‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 788 sur 1729 · ÏAMBE · texte numérisé non relu

ÏAMBE

duclion, louto analogie qui ne s'élève pas au-dessus d'une simple i)rol)iil)ililé conslilue une hypoUièsc. — 4° Pour inventer une liypotlièse, il faut d'afiord examiner toutes les circonstances du l'ait à expliquer : c'est alors que jaillit, dans l'iniaffinalion, l'idée d'une explication possible de ce fait: cette idée est l'hypothèse. 2° Pour la vérifier, on considère si elle explique toutes les circonstances du fait pour lequel on l'a imaginée, ou bien on en déiluil les conséquences, et l'on cherche si elles sont conformes aux observations et aux expériences indiquées par le raisonnement : p. ex., riiypothèse des lois delà gravitation est admise aujourd'hui comme une vérité scientifique, parce qu'elle e.x- |)lique les mouvements des i)lanètes. C'est ainsi que l'emploi de ce procédé a conduit à de grandes découvertes Copemic, Kepler, Galilée, Descartes, Huygens, Leibniz, Newton, Cuvier, etc. Cet emploi est donc légitime dans la science, à condition qu'on s'astreigne à vérifier soigneusement toutes les hypothèses, qu'on ne veuille pas faire prévaloir à tout prix oes hyjwthèses préconçues, et qu'on soit {>rêt, au contraire, à les abandonner dès que les faits ne es conlirment plus. Voy. Tyndall, De l'imagination dans la science: Claude Bernard, Introduction à la médecine expérimentale ; K. IS'aville, Logique de l'hypothèse.

Voy. ANALOGIE, IXDICTIOX, MÉTHODE.

Ln Mathématiques, dans le courant d'une démonstration, on entend par hypothèses l'ensemble des suppositions faites au début, le plus souvent dans l'énoncé même du théorème que l'on démontre.

HYPOTYPOSE (du gr. ÛTroTÛirwaiç), figure de Rliétoriq^ue, qui peint les choses dont on parle avec des couleurs SI vives qu'on croit les voir de ses propres yeux. En voici entre autres un exemple emprunte à Racine [Andromaque, III, 8) :

Figure-toi Pyrrhus, les yeux étincelants.

Hypotyposes pyrrhoniennes, titre d'un livre célèbre du philosophe grec Sextus Empiricus : ce livre contient une savante exposition des doctrines du scepticisme grec et des systèmes qu'il attaque.

HYPOXYLON (du gr. ûrô, sous, et ^ûî^ov, bois), genre de Champignons Ascomycètes pyrénomyeèles, rigides, noirs et couverts d'une légère poussière, qui se développent sous l'écorce des arbres morts.

HYPSOIVIÈTRE (du gr. •j4'0<;, hauteur, et [léxpov, mesure), thermomètre à l'aide auquel on peut mesurer {'altitude ou hauteur d'un lieu, en déterminant la température d'ébullition de l'eau, laquelle est en rapport avec la pression atmosphérique, et par suite avec lallilude. Cet appareil, dû à Regnault, n'est plus guère en usage.

HYRAX, nom latin scientifique du genre Daman [Voy. ce mot), a formé le mot ^j/racic?és, petite famille de Mammifères de l'ordre des Jumentés, dont le Daman est le type.

HYSON ou iivssoN, sorte de thé. Voy. thé.

HYSSOPE ou HTSOPE (du gr. CaffWTtOî ; de l'hébreu ezob), Hyssopus, genre de la famille des Labiées, renferme des sous-arbrisseaux à feuilles ojiposées, sessiles ; à pédoncules axillaires, multiflores et à fleurs blanches, rouges, purpurines ou bleues, toutes odoriférantes. L'espèce principale est l'H. officinale, dont les sommités fleuries sont employées en médecine comme stomachiques et pectorales. On en tire une eau distillée et une huile essentielle. L'hyssope sert encore à faire des bordures dans les jardins. — Dans la Bible, Vhyssope est opposée au cèdre du Liban comme étant la plus petite des plantes; mais elle y est si vaguement désignée qu'on ne saurait aujourd'hui la rapporter à un genre quelconque.

Hyssope des Garigues. Voy. hélianthème.

