‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 879 sur 1729 · LAVANDIÈRE · texte numérisé non relu

LAVANDIÈRE

LAWiN-TENMS

bractées aiguës. Elle est commune sur les rochers de la Provence, où les abeilles y recueillent un miel très doux cl (|ui conserve l'odeur de la plante. Un la cultive en bordure dans les jardins. La lavande est tonique, cordiale, stomachique ; sa saveur est chaude, aromatique et amère. Elle répand, même desséchée, des émanations très fortes, mais suaves ; on la renferme dans les armoires, pour garantir des mites et autres insectes les vêtements de laine ; on s'en sert aussi pour masquer les mauvaises odeurs. On en retire, par la distillation, une huile essentielle, dite huile d'aspic : cette huile est jaune, d'une forte odeur aromatique et contient un hydrocarbure analogue à la tércbenthnie et au camphre. Un l'emploie dans la médecine vétérinaire et pour la préparation de certains vernis. Les pécheurs en recouvrent l'appât de leurs lignes pour faire mordre le poisson. — La L. vraie [L. vera) a une odeur moins forte et plus agréable que la précédente : c'est elle qui sert à la préparation de leaii de lavande ; elle croît sur les collines du midi de la France. — La L. stœchas s'emploie comme antispasmodique : on la prescrit dans les asthmes humides et les alTections pulmonaires avec atonie.

LAVANDIÈRE, oiseau. Voy. bergeronnette.

LAVANÈSE ou faux indigo. Voy. gai.ega.

LAVANGE ou lavanche (du lat. lavina). On nomme ainsi, dans les Alpes et les Pyrénées, des torrents de boue et de pierres qui, souvent, après de violents orages, coulent du flanc des montagnes et ravagent tout sur leur Îiassage, engloutissant les Habitations et comblant les valées. — On donne aussi ce nom à la chute d'un pan de falaise ou d'un pic miné par les eaux ou usé de vétusté.

LAVARET, Coregonus, genre de Poissons malacoptérygieiis abdominaux, de l'ordre des Squamodermes, famille des Salmonidés. Ils ont à peu près l'organisation des truites, mais ils ont la bouche moms fendue, les écailles beaucoup plus grandes. On en distingue beaucoup d'espèces : le Lavaret propr. dit [Salmo Wartmanm), qu'on trouve en Suisse et dans les lacs duBourgct et de Constance, la Fera [C. fera), la Gravanche (C. hiemalis), la Palée noire [C. palaea), des lacs de la Suisse ; la Marène [Salmo marœna), abondante en Poméranie ; le Sik (S. sikus), des rivières de Norvège; le Hoiitiny (S. oxyrhynchus], de la mer du Nord, etc. Tous ces poissons ont une chair fort délicate.

LAVATÈRE (de Lavater), Lavalera, genre de la famille des Malvacées, tribu des Malvées, renferme des arbres, des arbrisseaux et des herbes à feuilles alternes, pétiolées, lobées ou anguleuses; à fleurs axillaires. On cultive dans les jardins la L. en arbre, la L. à feuilles pointues, la L. à grandes fleurs, la L. écarlate, etc.

LAVE (du napolit. lava, averse), matière en fusion qui s'épanche des volcans par le cratère ou par des fissures latérales et qui coule sur les flancs du cône volcanique. La température de certaines laves incandescentes est supérieure à liOOO» et leur refroidissement se fait d'une manière très lente, surtout dans l'intérieur de la coulée. En se solidifiant, la lave donne naissance à des roches de composition très variable, tantôt compactes, tantôt poreuses, basiques ou acides, mais contenant toujours une forte proportion de matière vitreuse, contenant souvent des cristaux de feldspath, de leucite, de péridot, etc. Leur aspect extérieur est généralement celui d'une roche noire ou grise, plus ou moins poreuse. On distingue des laves basaltiques, des laves trachytiques, etc., selon que leur composition se rapproche de celle du basalte, du trachyte, etc. La nature miiiéralogique de la lave varie d'un volcan à un autre, mais elle varie également dans un même volcan : les coulées sont généralement d'autant plus acides que leur lieu d'origine est situé plus près du sommet du cratère. On trouve des laves dans toutes les régions présentant des volcans en activité ou des volcans éteints, comme par exemple l'Auvergne, la Prusse rhénane, l'Islande, etc. On utilise les laves pour la construction : la pierre de Vol vie, employée pour les trottoirs, est une lave ; la pouzzolane de Saint-Paul à Rome est une lave pulvérulente.

Peinture sur lave. Les procédés sont les mêmes que pour la peinture en émail. Cette peinture a, pour les décorations monumentales, l'avantage de résister à l'humidité et elle peut, sous ce rapport, remplacer la mosaïque. Elle a été inventée en 1829 par Morlelèque, fabricant de couleurs vitrifiablcs. Voy. émail.

