale, ouvre les réservoirs de l'air comprimé à 2 ou 3 atmosphères, et le lance dans les tuyaux de distribution. Cette pulsation se transmet aux appareils placés soit sur la voie publique, soit dans les maisons, et, par l'intermédiaire d organes simples, fait avancer d'une minute l'aiguille des minutes ; en même temps l'aiguille des heures avance d'un soixantième de tour.

HORLOGE DE FLORE, coUection de fleurs qui s'épanouissent ou se ferment à des heures fixes du jour, et dont on ))eut faire une horloge curieuse en les disposant en cadran dans un jardin. Dans cette horloge on verra s'ouvrir : à 3 heures du matin, le Salsifis des prés; à i h., la Chicorée sau-

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