INDUSTRIE
France fiu xix' siècle, § 9; J. Lachelicr, le Fondement de l'indurlion.
Induction défectueuse, nom donné, en Logique, à un sophisme qui a lieu quand, n'observant pas les règles indiquées ei-dessus, on érige un lait en loi par une généralisation précipitée. C'est une erreur analogue à l'énutnération imparfaite. Voy. ce mot.
i.\DUCTi0N. En Physique, c'est la production de courants électriques par l'intluence des aimants ou des conducteurs traversés par des courants. Ce genre de phénomènes a été découvert par Faraday en 1831. En voici le principe : lorsqu'un conducteur à l'état naturel est dans le voisinage d'un aimant ou d'un autre conducteur traversé par un courant voltaïque, tor.t changement qui survient dans la distance des deux systèmes, ou dans l'intensité soit de l'aimant, soit du courant, occasiomie dans le premier conducteur un courant par influence, qui dure autant de temps que le changement. La loi générale de ces phénomènes a été donnée par le physicien russe Lenz, et les rattache aux mouvements des courants mobiles étudiés par Ampère : Quand on déplace un conducteur dans le voisinage de courants ou d'aimants, il s'y produit un courant induit de sens tel qu'il s'oppose au déplacement. Une augmentation d'mtensité du courant ou de l'aimant inducteur se comporte comme un rapprochement, une diminution comme un éloignement.
Les machines magnéto-électriques [Voy. ce mot) reposent essentiellement sur l'induction produite par le mouvement.
Une manière remarquable de produire des courants d'induction, par variation d'intensité du courant inducteur, se présente dans la bobine d'induction, dite B. de Ruhmkorff idu nom de son constructeur). Le courant d'une pile
Earcourt un conducteur recouvert de soie et formant une obine intérieure : il est interrompu et rétabli à des intervalles très fréquents. Il se produit alors des courants induits dans une bobine extérieure à la première, formée d'un til très fin, dont les tours sont soigneusement isolés. Ces courants possèdent une force électromotrice suffisante pour leur permettre de produire des effets analogues à ceux de lélcctricitc des machines, c.-à-d. de fortes étincelles, capables d'illuminer les tubes de Geissler, ou d'enflammer des mines et des torpilles, ou de produire des commotions très fortes, qu'on a cherché à utiliser en médecine, etc.
INDULGENCE, remise de la peine temporelle due au péché. Voy. le Dict. d'Hist. et de Géogr.
INDULT (du lat. indultum), privilège accordé par le pape soit à une personne, soit à une communauté ou à un corps, de présenter ou de nonmier à certaines charges, à certains bénéfices, ou de faire une chose, de l'obtenir contre les dispositions ordinaires, en un mot d'être dispensé du droit commun. — On appelait : /. de compact, le privilège accordé aux cardinaux de posséder les bénéfices réguliers ou séculiers : /. du roi, le droit qu'avait le roi de nommer aux bénéfices en pays d'obédience ; /. de Messieurs du Parlement, le droit qu'avaient les membres du Parlement de requérir sur un évèché ou une abbave le premier privilège vacant, etc. — C'est par un indtàt de 1802 que le nombre de jours fériés obligatoires fut réduit à quatre pour la France.
Induit signifie encore le droit ou la taxe que le roi d'Espagne levait sur l'argent et les marchandises arrivant d'Amérique.
INDURATION (du lat. indurare], se dit, en Médecine, de l'endurcissement du tissu des organes : l'induration scléreuse est fréquemment la suite et la terminaison de l'inflammation (/. du poumon, I. de la moelle épinière, eic.]; ou bien elle constitue une maladie particulière, comme l'induration du tissu cellulaire chez les nouveau-nés. Voy. SCI.ÊRÈJIE.
INDUSIE (nu lat. indusitan, chemise), nom donné par les Botanistes à la membrane qui recouvre les fructifications situées h la face inférieure aes feuilles dans les Fougères.
INDUSTRIE du lat. industria). C'est l'ensemble des opérations par lesquelles l'homme modifie et approprie à son usage les matières premières dont il ne pourrait se servir sous leur forme naturelle. En ce sens, on oppose I industrie à \' agriculture et au commerce . Les économistes étendent ce nom ,i toutes les opérations qui concourent à la |)iodiiction des richesses. et distinguent 1 /. agricole, l'y. manufacturière, \'l. commerciale.
