JEU
En termes de Fauconnerie, le jet est une petite entrave qu'on met aux pieds de l'Oiseau.
JET d'eau, colonne d'eau lancée verticalement par un orifice ou ajutage [Voy. ce mot), recevant l'eau d un réservoir élevé. Le jet d'eau peut aussi être lancé plus ou moins ol)liquement et décrire une parabole en retombant dans le bassin. D'apri's la loi des vases comnmnicants, l'eau devrait s'élever en l'air jusqu'au niveau de la source qui le produit ; mais le frottement de l'eau contre les parois du tuyau, la résistance de l'air, et enfin le choc des gouttelettes d'eau retombant en sens inverse, diminuent considérablement la force ascensionnelle, surtout si le jet est vertical ; on a remarqué en effet qu'en inclinant la direction du jet, il montait plus haut [Voy. ëcoclement). Les jets d'eau servent à l'ornement des bassins et des fontaines. Tantôt ils s'élancent sous la forme d'un jet isolé, comme dans le parc de St-Cloud, aux Tuileries, etc. ; tantôt ils forment des gerbes de formes variées (Palais-Royal, place de la Concorde, etc.) ; tantôt, enfin, ils entrent dans la composition des scènes qui animent les pièces d'eau, comme on le voit à Versailles, à Péterhof, près de St-Pétersbourg, etc.
Jet d'eau marin, nom vulgaire des Ascidies. Voy. ce mot.
JETAGE, se dit, chez le Cheval, de l'écoulement par les naseaux d'un mucus plus ou moins abondant ; on l'observe dans la morve, la gourme, la pharyngite, la bronchite, la pneumonie, etc., et pour cliacune de ces maladies il revêt des caractères particuliers.
JETÉ, JETÉ BATTU, pas de danse. Voy. pas.
JETÉE (du vcrixi jete?'), construction en pierres ou en bois, faite soit dans un port de mer, pour en assurer l'entrée, soit au milieu d'un cours d'eau, pour en redresser le lit. Quand la jetée est en bois, elle prend le nom d'estacade. Dans les ports de mer, les jetées ont surtout pour but d'en prévenir l'encombrement par les galets et par le sable, ainsi que de briser les fortes lames qui arrivent de la haute mer. Les ports de Calais, de Cherbourg, de Dunkerque ont de magnifiques jetées [Voy. digue). — On nomme aussi jetées des amas de pierres ou de cailloux que l'on jette dans un mauvais chemin pour l'améliorer.
JETON (de^e^), pièce de métal, d'ivoire, de nacre ou de toute autre matière, plate et le plus souvent ronde, dont on se sert, comme des fiches, pour marquer et payer au jeu, et dont on se servait autrefois pour calculer des sommes. — L'expression métaphorique faux comme un jeton provient de ce que le plus souvent les jetons ont l'apparence de pièces de monnaie, bien qu'ils ne soient qu en cuivre ou en métal argenté ou doré.
Jeton de présence, jeton qu'on donne dans certaines sociétés ou compa;fnies, notamment dans les académies ou les conseils d'administration, à chaque membre présent à une séance ; ces jetons, qui sont généralement en argent, ont une valeur réelle et s'échangent contre de la monnaie.
L'essaim d'abeilles qui quitte la ruche se nomme en quelques endroits jeton.
JEU (du \ai. jocus). On peut partager les jeux en trois classes : les jeux corporels, les jeux intellectuels et les jeux de hasard; ces derniers constituent le jeu proprement dit.
Jeux corporels. Us comprennent : i» ces luttes où le prix est donné à la vigueur, à l'agilité, à l'adresse : tels étaient, chez les Grecs, les jeux gymniques, ainsi appelés parce que le plus souvent on se débarrassait de tout vêtement pour s'y livrer plus librement (yujxvôî en grec veut dire nu), tels que lutte, pugilat, disque, course à pied, en char ou à cheval; chez les Romains, les jeux du cirque (courses, naumachies, combats de gladiateurs) ; tels furent aussi les jeux guerriers du moyen âge, les joutes et tournois de toutes sortes ; tels sont encore aujourd'hui les joutes sur Veau, les tirs à l'arc ou au fusil, etc. ; — 2° les divers exercices où il y a lieu de déployer de la grâce, de l'agilité ou de l'adresse, comme la danse, la balle, la paume, les boules, les quilles, le cricket, le billard, le jeu de bagues, l'escarpolette, etc., et la plupart des jeux d'enfants : barres, saut-de-mouton, colin-maillard, cerceau, cordes, cerf-volant, toupie, billes, bilboquet, jonchets, etc.; — 3» ceux où l'esprit intervient et dans lesquels le corps ne joue qu'un rôle secondaire, comme les jeux de société, dits aussi petits jeux.
