ANTISEPTIQUES
phénique et borique à des titres rariaUcs suivant les besoins, et (liirérentes pciudres telles ([ulixtofornae, saiol. iodol, pour ne citer que les principaux agents. Le cJïlorure de zinc est un antisei)ti(iue puissant. Dautres substances sont douées, à un de}fré moindre, «le propriétés antisepli-
aucs : l'alcool, le thymol, l'essence d'eucalyptus. Le biiodurc c mercure est très employé en cbiruipe oculaire. L'eau bouillie contenant du chlorure de sodium est un Ikmi liquide aseptique peu irritant, l'oy. ci-après antiseptiques. — L'eniploi de ces diirérentes substances a <lonnc lieu à des accidents d'intoxication quelquefois mortels. Aussi doivent-elles être maniées avec les plus grandes précautions et par des mains choisies. — Quand il s'agit, au lieu d'une plaie chirurgicale, d'un foyer infecté, comme les abcès, les tumeurs ulcérées, les plaies accidentelles profondes et anfractueuses, la désinfection s'obtiendra avec des irrigations antiseptiques fortes, souvent répétées, des pulvérisations pbéniquées continues et, lorsque la région s'y prèle, par des bains antiseptiques prolonges.
Suivant les régions, l'antisepsie doit être modifiée au
I>oint de vue des agents et du mode d'emploi. Ainsi l'œil, a cavité abdominale, la bouche, le rectum, etc., réclament des moyens différents, sur lesquels nous ne pouvons insister ici, norï plus que sur les soins à donner aux femmes en couches.
ANTISEPTIQUES. Les travaux de Pasteur sur les infiniment petits ont été particulièrement féconds en applications aux sciences biologiques et médicales. Ils ont conduit à admettre que toutes les maladies infectieuses et contagieuses sont transniissibles dans des conditions spéciales, par des microbes ou des ferments qui, en pénétrant dans un organisme sain, y reproduisent une maladie identique à celle de l'organisme contaminé dont ils proviennent. L'antisepsie, dans son terme le plus général, est l'ensemble des moyens employés pour détruire ou arrêter dans leur développement les microbes pathogènes. On peut ramener ces moyens à trois principaux, savoir :
i" La vaccination par le microbe atténué {Voy. vaccination, VARIOLE, RAGE, etc.),ou par les toxines sécrétées par ce microbe [loy. toxines).
2° Les agents physiques : chaleur, froid, électricité. Ce sont plutôt des désinfectants, l'oy. désinfectants.
3" Les agents chimiques : ce sont les antiseptiques proprement dits.
A la rigueur, il faudrait, pour détruire un microbe déterminé, employer une substance agissant spécialement sur lui, c'est le cas des antiseptiques spéciaux; on procède ainsi, par ex., dans les recherches d'ordre théorique ou dans certains cas bien déterminés. Mais, dans la pratique, on peut rarement employer l'antiseptique propre à chaque microbe pathogène, soit parce qu'on ne connaît pas exactement la nature de celui-ci, soit parce que plusieurs microbes iieuvent, ce qui est le cas le plus général, coexister dans a même affection ; on emploie alors les antiseptiques généraux, qui sont presque toujours des antiseptiques
finissants, et qui, s'ils agissent avec des intensités diférentes sur tel ou tel microbe, possèdent néanmoins un pouvoir microbicide suffisant pour détruire les plus résistants.
Les antiseptiques agissent soit en anesthésiant les microbes, soit en les coagulant, soit en détruisant leurs tissus. On les emploie soit à l'état de vapeur, soit mélangés à des poudres inertes, soit dissous dans un véhicule, soit en en imprégnant un tissu quelconque (ouate, gaze, drains, éponges, etc.). Les antiseptiques doivent de préférence être solubles ; de la sorte, leur dosage est rigoureux , leur maniement facile, leurs chances d'absorption plus grandes, leur pénétration à travers les cavités et les plaies plus certaine. On les dissout dans l'eau bouillie, seule ou additionnée d'alcool ou de glycérine; ces liquides augmentent ou facilitent la solubilité de certains corps ; la glycérine a sur l'alcool l'avantage de ne pas affecter douloureusement les plaies par son contact. On les dissout quelquefois dans les huiles, l'alcool, la glycérine, les essences, la yaseline liauide. ou bien on les mélange à l'axonge, à la vaseline solide, à des poudres inertes; certains antiseptiques insolubles sont employés en nature. On les emploie tantôt seuls, tantôt associes à un ou plusieurs autres; on a remarqué que l'on peut ainsi, par diverses associations, augmenter leur pouvoir antiseptique ou microbicide, sans que la toxicité augmente dans les mêmes proportions.
