LÉGENDE
et plusieurs méthodes de lecture ont été proposées. Ces méthodes peuvent être divisées en deux classes : M. synthétiques, dans lesquelles on va des éléments aux composés, des lettres aux syllabes, des syllabes aux mots ; et M. analytiques, dans lesquelles on descend des mots aux syllabes, des syllabes aux lettres.
La méthode synthétique est presque universellement adoptée ; mais elle se produit elle-même sous des formes très diverses : 1° la M. d'épellation vulaaire, qui consiste à enseigner d'abord toutes les lettres de l'alphabet, avec les dénominations que leur a données l'usage, puis à assembler les lettres en syllabes, en énonçant successivement le nom de chacune d'elles; 2" la M. de Port-Royàl (ainsi nommée parce qu'on la trouve recommandée dans la Grammaire raisonnée de Port-Royal), quî consiste à donner à toutes les consonnes un moue de terminaison uniforme, savoir, le son de l'e muet, de manière à n'avoir qu'une seule règle à prescrire pour l'épellation, celle de l'élision de l'e; S» la M. syllabique, adoptée dans la plupart des écoles d'enseignement mutuel, qui épargne à l'enfant le travail fastidieux de l'épellation, en lui présentant toutes les syllabes dans des tableaux gradués, et en lui faisant prononcer la syllabe d'un seul jet sans la décomposer.
Dans la méthode analytique, on présente dès le début à l'enfant des mots entiers, en choisissant ceux qui lui sont le plus familiers [papa, joujou, etc.); puis on lui fait retrouver ces mots, en tout ou en partie, dans des mots plus étendus ; on lui fait ainsi découvrir par lui-même les syllabes élémentaires, et enfin les lettres. Exposée d'abord en 1790 dans un livre intitulé la Vraie Manière d'ap-
{ rendre une langue, cette méthode a été perfectionnée par emare, adoptée par Jacotot, et appliquée avec succès par M. Laffore, qui l'a nommée statiléqte (1840) ; toutefois elle n'est guère applicable que dans des éducations privées.
On a proposé, en outre, mille procédés divers pour rendre agréable et facile l'étude de la lecture, tels sontj les dés à facettes de Charrier, qui portent gravés d'un côté toutes les voyelles, de l'autre toutes les consonnes; les cartes, les ^ches et dominos de Pluche, adoptés par l'abbé Gaultier, sur lesquels sont tracés des lettres, des syllabes, des mots; le bureau typographique de Dumas, espèce de casier, avec lequel l'enfant s exerce à retrouver les diverses lettres et à les combiner de mille manières ; la lecture par l'écriture de Viard ; enfin les nombreux syllabaires à images, comme l'alphabet historique de Vallange, le quadrille de Bertaut, le miroir de la nature de Basedow, le loto-lecteur de Th. Lebrun, etc.
Il a été publié une foule A' Abécédaires et de Syllabaires, adaptés chacun à l'un des systèmes précédents. Il suffira de citer : les Tableaux de lecture de Lamotte, Lorain et Michelot ; la Nouvelle Méthode de lecture de Mialle ; la Citolégie de Dupont; le Syllabaire- Atlas, les Tableaux de lecture, etc., de Régimbeau, etc.
Lecture à haute voix. Voy. l'Art de la Lecture de M. Legouvé. Voy. aussi prononciation.
LÉCYTHIDE (du gr. "kfyf.u^oz, flacon), Lecythis, genre de la famille des Myrtacées, type de la tribu des Lécythidées, dont quelques-uns font une famille. Ce sont des arbres ou des arbrisseaux de l'Amérique équinoxiale, à feuilles alternes non parsemées de points glanduleux comme les myrtes ; à fleurs axillaires et terminales. Les fruits, vulg. appelés marmites de singes, servent aux indigènes en guise de tasses et de vases. — La tribu des Lécythidées renferme les genres Lecythis, Bertholletia, Couratari, Elshotzia, etc.
LÉDA, genre de Mollusques acéphales, de l'ordre des Orthoconques sinupalléales, type de la famille des Lédidées : coquille ovale, oblongue, fermée, présentant deux impressions musculaires à chaque valve ; ligament interne ; charnière formée de dents et de fossettes très nombreuses, disposées sur une même ligne. Les Lédas se distinguent des Nucules, auxquelles elles ressemblent par leur charnière, d'abord par le sinus anal de l'impression musculaire, puis par la forme rostrée de leur coquille, par le manque de nacre, et enfin par les deux tubes dont l'animal est pourvu. — Les Lédas se rencontrent à l'état fossile depuis l'étage silurien, et existent encore aujourd'hui dans toutes les mers.
LÉDA, 38* petite planète, trouvée le 12 janv. 1856 par Chacornac, à Paris. Voy. planètes.