Jeux intellectuels. Ils comprennent : 1° les jeux d'esprit, dont l'attrait consiste surtout dans la difficulté vaincue : tels sont ceux qui supposent quelque chose à deviner
{énigmes, charades, logogriphes, synonymes, rébus, oAc), ou quelque problème à résoudre {bouts-rijnés , anagrammes, acrostiches, etc.) ; — 2" les jeux de calcul ou de combinaison, tels que les échecs, les darnes^ le jeu de la guerre, les jeux de patience, etc. — Voir pour la description de chacun de ces jeux, outre l'article spécial
Jue nous leur avons consacré dans ce Dictionnaire, Rclèze, eux des adolescents (1855), et Frédéric Dillaye, les Jeux de la jeunesse, leurs origines et leur histoire (1885). Jeux de hasard. Ils se subdivisent en jeux de hasard proprement dits, comme le pair ou non, les dés, le creps, la roulette, le loto, les loteries de tout genre, et certains jeux de cartes le plus souvent prohibés (lansquenet, biribi, passe-dix, baccara, pharaon, bouillotte, vingtet-un, etc.), et en jeux mixtes, où le calcul peut aider ou corriger la fortune : tels sont le trictrac, les dominos et la plupart des jeux de cartes [écarté, impériale, mariage, piquet, reversis, triomphe, boston, whist).
Voy. CARTES.
Pour favoriser et exploiter en même temps la funeste passion du jeu, il avait été formé, sous le nom de niaisotts de jeu, des établissements publics destinés spécialement aux jeux les plus hasardeux, la roulette, le trente-et-quarante, le pharaon, le creps, etc. A Paris, le Palais-Royal, Frascati et une foule d'autres lieux offraient des maisons de jeu où des milliers de malheureux accouraient chercher la fortune pour ne trouver le plus souvent que la ruine et le désespoir. La loi du 18 juillet 1836, renoue sur la proposition de Benj. Delessert, ordonna la fermeture de ces maisons à partir du l" janvier 1838. — A l'étranger, les maisons de jeu subsistèrent encore longtemps, surtout en Allemagne, sur les bords du Rhin, en Italie et en Suisse. Aujourd'hui il n'en existe plus que dans la principauté de Monaco, non loin de Nice.
La loi n'accorde aucune action en justice pour une dette de jeu, à moins qu'il ne s'agisse de jeux propres à exercer au métier des armes ou tenant à l'adresse ou à l'exercice du corps, et encore faut-il que la somme ne soit pas excessive. Quant aux sommes gagnées et payées, elles ne donnent pas lieu à répétition s'il n'y a de la part du gagnant dol, supercherie ou escroquerie (Code civil, art. 1965- 1967).
Jeux publics, nom donné chez les anciens à des fêtes et à des spectacles publics institués en l'honneur des dieux ou des héros, en souvenir de quelque grand événement, ou offerts au peuple comme réjouissance ou comme moyen de séduction. Ces jeux consistaient le plus souvent en courses et en luttes de toute espèce, combats d'athlètes, de gladiateurs, naumachies, concours littéraires. Les plus célèbres de ces jeux étaient : chez les Grecs, les Jeux olympiques, néméens, isthmiques et pythiques; chez les Romains, les Grands Jeux, ou Jeux romains propr. dits, et les Jeux séculaires. Ils se célébraient : en Grèce, dans les stades et les hippodromes; en Italie, dans les cirques et les amphithéâtres. Les uns avaient lieu à des époques périodiques, comme les jeux olympiques, qui revenaient tous les quatre ans, les jeux séculaires de Rome, environ tous les cent ans ; les autres, à des époques indéterminées, qui étaient fixées par les magistrats ou indiquées par les circonstances. Voy. olympiques, pythiques, néméens, etc., au Dict. d'Hist. et de Géogr.
Jeux funèbres, solennités qui se célébraient, en Grèce et à Rome, aux funérailles des rois, des princes, des héros ou des magistrats. Homère [Iliade, ch. xxiii) raconte les jeux funèbres qu'Achille célébra en l'honneur de son ami Patrocle. Souvent ces jeux étaient ensanglantés par le sacrifice de victimes humaines. A Rome, on déployait une grande magnificence dans ces sortes de jeux : tous les exercices du corps, et surtout les combats des gladiateurs, s'y montraient tour à tour. Les jeux funèbres duraient quelquefois 4 ou 5 jours. On y assistait en habits de deuil ; les femmes en étaient exclues. Quand les jeux étaient terminés, on donnait des festins publics où tout le monde était habillé de blanc. Après ce repas on représentait des comédies. Les dépenses qu'occasionnaient ces jeux devinrent si excessives, que Tibère en défendit la célébration à quiconque avait moins de 400 000 sesterces (82 000 fr.) ; toutefois ils subsistèrent jusqu'à Théodoric, roi des Ostrogoths, qui les abolit en l'an 600.
Jeux floraux, concours ouvert annuellement à Toulouse, et dont le prix est une fleur d'or ou d'argent. Voy. le Dict. d'Hist. et de Géogr.