JUSTICIER
en Angleterre, un jury d'accusation et un jury de jugement. Le premier fut supprimé en 1810. Le jurj^ a subi en outre de fréquentes modifications : il n'existe en France qu'en matière criminelle : il avait été question en 1791, et on en a plusieurs fois reparlé depuis, de l'établir aussi en matière civile. Le jury est actuellement régi par la loi du 21 nov. 1872. — Consulter : Aignan, Histoire du jury (1822) ; R. Philipps, Des pouvoirs et des obligations des jurys (trad. de l'angl., 1827), et les Manuels du juré de Ch. Berriat Saint-Prix et de C. Fenet. Jury d'expertise, d'expropriation, de revision. Voy.
EXPERT, EXPROPRIATIO.f Ct CONSEIL.
Jurys médicaux, commissions chargées d'examiner les officiers de santé, les pharmaciens et les herboristes. Institués par la loi du 19 ventôse an xi (1803), ces jurys ont été supprimés par le décret du 22 août 1854.
JUS (du lat. jus, bouillon, sauce), suc ou substance liquide qu'on retire des végétaux ou des animaux, par pression, par coction ou par infusion. Ainsi on dit jus de citron, jus d'orange, jus de viande, etc. Le commerce des /m« d,e fimits (groseille, cerise, mirabelle, abricot, framboise, fraise, pêcïie, etc.), pour limonadiers, pâtissiers et glaciers, a pris depuis quelques années une extension considérable. Voy. aussi extrait et viande.
On nomme jus d'herbes, sucs d'herbes, le mélange de certains végétaux dont on administre le suc comme dépuratif : tels sont la fumeterre, la bardane, le trèfle d'eau, ^ la chicorée sauvage, le cerfeuil, la poirée, le cresson, la pariétaire, etc. On conseille les jus d'herbes surtout au printemps.
Jus de réglisse. Voy. réglisse.
JUSANT (du b.-lat. jusum; de deorsum). Dans la Marine, ce mot est synonyme de reflux et opposé à flot ou
flux. Voy. MARÉE.
JUSÉE (de jus), eau acide qu'on emploie dans les tanneries pour gonfler les peaux. Elle se prépare ordinairement en faisant macérer dans une petite quantité d'eau l'écorce de chêne déjà épuisée par le tannage. La juséc renferme de l'acide lactique et de l'acide butyrique.
JUSQUIAME (du gr. uooxûajioî), Hyoscyamus, plante de la famille des Solanées, renferme des herbes à aspect sombre et livide, à odeur vireuse ; à feuilles alternes, sinueuses ; à fleurs solitaires, donnant pour fruit une pyxide biloculaire. L'espèce la plus commune est la Jusquiame noire [H. niger), vulg. Hennebane ou Hannebane, Potelée, Careillade. Sa tige est épaisse, rameuse ; ses feuilles molles, grandes, lancéolées, pubescentes; ses fleurs presque sessiles. La corolle, d'un jaune très pâle, est traversée de veines purpurines, réticulées. Cette plante croît dans toute l'Europe, le long des chemins, dans les lieux incultes, parmi lesdécombres. Elle est dans toutes ses parties un des poisons végétaux les plus redoutables. Ses effets sont dus à un alcaloïde [Voy. hyoscyamine) , dont les seules émanations, respirées un peu trop longtemps, peuvent produire la stupeur, des tremblements convulsift, un assoupissement léthargique, le délire, etc. Ses feuilles, ses jeunes pousses et sa racine, prises pour d'autres plantes et mangées par erreur, ont produit maintes fois la dilatation de la pupille, la paralysie des membres, ou même un délire furieux. Dans les cas d'empoisonnement par la jusquiame, il faut immédiatement administrer des vomitifs avec une grande quantité d'eau tiède, puis faire prendre des laxatifs et des acides végétaux. On fait avec les feuilles et les tiges fraîches de la jusquiame des cataplasmes contre les douleurs de goutte, l'engorgement et l'inflammation des mamelles, les contusions, les entorses, etc. On en retire une huile qui s'emploie en embrocations dans les mêmes cas, ainsi que dans les névralgies et dans les inflammations des oreilles. La fumée de ses graines brûlées peut aussi calmer les douleurs de dents.
JUSSIÉE (de B. de Jussieu), Jussisea, genre de la famille des Onagrariées, se compose de plantes herbacées, vivant dans les marais, à tige élevée, à feuilles alternes, à fleurs axillaires, ornées de belles couleurs. On les trouve en Amérique, à la Caroline, au Pérou, dans la Colombie.
JUSSION (du lat. jussio, ordre). On appelait autrefois lettres de jussion, des lettres scellées, adressées par le roi au jjarlement pour lui enjoindre de faire quelque chose qu'il avait refusé de faire, p. ex. d'enregistrer un edit. La lettre de jussion précédait le lit de justice, auquel on recourait si elle était reconnue inutile.