Historique. Llndustrie est née avec l'homme. Le jour oii
il fit sa première arme, son premier vêlement ou sa jirenaière chaussure, il fit acte d'industrie. Ce qui distingue l'industrie dans l'antiquité de l'industrie dans les temps modernes, c'est quelle a été surtout, mais non exclusivement, exercée par des esclaves. Avec cette organisation, les progrès de l'industrie ne pouvaient être et ne furent que fort lents. Il manquait aux esclaves le stimulant de 1 émulation et du gain personnel. Au moyen âge, l'industrie, presque entièrement ruinée par les invasions, mit de longues années à se relever. Les croisades et le grand mouvement des communes favorisèrent sa renaissance. Alors apparaissent ou réapparaissent les corporations, dont l'histoire est encore assez mal connue. Les corporations étaient des communautés d'arts et métiers, placées sous l'inspection et la discipline de jurés spéciaux, soumises à des règlements particuliers et rangées par confréries sous la bannière d'un saint. Les corporations eurent d'abord de bons résultats : elles défendirent les gens des métiers contre l'oppression des seigneurs ; mais elles devinrent ensuite des corps îermcs ; leurs membres composèrent une véritable aristocratie ouvTière, et le système des jurandes et maîtrises fut une véritable entrave pour l'industrie jusqu'à la fin de la monarchie française. D'une manière générale, du xi' auxvni" siècle, on peut dire que l'industrie se développa lentement dans l'Europe occiaentale. L'industrie lainière fut très florissante en Flandre jusqu'aux guerres de religion, qui la tuèrent. L'Angleterre profita des fautes de Philippe II et c'est de cette époque que date sa prospérité industrielle. La France, grâce à Colbert, eût pu lutter avec elle sur ce terrain, sans la révocation de l'édit de Nantes qui envoya à l'étranger nos meilleurs ouvTiers. Les règlements administratifs et aussi la rareté des inventions mécaniques ont longtemps paralysé les progrès de l'industrie. Mais là conune dans l'ordre politique, une révolution considérable s'est opérée depuis un siècle. L'industrie a été émancipée : ses procédés se sont améliorés; la division du travail a permis de faire mieux et plus vite. La Mécanique a multiplié et perfectionné les machines, les outils et les appareils. La Physique a conduit à l'invention des moteurs hydrauliques et des moteurs à vapeur. L'Electricité rend à 1 industrie des services qu'on n'aurait pas soupçonnés il y a trente ans. Les découvertes de la Chimie ont créé de nouvelles productions ou amélioré celles qui existaient. La rapidité et la facilité des communications ont secondé ces progrès. Les chemins de fer, les télégraphes, les téléphones accélèrent chaque jour davantage le développement industriel. Enfin, les encouragements de toute sorte ont été prodigués à l'industrie; elle est la reine des Expositions universelles, et de l'une à l'autre on suit avec étonnement sa marche ascendante (Expositions de Londres, 1851; Paris, 1855: Londres, 1862; Paris, 1867; Vienne, 1875; Paris, 1878 et 1889; Chicago, 1893).
Le premier pays industriel de l'univers est Y Angleterre. Cette supériorité de nos voisins vient surtout de l'immense
?|uantité de fer et de houille que recèle leur territoire. Il aut y ajouter les capitaux nombreux dont ils disposent, leurs innombrables navires de commerce et les débouchés qu'ils ont eu soin de s'assurer sur tous les points du glolie. La France, l'Allemagne qui a considérablement progressé depuis 1870, la Belgique viennent ensuite. Les Etatï-Unis essaient en ce moment de devenir une des plus grantles puissances industrielles du monde ; le bill Mac Kinley et autres bills prohibitifs, dirigés contre l'importation européenne, ont été des tentatives pour obtenir ce résultat.
Industrie manufacturière. C'est la plus importante de toutes : c'est V industrie propretnent dite. Elle comprend un nombre considérable de professions, qui se distinguent les unes des autres par les matières premières qu'elles mettent en œuvre, les procédés qu'elles emploient et les besoins qu'elles satisfont. On peut ou considérer la bonne qualité de leurs produits, la modicité relative de leurs prix, l'utilité qu'ils présentent, les (juafités d'ingéniosité ou de science que réclame leur exécution, ou bien le goût dont ils font preuve et les ressources aussi variées qu étendues qu'ils demandent aux beaux-arts. Dans ce dernier cas. on a affaire non plus à l'industrie ordinaire, mais aux arts industriels.
Industrie artistique ou arts industriels. On comprend sous ces deux noms tous les genres d'industrie exigeant le concours de l'artiste qui fait le dessin ou la maquette et du fabricant qui exécute le modèle : tels sont les arts qui s'appliquent à la décoration de l'habitatiou, au mobiher, aux
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