‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 849 sur 1729 · JUGE · texte numérisé non relu

JUGE

tTAugsbourg ; ensuite viennent la Gazette universelle de Leipzig, le Mercure de Souabe, le Journal de la Haute-Allemagne, le Journal quotidien de Berlin, les Gazettes générales d'Iéna, de Berlin, de Halle, etc. Certaines publications scientifiques allemandes prennent aussi le nom de journal, p. ex. le Journal fur aie reine und andgewandte Mathematik ou Journal de Crelle.

M. Hatin a public l'Histoire du Journal, et M. L. Gallois, l'Histoire des journaux de la Révolution.

JOURNAL, mesure agraire, autrefois en usage dans plusieurs provinces de trance, notamment en Lorraine et en Champagne, se décomposait en 80 cordes, et valait environ 33 ares 65 centiares. — Sa valeur variait d'ailleurs un peu avec les localités. — Certains pays avaient le grand journal et le petit journal.

JOUTE (du IsX. juxtare, s'approcher; dejtixta, proche), se disait, dans les tournois du moyen âge, de ces luttes courtoises où deux chevaUers venaient nriser une lance l'un contre l'autre en l'honneur de leur dame. On l'a ensuite étendu à d'autres combats. — Auj. il ne se dit plus guère que de la joute sur l'eau.

JOUVENCE [d\i ht, juventia, dejuventa). L'idée d'une fontaine de jouvence, c.-à-d. d'une fontaine merveilleuse destinée à rendre la jeunesse, se rencontre déjà chez les anciens. Les Grecs avaient la fontaine Canathos, près de Nauplie (Pausanias, II, 38), où Junon venait se rajeunir tous les ans. En France, on montre à St-Gengoux-le-Royal, près de Màcon, une fontaine qui aurait eu jadis la propriété de rajeunir. Voy. le Dict. d Hist. et de Géogr.

JOYAU (du b.-lat. ^ocaie), bijou précieux, orné de pierres fines, d'émaux, ou simplement ciselé avec art. Il y a au Musée du Louvre des collections de bijoux de toutes les époques, des Assyriens, des Egyptiens, des Grecs, des Romains, du moyen âge, de la renaissance et des temps modernes {Voy. CAMÉE, GLYPTIQUE, ctc). — Consultcr aussi le Rapport de MM. Fossin et Beaugrand [Jury de l'Exposit. univ. de 1867, t. IV, p. 411-438).

Dans le langage ordinaire, on confond souvent joyaux avec bijoux ; le premier mot implique l'idée de quelque chose de plus riche et de plus précieux : on dit, p. ex., les joyaux de la Couronne. Voy. Barbet de Jouy, Gemmes et joyaux de la Couronne ; Bapst, Hist. des joyaux de la Couronne.

JUBARTE, Balsena boops, espèce de Baleinoptère à aileron dorsal. Voy. rorqual.

JUBÉ, tribune en forme de galerie qui, dans certaines églises, sépare le chœur de la nef, et où autrefois le diacre montait pour lire l'évangile des messes solennelles. Le jubé a été ainsi nommé parce que le lecteur, avant de commencer, demandait la bénédiction au célébrant en ces termes : Jubé, domine, benedicere; au moyen âge, on l'appelait pupitre. C'était de là aussi que l'on annonçait aux fidèles tout ce qu'ils avaient besoin de savoir. — Le jubé avait remplacé l'amboti [Voy. ce mot); il a disparu presque partout en France. On cite les jubés de St-Etiennedu-5Iont à Paris, de la cathédrale d'Albi, et de l'église Ste-Madeleine à Troyes. Il en existe beaucoup en Belgique, en Allemagne et en Angleterre. — Voy. chaire.

JUBILÉ (du lat. jubilaeus, de l'hébreu iobel, cor, trompe, instrument dont le son annonçait la fête), se dit : 1" de la solennité qui se célébrait chez les Juifs tous les 50 ans, et qui amenait la rémission des dettes, l'affranchissement des esclaves, etc. ; 2° de l'indulgence plénière, solennelle et générale que le pape accorde à certains temps et dans certaines occasions; 3° du 50* anniversaire de 1 ordination d'un prêtre, du 25* anniversaire de la consécration d'un évêque. Voy. jubilé au Dict. d'Hist. et de Géogr. f .

JUBIS, nom donné, dans le commerce, aux raisins secs de Provence, que l'on envoie encaissés à Paris ou ailleurs.

JUCHÉ, se dit d'un cheval qui est droit sur ses boulets postérieurs. C'est toujours un indice de fatigue excessive, lorsqu'il n'y a pas de lésion apparente.

JUDELLE, un des noms vulgaires de la Foulque marelle ou Macroule. Voy. foulque.

JUDICA, le dimanche de la Passion, est ainsi appelé parce que l'introït de ce jour commence ainsi.

