‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 839 sur 1729 · IVRAIE · texte numérisé non relu

IVRAIE

continue à briller du plus vif éclat à côté de la musique sacrée et de la cantate, à laquelle le madrigal a fait place avec Allegri, I,otli, Stradella, etc., et enfin Scarlatti. A leur suite, buranti, Benedetto Marcello, célèbre surtout par ses messes et par ses oratorios, Porpora, créateur d'une fameuse école de client où se formèrent tous les grands artistes de l'époque, enfin Pergolèse, Jomelli, Piccinni, Saccbini, Paesiello et Cimarosa nous mènent jusqu'à la fin du xvni" siècle. A partir de cette époque, en dépit des noms de Spontini, Paér, Carafa et Cherubini, qui continuent la tradition du siècle précédent, l'art italien semble traverser une crise, jusqu'au jour où Rossini vient lui donner un nouvel essor : il nous suffira de rappeler à ses côtés et à sa suite les noms de Donizetti, Bellini, Mercadante, enfin Verdi, qui tous jouissent d'un renom plus ou moins considérable.

ITALIENNES (langue ET littékature). La langue italienne, fille du latin et une des langues romanes (avec le français, l'espagnol, le provençal et le roumam), ne devint une langue littéraire qu'avec Dante et Pétrarque, au xni' siècle. La poésie italienne a son berceau à la cour de lernpereur Frédéric II en Sicile; elle s'inspire notamment, avec Pierre des Vignes, des troubadours provençaux, puis émigré à Bologne, dont l'Université est déjà célèbre, et atteint son apogée avec Dante qui donne à l'Italie une langue littéraire issue du dialecte florentin, avec Pétrarque qui trouve le sonnet, avec Boccace enfin, le créateur de la prose littéraire.

.\u xv« siècle on imite les sonnets de Pétrarque, on cultive, pour se venger de la domination des maîtres étrangers, le genre satirique sous la forme du burlesque et du pasquille, on fait des nouvelles à l'instar de Boccace.

Sous la protection de Laurent de Médicis et de son fils, le pape LéonX, Luigi Pulci écrit son Morgantemaggiore, Bojardo son Orlando amoroso. Le xvi« siècle est l'âge d'or de la littérature itabenne; l'Arioste écrit son poème héroï-comique Orlando furioso; Tasse sa Jérusalem délivrée. Tandis que la tragédie se développe, la comédie s'enrichit de personnages destinés à l'immortalité, tels que Pantalone, Brighella, Pulcinella, etc. Le poète Andreini fonde sa troupe nomade des Gelosi, tandis que Machiavel écrit son chef-d'œuvre : le Prince.

.\u xvu" et au xviii' siècle, époque de décadence pour les lettres italiennes, le nom le plus saillant est celui d'Alfieri, l'amer auteur de tragédies républicaines.

Au \ix' siècle il faut signaler, en prose : Manzoni, l'auteur du roman populaire, les Fiancés, en poésie, Leopardi, le chantre inspiré du pessimisme.

ITALIQUES (lettres), caractères tj-pograpbiques penchés de droite à gauche, comme l'écriture cursive. Leur nom vient de ce qu'ils ont été inventés en Italie par Aide Manuce, imprimeur vénitien: on\cs&yfe\\eA\\s%\ lettres vénitiennes.

ITÉE, Itea, genre de la famille des Saxifragées, ne renferme qu'une espèce, X'itée de Virginie, arbrisseau fort élégant, de 1 à 2 m., à tige droite, rameuse; à fleurs blanches disposées en grappes.

ITÉRATIFS (verbes). Yoy. fréquentatifs.

ITHOS (du gr. T,6o;, mœurs), expression consacrée jadis dans l'Ecole pour désigner cette partie de la Rhétorique qui traite des mœurs de l'orateur; on oppose Yithos au pathos, expression des passions. C'est en ce sens que Molière a dit [Femmes sav., III, 5) :

Ou voit partout chez vous Vithos et le pathos.

ITINÉRAIRE (du lat. itinerarius : A'iter, chemin), indication de la route à suivTe dans un voyage. \.' Itinéraire d'.\ntonin marque tous les grands chemins de l'empire romain et toutes les stations des armées romaines. — La Table itinéraire dite de Peutinger offre également les documents les plus précieux sur la géographie ancienne.

Dans les temps modernes on a donné le nom d'Itinéraires à de purs récits de voyage, comme l'Itinéraire de Paris à Jérusalem de Chateaubriand. — Les véritables |itinérairos modernes sont les Guides. Voy. ce mot. i itinéraires (mesures). Depuis l'établissement du svstème métrique, on emploie en France comme unités itinéraires le myriamètre (10000 m.), le kilomètre (i 000 m.) et i'hectomètre (lOO m.) ; sur les routes principales sont placées des bornes dites bornes milliaires ou kiloméfriques, qui en marquent la division en kilomètres et hecomètres, et donnent de plus les distances aux localités uiscipales. Auparavant l'unité employée pour les mesures

itinéraires était la lieue, tantôt la lieue commune de 2 250 toises (4 kil. 385), tantôt la lieue de poste (3 kil. 898). La lieue marine de 25 au degré valait 4 kil. 444. — A l'étranger, l'unité le plus généralement adoptée est le mille et quelquefois h lieue [Voy. ces motsi. — Chez les Grecs, l'unité itinéraire était le stade de 600 pieds grecs ou de 125 pas romains (185 m. env.), et chez les Romains, le mille (1 kil. 482 m.). Voy. stade

et MILLE.