LAVEMENT (du lat. lavamentum) , dit aussi Clystère, injection d'un liquide dans le gros intestm, au moyen de .

la seringue, du clyaoir-irrigateur ou du clytopompe. Le liquide ainsi injecté pénètre jusqu'à la valvule iféocœcale, lubrifie la muqueuse intestinale, est absorbé en plus ou moins grande quantité, et produit des effets qui varient selon la nature du fluide ou des substances employées à sa préparation et selon leur quantité. — C'est sous le règne de Louis XIV que le mot clystère (du gr. xXuaxT^p), seul usité jusque-là, fut remplacé par celui de lavement ; toutefois ce ne fut pas sans difficulté que ce dernier fut adopté : certains rigoristes se scandalisèrent parce que le mot lavement est employé dans les cérémonies de l'Eglise.

Lavement des pieds. C'était, chez les Juifs, une civilité ordinaire qu'ils faisaient à leurs hôtes au moment de leur arrivée : Jésus-Christ, suivant cet usage, lava les pieds aux Apôtres le jour de la Cène : d'où la cérémonie qui s'accomplit à l'Eglise le Jeudi saint. — Sous l'ancienne monarchie, le Jeudi saint, le roi lavait les pieds à des petits garçons ou à des pauvres, en commémoration de cet acte de la sainte Cène.

LAVEUR DE cendres. Voy. lavure.

LAVIGNON ou lavagnon, Mactromya, genre de Mollus-

?[ues acéphales, de l'ordre des Orthoconques sinupalléales, amille tles Tellinidées : coauille ovale, comprimée, mince, dont les impressions palléales présentent un grand sinus anal, et munie de trois impressions musculaires ; charnière formée de deux dents cardinales et de dents latérales et présentant un cuilleron destiné à recevoir un ligament intérieur et extérieur à la fois. — Les Lavignons se rencontrent à l'état fossile depuis l'étage bathonien. Ils vivent aujourd'hui enfoncés dans la vase.

LAVIS (de laver), genre de peinture qui consiste à employer sur le papier, avec l'eau pure et des pinceaux, l'encre de Chine et les couleurs gommées : l'artiste semble ainsi laver le papier avec son pinceau en le frottant de couleur à pleine eau. — Pour exécuter un lavis, on trace d'abord légèrement le trait au crayon ou au pinceau, puis, mêlant à l'eau la couleur dont on veut faire usage, on opère ou sur du papier blanc avec du bistre, de l'encre de Cnine, de l'indigo, de la sépia, ou sur du papier coloré, avec les mêmes couleurs rehaussées par le blanc et la gouache. Tantôt on commence par les masses, pour s'occuper ensuite de fondre, d'adoucir les teintes, de donner des touches, en un mot pour terminer par les détails; tantôt on [•rend la marche inverse (ce qui donne au dessin du brilant et de la transparence). Une seule couleur suffit au lavis, et les ombres sont déterminées par des teintes plus ou moins fortes, ainsi que les clairs. — Bien que le lavis semble froid au premier aspect et qu'il soit surtout employé pour le dessin géométrique, il a l'avantage de rendre les idées avec promptitude : Raphaël, Lebrun, Mignard, Lesueur, etc., en usaient pour tracer les esquisses de leurs peintures murales.

LAVOIR (de laver), emplacement disposé de manière que l'on puisse y laver commodément. Les conditions essentielles de la construction sont : qu'on puisse s'y agenouiller pour tremper le linge ou les pièces à laver; que des tréteaux étroits d'à peu près 0 m. 50 ou 0 m. 60 de hauteur reçoivent ces pièces soit avant, soit après le lavage, et qu'une planche un peu en talus, au niveau du sol et très

fieu au-dessus de 1 eau, soutienne la pièce même qu'on rotte, qu'on bat ou qu'on presse. Plusieurs villes ont des lavoirs publics : depuis la loi du 3 février 1851, il en a été établi un grand nombre à Paris.

LAVURE (de laver], se dit, en termes de Monnayage et d'Orfèvrerie : 1° de l'opération qui a pour but de retirer l'or et l'argent des cendres, terres ou creusets dans lesquels on a fondu ces métaux; 2° du métal que l'on retire au moyen de cette opération. — Ceux qui sont chargés de l'opération sont dits laveurs de cendres.

LAWN-TENNIS (jeu dc), combinaison anglaise de nos jeux français de longue et de courte paume. Les dames et les enfants peuvent prendre part à ce jeu, qui se joue ordinairement à deux ou à quatre joueurs dans les parcs ou dans les jardins. Un filet semblable à celui de la courte paume et tendu comme' lui verticalement sépare en deux carrés égaux un rectangle tracé sur le sol. Ces carrés reçoivent eux-mêmes d'autres subdivisions qui assignent les places des joueurs. Les balles lancées et renvoyées à coups de raquette <loivent passer au-dessus du filet. Toute balle qui n'a pu être renvoyée par un camp compte pour un point en faveur du camp opposé. Le camp qui possède le service,

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