JUpiCATUM SOLVI (c.-à-d. en lat. garantie que ce qui sera jugé sera payé). Voy. caution.

JUDICATURE (office de]. Voy. office.

JUDICIAIRE (du lat. judiciarius) . Astrologie judiciaire. Voy. astrologie.

Cotnbat judiciaire. Voy. combat.

Conseil judiciaire. Voy. conseil.

Genre judiciaire, genre d'éloquence. Voy. éloquence.

Ordre judiciaire. Il comprend tous ceux qui rendent la justice : la cour de cassation, les cours d'appel, les tribunaux de première instance, les trib. de commerce, les conseils de prud'hommes, les justices de paix. On y rattache les avocats et les officiers ministériels : greffiers, avoués, agréés, huissiers, notaires et commissaires-priseurs.

Organisation judiciaire. La loi du 30 août 1883 sur la réforme de l'organisation judiciaire doit être consultée pour tout ce qui concerne le nombre et la constitution des cours et tribunaux, et le traitement des magistrats. Voy. VOfficiel du 31 août 1883.

JUEWA, 139» petite planète, trouvée le 10 oct. 1874 par Watson, à Pékin. Vojf. planètes.

JUGAL, terme d'Anatomie. Voy. zygoma.

JUGE (du ht. judex), se dit, en général, de tout magistrat chargé de rendre la justice, mais spécialement des juges de paix ( [oy. ci-après) et des membres des tribunaux de première instance et de commerce : les magistrats de la cour de cassation et ceux des cours d'appel sont désignés sous le litre de conseillers.

A l'exception des juges des tribunaux de commerce, qui sont élus, tous les juges, en France, sont nommés par le président de la République, sur la proposition du mmistre de la justice. Ils sont tous inamoviblâs, à l'exception des juges de paix. Pour être juge ou juge suppléant de première instance, il faut être âgé de 25 ans, être licencie en droit, et avoir suivi le barreau pendant deux ans; pour être président d'un tribunal de première instance ou conseiller d'une cour d'appel, il faut avoir au moins 27 ans (Décret du 20 avril 1810). — Pour l'âge de la retraite,

voy. MAGISTRAT.

On nomme : juge-commissaire celui qui est commis par un tribunal pour une opération quelconque (enquête, ordre, etc.) ; juge d'instruction, celui qui est charge d'instruire les affaires criminelles ( Voy. instruction criminelle) ; juge-rapporteur, celui qui est chargé de faire à un tri- Dunal un rapport sur une affaire dont l'examen lui a été confié. — On nommait avant 1830 juaes auditeurs des juges qui siégeaient sans avoir voix delibérative ; ils formaient la pépinière de l'ordre judiciaire. Institués par la loi du 30 mars 1808, ils ont été supprimés par celle du 10 décembre 1830. Ils ont depuis été rétablis, sinon de nom, au moins de fait, sous le titre déjuges suppléants.

Avant 1789, on distinguait des juges royaux, qui rendaient la justice au nom du roi, et des juges seigneuriaux, qui jugeaient au nom des seigneurs. Les juges des exempts étaient des officiers de justice qui connaissaient, au nom du roi, des cas royaux, c.-à-d. ae tous les délits commis dans les terres et provinces qui formaient lapanage du prince. — Le juge d'armes était un officier royal chargé de connaître des différends relatifs au blason. — Dans le Midi on appelait juge-mage (judex major) le lieutenant du sénéchal : il était le premier juge du tribunal.

Sous le premier Empire on donnait le titre de Grand Juge au ministre de la justice.

JUGE DE PAIX, magistrat spécialement chargé, comme son nom l'indique, de maintenir la paix parmi les citoyens, soit en essayant de concilier les parties qui sont sur le

5 oint de comparaître devant les tribunaux civils, soit en écidant sommairement, sans frais et sans le ministère des avoués, les contestations de peu d'importance. Il prononce en dernier ressort jusqu'à la valeur de 100 fr., et dans certains cas, mais à charge d'appel, à quelque valeur que la demande puisse s'élever; il connaît aussi particulièrement des actions possessoires (C. de proc. civ., art. 1-28 ; Lois des 25 mai 1838, 20 mai 1854 et 5 mai 1855). Les juges de paix président les tribunaux de simple police et connaissent des contraventions; ils peuvent remplir les fonctions d'officiers de police judiciaire (C. d'instr. crim.. art. 48 et 138). Ils président les conseils de famille ; ils apposent les scellés après décès et dans tous les cas déterminés par la loi. — Il y a un juge de paix par canton (Paris seul en compte 20, un par arrondissement] ; ils tiennent au moins deux audiences par semaine. Les juges de paix sont nommés par décret du chef de l'Etat ; la seule condition est d'être âgé de 30 ans. Ces magistrats sont amovibles. Avant la loi du 21 juin 1845, les juges de paix recevaient des droits et vacations pour apjjosition de scellés, déplacement, etc.; ces droits ont été remplacés

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