ITTNÉRITE, var. d'HAÛYNE altérée.

IULE (du gr. îo'jXoî), lulus, genre de Myriapodes, de l'ordre des Diplopodes : corps cylmdrique, long; segments très nombreux, résistants. Ces animaux peuvent se rouler en spirale; ils vivent dans les lieux obscurs et humides des bois sablonneux et répandent une odeur désagréable qui, chez quelques espèces, rappelle celle du bioxyde d'azote. On trouve aux environs de Paris Vlule terrestre, d'un bleu cendré, h' Iule des sables a 44 segments et atteint 0 m. 05; Vlule très grand, de l'Amérique du Sud, en a 67 et dépasse 0 m. 08.

IVE, Iva, genre de plantes de la famille des Composées, tribu des Sénécionidées, sous-tribu des Mélampodiées, se compose d'herbes ou d'arbrisseaux de l'Amérique septentrionale. On distingue : Vive frutescente, qu'on trouve au Mexique et à la Virginie, et qui passe pour fébrifuge ; Vive imbriquée, Vive cheiranthifoliée, etc.

IVETTE, nom vulgaire d'une Germandrée, le Teucrium chamsepitys. — Ivette musquée, nom iiilgaire du Teucrium iva.

IVOIRE (du lat. eboreus; à.'ebur\, substance qui constitue la masse de la dent chez 1 Homme et cnez les Mammifères, et qu'il ne faut pas confondre avec l'émail [Voy. dent). — Dans le langage ordinaire, ce mot désigne plus spécialement cette matière compacte, blanche et dure

3ue fournissent les défenses de l'éléphant et aussi les dents e certains autres animaux, tels que l'hippopotame, le morse et le narval. L'ivoire est susceptible de recevoir un très beau poli, et il s'emploie pour faire des manches d'instruments, des éventails, des statuettes et une foule de petits ouvrages. Cette industrie est depuis fort longtemps en France une des spécialités de la ville de Dieppe. Les dents d'hippopotame servent surtout à la fabrication des dents artiiicielles. L'ivoire perd bientôt sa blancheur au contact de l'air et de la poussière : on peut l'empêcher de jaunir en le renfermant sous une cage de verre; ainsi exposé aux rayons solaires, il devient même plus blanc. En plongeant l'ivoire dans un bain de bois de Brésil, de safran ou d'épine-vinette, de vert-de-gris, de campêche ou de sel de fer, on le teint en rouge, en jaune, en vert, en noir; il faut auparavant le laisser tremper quelques heures dans une solution d'alun ou dans du vinaigre. Autrefois la médecine employait conune astringent le spode d'ivoire, ou ivoire réduit en poudre.

L'ivoire brut [morfil) nous vient de la Guinée, de l'Egypte, du cap de Bonne-Espérance, de l'Inde, etc. L'I. de Cuinée est le plus serré, le plus lourd et le plus estimé de tous; il est légèrement blond, translucide, et blanchit en vieillissant; 1'/. du Cap est blanc, mat et parfois un peu jaune; 1'/. de Ceylan est d'un blanc rose, mais plus tendre que le premier : il est rare ; 1'/. vert de Sibérie, provenant d'éléphants fossiles, est d'une couleur légèrement verdâtre.

L'ivoire était connu des peuples de l'antiquité, qui l'employaient soit pour orner leurs maisons et leurs temples, soit pour sculpter les images de leurs dieux, soit pour décorer des meubles : p. ex. la chaise cunile des Romains. Les artistes grecs en firent grand usage : les statues d'A- Ihèna et de Zeus par Phidias étaient chryséléphantines (ivoire et or). Au moyen âge, à la Renaissance et dans les temps modernes, cette substance a été employée pour beaucoup d'œuvres remarquables qu'on voit dans les musées ou dans les collections particulières.

Ivoire végétal, substance blanche et dure provenant de l'albumen du Phytelephas ou Noix de corozo. On la substitue souvent à l'ivoire pour la fabrication des petits ouvrages. On dislingue l'ivoire végétal du véritable ivoire, en y déposant une goutte d'acide sulfurique concentré : il se produit alors une tache rose, qu'un simple lavage à l'eau fait disparaître, tandis que cet acide ne produit aucune coloration sur l'ivoire animal

IVRAIE (du lat. ebriacus, i>Te), Lolium, genre de la famille des Graminées, tribu des Hordéacées : épillets soli-

Page 1