JOURNAL
passe au méridien un certain jour de l'année en même temps qu'une étoile, le lendemain, à cause de ce déplacement, lorsque l'étoile sera revenue au méridien, il faudra 2"" 56* pour que le soleil y revienne lui-même : ce retard journalier du soleil représente ce qu'on appelle \' accélération diurne des étoiles (Voy. ce mot). Le jour solaire vrai n'est pas de durée constante : d'abord parce que le mouvement angulaire du soleil autour de la terre est plus rapide dans les environs du périgée que dans ceux de l'apogée; ensuite parce que le plan de l'orbite apparente du soleil est incliné sur l'équateur. — Le jour solaire moyen est un jour idéal de durée constante égale à la moyenne de tous les jours solaires vrais de l'année. Plus exactement, si l'on conçoit qu'en même temps que le soleil parcourt le grand cercle de l'écliptique d'un mouvement irrégulier, un premier soleil fictif parcoure ce même grand cercle d'un mouvement uniforme et passe au périgée en même temps que le soleil vTai; puis qu'un second soleil fictif parcoure l'équateur d'un mouvement uniforme et se trouve en même temps que le premier à l'équinoxe du printemps, l'instant du passage de ce second soleil fictif au méridien est le midi moyen, et l'intervalle de temps compris entre deux midis moyens consécutifs est le jour s<jlaire moyen. L'intervalle compris entre le passage du soleil vrai au méridien, ou midi vrai, et le midi moyen s appelle Véquation du temps iVoy. équation). — Le jour solaire moyen est l'unité de temps employée en Astronomie aussi bien que dans les usages de la vie civile; seuloraeut, tandis que les astronomes font commencer le
t'our à midi, le jour civil commence au minuit qui précède. )ans les deux cas d'ailleurs, il se décompose en heures, minutes et secondes comme le jour sidéral.
Jours complémentaires. Voy. année et calendrier.
Grands Jours, assises judiciaires extraordinaires sous l'ancien régime en France. Voy. le Dict. d'Hist. et de Géogr.
JOUR (en Droit). Jours de servitude, jours de souffrance. Voy. VUE.
Joîirs de planche. Voy. starie.
Jours fériés, jour où le travail diôme, par opposition aux jours ouvrables, où il est légalement permis. Voy. fériés (jours).
JOURNAL (du lat. diurnalis], écrit où l'on relate les faits jour par jour. En ce sens, on rédige le jourital d'un voyage, d'une campagne, d'un siège ; on tient le journal de sa dépense et de sa recette. C'est principalement dans le commerce et la navigation que le journal joue un rôle essentiel. Tout négociant doit tenir un livre-journal (C. de comm., art. 8), où il porte, jour par jour et par ordre de date, toutes ses opérations, de façon à présenter clairement quel est le débiteur, le créditeur, le détail en raccourci de toutes ses opérations. Le grand-livre se compose d'extraits du journal ( Voy. grand-livre et livres de commerce) . — A bord de tout navire, il existe un journal du bord, où s'inscrivent jour par jour, d'une part tout ce qui regarde la route du bâtiment, la direction du vent, l'état de la mer et du ciel, la vue de bâtiments, de terres, etc. ; de l'autre, tous les incidents relatifs aux personnes [Voy. livre). De plus, chaque officier et même chaque élève doit avoir son journal particulier, et y consigner chaque jour, de midi à midi, toutes ses remarques sur l'itinéraire, sur l'état du ciel et de la mer.
journal, se dit plus particulièrement d'une feuille publique, qui paraît par numéros, et qui contient, soit dans des articles raisonnes, soit dans de simples énoncés, les nouvelles politiques, scientifiques et littéraires. Il existe des journaux de toute sorte. Par rapport à la fréquence de leur publication, ils sont ou quotidiens, s'ils paraissent tous les jours ; ou périodiques, quand ils paraissent à des intervalles plus ou moins éloignés. S'ils se publient sous forme de brochures ou de livres, ils prennent le nom de revues [Voy. ce mot). Par rapport à la matière traitée, ils sont politiques, littéraires, scientifiques, judiciaires, économiques, commerciaux, etc.
