‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 787 sur 1729 · HYPOTHÈSE · texte numérisé non relu

HYPOTHÈSE

ration jaune. L'acide hypoiiitrique se produit dans beaucoup de circonstances, lorsqùon verso de l'acide nitrique sur des métaux, par exemple, sur l'étain ou le cuivre. On l'obtient à l'état de pureté en distillant du nitrate de plomb, et condensant le gaz dans un mélange de glace el de sel marin. 11 peut être solidifié par l'action du froid. Il se décompose au contact de l'eau, qui se charge alors d'acide nitrique. Mis en contact avec les alcalis, il les convertit en un mélange de nitrite et de nitrate. On s'en sert pour éprouver la qualité de l'huile d'olive [Voy. ce mol). — L acide liyponitrique a été reconnu et analysé par Dulong.

HYPOPHLÉE (du gr. O-o, sous, et ïao:ô;), Hypophlœus, genre d'Insectes, de l'ordre des Coléoptères héieroméres, famille des Taxicornes et très voisins des Diapères, renferme des espèces très petites, au corps ovoïde, convexe, qui vivent sous i'écorce dos arbres. L'H. castaneits se trouve aux environs de Paris.

HYPOPHOSPHITES, hypophosphorecx (acide). Voy. phosphore.

HYPORCHÈME du gr. C-n(>pyT,;jLa), nom donné, cbez les anciens Grecs, à des chants lyriques spécialement destinés à accompagner la danse des chœurs el on particulier des chœurs de jeunes garçons aux fêtes de Délos. On a conservé quelques fragments de ces chants attribués à Pindare.

HYPOSTASE (du gr. •jT.ÔTZJ.i-.i). Ce mot s'emploie fréquemment, en Théologie, dans le sens de substance, d'essence, de personne. Par forme hypostalique on entend ce qui constitue essenticllemenl chacune des trois personnes de la Trinité. La forme hyjwslatique du Père consiste à ne point avoir de principe, mais à être le principe d'où procèdent les deux autres personnes : celle du Fils, à être engendré de toute éternité par le Père, et à être avec lui le principe du St-Espril ; et celle du St-Esprit, à procéder de toute éternité du Père et du Fils. L'union hypostalique est l'union des deux natures en Jésus-Christ.

Pans la Philosophie néoplatonicienne. Dieu se produit sous trois formes ou hypostases : VL'tiité absolue, l'Inietligence absolue. Y Ame universelle.

HYPOSTHÉNISANTS (du gr. ir.ô, sous, et j6£vo;, force;, se dit, en Médecine, des substances ou médicaments qui dépriment l'énergie des forces vitales: tels sont l'émétique à haute dose, l'opium et en général tous les sédatifs. Voy. ce mot.

HYPOSULFATES. sels de l'acide hyposulfurique ou dithionique. Voy. soufre.

HYPOSULFITES. sels de l'acide hyposulfureux. On emploie dans la photographie Vhyposulfùe de sodium [S-O^Na* -f 1011*0], sel incolore, très soluble dans l'eau et bien cristallisé, qu'on obtient en faisant chauffer du soufre avec du sulfite de soude ; il a la propriété de dissoudre le chlorure et le bromure d'argent. — Des divers hyposulfites, la Médecine n'use plus que de l'hyposulfite de sodmm, comme sudorifique fondant dans les âlfections de la peau.

HYPOSULFUREUX, hyposclfurique (acide). Voy. soufre.

HYPOTÉNUSE du gr. 'jzoTeîvo'jîja), se dit. en Géométrie, du cùté d'un triangle rectangle opposé à l'angie droit. — Le carré construit sur l'hypoténuse est égal à la somme dos carrés construits sur les deux autres côtés, et récipro(juement. Amsi le triangle dont les côtés ont pour longueurs 5. 4. 5 est rectangle, car 5* = 3* -{-4-. On attribué ce théorème à Pythagore.

HYPOTHÉCAIRE d'hypothèque . — Caisse hypothécaire. Voy. CUÉUIT FONCIER.

Inscription hypothécaire. Voy. hypothèque.

HYPOTHÉNAR idu gr. Crô, sous, et Sî'vxp, paume de la main), saillie qui se remarque à la face palmaire de la main, sous le petit doigt et dans sa direction. Elle est forinéo par les quatre muscles palmaire cutané, adducteur, court llechisseur et opposant du petit doigt.

