IMPRIMERIE
prêtres (lits àpT|Tf,pEî. c.-à-<l. maudisseurs; V Iliade d'Homère oITrc plusieurs exemples de ces sortes d'imprtîcatioii, notamment au 1" cliant celle de Chrysès contre Agamemnon et les Grecs. Les tragiques grecs en olfrent de même plusieurs, entre autres, chez Sophocle, celle d'O'jdipe contre le meurtrier de Laïus. Quand Alcibiade fut banni, après la mutilation «les Hermès, tous les prêtres de lAttique, sauf un, prononcèrent contre lui des nnprécations solciuielles. Macrobc nous a conservé la formule d'im|)récation par laquelle les généraux romains dévouaient à l'extermination les armées et les villes ennemies. Crassus partant contre les Parthes fut maudit par le tribun Atéius. Les chartes du moyen âge sont pleines d'imprécations contre ceux qui méconnaissent les privilèges du clergé ou lf!S donations aux couvents. Des anathèmes de l'Église appartiennent au même 'ordre de faits. Voy. akathème.
L'imprécation n'est plus qu'une figure de Rliétoriquc lorsqu'elle devient une fiction poétique : telle est, dans Virgile, l'imprécation de Didon mourante [Enéide, IV, 607- 620) ; telles sont, dans Corneille, celles de Camille [Horace, IV, 5) et de Cléopâtre [Rodogune, V. 4), et dans Uacino, celle du grand prêtre Joad [Alhalie, I, 2).
IMPRÉGNATION (du lat. imprsegnare). En Physiologie animale et végétale, c'est l'acte par lequel l'œuf ou élément femelle est fécondé. Voy. féco.ndatiox.
IWPRESCRIPTIBILITÉ. Voy. prescription.
IMPRESSION (du lat. mp-es«/o), opération par laquelle une chose appliquée sur une autre y laisse une empreinte. On <listingne 1'/. sur papier en noir ou en couleur [Voy. iMPiuMEiuK, i.niioGRAi'inE), 1'/. cu laille-doucc, VI. en céramique (To!/. porcelaine), 1'/. des papins peints, l'I. sur tissus, ÏI. par la lumière [loy. photographie, photogravure).
h' Impression en taille-douce est l'impression des gravures en creux : on obtient les copies de ces gi-avures, c.-à-d. les estampes [Voy. ce mot), en transportant sur le papier, au moyen d'une pression entre deux rouleaux de Lois dur, une "encre épaisse préalablement posée dans les creux de la planche de métal. C'est au xv* siècle que fut inventé l'art d'imprimer les estampes. Voy. gravure.
V Impression des papiers peints s'opère soit à la planche, soit à la machine. Dans le premier procédé, on se sert de planches gravées en relief sur lesquelles l'ouvrier ajjplique successivement chacune des couleurs composant le dessin. Il faut en général autant de planches que de couleurs, et elles doivent être repérées avec soin. Le travail s'opère sur la table d'impression. — On opère à la machine pour les papiers à bon marché, en imprimant à la fois les diverses couleurs du dessin au moyen de rouleaux gravés en relief et recevant chacun la couleur voulue. Ce j)rocédé donne des produits moins finis que le précédent.
L' Impression sur tissus se fait : 1° à main d'homme, sur inie table, et à peu près par les mêmes procédés que celle sur papiers peints; 2° par des machines à planches
1)lates (p. ex. la perrotine) ; 5' au moyen de rouleaux, j'impression au rouleau se fait avec un cylindre de cuivre dont la longueur est égale à la largeur du tissu qu'il s'agit d'imprimer et sur lequel les dessins à reproduire ont été gravés en creux autant de fois qu'il peut les contenir. Il reçoit la couleur d'un fournisseur, et une racle placée sur le rouleau enlève l'e.xcédent de couleur. On construit des machines imprimant jusqu'à 22 couleurs: les plus ordinaires donnent de 8 à I2 couleure. Bien desservie, cette machine peut produire en dix heures de travail 8 à 10 000 mètres d'étotfes. Les pièces d'étoffe au sortir de la machine sont séchées dans des étuves ou sur des plaques. L'impression des étoiles n'est complète que par l'opération la plus importante, qui est la fixation des couleurs. On appelle : couleurs grand teint, celles qui résistent à l'action de la lessive et de la lumière; bon teint, à l'action du savon ou l'exposition de quelques jours à l'air; faux teint celles qui ne résistent pas au savon ou sont altérées par la lumière. Beaucoup d'étoffes reçoivent des couleurs qui n'y sont pas réellement fixées. Cette fixation s'obtient par l'emploi ^\e tnord an ts qui se combinent avec la fibre même, ou de procédés chimiques ayant }X)ur but de produire des couleurs adhérentes au tissu, etc.