Dans la composition et la distribution d'un grand journal on distingue le corps du journal et le feuilleton, qui occupe le bas de la page, et qui le plus souvent est consacré aux théâtres, aux arts, à la criti(|ue, au roman ou à des revues. Dans le corps du journal on trouve généralement : 1° un article de fond, dit, à Paris, premier-Paris ; 2° un certain nombre d'entre^lets, petits articles séparés par des filets, et sur lesquels on veut
attirer l'attention ; 3" les nouvelles diverses et les nouvelles extérieures, puis, quand il y a lieu, le compte rendu des séances législatives, des débats judiciaires, des séances scientifiques ou littéraires ; et quelquefois un article variétés, espèce de hors-d'œuvre, consacré à l'appréciation d'un ouvrage nouveau ou à quelque autre sujet intéressant, mais qui n'est pas directement relatif à la spécialité du journal. On place à la fin la cote des fonds publics, les spectacles, et en dernier lieu les annonces : dans la plupart des journaux, la quatrième page leur est entièrement abandonnée. Du reste, les journaUstes s'ingénient à varier la composition de leurs feuilles pour exciter la curiosité du public.
Les anciens n'ont point connu les journaux proprement dits ; cependant ils avaient les Acta populi et urbis, les Acta senatus, et plus tard les Acta dimiia, qui olfraient quelque ressemblance avec les procès-verbaux de nos chamnres législatives et avec les nouvelles à la main. Les Acta populi et urbis remplacèrent les Grandes Annales ou Annales des Pontifes ; les Acta senatus commencèrent après le premier consulat de César (58 avant J.-C.) ; Auguste, en supprimant ceux-ci, institua ou permit les Acta diurna. — Voy. à ce sujet J.-Y. Le Clerc, les Journaux chez les Romains (1838).
Le moyen âge n'a rien connu qui ressemblât à nos journaux ; ils n'ont commencé à paraître qu'après la découverte de l'imprimerie. Dès 1457 et 1460, des imprimeurs de Mayence et de Strasbourg répandaient par feuilles volantes les nouvelles de quelque intérêt, surtout celles de la guerre avec les Turcs ; il venait de ces feuilles jusque dans le Hainaut et à Paris. En 1563 commencèrent à Venise les Notizie scritte, qui étaient écrites à la main, parce que le gouvernement vénitien en prohibait l'impression : on leur donnait aussi le nom de Gazette, parce que la lecture s'en payait une gazzetta, petite pièce de monnaie ; ce nom s'est depuis étendu à tout journal. Augsbourg, Nuremberg, Londres eurent des feuilles périodimies longtemps avant la France. Enfin fut fondée en 16ol la Gazette de France [Voy. ce mot), qui tout de suite eut un succès prodigieux, et qui aux nouvelles politiques joignit celles des sciences, des lettres et des arts. Toutelois le journalisme ne prit son essor en France qu'avec la révolution de 1789 ; tout-puissant sous la première République, il perdit considérablement de son importance sous le Consulat et sous l'Empire. Sous la monarchie constitutionnelle, les journaux n'ont cessé de gagner pour le nombre, pour la variété des matières, pour l'habueté de la rédaction, pour la grandeur du format. Mais les excès dans lesquels ils tombèrent après 1848, attirèrent sur la presse des rigueurs auxquelles on a renoncé auj.
La grande publicité des journaux et la rapidité avec laquelle ils répandent les nouvelles, leur donnant une puissance incalculable, qui peut devenir dangereuse pour les Etats comme pour les particuliers, tous les gouvernements ont soumis la presse périodique à une législation particulière, qui a toujours varié suivant les circonstances politiques. Voy. PRESSE.
Les principaux journaux politiques français sont, de nos jours, le Journal Officiel (organe du gouvernement depuis 1869), le Moniteur umvei-sel [Voy. ce mot), qui eut le même caractère du 22 déc. 1799 au 31 déc. 1868, le Journal des Débats, la Liberté, le Gaulois, le Figaro, le Temps, la République française, le Rappel, le Matin, Te Petit Journal, le Petit Parisien, le Journal, la Justice, etc. Il faut y ajouter de nombreux recueils scientifiques et Uttéraires, les Revues (entre autres, la Revue des Deux Mondes, la Revue politique et littéraire, la Revue scientifique, la Revue encyclopédique, la Nouvelle Revue, la Revue de Paris, etc.), le Journal des Savants, le Journal des Mathématiques pures et appliquées ou Journal de Liouville, le Journal de Physique, etc., les Journaux illustrés, les Journaux amusants, etc. Dans les temps précédents, le Mercure, le Journal de Trévoux, les Nouvelles de la république des lettres, le Journal de Paris, et, depuis le commencement de ce siècle, la Revue encyclopédique, la Revue de Paris, ont été longtemps célèbres. — En Angleterre, on distingue surtout le Times, le Morning PoU, le Morning Herald, le Morning Advei'tiser, le Globe, le Shipping Gazette, etc., et, parmi les revues, VEdinburgh Review, le Quarterly Revieiv, Y Athenxinn, eic- — Le plus célèbre journal de l'Allemagne est la Gazette