LIBRAIRE
LIBÉRAL (du lat. liberalis), ce qui convient à l'homme libre. — Arts libéraux. Voy. art.
Pris substantivement, le mot libéral a désigné, dans le langage politique, surtout depuis la Restauration, mais d'une manière un peu vague, les hommes dévoués à la défense de la liberté, des droits conquis par la Révolution.
— Le libéralisme est l'ensemble des doctrines professées par les libéraux.
LIBÉRALITÉS (du lat. liberalitas), en Droit. Voy. donation et <juoTiTÉ disponible.
LIBÉRATION (du lat. liberatio), se dit, en Droit et en Administration, ae la décharge d'une dette ou d'une servitude, et de l'affranchissement du service militaire. On est libéré d'une dette par le payement, la novation, la remise volontaire du titre; au service militaire, par l'exemption ou le congé. Voy. ces mots.
LIBERATRIX, 425' petite planète, trouvée le 14 sept. 4872 par Prosper Henry, à Paris. Voy. planètes.
LIBÉRÉ (forçat). Voy. forçat.
En termes de Finance et de Commerce, on appelle action libérée celle dont le souscripteur a versé le montant intégral. Voy. action.
LIBERTÉ (du lat. libertas). Ce mot a plusieurs sens :
— I. La Liberté physique consiste dans le pouvoir d'agir sans obstacle et sans contrainte. Elle appartient à l'homme qui dispose pleinement de ses organes ; elle lui est commune avec 1 animal.
II. La Liberté morale, indépendante de la précédente, avec laquelle on la confond souvent, est le caractère de la volonté qui se détcrmhie spontanément, c.-à-d. avec conscience et sans contrainte. Pour se rendre compte de sa nature et de ses conditions, il suffit de s'observer quand on prend une détermination {Voy. volonté) : on sent qu'on peut la prendre ou ne pas la prendre, la garder ou l'abandonner. En outre, la réalité de la liberté nous est prouvée, indirectement par les faits moraux qui la supposent : d'abord la loi morale, puis les peines et les récompenses, le remords et la satisfaction de conscience, etc. (Voy. devoir, responsabilité).
— Le rôle de la liberté consiste à choisir entre les impulsions des appétits et des désire, les calculs de l'intérêt et les idées de la raison : par là, elle est la condition de la moralité, qui veut le bien pour le bien [Voy. bien, destinée). Elle est susceptible de degrés : elle varie suivant le développement de la réflexion et l'empire que l'homme exerce sur ses appétits et ses désirs; elle est plus forte dans l'âge viril que dans l'enfance ; elle peut être modifiée, mais non supprimée, par le tempérament, les passions, le caractère, l'éducation, les hanitudes etc., principes des vertus et des vices. — Le système opposé au dogme de la liberté est le déterminisme {Voy. ce mot). Ses objections se réfutent par l'examen des théories sur lesquelles il s'appuie : les objections théologiques, par l'étude des attributs de Dieu, de la prescience et de la grâce; les objections métaphysiques, par une discussion approfondie de Voptimisme, du panthéisme, de Vempirisme, du positivisme, etc.; les objections psychologiques, par la distinction du désir et de la volonté; les objections physiologiques, par la considération des rapports de l'esprit avec le corps {Voy. tous ces mots). — Consulter : Aristote, Éthique à Nicomaque (III, 6) ; Bossuet, Traité du libre arbitre; Kant, Critique de la raison pratique; Rabier, Psychologie; Fonsegrive, le Libre Arbitre.
III. La Liberté civile consiste dans l'ensemble des droits naturels que l'homme doit exercer dans toute société {Voy. droit naturel); elle comprend : lai. individuelle, droit de n'être privé de la liberté de sa personne que dans les cas prévus par la loi et selon les formes qu'elle détermine {Voy. arrestation, détention préventive, circulation, surveillance, etc.) ; la L. d'action, pouvoir de faire tout ce qui n'est pas défendu par la loi; la L. du travail, faculté d'exercer son industrie sans entrave {Voy. travail); h L. de penser et d'exprimer sa pensée avec une entière indépendance sur toutes les matières, philosophie, religion, gouvernement, etc.; 'la L. de conscience, droit de professer les opinions religieuses que l'on croit les plus conformes à la vérité, etc. — La Liberté politique est la jouissance des droits que la Constitution et les lois du pavs accordent à chaque citoyen. — Voir John Stuart Miil, la Liberté.
