‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 847 sur 1729 · JOUR · texte numérisé non relu

JOUR

jette confusément les uns sur les autres pour jouer à (jui en retirera le plus, à l'aide d'un crochet, sans en faire remuer, ou hocher, d'autres que celui qu'on veut dégager.

JONCIER, nom vulgaire du Genêt d Espagne.

JONCINELLE, Eriocaulon dendroides, espèce du genre Eriocaulon, est une belle plante à feuilles nombreuses et ensiformes, à fleurs argentées, disposées en petites têtes sphériques sur de longs pédoncules pileux. Cette plante, originaire de l'Amérique méridionale, figure agréablement autour des pièces d'eau et des petits ruisseaux des jardins.

JONCTION {Avi\aX. junctio) . En Droit, on appelle joHch'on des possessions la réunion du temps qu'une personne a possédé au temps qu'une autre personne avait possédé précédemment pour arriver à la prescription ou au droit d'exercer l'action possessoire. On peut toujours joindre à sa possession celle de son auteur ; mais si c'est un auteur à titre universel et que sa possession fût vicieuse, celle du successeur le sera également, au Heu que, si c'est un auteur à titre particulier, les vices de sa possession ne nuisent pas à son successeur (C. civ., art. 2255). — En Procédure, le jugement de jonction est celui par lequel un tribunal joint aeux causes qui se tiennent pour les juger enseniMc. Voy. défaut.

JONGERMANNIE. Voy. jungerhanme.

JONGLEUR (du lat. joculator). Dans l'origine on nommait ainsi les joueurs d'instruments qui accompagnaient les troubadours ou poètes provençaux et couraient avec eux les provinces. Après la croisade contre les Albigeois, et à mesure que les troubadours disparaissaient, les jongleurs prirent de l'importance, et au jeu des instruments ils joignirent le chant : plusieurs même firent des vers [Voy. MÉNÉTRIER et BALADiNs). Mais, en même temps, le nom jongleur s'étendit aux saltimbanques, faiseurs de tours, joueurs de gobelets, montreurs de singes, etc. Enfin, jongleur en vint à se dire exclusivement de ceux qui se livrent à certains exercices d'adresse, comme de faire sauter d'une main à l'autre des boules, bouteilles, poignards, épées ou autres objets qui s'entre-croisent. — Cnez les Hindous et les sauvages on nomme jongleurs des magiciens qui prétondent guérir les maladies et qui expliquent les présages et les songes.

JONIDIUM, plante. Voy. ionidium.

JONQUE (du chinois tchouen, vaisseau), grand navire chinois, courbé à l'avant et à l'arrière, carré à la poupe et à la proue. Les jonques ont trois mâts et deux voiles carrées formées de nattes réunies par bandes. Les mâts, les flèches, sont couverts de pavillons, de banderoles de toutes couleurs. Les jonques sont lourdes et sans grâce : elles font néanmoins des traversées assez longues, des côtes de la Chine aux îles de la Sonde et aux PhiUppines : on en a vu quelques-unes se hasarder jusqu'en Angleterre.

JONQUILLE (de l'espagn. junquillo], Narcissits jimquilla. plante du genre Narcisse, remarquable par l'élégance et la douce odeur de ses fleurs, qui sont d un jaune vif : SCS feuilles sont étroites et longues comme celles du jonc : d'où son nom. — La jonquille est le symbole du désir ardent. Voy. narcisse.

JOSÉPHINIE (de l'impératrice Joséphine], Josephinia, genre de la famille des Gesnéracées, renferme des plantes lierbacées, à feuilles opposées et à fleurs solitaires; le fruit est une noix très dure, ovale et hérissée de pointes. L'espèce type est la Joséphinie impératrice, originaire de 1 Australie, et qui se fait remarquer par ses belles fleurs d'un gris de perle, nuancées de rose au dehors, et tachetées en dedans de points empourprés.

JOTA, danse nationale du nord de l'Espagne, à 3 temps, remontant à des temps très anciens ; on distingue la jota aragonaise et h jota navarraise, présentant des caractères très différents.

JOUBARBE (du lat. Jovis barba, barbe de Jupiter), Sempervivum, genre de la famille des Crassulacées, renferme des plantes grasses herbacées, sous-frutescentes ou Irutescentes, quelquefois acaules, mais pourvues de jets ou propagules terminés par un bouquet de feuilles en rosette. Les fleurs, jaunes, purpurines ou blanchâtres, sont aisposees en cymes, le plus souvent unilatérales à l'extrémité de la tige qui sort du centre de la rosette. Les fruits sont des iolhcules polyspermes. Ces plantes croissent dans les parties moyennes et méridionales de l'Europe. L'espèce type est la J. des toits [S. tectorum), vulg. Artichaut sauvage, qu on trouve communément sur les toits, sur les vieux murs et au milieu des ruines. Cette plante est légère- |

ment rafraîchissante, anodine et un peu astringente. Le suc de ses feuilles contient en abondance de l'albumine et du malate acide de chaux, auquel il doit sa vertu astrin-

