IMMORTELLE
IMPERFORATION
IMMORTELLE (du lat. immortalis), nom vulgaire appliqué à plusieurs espèces de plantes, à cause de la durée de leurs fleurs. Les espèces qu'il désigne le plus souvent appartiennent toutes à la famille des Composées ; les principales soni : 17. jaune ou llélichryse d'Orient (Gnaphalium orientale), qui croît dans l'île de Candie et le nord de l'Afrique; 1'/. citrine [G. slœchas) des îles d'Hyèrcs : les fleurs de ces deux espèces, formées d'écaillés imbriquées, inflexibles et sèches, de couleur jaune ou blanche, servent à tresser des couronnes funéraires; le Xeranthermim annuum, plante herbacée, à feuilles lancéolées, blanchâtres en dessous; à capitules simples ou doubles, d'une coujeur bleue, violette ou gris de lin, qui persiste longtemps après que la fleur a été détachée de sa tige ; \'l. violette {Voy. gomphrène), etc. — D'autres espèces plus
S élites et qu on rencontre aux environs de Paris ont été étachées du genre Gnaphalium pour former les genres Filage et Antennaire.
IMMUNITÉ (du lat. immunitas). On entend par immunité l'exemption de certaines charges, la jouissance de certains droits attribués à des personnes ou à des lieux privilégiés. En Egypte, la caste des prêtres était exempte de toute espèce d impôts ; en Grèce, certains lieux consacrés aux dieux, l'Elidc, le territoire de Delphes, l'île de Délos, etc., étaient affranchis de toutes charges; il en était de même à Rome, pour les terres dites quiritaires ; certaines fonctions donnaient également droit à des immunités. Après les grandes invasions, les immunités en se multipliant furent une des causes de l'établissement de la féodalité. Au moyen âge, la noblesse, le clergé, la magistrature, l'Université, les corporations, avaient leurs franchises particulières : exemption de taille, de corvées, de certains impôts, dispense de service militaire ou d'héber-
Îjement féodal, privilège de juridiction, etc. La Révolution it disparaître les privilèges et les immunités, et rendit tous les citoyens égaux devant la loi. Il n'y a plus guère, aujourd'hui, que les ambassadeurs et les agents diplomatiques qui jouissent, grâce à leur caractère, de certaines immunités, telles que X inviolabilité, le droit d'asile, \ exterritorialité.
Immunité se dit encore de l'état naturel ou acquis, qui fait que certaines personnes ou certains animaux se trouvent à 1 abri des maladies contagieuses régnantes. L'immunité naturelle est très rare; l'immunité acquise résulte soit d'une première atteinte de la maladie, soit de vaccinations préventives pratiquées préalablement. Autrefois on ne donnait l'immunité que contre la variole humaine, par la vaccination jennérienne; auj., grâce aux travaux de l'école Pasteur, on donne aux animaux l'immunité contre le charbon, la rage, le rouget du porc, le choléra des volailles, etc. ; à l'homme, l'immunité contre la rage, la diphtérie.
IMMUTABILITÉ (du lat. imjmitabilitas], attribut de Dieu qui, étant parfait, ne peut rien acquérir : « Il faut présupposer que l'Être qui est par lui-même renferme en soi la plénitude ou la totalité de l'être. » (Fénelon, Exist. de Dieu, 2" p., ch. 5). C'est nier la perfection de Dieu que de supposer en lui un éternel devenir, c.-à-d. une évolution semblable à celle du monde, comme l'a fait Hegel, etc.
Voy. ÉTERNITÉ.
En Droit, le principe de l'immutabilité des conventions matrimoniales est celui qui veut qu'il ne soit fait, au cours du mariage, aucune dérogation au contrat qui a précédé la célébration de l'union. Par suite, la dot ne peut être ni augmentée ni diminuée, sauf jwur les causes prévues au contrat ; les pouvoirs du mari sur les biens apportés par la femme ne sauraient être modifiés, etc. Ce principe ne fait pas obstacle cependant à ce que la séparation de biens soit prononcée par la justice au cas où la dot de la femme serait en péril.
IMPAIR (du lat. impar), se dit, en Arithmétique, de tout nombre entier qui ne peut pas être divisé exactement par 2. — Les anciens croyaient que le nombre impair, surtout le nombre trois, était agréable à la Divinité : numéro Dcus impare gaudet.
IMPALUpiSME (de in, en, et de palus, marais), nom donné aux infections contractées dans les régions marécageuses. L'impaludisme sévit presque exclusivement dans les régions chaudes et humides, où les fermentations organiques sont actives : en Italie, en Tunisie, au Sénégal, au Congo, au Tonkin, etc. Il s'attaque aussi bien à l'homme qu'aux animaux non acclimatés, et se manifeste sous forme de
fièvres pernicieuses ou intermittentes. Ses elfets se perpétuent pendant des années. Les germes de l'impaludisme de l'homme, découverts dans ces dernières années par Laveran, se développent aux dépens des éléments figurés du sang. Voy. fièvre paixstre.
