‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 776 sur 1729 · HUILE · texte numérisé non relu

HUILE

nn cor de chasse : il peut ôtre lié, virole, embouché, «nguiché.

HUGUENOTS. Voy. le Dict. d'Hist. et de Géoqr.

HUILE (du lat. oleum), liqueur grasse, onctueuse, Hiflammablc, cjui se tire de diverses substances. On distinçuc les H. fixes et ;les H. essentielles, dites aussi H. volatiles ou essences. Pour ces dernières, voy. essence et les noms de chacune d'elles. — On appelle improprement huiles minérales le naphte, le pétrole, l'asphalte, substances qui sont des sortes de bitumes. Voy. ce mol.

Les huiles fixes ont les mêmes caractères chimiques que les graisses solides : elles sont combustibles, ne se mêlent pas avec l'eau, se dissolvent légèrement dans l'alcool, plus facilement dans l'essence de térébenthine, le sulfure de carbone et l'éther, se décomposent par l'action de la chaleur, et se transforment en savons par l'action des alcalis. C'est un mélange de deux corps particuliers : d'une partie liquide, dite oléine, et d'une partie solide, ordinairement la margarine, qui est tenue en dissolution par la première à la température ordinaire.

Pour la plupart, les huiles fixes se tirent des végétaux : celle qui occupe le premier rang est Vhuile d'olive ; vieiment ensuite par tlegrés d'importance : les huiles d'œillette, de colza, de sésame, d'arachide, d'amandes, de graines de coton, de coco, de lin, de carthame, de chènevis, de noix, de faine, etc. Toutes ces huiles se rencontrent presque exclusivement dans les semences; rarement elles se trouvent dans les parties charnues des fruits ; on ne connaît que l'olivier, les lauriers et le cornouiller sanguin dont les fruits soient pourvus d'huile dans leur péricarpe ou partie externe et charnue. — Quelques huiles fixes sont fournies par le règne animal : telles sont Vhuile de poisson, Vhmle de baleine, l'huile de pied de bœuf, etc. On trouve les huiles fixes, chez les animaux, dans les mêmes parties qui renferment les graisses solides.

Les huiles se préparent presque toutes par pression : pour queUpies-uncs, p. ex. celles de noix et de graines, la pression est quehpiefois précédée d'une macération faite à feu nu ou à la vapeur; mais l'huile provenant de matières qui n'ont pas été chaulfées est plus estimée. Les huiles obtenues par la pression conlieiuient généralement des débris des tissus où elles étaient renfermées ; on est donc obligé de les épurer, ce qui se fait en les battant avec de l'acide sulfurique concentré qui charbonne les substances étrangères, sans altérer l'huile.

On distingue les huiles fixes en H. siccatives et en //. non siccatives ou H. grasses. Les huiles siccatives s'épaissis^ient peu à peu au contact de l'air et se transforment en une espèce de membrane solide et transparente; telles sont les huiles de lin, de noix, de chènevis, d'oeillette ou de pavot, etc. Cette propriété les rend précieuses pour la préparation des vernis et des couleurs à l'huile. Les huiles non siccatives ne se résinifient pas au contact de l'air, mais elles y deviennent peu à peu acides, ranees, d'une odeur et d'une saveur désagréables ; on les emploie comme aliment et comme médicaments, pour l'éclairage, la fabrication des savons : telles sont les huiles d'olive, d'amandes, de navette, de colza, de faîne, etc. Les anciens en faisaient aussi un grand usage pour s'oindre le corps, afin de lui donner de la souplesse et de diminuer la transpiration.

On utilise, pour reconnaître ou analyser les huiles, soit leurs propriétés physiques : densité, cohésion, point de solidification, résistance électrique, indice de réfraction, etc. (loy. ARÉOMÈTRE, OLÉonÉFRACTOMÈTRE) ; soit Icurs propriétés chimiques : dissolution, coloration produite par divers acides seuls ou mélangés, durée de la solidification sous l'influence de l'acide hypoazotique, etc.

Huile d'amandes. Elle s'extrait par la pression, à froid et sans eau, des amandes douces et amères fournies i)ar l'anjandier. Cette huile est très fluide, d'une saveur agréable, et se congèle moins facilement que l'huile d'olive. Elle sert à la préparation du cérat, des liniments, etc. ; elle est employée comme adoucissant, et entre comme laxatif ou comme émollient dans la composition 'de quelques potions, des juleps, etc. Les tourteaux des amandes, privés d'huile et réduits en poudre, servent à former la pâte d'amandes des parfumeurs.