LÉDIDÉES. Voy. lgda.
LÉDON, Ledum, genre de la famille des Ericacées, tribu
des Rhododendrées, renferme des arbustes à odeur pénétrante et agréable qui croissent dans les lieux ombragés et marécageux de l'Europe centrale et de l'Amérique du Nord. Le Lédon à larges feuilles [L. latifolium), vulg. Thé du Labrador, est aromatique et peut remplacer le thé: le L. des marais, ou Romarin sauvage, s'emploie en Allemagne pour donner du goût à la bière.
LÉGALISATION (de légal), déclaration par laquelle un officier public atteste la vérité des signatures apposées à un acte, ainsi que les qualités de ceux qui l'ont fait et reçu, afm qu'on y ajoute foi. En général, cette formalité est exigée pour les actes produits hors du lieu où ceux nui les ont délivrés exercent leurs fonctions. Sont susceptibles d'être légalisés les extraits d'actes de l'état civil, les actes notariés, les certificats de vie, les actes administratifs. La légalisation est donnée par le supérieur immédiat du fonctionnaire qui a délivré l'acte. Elle n'est Fias nécessaire pour établir l'authenticité de l'acte ni la vaidité du certificat de vie, mais le défaut de légalisation peut faire suspendre l'exécution. — La signature des simples citoyens est légalisée par le maire de la commune qu'ils haoitent ou le commissaire de police. — Les actes passés en France dont on veut faire usage à l'étranger, doivent être légalisés d'abord dans la forme ordinaire ; puis une nouvelle légalisation doit être donnée par le ministre des Affaires étrangères et par le ministre particulier accrédité en France au nom du pays dans lequel l'acte doit être produit. S'il s'agit au contraire d'un acte passé à l'étranger dont on veut se servir en France, on le fait d'abord légaliser à l'étranger, dans le lieu de sa résidence, par le consul ou l'ambassadeur français, puis viser par le ministre des Aifaires étrangères, à Paris.
LÉGAT (du lat. legatus), nom donné jadis, dahs l'Empire romain, aux délégués de l'empereur chargés de le représenter dans les provinces, et aujourd'hui aux représentants du Souverain Pontife. Voy. légat au Dict. d'Hist. et de Géogr.
LÉGATAIRE. Voy. legs.
LÉGATION (du lat. legatio). Ce mot désignait, avant 1860, dans les Etats de l'Eglise, une division administrative gouvernée par un légat. La légation a disparu avec le pouvoir temporel des papes. — En Diplomatie, on entend par légation le personnel d'une ambassade.
LEGATO, mot italien qui signifie « lié », c.-à-d. qu'on doit soutenir le son de chaque note jusqu'à ce qu'on ait attaqué la suivante ; l'opposé esl staccato.
LÉGENDAIRE (de légende), auteur qui a composé soit une, soit plusieurs légendes de saints. Les légendaires sont excessivement nombreux. Beaucoup d'entre eux sont anonymes. Dans un sens plus étroit, on appelle légendaires les compilateurs de légendes. Voy. légende et hagiogra-
PHES.
LÉGENDE (du latin legenda, ce qu'il faut lire). 1. Dans le langage ecclésiastique, ce terme désigna d'abord les versets que l'on récitait dans les leçons des matines, et fut ensuite appliqué aux Vies des Saints et des Martyrs, parce qu'on devait lire ces vies dans les réfectoires des communautés et des monastères. Transmises oralement et par l'écriture, ces légendes se répandirent proinptement et se multipHèrent d'une manière extraordinaire. Presque toutes sont en prose latine; le ton en est simple et naïf; les expressions tirées de la Bible ou des Pères y abondent; la diction, souvent barbare, ne manque pas d'une certaine grâce. Au premier rang des légendes, il faut mettre la Légende dorée, compilation de vies des saints due à Giacomo da Varaggio (Jacques de Voragine), né en 1250 à Varaggio, mort en 1298 évêque de Gênes. Cet ouvrage a été traduit plusieurs fois en français (cf. trad. de G. Brunet, 2 vol. in-S", 1843). Sous le titre à'Acta Sanctorum, Jean BoUand, jésuite flamand (1596-1665), commença une publication où il traitait des vies et des fêtes des saints. Huit volumes parurent de son vivant. Après lui, cette œuvre immense fut continuée par des religieux en très grande majorité jésuites et qu'on a appelés du nom général de Bollandistes. La collection dépasse aujourd'hui le t. LX. Voir pour l'histoire des légendes : Alfred Maury, Légendes et croyances de l'antiquité, 1S63; G. Monod, Essai sur les légendes pieuses au moyen âge, 1843; art. bollandistes dans V Encyclopédie des Sciences religieuses.
II. On appelle aussi légende le récit merveilleux et populaire de quelque événement antéliistorique ou l'his-