IMPANATION (du lat. in, dans, etpaHw» pain). Les Luthériens croient que la substance du pain n'est |)as détruite dans la consécration de l'hostie, et que le corps de Jésus-Christ s'y trouve mêlé avec le pain même : c'est ce qu'ils appellent aussi consubstantiation ( Voy. ce mot). Cette doctrine est condamnée par l'Eglise catholique.
IMPARFAIT (du lat. inqyerfectus). C'est, en Grammaire, le temps du verbe qui rapporte le fait exprimé à une époque passée, mais en l'indiquant comme présent relativement à un autre fait, qui est également passé. Tantôt cet autre fait est exprimé, ex. : Lorsque j'entrai, elle chantait; tantôt il est sous-entendu, comme lorsqu'il s'agit des qualités habituelles d'une personne qui n'est plus, ex. : Il était bon, généreux (s.-ent., de son vivant). — On appelle aussi l'imparfait passé simultané.
IMPARI-PENNÉ (du lat. impar, impair, et penna, plume), se dit, en Botanique, d'une feuille pennée dont le pétiole est terminé à son extrémité par une seule foliole. Telles sont les feuilles de la rose, du frêne, du jasmin, du robinier, etc.
IMPARISYLLABIQUE (du lat. impar et de syllabe], se dit, en Grammaire latine et grecque, des noms qui ont aux cas obliques du singulier une syllabe de plus qu'au nominatif.
IMPATIENS, nom latin botaniq. de la Balsamine.
IMPÉNÉTRABILITÉ (du lat. impenetrabilis), propriété en vertu de laquelle deux corps ne peuvent occuper en même temps le même lieu de l'espace. Cette propriété est essentielle à la matière, comme l'étendue. Cependant il se trouve des circonstances où deux corps semblent se pénétrer; ainsi, i vol. d'eau et 1 vol. d'alcool étant niélangés, le volume du mélange est moindre que la somme des volumes mélangés; 1 vol. d'azote et 3 vol. d'hydrogène donnent 2 vol. d'ammoniaque. Cette pénétration apparente s'explique par la présence d'intervalles plus ou moins grands que les corps laissent toujours entre leurs parties [Voy. porosité).
IMPENSES (du lat. impensa), se dit, en Droit, des dépenses qu'on fait pour entretenir, pour améliorer un bien qui appartient à autrui ou qui ne nous appartient qu'en partie [Voy. dépenses). Il est de droit de rembourser les impenses nécessaires et utiles; celles de pur agrément restent à la charge de celui qui les a faites (C. civ., art. 861, 1634, etc.).
IMPÉRATIF (du lat. imperativus). C'est, en Grammaire, le mode du verbe que l'on emploie pour commander ; on s'en sert aussi pour exhorter, conseiller, prier. En français, l'impératif n'a qu'un temps, le présent; en latin, il a deux formes, une pour le présent, ama, et une pour le futur, amato; en grec, l'impératif a, outre le présent, des formes particulières pour l'aoriste et le parfait. Dans aucune langue, l'impératif n'a de 1" personne. — On substitue souvent à l'impératif le subjonctif ou l'infinitif, ou bien on le remplace par le futur ou le conditionnel.
Impératif catégorique. Impératif pratique, noms sous lesquels Kant désigne la loi morale. Voy. devoir.
IMPÉRATOIRE, Imperatoria, genre de la famille des Ombellifères, tribu des Peucédanées, renferme des herbes à racines vivaces, à fleurs petites, assez semblables à celles du persil et de la carotte, à parasol sans involucre, mais munies d'involucelles formées d'un petit nombre de lolioles. L'espèce type est 1'/. commune (/. ostrulhium], à fleurs blanches, dont la racine contient un suc laileux, acre, d'une odeur aromatique particulière, et une huile essentielle excitante, préconisée autrefois contre la fièvre muqueuse, le cancer et le delirium tremens : on ne l'emploie plus que dans la médecine vétérinaire. Elle croît naturellement dans les Ixiis montucux.
IMPERFORATION (du lat. in, négatif, ci perforare, percer), ou Atrésie, vice de conformation qui consiste en ce qu une ouverture naturelle, un canal, par exemple la bouche, l'anus, etc., qui devrait être libre et communiquer avec l'extérieur, se trouve fermée et sans issue. La chirurgie parvient quelquefois à remédier à ce vice de conformation {Voy. anus). — Il ne faut pas confondre Y imperforation, qui est congénitale, avec \ oblitération [Voy. ce mot), qui est accidentelle.