‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 882 sur 1729 · LÉGITIMATION · texte numérisé non relu

LÉGITIMATION

toire fabuleuse d'un personnage assez grand pour avoir frappé rimagination de la foule. De tout temps le peuple a créé des légendes : malgré la presse et la diffusion de l'instruction, nous les voyons naître à chaque instant sous nos yeux. Cliarlemagne et ses guerriers ont fourni au movén âge le sujet de légendes nombreuses, développées

Elus tard et répandues partout par les chansons de geste, 'histoire de Jeanne d'Arc, si merveilleuse déjà par ellemême, est rapidement devenue une légende. Charles le Téméraire, le grand duc d'Occident, eut sa légende, et beaucoup ne voulurent pas croire qu'il fût mort devant Nancy en 1477. De nos jours Napoléon, vaincu par l'Europe et exilé sur le rocher de Ste-Hélène, devint, grâce à ses malheurs et à son éloignement, un personnage légendaire. Les poètes, Béranger et Victor Hugo entre tous, contribuèrent à rendre populaire la légende napoléonienne d'où est sorti le second Empire. Tant qu'il y aura des hommes et que l'imagination et le sentiment prévaudront chez eux sur la raison, il y aura des légendes. — Yoy. sur la formation et l'explication des légendes la Science du langage, par Max Mûiier.

LÉGENDE. Pris conune terme monétaire, ce mot se dit de toute inscription gravée sur l'une des faces ou sur la tranche des médailles, monnaies, jetons, etc. — Dans les

fremiers temps, les légendes furent courtes, se bornant à indication de la ville où la médaille avait été frappée ; plus tard elles y joignirent les noms des divinités, des magistrats, des rois, la valeur de la monnaie, etc. Très souvent pourtant on en voit qui se réduisent à de simples monogrammes. Les légendes au moyen âge furent écrites en latin. Sous les Mérovingiens, elles renfermèrent le nom de la ville et celui du monétaire ; sous les Carolingiens, le nom du roi s'y trouve seul. Pendant la troisième race, les légendes deviennent reUgieuses : la légende Sit nomen Domini benedictum date de St Louis. En 1685, on commença de marquer les monnaies sur la tranche avec la légende Domine salvum fac regeni, qui fut remplacée sous la République par les mots Garantie nationale, et sous l'Empire par Dieu protège la France. Sur les faces, les légendes se disposent soit circulairement, soit en ligne droite. Depuis longtemps la légende circulaire occupe la face proprement dite, et la légende rectiligne le revers : la première donne les noms, titres, etc., du personnage représenté ; la seconde indique la valeur de la pièce, l'année, le lieu, l'événement, etc. Beaucoup de ces indications sont en abrégé ou symlwliques. Aussi, pour bien lire des légendes monétaires, faut-il avoir une connaissance spéciale de la langue et des dialectes, de la paléographie, de la séméiotique. Voy. MrscissuTiQUE.

LÉGÈRES (poésies). Voy. fcgitives (poésies).

LÉGILE (du lat. legilis, qui sert à lire), pièce d'étoffe dont on cou^Te le pupitre sur lequel on chante l'épître et l'évangile aux messes solennelles.

LÉGION (lat. legio, de légère, lever). C'était, dans l'année romaine, un corps de troupes qui repondait comme unité à noire régiment. Il était composé d'infanterie, avec une fraction de cavalerie,, environ le quatorzième. Les soldats de la légion furent d'abord disposés d'après leur position de fortune et l'armement qu'ils pouvaient se procurer. Cette ordoimance vicieuse fut abandonnée à partir de Camille, qui établit la solde. Le chiffre des hommes de la légion a beaucoup varié : après Camille elle fut de 4200 fantassins et 500 cavaliers. Marins la porta à 6000. Il ne faut pas oublier que les alliés et les auxiliaires doublaient environ l'effectif de la légion. La légion était divisée en quatre classes, d'après l'âge, la valeur et les états de service des légionnaires. Les trois premières classes étaient ellesmêmes divisées en 30 manipules ou pelotons, et le manipule lui-même en deux centuries. En bataille la légion se tenait sur trois rangs correspondant aux trois classes : 1° les haslaires (de hasta, lance) ; 2» les principes (en latin, premiers); 5° les triaires (de très, trois). Ces derniers étaient des vétérans d'un courage éprouvé : c'étaient eux aux(|uels on en appelait en cas de danger. La quatrième classe, les vélites, composait l'infanterie légère. Dans Thistoire militaire de l'humanité, la légion romaine a pu être égalée, elle n'a jamais été dépassée.