Huile animale de Dippel, huile empyreumatique mise en vogue au dernier siècle par ralchimisle Dippel, est extraite da la corne de cerf par distillation : elle contient

des hydrocarbures', des bases organiques : pyridine, picolines, lutidines, et collidines, de l'acétale et' du hulyrale d'ammoniaque ; on l'employait comme antispasmodique ; elle n'est plus usitée en médecine.

Huile antique. Voy. pleurage.

Huile de baleine. Voy. baleine.

Huile blanche. Voy. huile d'œillettb.

Huile de cade, extraite du Genévrier. Voy. genévrier.

Huile de chènevis, s'extrait des graines de chanvre, et sert pour l'éclairage et la confection des savons et des vernis.

Huile ou Beurre de coco. Voy. coco.

Huile de colza. Voy. colza.

Huile de corne de cerf. Voy. huile animalk.

Huile de croton ou de Tilly. Voy. crotos.

Huile empyreumatique (du gr. è\nz'jpeuy.ii), nom donné en général à tous les produits volatils qui résultent de la distillation à feu nu de matières animales ou végétales; telles sont les huiles de corne de cerf, de succin, de cade, etc.

Huile de Gabian. Voy. pétrole.

Huile de lin, huile siccative que l'on extrait des semences de lin, après les avoir broyées et chauffées. Elle s'emploie dans la peinture commune et pour préparer les vernis gras. On la rend plus siccative en la faisant bouillir avec 7 ou 8 p. 100 de litharge : on l'écume avec soin, et

Îuand elle a acquis une couleur rougeâtre, on la retire du îu et on la laisse se clarifier par le repos : c'est ce qu'on appelle Vhuile de lin cuite. On prépare Vencre des imprimeurs avec l'huile de lin chauflce et broyée avec 1/6 de son poids de noir de fumée. Les talTetas gommés reçoivent leur enduit de plusieurs couches successives d'huile de lin lithargyrée ; il en est de même des cuirs vernis, des toiles cirées, etc.

Huile minérale. Voy. asphalte, naphte, pétrole, bitume.

Huile de morue ou de foie de morue. Elle s'obtient actuellement en chaulVant les foies de morue récents et débarrassés des membranes qui y adhèrent, à une douce chaleur au moyen de la vapeur d'eau dans des chaudières à double fond, et en recueillant l'huile à mesure qu'elle se sépare. Elle renferme de l'iode, des lécithines, des bases organiques appartenant à la série grasse et à la série pyridique, des acides çras, deux bases spéciales, la morrhuine et l'asellinc, un acide spécial, l'acide morrhuique. Ce sont ces corps, découverts récemment par M. Gautier, qui lui donnent ses vertus médicales : elle s'emploie contre plusieurs maladies rhumatismales et scrofuleuses, ainsi que dans la tuberculose à ses débuts. L'huile de foie de morue de bonne qualité a une couleur ambrée et une odeur franche de poisson ; les huiles blanches dites anglaises, décolorées par une. eau alcaline et filtrées au charbon, sont insipides et inodores : on les dit moins actives que les huiles ordinaire» dites blondes.

Huile de navette. On l'extrait des semences de navette. On l'emploie pour l'éclairage, la fabrication des savons mous, le foulage des étoffes de laine et la préparation des cuirs, et aussi dans divers pays pour l'alimentation.

Huile de noix, huile siccative que l'on extrait de l'amande des noix et qui est plus siccative que l'huile de lin; elle sert de préférence pour les peintures fines. On l'emploie aussi pour les vernis, l'éclairage, l'encre d'imprimerie. On en faisait une grande consommation à Paris dans le xi" et le xii° siècle, tant pour les aliments que |)our l'éclairage; elle sert encore aujourd'hui pour la cuisine dans quelques pays.

Huile d'œillette (du latin oHetum, dimin. à'oleimt, huile d'olive), dite aussi H. blanche, huile siccative qui s'extrait de la graine du pavot cultivé. On l'emploie comme aliment et pour l'éclairage. Dans la peinture, elle sert à délayer les couleurs blanches et claires, dont elle n'affaiWit point l'éclat.

Huile d'olive, la plus importante des huiles végétales, la plus propre aux usages culinaires et à la préjjaration des savons. Elle est formée, suivant Chevreul, d'oléate et de margarate de glycérine et, suivant Heintz, d'oléate, de palmitate et de butyrate de glycérine; on a dit aussi quelle contient de la cholestérine. Sous l'influence du froid elle se solidifie partiellement et la partie qui reste liquide est principalement formée d'oléine. — On en distingue plusieurs qualités, suivant le mode d'extraction : Vhuile vierge est celle qu'on obtient des oHves jjortées au mouhii

Page 1