LAITUE
eu sucre, il contient trois fois moins de matière grasse et de caséine.
Les médecins prescrivent l'usage du lait dans les convalescences lentes et pénibles des maladies de l'appareil respiratoire. Il convient dans les affections chroniques accomfiagnées de beaucoup d'irritabilité, et en particulier dans es maladies de l'estomac ; il agit efficacement dans l'albuminurie. Il est employé quelquefois dans les cas d'empoisonnement par les substances corrosives.
LAIT (fièvre de). Voy. FIÈVRE.
Lait d'amandes. Voy. émulsion.
Lait de beurre, lait écrémé. Voy. ci-dessus LArr.
Lait bleu, altération du lait qui se manifeste par une coloration bleue. Elle est due au développement d'un petit bacille et transmissible (naturellement et expérimentalement) d'un lait à un autre. Ce bacille, transporté dans du lait stérile, ne produit ni coagulation, ni acidification ; au contraire, la réaction devient alcaline. Dès le début, la couche superficielle prend une couleur ardoisée, qui se propage peu à peu dans tout le liquide ; par addition d'acide, cette coloration passe au bleu intense. Dans du lait non stérilisé, où se produit simultanément la fermentation lactique, la coloration est bleu-ciel dès le début. La matière colorante semble formée aux dépens de la caséine, tandis que le lactose ne subit pas d'altération.
Lait de chaux, préparé en délayant dans l'eau une quantité de chaux plus grande que celle qu'elle peut dissoudre : Ihydrate de calcium reste en suspension et forme un liquide blanchâtre opaque ; c'est ce qui le distingue de l'eau de chaux. On utilise les propriétés alcalines du lait de chaux dans une foule de préparations et d'opérations manufacturières : ainsi, c'est avec du lait de chaux que l'on défèque le jus des betteraves à sucre, etc.
Lait de poule, émulsion recommandée contre les rhumes et les maux de gorge, se prépare avec un jaune d'œuf qu'on délaye dans de l'eau bien chaude, sucrée et aromatisée d'eau de fleur d'oranger. La digestion en est quelquefois difficile.
Lait purgatif, se prépare avec de la résine de scammonée [0'',*] qu'on triture avec 10 gr. de sucre en poudre et sur laquelle on verse ensuite 100 gr. de lait pur et 3 ou 4 gouttes d'eau de laurier-cerise. C'est un purgatif d'une administration facile, mais qui ne doit pas être employé sans discernement.
Lait répandu, prétendue déviation du lait, à laquelle on attribuait autrefois la plupart des maladies des femmes en couches : c'est une opinion tout à fait erronée.
Lait de soufre. Les anciens chimistes appelaient ainsi une liqueur épaisse et blanchâtre qu'on obtient en précipitant à l'aide d'un acide le soufre d'un hyposulfite ou d'un polysulfure alcalin.
Lait végétal, nom sous lequel on désigne le suc de la plupart des plantes lactescentes et particulièrement du Galactodendron utile. Voy. artocarpe. ' " 1
Lait virginal, préparation cosmétique destinée à entretenir la fraîcheur du teint. Il suffit de verser goutte à foutte 10 gr. de teinture alcoolique de benjoin dans 00 gr. d'eau de rose ou de mélilot, et l'on obtient ainsi une liqueur laiteuse qu'il faut avoir soin d'agiter avant de s'en servir. Ce cosmétique a l'inconvénient de dessécher la
rieau. — On a aussi donné le nom de lait virginal à un iquidc blanc qui n'était autre chose que de l'extrait de Saturne, étendu d'eau ; son emploi est nuisible à la longue.
On nomme vulg. : Lait d'âne, le Laiteron ; L. battu, la Fumeterre ; L. de couleuvre, le Réveille-Matin; L. doré, le Lactaire délicieux ; L. d'oiseau, l'Ornithogale pyramidal: L. de Ste-Marie, le Chardon-Marie.
LAITE ou LAITANCE (du lat. lactés), organe de la reproduction chez les poissons mâles, s'étend dans la partie supérieure de leur abdomen. Il consiste en deux grands sacs, qui grossissent à l'époque du frai et sont alors abondamment remplis d'une matière moye, blanche et opaque, qui ressemble à du lait caillé et qu'on appelle aussi laite : cette matière est la liqueur fécondante des poissons. Lorsque la femelle a frayé, c.-à-d. lorsqu'elle a répandu ses œufs dans les eaux, le mâle vient les féconder en les arrosant de sa laite. La laite est une sutetance d'un goût agréable et très nourrissante : on estime surtout celle de la carpe, de l'alose, du hareng et du brochet. Celle de carpe s emploie en friture ou garniture. Les anciens étaient très friands de la laite des murènes qu'ils élevaient dans leurs ■nviers.