On mesure le pouvoir microbicide d'un antiseptique
par diverses méthodes qui consistent, en principe, à on mesurer la (pianlité nécessaire pour empêcher un volume déterminé «l'urine, de sang ou <le bouillon renilus aseptiques de se corrompre sous l'influence d'un germe déterminé employé en culture pure. Mais c'est à condition, bien entendu, que la concentration soit inférieure à celle qui rendrait le liqwde caustique ou toxique pour l'homme : il ne faut pas oublier» en effet, que la plupart des antiseptiques, surtout ceux réservés à l'usage externe, sont des toxiques puissants, et que leur absorption, effectuée trop rapidement ou en trop grande quantité, peut donner lieu à des accidents. Pour l'usage externe on emploie des solutions très étendues, pour l'usage interne plus diluées encore, et même pour ce dernier usaçe on préfère les antiseptiques très peu solubles dans les liquides de l'économie, parce que leur action est ainsi plus prolongée et par conséquent moins dangereuse, tout en étant aussi efficace.
L étude des antiseptiques a fait faire un progrès considérable à la Chirurgie. Voy. à ce sujet antisepsie.
Voici la liste des antiseptiques les plus usités parmi ceux que l'usage a consacrés, avec leurs doses habituelles et quelques indications générales :
Acide borique. Antiseptique très employé à cause de sa faible toxicité; à l'extérieur, sous forme rie vaseline lioriquéc à 5 pour 100, ou de solution concentrée à U' à 4 ■■ pour 100, pour lotions diverses.
Alcool. Antiseptique employé rarement en nature ou coupé d'eau; sert à dissoudre certains corps jieu solubles dans l'eau.
Azotate d'argent. Employé en solutions aqueuses à l'extérieur: en oculistiquc de Of','2 à lOf^pour 100'; pour les lavages de la vessie et des voies urinaires, de 0'^^ à le' pour 100.
iJorax. A l'extérieur, en solutions aqueuses très concentrées ou mélangé à d'autres véhicules que l'eau ; antiseptique faible employé surtout pour l'antisepsie de la bouche et de la gorge.
Cade [huile de). IN" 'est employée qu'à l'extérieur, plutôt comme parasiticide que comme antiseptique, en linimcnts et pommades.
Camjihre. Employé en poudre, ou sous forme d'alcool camphré, d'eau-de-vie, pommade, huile, émulsion camphrées. Dose maxima à l'intérieur : l*"^ à 2^' par jour. Antiseptique faible.
Charbon végétal. Employé en nature soit à l'extérieur pour le pansement des plaies fétides ou suppurantes, soit à l'intérieur comme antiseptique intestinal; doit ses propriétés à son pouvoir absorbant considérable.
Chloral. Solution aqueuse, de l^"^ à 2»'' pour 100, pour lavages, gargarismes, injections.
Chlorure tnercuriqueou bichlorurede mercure (sublimé corrosif). Antiseptique général puissant, est trè&employé. La liqueur de A'an Swicten est une dissolution de chlorure mercurique à 1^"^ par litre, qu'on emploie pure ou coupée de son volume d'eau bouillie pour les lavages les plus divers. Le bain de sublimé est composé de 15 grammes de sublimé rendu plus soluble à la faveur de 15 grammes de chlorhydrate d'ammoniaque.
Chlorure de zinc. Employé pour .le lavage des mains, des objets de pansement, en solution à l^" pour 100, et pour des lotions en solution à 0«'',1 pour 100.
Citron (jus de). Le jus de citron récent sert à combattre les affections scorbutiques et les accidents diphléritiques de la bouche et de la gorge.
Créosote. Est administrée à l'intérieur, à la dose de l*' à 2*'^ par jour, à l'extérieur en inhalations; c'est un antiseptique des voies respiratoires; il est employé également contre la carie dentaire.
Eïicalyptol. La solution hydro-alcoolique à 5 pour 100 sert à faire des inlialations, «ians l'antisepsie des voies respiratoires.
Glycérine. Sert, dans les pansements, à remplacer l'alcool, dont l'application est douloureuse.
Hypochlorite de soude. Peu étendu d'eau pour le lavage des plaies fétides, et en nature pour le lavage des vases.
Iode. Employé sous forme de vapeurs en fumigations,
d'eau iodée à ■ ' , ou de teinture d'iode à --z étendue
t 000 li
d'eau et additionnée d'iodure de potassium pour maintenir l'iode en dissolution.
lodoforme. Est administré à l'intérieur à la dose de 0?%0o à Oe%20 par jour; est employé à l'extérieur en na-