En France, nous avons eu aussi des légions, moins célèbres que celles de Rome. François I" essaya de créer une année permanente en créant des légions provinciales. L'idée était bomie et Monluc la loue beaucoup ; mais l'exéeuliuu fut moins bonne et les légions disparurent. Le mot

légions fiit aussi employé pour la garde nationale jusqu'à Napoléon IIÏ. Notre armée conserve encore un corps spécial, la légion étrangère, qui se recrute parmi les étrangers de toute provenance et qui a déjà de glorieux états de service.

LÉGION d'ho.nxecr (ordre DE la). Ordre fondé par une loi du 29 floréal an X (19 avril 1802], pour récompenser les services militaires et le mérite civil ( Voy. pour son organisation primitive l'article légion d'hosseur au Dict. d'Hist. et de Géogr.). Modifié par l'ordonnance du 26 mars 1816, par les décrets des 24 mars 1851, 22, 25 janv. et 29 évrier 1852, l'ordre a été réoi^ganisé par le décret organique du 16 mars 1852. Il est dirigé par im grand chancelier assisté d'un conseil national nommé par le président de la République. Il comprend des chevaliers, des officiers, des commandeurs, des grands-officiers et des grandscroix. — Consulter les Fastes de la Légion d'honneur de MM. Lievvns, Yerdot et Bégat (1842 et suiv.) ; l'Annuaire de (a Légion d'honneur (1853, etc.).; le Livre d'or de la Légion d'honneur, formé après l'mcendie du palais en 1871.

LÉGISLATIF (corps), assemblée législaute. Voy. ces mots au Dict. d'Hist. et de Géogr.

LÉGISLATION (du lat. legislatio). Ce mot se prend dans deux sens. Il désigne : 1° l'ensemble des lois d'un pays (la loi française, la loi allemande), et en ce sens il est synonjTne de Droit ( Voy. ce mot) ; 2° l'acte de faire les lois, par opposition aux lois qui sont faites, et en ce sens on oppose législation à droit, et l'on dit p. ex. au' en Droit telle chose existe et qu'en Législation il vaudrait mieux qu'elle ne fût pas. — Parmi les ou>Tages sur cette matière, on dislingue : l'Esprit des lois de Montesquieu; les Lois civiles dans leur ordre naturel de Domat ; le livTe de Mably, De la législation ; la Science de la législation de Filangieri; les écrits de Benlham, etc. l'oy. lois et jurisprudence.

Un arrêté, en date du 27 mars 1876, a ordonné la formation, au ministère de la justice, d'une Collection des Lois étrangères. Un comité est chargé de veiller au classement et à la conservation des documents qui doivent y figurer, et de signaler au ministre les lois étrangères dont il paraîtrait utile de pubUer des traductions. La Société de législation comparée, à Paris, s'occupe aussi de réunir les monuments les plus importants des législations des divers peuples.

législation SANITAIRE. Elle règle l'hygiène publique [Voy. HTGiÈNE et salubrité) et comprend : l" l'exercice de la médecine et de la pharmacie; 2° la vente des poisons et des remèdes secrets ; 3° les eaux minérales (inspection et surveillance des sources) ; 4" la vente des denrées alimentaires et des boissons; 5» l'hygiène industrielle; 6* les logements et les localités insalubres ; 7° la vérification des décès et des inliumations ; 8" les questions relatives à la souillure des cours d'eau ; 9° la protection des enfants en bas âge; 10° les maladies contagieuses (police sanitaire maritime ; médecins des épidémies) ; 11" la police sanitaire des animaux.

LÉGISLATURE. Se dit de l'ensemble des pouvoirs qui concourent à la formation des lois, et du temps légal d'existence d'une chambre élue, depuis son installation jusqu'à l'expiration de ses pouvoirs.

LÉGISTE (du b.-lat. legista; àt lex, legis, loi), celui

3ui fait profession d'étudier la loi : ce mot est synonyme & jurisconsulte {Voy. ce mot). — Dans l'histoire du Droit on appelle plus spécialement légistes les défenseurs du pouvoir civil, sous l'ancienne monarchie et particulièrement depuis Philippe le Bel, contre le pouvoir ecclésiastique ou seigneurial.

LÉGITIMAIRE, celui qui a droit aune légitime. Voy. ce mot.

LÉGITIMATION (de légitime], acte par lequel on rend légitime un enfant naturel reconnu. Elle se fait aujourd'hui par le mariage subséquent des parents, et assure aux enfants les mêmes droits que s'ils étaient nés de ce mariage (C. civ., art. 331-533). — Autrefois la légitimalion pouvait s'opérer par lettres de chancellerie; nos rois, Louis XIV surtout, usèrent de cette faculté pour légitimer leurs enfants naturels et même adultérins. Les bâtards ainsi légitimés avaient le droit de porter le nom et les armes de leur père ; ils étaient seulement obligés de mettre dans leurs armes une barre, pour se distinguer des enfants légitimes. Divers pays (Allemagne, etc.) connaissent encore la légitimation par ordonnance du prince à côté

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