JUSTAUCORPS (pour 7M«<e au corps), espèce de vête-
ment étroit, à manches, qui descend jusqu'aux genoux, et qui serre le corps.
JUSTE (qdinte). Voy. qui.nte et intervalle.
JUSTICE (en l&i. justitia, de jus, droit). En Morale, la Justice est une des quatre vertus cardinales admises par les anciens [Voy. vertus). Elle s'y défmit comme ci-après dans le Droit naturel ; par suite, pour connaître les devoirs
au'elle nous impose, il faut discerner quels sont les droits e nos semblables qu'il suffit de respecter, comme la liberté, la propriété, etc., ct quels sont ceux qui exigent de nous l'accomplissement de certains actes, l'exécution de certaines conditions, soit en vertu d'une obligation naturelle, comme les rapports de droit entre parents et enfants, soit en vertu d'un engagement volontaire, comme un contrat, une société ; dans le premier cas, les devoirs sont négatifs ; dans le second, positifs. — Dans l'idée de la justice, qui consiste à traiter chacun selon son droit, est comprise celle de la justice distributive, qui est la dispensation des peines et des récompenses suivant le mérite ct le démérite. Elle ne peut être réalisée qu'imparfaitement dans la société; sous sa forme absolue, elle se confond avec la Justice divine {Voy. sanction). — Voy. Cicéron, Des Devoirs, I, 7-18 ; Franck, Eléments de Morale, etc.
En Droit naturel, la justice consiste à traiter chacun selon son droit [Voy. ce mot), à rendre à chacun ce qui lui est dû : justitia in suo cuique tribuendo (Cicéron,. Des Biens et des Maux, V, 23). — En Jurisprudence, quand on oppose le droit naturel au droit positif, on distingue la justice de l'équité ; dans ce cas, la justice est la< conformité à la loi écrite, et l'équité (du lat. œquitas,. égalité) consiste à traiter les autres hommes comme nos^ égaux, comme nous voudrions être traités nous-mêmes, selon les principes du droit naturel et de la morale. Parfois le jurisconsulte a besoin de recourir à l'équité pour éclairer le droit positif ou bien pour y suppléer. Si lemagistrat juge selon la justice seule, il applique rigoureusement la loi, ne voit que le fait, et n'entre pas dans la considération des circonstances et des intentions ; s'il tempère la justice par l'équité, il tient compte de la faiblesse et de l'erreur, du mérite et du démérite particulier : « Le magistrat, dit d'Aguesseau, joint à la loi, souvent trop, générale, le discernement des cas particuliers; il ajoute à la justice cette équité supérieure sans laquelle la duretéde la lettre n'a souvent qu une rigueur qui tue, et l'excès^ de la justice devient quelquefois l'excès de l'iniquité [summum jus, summa injuria). » La même distinctior» se retrouve dans les jugements moraux qu'on porte surles actes ordinaires de la vie.
JUSTICE, pouvoir institué pour faire respecter les droits, des citoyens, comprend l'ensemble du corps judiciaire,, c.-à-d. les tribunaux de toute espèce, les officiers et magistrats qui sont chargés de rendre la justice. — En France, toute justice émane de la Nation, et s'administre en son» nom.
On prend aussi quelquefois le mot justice comme synonyme de juridiction. C'est dans ce sens qu'on distingue Justice civile, J. criminelle, J. militaire, J. consulaire^ J. de paix, etc. — On distinguait en outre autrefois. haute, moyenne et basse justice seigneuriale suivant l'importance des causes soumises au juge.
'Les anciens avaient divinisé la Justice sous le nom de Thémis et ils en faisaient la fille de Jupiter. On la représente tenant d'une main une balance, de 1 autre un glaive nu..
iUSTICE (haute cour De). Voy. HAUTE COUR. justice (ministère DE La). Voy. MINISTÈRES.
justice de paix. Voy. juge de paix.
Déni de justice. Voy. déni.
Main de justice. Voy. main.
Maison de justice. Voy. prison.
JUSTICIE (du botan. Justi), Justicia, dite aussi Carmantine, genre de la famille des Acanthacées, renferme des arbrisseaux de l'Asie tropicale, à feuilles opposées, à fleurs disposées en épis terminaux, et 'accompagnées debractées et de bracteoles; les lobes des antlières sont tantôt rapprochés, tantôt écartés. On en cultive plusieurs espèces dans les jardins, entre autres la Justicie martre [J.coccinea), dite aussi Carmantine de Ceylan ct Noyerdes Indes.
JUSTICIER. Autrefois on appelait seigneur justicier le seigneur qui avait le droit de rendre la justice sur sesterres. Voy. justice et haut justicier.
Dans l'ancien royaume d'Aragon, le président des Etata-