LAITEREAU, nom donné sur nos côtes au mâle de l'es* pèce d'Alose appelée Finte.
LAITERIE (de lait), lieu destiné à recevoir le lait et la crème, à faire le beurre et le fromage. Une bonne laiterie doit être excessivement propre, parfaitement aérée, et avoir une température constante, de 12 à 15° environ.
LAITERON ou laitron (du lait qui découle de leur tige quand on la casse), dit aussi Làceron, en lat. Sonchus, genre de la famille des Composées, tribu des Chicoracées^ analogue à la Laitue : tige pentagonale, calice imbriqué, ventru à la base; réceptacle nu; fruits comprimés, couronnés d'une aigrette courte, sessile, à soies capillaires. Les laiterons croissent rapidement, surtout dans les terrains un peu humides et profonds. Us constituent une excellente nourriture pour la plupart des bestiaux, principalement pour les bêtes à cornes, les pourceaux et les lapins. On peut aussi les manger soit cuits, soit crus, en salacle. Ils passent pour diurétiques et rafraîchissants. Les principales espèces sont le Laiteron commun [S. oleraceus) et le L- des champ» (S. arvensis), tous deux à fleurs jaunes, plus grandes chez. le dernier.
LAITEUX (du lat. lactosus). — Planlei laiteuses. Voy,
LACTESCENT.
Maladies laiteuses, nom donné vulgairement à diversesaffections qui surviennent à la suite des couches, et qu'on attribuait à une prétendue déviation du lait.
Croûtes laiteuses. Voy. gourme.
LAITIER ou LiTiER (de lait ou de lit!), masse vitrifiée^ opaque, qui, dans les fonderies de fer, surnage à la surface de la fonte. C'est essentiellement un silicate de calcium et d'aluminium qui peut contenir un peu d'oxyde de fer et de manganèse. La composition des laitiers varie avec la nature des fontes produites. Plus l'allure du haut fourneau est chaude et plus le laitier est blanc-grisâtre; plus l'allure est froide, plus le laitier est noir et cnargé d'oxyde de fer. — Les laitiers étant très abondants et encombrants, on » cherché à les utiliser : 1° en les coulant en gros blocs ; 2° en les granulant pour en faire du sable ; 3» en les unissant à un peu de chaux pour faire des briques ; 4" en jajoutant un peu de potasse ou de soude pour les transformer en verre à bouteilles; 5» en les transformant en un ciment hydraulique. En 1893, on a construit une cheminée d'usine en laitier de verre.
LAITIER, ou Arbre à lait. Voy. polygale.
LAITON ou CUIVRE jaune. Voy. cuivre. — Les Alchimistes appelaient : Laiton rouge des philosophes l'or; Laiton blanc, le mercure.
LAITRON. Voy. laiteron.
LAITUE, Lactuca, genre de la famille des Composées,, tribu des Chicoracées, renferme des plantes heroacées, lactescentes, à feuilles glabres ; à fleurs jaunes, bleues ou purpurines, en capitules étroits allongés ordinairement nombreux et réunis en panicules. Ces plantes croissent dans tout l'hémisphère septentrional. L'espèce principale, la Laitue cultivée (L. sativa), fournit près de 200 variétés,
Îui paraissent provenir de trois races principales : 1° la ,. pommée, à feuilles concaves; 2" la L. frisée, à feuille» crépues, découpées et dentées; 3» la L. romaine ou Chtcon, à feuilles allongées et plus étroites à leur base : cette dernière est ainsi nommée sans doute parce qu'elle était en grande vogue chez les Romains. Les laitues cultivées se mangent soit crues, en salades, soit cuites ; elles constituent un aliment sain et agréable, mais peu nourrissant. Elles sont rafraîchissantes, diurétiques, et procurent du sommeil. — Pour obtenir des laitues plus tendres et
S lus blanches, on en relève toutes les feuilles au moyen 'un lien de paille, ce qui les fait blanchir presque entièrement. Pour obtenir des laitues de primeur, on sème en août, et l'on repique avant les froids dans un lieu abrité et bien expose ; dès les premiers beaux jours, on repique une seconde fois dans une terre bien meuble, ou, mieux encore, sur une couche nouvellement montée. L'Escarole, que l'on range quelquefois à tort parmi les Laitues, est ime variété de Chicorée. Voy. ce mot.
Les graines de laitue contiennent une émulsion rafraîchissante et calmante; on en retire, par expression, une lK)nne huile à manger, dont les Egyptiens font un grand usage. Les Pharmaciens préparent une eau distillée de laitue qui entre dans la composition d'un grand nombrede potions calmantes. — On tire de la laitue un suc amer et narcotique, connu sous le nom de lactiicarium [Voy. ce mot). La L. vireuse (L. virosa) renferme un suc plu*