‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 850 sur 1729 · JUJUBIER · texte numérisé non relu

JUJUBIER

par un traitement fixe, égal à celui des juges des tribunaux de première instance. Cliaque juge de paix a deux suppléants qui, en cas d'empêchement, remplissent ses fonctions. — En Algérie, les juges de paix ont des attributions beaucoup plus variées et plus étendues.

La création des juges de paix appartient à Edouard I"', roi d'Angleterre, et remonte à l'an 1275. En France, il y avait jadis au Chàtelet de Paris des juges appelés auditeurs, qui jugeaient jusqu'à la somme de oD sous sommairement et sans appel ; leurs attributions étaient réglées par une ordonnance de 1313. Mais l'établissement des juges de paix propr. dits est l'œuvre de l'Assemblée constituante : il ne date que de la loi du 24 août 1790. — Vov. : Carou, De la juridiction des juges de paix (1^40), ou^Tage complété par Bioche (1844); Gère, Manuel du juge de paix (1854) ; les Annales des justices de paix, etc.

JUGEMENT (du b.-lat. judicamentum) . En Droit, c'est en général la décision rendue par un tribunal sur un différenil qui lui est soumis. On donne spécialement ce nom en France à toute décision d'un tribunal inférieur : les décisions des cours souveraines sont dites arrêts. Les jugements doivent être rendus à la pluralité des voix; ils doivent contenir dans leur libellé les noms des juges, du procureur de la république ; les noms, prénoms, professions et demeures des parties, leurs conclusions, l'exposé sommaire des points de fait et de droit, les motifs et le dispositif (G. de proc. civ., art. 116-148).

On distingue : les Jugements contradictoires, dans les-

auels les conclusions ont été prises à l'audience par les eux parties ; les /. par défaut, qui sont rendus contre un absent (au criminel, ils prennent le nom de J. par contumace] ; les J. préparatoires ou de simple instruction: les J. interlocutoires, qui, sans juger définitivement le fond, entraînent avec eux un simple préjugé ; \esj. provisoires, qui règlent par anticipation certains points du procès ; enfin les J. définitifs. On distingue aussi les J. en premier et en dernier ressort ; les J. d'expédient ou «ionvenus, consistant dans l'homologation par le tribunal dune transaction intervenue entre les deux parties, etc. Voy. ces divers mots.

Au moyen âge, on donnait le nom de Jugements de Dieu aux épreuves judiciaires, telles que le duel, l'épreuve de l'eau bouillante, celles du feu, du fer chaud, etc., auxquelles on recourait dans certains cas, lorsque les preuves matérielles manquaient. Foi/, le Dict. d'Hist. et de Géogr.

Jugement dernier, celui par lequel Dieu jugera les vivants et les morts à la fin du monde. Voy. avènement.

jcGEMKNT. En Psychologie et en Logique, on nomme ainsi l'acte par lequel l'esprit affirme qu'une chose est ou n'est pas d'une certaine manière. On distingue le jugement primitif, spontané, concret (p. ex. je pense), et le jugement ultérieur, réfléchi, abstrait. Dans le premier, l'intuition de l'objet et la croyance à son existence sont deux parties inséparables du même fait intellectuel. Gette affirmation mentale ne suppose pas une faculté spéciale : elle est mie fonction de la raison oui, rapportant tout à l'idée de l'être qu'elle possède en elle-même, prononce sur la vérité des pensées et sur la réalité de leurs objets. C'est à tort que Descartes et d'autres philosophes attribuent le jugement à la volonté : celle-ci ne peut qu'appliquer l'esprit à telle ou telle chose ; l'évidence entraine nécessairement son adhésion. Dans le second, tantôt l'esprit décompose un objet, sépare la substance et la qualité, puis les réunit par l'affirmation (p. ex. les corps sont étendus) ; tantôt il compare des notions déjà acquises et affirme qu'il y a entre elles un rapport de convenance ou de disconvenance (p. ex. la vertu est louable). Tout jugement de cette espèce implique abstraction et comparaison. Exprimé par le langage, u constitue une proposition qui contient deux termes et leur lien ou copule : 1° le sujet, c.-à-d.la chose dont on a ni rme une manière d être; l'I' attribut, e.-à-d. la manière d'être qu'on affirme de cette chose ; 3° le verbe, qui est le lien (les deux termes et représente l'affirmation. A ce point de vue, le jugement est affirmatif on négatif; individuel, particulier, général, etc. ( Foy. propositio.n). — A celte classification exposée dans tous les traités de Logique, Kant a joint une distinction très importante fondée sur le rapport du sujet et de l'attribut; il nomme : juaemenls analytiques, ceux dont l'attribut énonce une ioée déjà contenue dans le sujet [les corps sont étendus) ; jugements synthétiques, ceux dont l'^lribul énonce udc

idée ajoutée au sujet, soit a poslei-iori par la conscience et la perception {l'air est pesant], soit a priori par la raison [tout phénomène a une cause). — En outre, le même philosophe a essayé de classer toutes les formes de jugement en les ramenant à 4 catégories : 1° quantité (nombre des objets auxquels s'étend le jugement), J. universels, particuliers, individuels ; 2» qualité (nature du jugement), /. affirmatif s, négatifs, limitatifs; 3° relation (rapport entre les choses que ce jugement unit ou sépare), /. catégoriques, hypothétiques, disjonctifs; i" modalité (manière dont l'esprit conçoit l'existence des choses), J. démonstratifs, assertoriques, problématiques.

