‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 828 sur 1729 · INTERDICTION · texte numérisé non relu

INTERDICTION

INTÊGROMETRE. Les intègromètres sont des instruments qui permettent d'obtenir inunédlatement les quantités longrueurs, aires, volumes), dont la détermination dépend du calcul inté^l.

INTELLIGENCE [du lat. intelligentia), faculté de connaître et lie comprendre, nommée aussi Entendement et Intellect. Elle est, avec la Sensibilité et la Volonté, l'une des trois facultés essentielles de l'âme. On l'a quelquefois confondue avec la Sensibilité ; mais il y a entre elles cette ditférence caractéristique, que l'intelligence a toujours im objet auquel elle s'applique, tandis que la sensation est un phénomène tout subjectif, c.-à-d. renfermé dans le sujet sentant. — Considérée dans ses diverses applications, 1 intelligence se subdivise en plusieurs facultés secondaires, dites facultés intellectuelles : 1' elle acquiert la connaissance des (choses par la perception externe et la conscience ; j2° elle conserve et reproduit par la mémoire les notions précédenunent acquises, puis les combine par l'imagination ; 3° elle établit des rapports entre ces mêmes notions par le jugement et le raisonnement. — En outre, l'intelligence s'exerce de deux manières, spontanément ou volontairement : c'est ainsi que l'on peut voir et regarder, entendre et écouter, etc. ; dans le second cas, u y a attention ou réflexion, si l'esprit s'applique à une seule chose : comparaison, s'il considère deux objets ensemble : abstraction, s'il étudie une qualité séparée de sa substance ; généralisation, s'il réunit en une seule idée les caractères communs à plusieurs êtres. Enfin, dans ces «liverses opérations, l'intelligence a pour instrument le langage, dont l'emploi a une grande influence sur son développement. — Consulter Platon, République; Arislote. De l'âme; Plotin, Ennéade iv (trad. de Bouillet); Dossuet, Connaissance de Dieu et de soi-même ; Locke, Essai sur l'entendement humain (avec la critique de Leibniz, Nouveaux Essais sur l'entendement humain] ; Kaiit, Critique de la raison pure ; Reid, Œuvres (avec les fragments de Royer-Collard) ; Gamier, Traité des facultés de l'âme; Herbert Spencer, Principes de psychologie, etc. Voy. IDÉES.

INTENDANCE militaire, corps chargé d'assurer dans l'année les services de, la solde, des subsistances, de l'habillement et du campement, du harnachement de la cavalerie, de marche et des transports, des lits militaires. Il est en outre chargé de l'ordonnancement des dépenses des corps de troupe et du service de santé, et de la vérification des gestions en denrées de ces services. Aux armées, les fonctionnaires de l'intendance remplissent les fonctions d'officier d'étal cinl. — Le corps de l'intendance est le plus important des services administratifs de l'armée; s'il exerce une surveillance administrative sur les corps de troupe par ex., il est lui-même soumis, en temps que service exécutant, aux vérifications qu'exerce le corps du contrôle Voy. ce mol]. — Les chefs de service cie l'intendance dans les diverses formations (armée, corps d'armée et divisions! sont placés sous les ordres directs du commandement aont ils sont les agents administratifs.

Ces attributions du service de l'intendance résultent de la loi du 16 mars 1882 et du décret du 16 janvier 1883 ; t'Ues sont un peu différentes de celles qu'avait définies 1 ordonnance de 1817 qui a créé ce service; celles-ci, plus étendues surtout en ce qui louche la surveillance administrative et le contrôle des corps de troupe, étaient nécessaires à la suite des grandes guerres de l'Empire et ont contribué à apporter l'ordre et l'économie dans l'administration de la guerre en faisant cesser les irrégularités nombreuses et même les scandales qui s'y étaient produits. Un a pu avec raison modifier ces attribu lions de manière à iunplifier l'exécution des services. Le corps de l'intendance se compose de 7 intendants généraux, 30 intendants militaires, 500 sous-intendants dont 90 de 1" classe, 100 de 1°. 110 de 3";. 50 adjoints; ces fonctionnaires sont assinilés aux grades de l'année, depuis le général de division usqu'au capitaine : ils se recrutent par concours entre les apitaines de l'armée et les officiers d'administration: nais pour une très faible proportion parmi ces derniers. iSTENDASCE PROVINCIALE. On nommait jadis intendants ie province, des magistrats avant des attributions à la fois itlministratives, judiciaires, financières et militaires. Ils ixerçaient leurs tondions dans chaque généralité et avaient ius leurs ordres des subdélégiiés. L'hôlel habile par l'inondant se nommait Yintendance. Les premiers intendants élaient pas permanents ; au xvi* siècle c'étaient des com-

missaires enquêteurs analogues aux missi dominici. PJchelieu, à partir de 1635, les établit à demeure dans b généralité. Beaucoup ont laissé en province une réputation très méritée d'excellents administrateurs. Ce sont les préfets qui les ont remplacés.