IMPRESSION, se dit, en Psychologie, de l'effet produit sur un de nos organes par l'action d'un objet extérieur; il se transmet par les nerfs jusqu'au centre cérébral, et à sa suite naît la sensation. L'impression est un phénomène physiologique : on en connaît les conditions par l'étude du
corps et des agents extérieurs avec lesrjuels il entre en relation. Au contraire, la sensation est un phénomènt psychologique : elle est saisie par la conscience, qui nous en révèle les caractères et les lois. — Dans le langage ordinaire, on confond souvent l'impression avec la sensation et le sentiment; c'est une métaphore qu'on doit bannir de la philosophie, pour distinguer nettement dans chaque fait complexe ce ijui appartient à l'àme et ce qui appartient au corps. I^e terme même d'impression suppose une comparaison entre l'empreinte d'un cachet sur la cire et l'action d'un objet extérieur sur notre organisme.
IMPRIMERIE ou TYTOGRAPHiE. Pi'is Strictement, ces mots désignent l'art de l'imprimeur typographe, lequel consiste à reproduire une copie quelconque avec des caractères mobiles assemblés et imprimés. Il comprend deux opérations distinctes : 1» la composition, 2° l'impression.
Pour exécuter le travail de composition, le compositeur est devant sa casse (casier divisé en 152 compartiments de dimensions inégales, contenant chacun une même sorte de lettres, de cbill'res, de signes de ponctuation, de blancs. Il tient de la main gauche son outil, le composteur, dans lequel il assemble les lettres prises successivement avec la main droite, et constitue ainsi des mots, les sépare avec des espaces, tout en suivant des yeux le manuscrit placé devant lui. Le composteur une fois rempli de lignes est vidé sur une galée. Celle-ci pleine à son t<)ur, les lignes forment un paquet rectangulaire, qu'on entoure d une ficelle et qui est déposé sur un papier épais, le portepage, pour être remis au metteur en pages. Ce dernier ouvrier fait de toutes les compositions reçues des épreuves sur placards, qui sont lues par le correcteur d'imprimerie et par l'auteur, et renvoyées par ce dernier « en bon à mettre en pages ». Le metteur en pages les impose, suivant le format voulu, dans des châssis en fer et en tire les épreuves à corriger ; une fois le bon à tirer donné par l'auteur, la composition est livrée à l'imprimeur.
Le tirage se fait au moyen de presses soit « bras, soit mécaniques. Les premières sont manœuvrées par deux ouvriers : l'un étale, à l'aide d'un rouleau, l'encre sur la forme, posée à plat sur le marbre de la presse, l'autre étend sur un tympan la feuille de j)apier blanc à imprimer, l'y fixe à l'aide de deux pointures, couvre, au moyen ii'un châssis appelé frisquette, les marges qui doivent rester blanches, puis renverse le tout sur la forme. Il fait avancer celle-ci. au moven dune manivelle, sous une plaque de fonte dite platine, et, en tournant une vis de pression à l'aide d'un barreau, qu'il tire à lui, presse fortement la feuille contre le caractère, qui y laisse son empreinte. La presse n'imprime jamais qu'un seul côté de la feuille de papier. L'usage de la presse à bras, réservée auj. pour les tirages à petit nombre, se restreint de plus en plus; \c% presses mécaniques tendent à remplacer les presses à bras, qui donnent un débit insuffisant.
On a dispute à Gutenberg la gloire d'avoir inventé l'imprimerie, vers 1450, parce qu'antérieurement on a imprimé des planches xylographiques, des images gravées sur bois, comme de tous temps on a imprimé à la main avec des reliefs dans ou sur des matières appropriées. L'invention île Gutenberg consiste dans la création des caractères mobiles en métal et dans la construction de la presse à bras. Le but des premiers imprimeurs était de donner des livres semblables aux manuscrits en usage, des fac-similés de manuscrits pour ainsi dire, reproduits mécaniquement à un nombre indéfini et dont les initiales étaient dessinées à la main, ainsi que les litres des chapitres, les rubriques, qui furent plus tard imprimées en rouge [Voy. CARACTÈRES et incunables).
Le type des caractères primitifs fut la gothique, puis l'onciale, l'italique, avant d'arriver au romain actuel. Les premières imijressions sont remarquables : comment les Bibles de 06 et de 42 lignes in-folio ont-elles pu être imprimées avec un outillage rudimentairc et un papier grossier ? Quoi qu'il en soit, l'expansion de l'imprimerie fut rapide : Gutenberg eut à Mayence pour concurrents ses anciens associés Fust et Schœlfer ; en 1470, Ulrich Gering établit l'imprimerie à Paris dans la Sorbonne, et Jean de Spire la porta à Venise. Dans celte ville, les éditions d'Aide Manuce illustrèrent ce nom dès 1490. En Angleterre, Caxton imprima son premier volume à Westminster en 1474. La dvnastie des Estienne à Paris date de 1502; celle des Plantin à Anvers, de 1554. Les EIzévirs commencent à Levde en 1610, et les Didot, à Paris en 1698.