Voy. CATÉGORIES.

JUGEOLINE, nom vulgaire du Sésame oriental.

JUGER (SE), terme d'Hippologie. Un cheval se juge lorsqu'il marque ses empreintes de derrière dans celles de devant. Il se déjuge lorsque le pied postérieur n'atteint pas l'antérieur, et se méjuge lorsque la trace du pied de derrière dépasse celle du pied de devant.

JUGERUM, l'arpent des Romains, mesure de superficie qui valait 28 800 pieds carrés romains, ou de nos mesures 25 ares 20 mètres 81 décimètres carrés.

JUGLANDÉES (du g.-type Juglans, noyer), famille de plantes Dicotylédones apétales, détachée de celle îles Amentacées, se compose de grands arbres à feuilles alternes et pennées, exhalant une odeur aromatique; à fleurs monoïques ou dioïques, les mâles disposées en chatons, les femelles éparses et en grappes. Le fruit est une noix, c.-à-d. un noyau ligneux indéhiscent; il est recouvert d'une couche charnue appelée brou. Les espèces sont communes en Europe, dans l'Amérique du Nord et dans l'Asie. Dans un grand nombre, la graine se mange, et fournit une huile comestible et siccative. Le genre principal est le Noyer. Voy. ce mot.

JUGULAIRE (du lat. jugulum, gorge), se dit, en Anatomie, de tout ce qui concerne la gorge : comme les veines et glandes jugulaires, la fosse jugulaire, etc.

Duméril a donne le nom de Jugulaires à tous les poissons squamodermes, qui ont leurs nageoires paires inférieures fixées sous la gorge, comme le Merlan, la Morue, la Vive, etc.

On nomme aussi jugulaires des courroies de cuir qui servent de mentonnières aux coiffures de l'armée. Celles des casques sont recouvertes de lames de cuivre et peuvent offrir une certaine protection contre les coups de sabre. — La jugulaire est par excellence l'insigne de service.

JUIFS [Voy. le Dict. d'Hist. et de Géogr.']. —Les Juifs ou Israélites ne sont plus en France l'objet d'aucune mesure spéciale; ils sont égaux en droits à tous les autres citoyens.

JUILLET (dimin. du latin yM/tM«), 7' mois de l'année,, ainsi nommé parce que les Romains l'avaient consacré à Jules [Julius] César. Il portait auparavant le nom de quintilis (cinquième), parce qu'il était effectivement le cinquième quand l'année commençait avec mars. Ce mois a 31 jours. On le désigne par le signe du Lion, parce que le soleil entrait en effet dans la constellation du même nom au mois de juillet, il y a 2 000 ans; mais en vertu de la précession des équinoxes, c'est seulement au milieu d'août que le soleil y arrive aujourd'hui. Ce mois contient la Visitation de la Vierge (2 juillet) et la fête nationale de la France (14 juillet).

JUIN (du latin junius], 6' mois de l'année, ainsi nommé soit parce qu'il était consacré à Junon, soit parce qu'il était le mois des jeunes gens (juniores). C'est le 21 ou le 22 de ce mois, selon que l'année est ou non bissextile, que le

Srintemps finit et que l'été commence. Ce mois n'a que 0 jours. On le désigne par le signe de l'Ecrevisse, parce que dans ce mois, il y a 2 000 ans, le soleil entrait dans la constellation du même nom. Il n'y entre plus aujourd'hui qu'au milieu de juillet. Ce mois contient la Saint-Jean, qui répond aux anciennes fêtes antiques du solstice d'été.

JUJUBIER (du gr. Ç(Çuçov), Zizyphus, genre de la famille des Rhamnées, se compose d'arbrisseaux et de petits arbres, à rameaux grêles, à feuilles alternes ; à fleurs petites, axillaires; à fruits drupacés contenant un noyau osseux. L'espèce la plus intéressante est le Jujubier commun [Z. vulgaris), vulg. Ber, originaire de Syrie, mais depuis longtemps acclimaté dans tout le bassin de la Méditerranée. C'est un arbrisseau de 5 à 6 mètres de hauteur. Ses rameaux sont tortueux, armés de fortes épines, rapprochées deux à deuic, l'une droite, l'autre courbée en crocheL Son fruit»

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