HYPOTHÈQUE (lu gr. C-oW.xt,. gage, nantissement). Suivant le Code civil article 2114". « l'hypothèque est un droit réel sur les immeubles affectés à l'acquittement d'une obligation ». Le bien hypothéqué reste en la possession (lu débiteur ; mais, à déïaut de payement, le créancier peut le faire vendre en justice. — l'hypothèque est légale, judiciaire ou conventionnelle, suivant qu'elle resuite de la loi. d'un jugement, ou d'une convention. l'H. légale a lieu : 1» au profit des femmes mariées, sur les biens de leur mari ; 2^ au profit des mineurs et interdits, sur les biens de leur tuteur ; ô" au profit de l'Etat, des communes et des établissements publics, sur les biens des comptables. L H ■ judiciaire résulte, non seulemeul des

jugements, en faveur de celui qui les a obtenus, mais encore des actes sous seing privé, quand la reconnaissance ou la vérification des signatures apposées à ces actes a été faite en justice. L'H. conventionnelle ne peut être consentie que par ceux qui ont capacité d'aliéner, et seulement par acte devant notaire français. — En outre, l'hypothèque est générale ou spéciale, selon qu'elle s'étend sur tous les biens du débiteur ou sur une partie seulement de ces biens. Toute hypothèque légale est générale. L'hypothèque conventionnelle doit être spéciale, c.-à-d. déterminer la nature et la situation des immeubles hypothéqués ; l'hypothèque générale conventionnelle est prohibée, ainsi que toute hypothèque sur biens à venir, à moins d'insuffisance du gage. — Toute hypothèque est indivisible, c.-à-d. qu'elle subsiste en entier sur tous les immeubles affectés, sur chacun et sur chaque portion de ces immeubles ; en outre, elle les suit dans quelques mains qu'ils passent. — L'hypothèque doit être déclarée et inscrite au bureau de la conservation des hypothèques (c'est ce qu'on nomme inscription hypothécaire) ; autrement elle est à l'égard des biens comme si elle n'existait pas. Néanmoins l'hypothèque légale des femmes mariées, mineure et interdits a son effet lors même qu'elle n'est pas inscrite. Le rang des hvpothèques est lixé par la date de leur inscri|>tion, et c'est d'après cette date qu'on établit le rang de chaque créancier dans les ordres, c.-à-tl. dans la répartition du prix de l'inuneuble. Les inscriptions doivent être renouvelées tous les dix ans. — Les hypothèques s'éteignent : 1° par l'extinction de l'obligation principale, 2^ par la renonciation du créancier à l'hypothèque, ô" jiar 1 accomplissement des formalités prescrites aux délenteurs ou acquéreurs four purger les J3iens par eux acquis .l'oypurge), 4" par la prescription. — Tout ce qui concerne les hvpotbèques a été réglé par le Code civil (articles 2992-95). fou. conservateur et transcription.

L'origine des hypothèques remonte aux temps les plus reculés :chez les Grecs, qui créèrent le mol, on indiquait par dos colonnes surmontées d'inscriptions les biens hypothéqués. Cet usage fut aussi pratiqué à Rome dans les premiers temps. Pendant longtemps, en France, l'hypothèque était occulte ; el dès loi-s il n'y avait aucune garantie contre la mauvaise foi : un créancier se trouvait primé i)ar des hvpothèques dont il n'avait pu soupçonner l'existence. Henri III en 1581, Henri IV en 1606, Louis XIV en lO'ô. tentèrent de donner aux hypothèques le degré de publicité nécessaire pour la sûreté des contractants ; mais ces projets, sans cesse traversés par les courtisans endettés, ne furent pas exécutés. Enfin la publicité parut avec la loi du 1 1 brumaire an vu ; c'est une des conquêtes de notre Révolution. Le Code civil consacra ce principe, et donna aux hypothèques une législation qui, depuis, a été adoptée par la"^ plupart des peuples de l'Europe, bien qu'elle laisse encore à désirer. Toutefois le décret du 28 février 1852,

3ui a créé les institutions du crédit foncier, a déjà inlrouit dans une partie du régime hypothécaire, notamment en ce qui concerne les propriétés rurales, d'importante» améliorations, telles que le transport des obligations et l'expropriation des biens hypothéqués, et la loi du23niars 1855 sur la transcription a réalisé d'autres améliorations non moins urgentes dans le régime hypothécaire. Auj. (juin 1892, la réforme du régime hypothécaire est à i ordre du jour. La commission extra-parlemontaire du cadastre, chargée de préparer celte réforme, demande entre autres choses : 1° la suppression de l'hypothèque judiciaire : 2° la transformation de l'hypothèque légale, qui devrait dans tous les cas être inscfile et ne porterait plus que sur certains des biens du débiteur.

Consulter les traités des hypothèques de Troplong. Laurent, Aubry et Rau, Colmet de Sanlerre. Thézard, etc.

hypothèque. Ce mol a désigné une comiwsilion que l'on buvait après le repas comme digestif : celait de reau-<levie assaisonnée avec des cerises, des framboises, du clou de girofle, de la cannelle et du sucre. On disait boire de l'hypothèque, prendre de l'hypothèque, parce que cette boisson était considérée conune prantissant la sanlé, de même que les hypothèques garantissent les créances.

HYPOTHÈSE ";du gr. ùrMsT.ti, supposition). Dans les sciences physiques, on fait imc hypothèse quand, pour rendre raison d'un phénomène, on admet provisoirement une cause ou une loi dont on n'est pas encore en étal de prouver l'existence : p. ex., rhvpotlièse des ondulations pour expliquer les phénomènes de la lumière. Toute in-

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