HYSTERIE (du gr. uaxÉpa). C'est une névrose commune aux 2 sexes, mais beaucoup plus fréquente chez la femme. L'hystérie comprend 2 grandes formes : 1'//. convulsive et \'H. non convulsive. 1° L'//. convulsive, suivant l'intensité <le l'attaque, offre 2 variétés : la Grande et la Petite Hystérie. Dans la Petite Hystérie, l'attaque commence par une aura, une sensation de boule qui monte de la poitrine au cou et amène de la suffocation. Il y a des mouvements convulsifs sans perte absolue de connaissance, en même temps des cris, des vociférations et une congestion vive de la face. D'abondantes larmes et une détente générale annoncent la fin de l'accès. La Grande Hystérie commence par une attaque épilepliforme [Voy. épilepsie), puis se termine comme la petite hystérie. Les attaques peuvent se répéter plusieurs fois par jour et pendant plusieurs semaines. — 2" VH. non convulsive offre des manifestations variables, du côté de la sensibilité générale et spéciale, du mouvement et des différents appareils. Ce sont des paralysies, des contractures, des atrophies musculaires, des aneslhésies. Les hystériques offrent des dispositions psychiques particulières qui les rendent propres à la suggestion et à l'hypnotisme. Une toux sèche, de la dyspepsie, du dégoût des aliments, sont encore des symptômes appartenant à l'hystérie non convulsive.

L'hérédité, les émotions morales vives (jalousie, amour contrarié), l'imitation, la chlorose, sont les causes les plu» fréquentes. La puissance de l'imitation, la contagion ner' veuse, comme on dit, a pu créer de véritables épidémies, comme celles des convulsionnaires de St-Médard et de? Ursulines de Loudun.

Le traitement, chez les enfants prédisposés, doit être d'abord l'éducation à la campagne, les exercices un peu rudes et au grand air. Une fois l'hystérie établie, c'est par l'hydrothérapie, les voyages, l'électricité, etc., qu'on traite la maladie.

HYSTRIX (du gr. yjxpi?), nom latin scientifique du Porc-Epic [Voy. ce mot), a formé les mots Hyslriciens et Hystricidés, tribu et famille de Mammifères, de l'ordre des Rongeurs, dont le Porc-Epic est le type.

I, la 3° de nos voyelles, et la 9° lettre des alphabets grec, latin, français, anglais, russe, etc. L'i fait souvent fonction de consonne dans les livres et les manuscrits un peu anciens; dans ce cas, il s'écrit j, comme dans yi(s [Voy. J). — Employé comme signe abréviatif, I, dans le latin, se prend parfois pour imperator; V. I., pour vir illustris; 1. D., pour inferis diis; I. Q., pour ^wre Quiritium; ICtls, ^out jure consultus; I. 0. M., pour Jovi optimo maxinio; INRI, pour Jésus Nazarenus, rex Judœorum

additionne (Yl = 6) ; placé devant, il s'en retranche (IY=:4)'. Chez les Grecs, i' vaut 10; / 10000. — Dans la théorie du syllogisme, I désignait une proposition affirmative particuuère. — Sur les monnaies, I indiquait la fabrique de Limoges. — En Chimie, I ou lo désigne l'iode : In, Vindium ; Ir, 1 iridium.

ïambe, ÏAMBiQCE (vers). Dans la poésie ancienne, l'ïambe est un pied de vers composé d'une brève et d'une longue. Horace [Art pocl., v. 251) le définit ainsi :

Syllaba longa brevi subjecla vocatur iambus.

On appelle vers ïambique tout vers où l'ïambe domine. Chez Arcbiloquc, qui passe pour être l'inventeur de l'ïambe, et chez Simonide. le vers ïambique est presque toujours pur, c.-à-d. uniquement composé d'iambes; dans la suite on toléra le spondée aux pieds impairs; enfin on substitua à l'ïambe et au spondée des équivalents, par exemple on mit le tribraque à la place de l'ïambe; l'anai peste, le dactyle ou le procéleusniatique, à la place dit spondée. Le vers ïambique se scande par mètres de deux pieds.

On compte 5 espèces principales de vers ïambiques: 1» L' ïambique pur [trimèt7-e), composé de trois mètres ou six pieds, tous ïambes :

Suis et îp I sa Rômâ vi | rîbûs rùït.

2" L'I. tragique ou libre [trimètre), dont les pieds impairs tolèrent ou exigent le spondée ou un équivalent, le dernier mot étant toujours de deux syllabes :

Quîcûmquè ré | gnô fïdït, et | mâgnS pôlêus. Dôraïnâtùr aii | là nêc levés | mélûît dèôs

3° L'I. dimètre, de deux mètres seulement, les pieds

lAMBOGRAPHES

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