Les Romains avaient fait de la Liberté une divinité,
fille de Jupiter. Tibérius Gracchus lui bâtit un temple i Rome, sur le mont Aventin : la Liberté y était représentée sous la figure d'une matrone vêtue de blanc, tenant un sceptre d'une main, une pique surmontée d'un bonnet de l'autre, et ayant à ses pieds un chat, animal ennemi de toute conlramte (le bonnet faisait allusion à l'usage c^u'avaient les Romains de couvrir d'un bonnet la tête de 1 esclave qu'ils voulaient affranchir). En France, pendant la Révolution, sous l'influence de l'antiquité, on fit revivre la déesse Liberté, et l'on substitua ses statues aux statues des rois. Dans plusieurs solennités on vit fiçurer, auprès de la déesse de la Raison, des déesses de la Liberté, représentées par des femmes.
Liberté du comtnerce, libre échange. Voy. échange.
Liberté des cultes. Voy. culte.
Liberté d'enseignement. Voy. enseignement et instruction PUBLIQUE.
Liberté de la presse. Voy. presse.
Liberté des mers. Voy. mer.
Liberté provisoire {Mise en), se dit, en termes de Procédure, de la mise en liberté d'un prévenu sous la condition de se présenter devant le juge à sa première réquisition; elle peut être admise sans caution comme avec caution, en matière de crimes comme en matière de délits (Loi du U juillet 4865);
Libertés de l'Eglise gallicane. Voy. gallicane (église) au Dict. d'Hist. et de Géogr.
LIBERTINS de genève. Voy. le Bict. d'Hist. et de Géogr.
LIBERUM VETO. Voy. veto.
LIBÉTHÉNITE, phosphate de cuiv. nat. (iCuO.P^O^.H^O) orthorhombique comme l'Olivénite, en petits cristaux d'un vert sombre, à Libethen (Hongrie).
LIBITINAIRE (en lat. libitinarius, de Libitina, déesse des funérailles), officier public qui présidait aux convois, à Rome, et qui fournissait tout ce qui était nécessaire aux l'unérailles. C'est à peu près notre entrepreneur des pompes funèbres.
LIBOURET, ligne composée de plusieurs cordes auxquelles on attache autant d'hameçons, et qui sert à pêcher le maquereau.
LIBRAIRE (du lat. librarius], celui qui vend des livres. U y a plusieurs sortes de libraires : le libraire éditeur, qui se charge de la publication des livres pour son compte ou pour celui des auteurs avec lesquels il a traité; le libraire commissionnaire ou libraire d'assortiment, qui, moyennant certaines remises, place et expédie les livres fabriqués; le libraire en vieux ou bouquiniste, qui fait commerce des anciens livres. On peut naturellement aussi distinguer autant de genres de librairie qu'il y a de genres de livres.
Antiquité et moyen âge. Les anciens ont connu les libraires. Les Grecs et après eux les Latins les nommaient bibliopolœ (littér. marchands de livres). Le mot librarius était 1 équivalent de scribe ou copiste. A Rome il y avait des écoles de scribes ou libraires. De grands personnages ne dédaignaient pas de se faire entrepreneurs de librairie : Atticus, le célèbre ami de Cicéron, possédait un grand nombre d'esclaves copistes, auxquels on pouvait dicter à la fois le même ouvrage; mais ces éditions étaient en général incorrectes, et les anciens s'en plaignaient déjà. La cherté de la matière première empêcha toujours ce commerce de prendre une très granile extension. Les libraires disparurent avec la chute de la civilisation antique, et Byzance seule, heureusement pour l'humanilc, garda fidèlement le dépôt des lettres grecques. En Occident, au moyen âge, pendant longtemps les couvents s'occupèrent seuls de la transcription et de l'échange des livres, surtout à partir de Charlemagne. C'est à ce grand homme et à la renaissance intellectuelle qu'il provoqua qu'on doit la conservation de la littérature latine. Avec le temps et la renaissance des études classiques, les libraires reparurent. Nous possédons des statuts donnés à la corporation des libraires en 4275, en 4316, en 1523, en 4542, eu 4405. Ces statuts se rapportent naturellement aux libraires faisant le commerce aes manuscrits. Ils émanaient des Universités, qui approuvaient les livres et veillaient à leur correction.
Temps modernes. L'invention de l'imprimerie transforma tout à coup le commerce de la librairie. Les premiers imprimeurs furent les premiers libraires, et ce ne fut pas toujours pour eux une spéculation bien heureuse. Tout