?;ente : il entre dans la composition de l'onguent popueum. On attribuait jadis à cette plante toutes sortes de Eropriétés merveilleuses; on n'emploie plus guère la jouarne qu'à l'extérieur, pour ramollir les cors et calmer le& hémorroïdes. Plusieurs espèces sont cultivées pour orner les rochers dans les jardins paysagei-s : ce sont la J. des: montagnes, à fleurs rouges, la /. toile d'araignée, à feuilles couvertes de poils entremêlés, la J. dorée, la /. porte-tables, etc.

La Petite Joubarbe est l'Orpin blanc ; la Joubarbe des vignes est l'Orpin reprise. Voy. orpix.

JOUES (selon Diez, ce mot viendrait du bas-latin gabata, qavata, gauta, jatte, d'où l'on aurait tiré par comparaison le sens dévoue), parties molles qui s'étendent au-dessous des yeux jusqu au menton et forment les régions latérales de la face et les parois de la bouche. Les joues ont pour base les muscles masséter et malaire ; elles reçoivent leur* artères de la carotide externe et leurs nerfs du nerf facial et des nerfs maxillaires. — En Zoologie, on appelle youe* la région de la face comprise entre le nez, la bouche et l'oreille, chez les Mammifères; entre la base du bec, la front et l'œil, chez les Oiseaux; la portion de la tête comprise entre les yeux et les mandibules, chez les Insectes. joues-cuirassées, famille de Poissons acanthoptérygiens, de l'ordre des Squamodermes, caractérisés par leurs sousorbitaires qui sont plus ou moins étendus sur la joue, et s'articulent en arrière avec la préopercule. Ces poissonsont le corps allongé, conique ; la tête de forme anguleuse, tantôt comprimée sur les côtés, tantôt déprimée horizontalement et quelquefois un peu carrée. — Genres principaux : Trigle, Prionote, Dactyloptère, Céphalacanthe, Cotte, Monocentre, Epinoche, etc.

JOUETS d'enfant. Voy. bimbeloterie.

JOUG (du \aX. jugum], pièce de bois qu'on met sur la tête des bœufs, pour les atteler et les laire marcher de front.

Chez les anciens peuples de l'Italie, on appelait ainsi une espèce de porte basse formée de deux piques fichée» en terre et surmontées d'une troisième posée horizontalement, sous laquelle on faisait passer les ennemis vaincus. Souvent aussi on infligeait cette flétrissure aux criminels ordinaires : le joug se composait alors de deux poteaux surmontés d'une espèce de linteau. C'est de là qu'est venue l'expression figurée passer sous le joug. Les Romains vaincus par les Samnites passèrent sous le joug aux Fourches Caudines (321 av. J.-C).

JOUISSANCE (de jouir). C'est, en Droit, un attribut de la propriété consistant à recueillir les fruits de la chose. Dans le cas d'usufruit, elle est détachée de la propriété, au profit de l'usufruitier.

Jouissance des droits civils. Voy. exercice. En termes de Finance, jouissance se dit et du droit aux intérêts ou aux dividendes de l'exercice courant, et de l'époque de l'année où ce droit peut s'exercer. — On appelle action de jouissance une action dont le capital a été remboursé par voie de tirage au sort, mais qui continue de percevoir le dividende jusqu'à une époque déterminée par les statuts, abstraction faite des intérêts du capital remboursé.

JOULE. En l'honneur du grand physicien anglais Joule, on a, en 188.9, donné ce nom à une unité secondaire de travail, représentant 10' ergs [Voy. ce mot). Elle est surtout usitée en électricité. C'est le travail (ou son équivalent en calories) produit par un coulomb s'écoulant dans une résistance d'un ohm [Voy. ces mots). Le joule vaut 10 millions d'ergs; 1 kilogrammètre vaut 9,81 joules.

JOUR (du lat. diumus). On donne le nom de jour à plusieurs intervalles de temps, tous peu différents de la durée de la rotation de la terre sur son axe. — Le jour sidéral, qui est précisément égal à cette durée, se mesure entre deux passages consécutifs d'une même étoile au méridien d'un lieu. Il se décompose en 24 heures sidérales; l'heure elle-même se décompose en 60 minutes, dont chacune vaut 60 secondes. — Le jour solaire vrai est l'intervalle de temps qui s'écoule entre deux passages consécutifs du soleil au méridien. Il est un peu plus long que le jour sidéral ; car le soleil se déplaçant dans le ciel en sens inverse du mouvement diurne, en vertu de son mouvement apparent annuel, d'environ 1° par jour, s'il

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