‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 798 sur 1729 · IMPRÉCATION · texte numérisé non relu

IMPRÉCATION

IMPÉRIALE, monnaie d'or de l'empire russe qui valait 40 roubles. Auj. on ne frappe plus que des demi-impériales valant à" roubles \%) fr. 66).

IMPÉRIALE (JEC DE l'), jeu de cai'les, ainsi nommé, dit-on, de l'empereur Charles-Quint, qui le mit en vogue. Ce jeu, analogue au piquet et à la triomphe, se joue à deux. On marque iine impériale soit quand on a dans son jeu 4 as, 4 rois, 4 dames, 4 valets, 4 sept ou les 4 cartes supérieures d'une même couleur, soit quand on a gagné six points, un à un, en faisant autant de levées successives. La partie est gagnée par celui qui a fait le plus tôt cinq impériales, c.-à-d. autant de fois six points. Il y a toujours un atout : si l'on joue à deux, c'est la couleur de la relourne. Avant de jeter les cartes, chacun annonce son plus haut point en une couleur, et ce plus haut point vaut un point au joueur supérieur en cartes. A chaque carte jetée, l'adversaire doit fournir; sinon, il doit couper. Celui qui prend un honneur (une des 4 cartes supérieures d'atout ou leur sept) avec un honneur supérieur, marque deux. A la fin de la partie, on décompte les levées, et l'on marque autant de points qu'on a de levées au-dessus de 6; enfin, quand un des joueurs a une impériale, l'adversaire perd tout ce qu'il a de points ne faisant pas une impériale entière : c'est ce qu'on appelle descendre ou débadiner.

IMPÉRIALE ou COURONNE IMPÉRIALE, plante du gcurc FritHlaire [Voy. ce mot) ; — variété de Prune longue et grosse.

Voy. PRUNIER.

IMPERMÉABLE (du lat. impermeabilis\ se dit, en Physique, des substances qui ne se laissent point traverser par certains fluides, notamment par les liquides : ainsi, le verre, la terre glaise, la cire, le caoutchouc, la guttapercha, etc., sont imperméables à l'eau. — L'industrie fabrique, pour les différents usages de l'économie domestique, (les (issus imperméables. Voy. tissus.

IMPERSONNEL (du lat. impersonalis], se dit, en Grammaire, de certains verbes défectueux qui ne se conjuguent dans tous leurs temps qu'à la 3° personne du singulier, comme il faut, il jjleut, il neige, il tonne, etc. Ces verbes sont ainsi nommés parce qu'ils ne se rapportent à aucune personne, et que le sujet reste indéterminé. On les a aussi appelés iinipersonnels, parce qu'ils n'ont jamais qu'une seule personne. Certains verbes passifs, neutres, pronominaux, deviennent impersonnels lorsque le pronom il ne tient la place d'aucun nom, comme dans ces phrases: Il a été ordonné que..., il est survenu des événements, etc.

IMPÉTIGO. Ce mot, qui en latin signifie (/«j'/re, et dont la signification a souvent varié, désigne aujourd'hui une affection cutanée, caractérisée par l'éruption de petites pustules, discrètes ou agglomérées, qui, en se desséchant, forment des croûtes épaisses d'un jaune clair. L'impétigo occupe de préférence la face, surtout les joues, ainsi que le cuir chevelu. On en distingue plusieurs variétés, parmi lesquelles on range les croûtes de lait ou gourme des enfants. \j'i7npctigo granulé est l'éruption du cuir chevelu causée par des poux. Lorsque l'affection est bénigne, dans la gourme par exemple, le traitement se borne à des soins de propreté , bains , lotions adoucissantes et légèrement antiseptiques, comme les lotions boriquées.

IMPÉTRANT (du lat. impetrare, obtenir), terme employé dans les Administrations pour désigner celui qui a obtenu un titre, un diplôme, une charge, etc.

IMPEY. ou Oiseau d'or. Voy. lophophore.

IMPONDÉRABLES (fluides). Voy. fluides.

IMPORTATION [d'importer]. Voy. exportation, com.merce, DOUANES, bhkvet.

IMPOSITION (du lat. impositio). En termes de Finances, ce mot est synonyme d'impôts ou contributions. Voy. ces mots.

En Typographie, c'est la disposition des pages dans une forme, disposition qui doit être telle, que, la feuille étant imprimée et pliée, toutes les pages se trouvent dans l'ordre indispensable pour être lues à la suite : ce travail est confié au metteur en pages.

Imnosition des îtiains, cérémonie en usage surtout chez les Juifs et les Chrétiens. Ciiez les premiers, c'était «n lui tenant les mains étendues sur la tête qu'un père bénissait son enfant, qu'un prêtre appelait sur la tête d une personne la protection du ciel ; qu'on ordonnait un lévite ou un magistrat. Chez les Chrétiens, plusieurs sacrements, tels que la coiilirmation et l'ordination , se confèrent par l'im-

position des mains. De celte pratique est résultée cette croyance superstitieuse, que certaines personnes ont le don de guérir les maladies par la seule imposition des mains. Les rois de France avaient le privilège de guérir ainsi les écrouelles.