INTENTION (du lat. intentio], volonté de faire un acte (Voy. voLo.xTÉ). En Droit comme en Morale, c'est l'intention qui fait le mérite ou la culpabilité des actes, quoique, en Droit, la simple intention de nuire sans commencement d'exécution ne puisse suffire à faire condamner son auteur. — Pour les effets de l'intention en Droit, voy. DiscEB-tE-

METT et PRÉMÉDITATIOX.

iSTESTiON. En Chirurgie, on appelle réunion d'une plaie par première intention la simple a^lutination des lèvres de la plaie de manière qu'elle puisse guérir sans suppuration ; et réunion par seconde intention, celle qui ne peut s'effectuer qu'après que les surfaces ont suppuré. Avec l'antisepsie, la réunion a presque toujours lieu par première intention.

INTERCALAIRES (jours et mois), du lat. intercalaris; jours et mois ajoutés pour compléter un mois, une année.

Voy. ANNÉE et CALENDRIER.

INTERCESSION (du lat. intercessio). C'est, en Droit, l'acte de s'obliger pour autrui. Le cautionnement, \ hypothèque donnée pour la dette d'aulrui, Vexpromission [Voy. ces mots], sont des actes d'intercession. A Rome, le sénalus-consulle Velléien défendait aux femmes de s'obliger pour autrui ; il n'a pas été conservé dans le droit français.

INTERCIS (du lai. inlercisus, coupé en morceaux]. Les Romains nommaient jours intercis des jours mixtes, à moitié fastes et à moitié néfastes, dans lesquels on ne rendait la justice qu'à certaines heures.

On a donné le surnom d' Intercis à Si Jacques, martyr en Perse au v" siècle, parce qu'il fut coupé par morceaux.

INTERCOSTAL (du lat. inter, entre, etcosta, côte). On nomme : espaces intercostaux, les intervalles que les côtes laissent entre elles ; muscles intercostaux, deux couches de muscles qui remplissent ces espaces ; nerfs intercostaux, les branches antérieures des nerfs dorsaux ; artères et veines intercostales, 12 paires d'artères et de veines qui occupent cette région : les deux ou trois premières artères viennent de la sous-clavière, les autres de l'aorte thoraci-

3ue; névralgie intercostale, uae névralgie qui a son siège ans les nerfs intercostaux.

INTERCOURSE, mot anglais, formé du français entrecours, s'emploie, en termes de Commerce, pour exprimer l'ensemble des relations commerciales entre deux pays.

INTERCURRENT (du l&t.intercurretis). En Médecine, on nomme maladies intercurrentes des maladies qui se déclarent dans des saisons ou dans des lieux où elles ne se manifestent pas ordinairement ou qui surviennent dans le cours d'une autre maladie.

INTERDICTION (du lai. interdiclio). En Droit, c'est la déclaration faite en justice et par laquelle une personne esl privée de l'exercice de ses droits. II y a trois sortes d'interdictions : 1° 1'/. judiciaire, prononcée contre les personnes qui sont dans un état habituel d'imbécillité, de démence ou de fureur, même lorsque cet état présente des intervalles lucides. La demande en interdiction peut être formée par tout parent, ou par l'époux, ou, à défaut, par le

firocureur de la république, qyii en a l'obligation en cas de ureur. La demande en inleraiction esl portée au tribunal de première instance, qui statue sur l'articulation par écrit des faits qui motivent l'interdiction, après convocation et avis du conseil de famille et interrogatoire du défendeur, en chambre du conseil, mais par un jugement rendu en audience publique. L'interdit est assimUé au mineur non émancipé pour sa personne et pour ses biens : un tuteur lui est nommé, et les actes par lui faits sont nuls de droit, en ce sens qu'il importe peu qu'ils aient été passés ou non dans un intervalle lucide; il y a cependant controverse pour savoir s'il ne peut pas se marier et disposer à litre gratuit. Les effets de l'interdiction ne cessent que par la main-levée accordée par le tribunal (C. civ., art. 489-512;. On arrive à un résultat analogue à celui de l'interdiction en enfermant l'aliéné dans un établissement d'aliénés ; il perd l'exercice de ses droits ci%-ils, qui passe à un curateur (Loi du 30 juin 1838, art. 39). Autrefois le prodigue était interdit ; aujourd'hui on lui nomme seulement un conseil judiciaire (C. civ., art. 499 et 513) ; — 2» 1'/. légale, attachée par la loi aux condamnations contradictoires aux travaux forcés à temps, à la détention et à la réclusion.

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