IMPOSTE (du lat. impositus, mis dessus). En Architecture, on nomme ainsi l'assise qui couronne le jambage ou pied-droit d'une arcade, et sur laquelle pose la première pierre qui commence à former le cintre de l'arcade. L'imposte est ordinairement marquée par une moulure dont Ib profil est conforme à l'ordre auquel appartient l'arcade dont elle fait partie. — On donne encore le nom d'imposte à la menuiserie fixe qui surmonte la partie mobile d'une porte ou d'une croisée, et qui en diminue la hauteur. L'imposte est pleine ou à jour; quand elle est à jour, on nomme imposte le châssis vitré qui la remplit.

IMPÔTS (du lat. imposita], sommes que payent les citoyens pour subvenir aux charges publiques. On les nomme aussi contributions. — Avant 1789 il n'y avait en France rien de régulier ni pour l'assiette, ni pour la perception des impôts. La noblesse et le clergé jouissaient d'exemptions nombreuses au détriment du paysan et du roturier ( Voy. taille, corvée, gabelle, décime, dons gra- tuits, etc.1. Aujourd'hui tout le monde en France est soumis à 1 impôt sans distinction. Une partie des contributions portent sur les biens et sur les personnes (/. directs) ; les autres sont prises sur les transactions, les objets de commerce ou de consommation, etc. (/. indirects). Parmi les impôts directs se rangent : 1° VI. foncier, qui se perçoit sur les propriétés immobilières bâties ou non bâties, proportionnellement et à raison de leur revenu net imposable : l'assiette et la répartition de cet impôt sont établies d'après le cadastre [Voy. ce mot) ; 2" 1 7. personnel et mob'ilier, qui se compose de deux impôts distincts que la loi du 21 avril 1832 a réunis : 1'/. personnel, consistant dans le payement d'une somme égale à la valeur moyenne de 5 journées de travail, et qui n'est dii que dans la commune où réside le contribuable, et 1'/. mobilier, proportionné à la valeur locative de l'habitation et dû sur toute habitation meublée appartenant au contribuable dans quelque commune qu'elle soit située : l'impôt personnel et mobilier est dû par tout habitant. Français ou étranger, domicilié dans la commune depuis un an, jouissant de ses droits et non déclaré indigent par le conseil municipal ; 3" 1'/. des portes et fenêtres ; 4" 1'/. des patentes, etc. {Voy. ces mots). Pour les impôts indirects, voy. contrido- TioNs. — Pour ce qui concerne le mode de recouvrement des impôts, voy. perception et budget.

Des opinions fort diverses sont professées par les Economistes sur la meilleure manière d'asseoir les impôts. Les uns veulent un impôt unique, qu'ils font peser soit sur la terre seulement, comme Quesnay et les Physiocrates, soit sur le revenu total de chaque citoyen, comme Vincometax des Anglais; les autres veulent qu'il y ait autant de sortes d'impôts qu'il y a de sortes de valeurs, et que toutes les valeurs soient atteintes : c'est à peu près ce qui a lieu eu France et c'est qui semble le plus rationnel. En outre, l'impôt doit être, selon les uns, purement proportionnel, c.-à-d. de tant pour cent, quelle que soit la fortune de l'imiwsé ; selon les autres, progressif, chacun payant une portion de ses revenus d'autant plus forte qu il est plus riche, c.-à-d., p. ex., un dixième sur mille francs (soit 100 fr.), un cinquième sur dix mille francs (soit 2 000 fr.), et ainsi de suite. Quoique l'impôt progressif semble à cei'tains égards plus conforme à l'équité, il a le tort de décourager le travail et l'économie ; il offre d'ailleurs dans la pratique des inconvénients qui, malgré des tentatives réitérées, ont jusqu'ici empêché de l'admettre. Cependant il est applique en France, dans une mesure modérée, à l'impôt personnel et mobilier. — Voy. sur ce sujet : Em. de Girardin, l'Impôt (1851) ; Pariou, Histoire des Impôts (1856) ; Clamageran, Ilist. de l'impôt en France (1876); Leroy-Beaulieu, la Science des finances (1888); Emile Worms, Exposé élémentaire et critique de la science des finances (1891).

IMPRÉCATION (du lat. imprecatio), malédiction prononcée solennellement. Chez les anciens, l'usage de l'imprécation était fréquent. On connaît l'imprécation d'Elisée contre de petits enfants moqueurs, (|ue des ours vinrent soudain dévorer; le psaumtî CVIII est une imprécation terrible. IJalaam fut a|){)elé par Balac pour maudire les Juifs. Les Grecs avaient de même, aux temps héroïques, des

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