‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 892 sur 1729 · LICHEN · texte numérisé non relu

LICHEN

était à créer dans cette nouvelle industrie, les manuscrits étaient rares, les recensions coûteuses, et l'on perdit beaucoup de temps et d'argent en tâtonnements. Venise fut pendant longtemps à la tète du commerce de la librairie : au xvii" siècle, la Hollande prit la supériorité; aujourd'hui et depuis longtemps la France, l'Angleterre, l'Allemagne, les Etats-Unis rivalisent pour le nombre comme pour l'importance des transactions. La foire de Leipzig est restée le centre de la librairie allemande; bien que Berlin ait aujourd'hui la supériorité par le nombre des publications, Leipzig a garde la prépondérance pour les relations avec l'étranger. Des centaines de libraires se réunissent dans la Bourse spéciale qu'ils y possèdent [Buchhândlerbôr&e) .

Plusieurs libraires se sont fait un nom en France, sans

f)arler des grands imprimeurs qui étaient en même temps ibraires au début, comme nous l'avons dit. On peut citer, outre les grands libraires imprimeurs du xvi" siècle : Antoine Vérard, de Paris, le père de la librairie française ; au xvn° siècle, les Cramoisv, les Vitré, les Duprez; au xvni' siècle, les Barbou, les l'anckoucke, les Didot ; de nos jours, Crapelet, Hachette, Michel et Calmann Lévy, Mame, Hetzel, Pion, Ollendorf, Marpon et Flammarion, Charpentier, Masson, Dcutu, Dupont, Belin, Colin, Delagrave, Alcan. Perrin, Lemerre, Gauthier-Villars et tant d'autres dont les noms sont bien connus.

Régime actuel de la librairie. Pendant longtemps la librairie a été tenue en suspicion par le pouvoir : le livre était l'ennemi. Sous l'ancienne monarcnie, les pénalités étaient sévères : les Hntcs brûlés souvent par la main du bourreau. Le premier Empire et les gouvernements qui suivirent ne se montrèrent pas moins rigoureux ou défiants. La profession de libraire fut assujettie à l'obligation du brevet et du serment. Toutes ces entraves ont disparu à la révolution du 4 septembre 1870. La librairie a auj. les mêmes immunités que les autres professions. Elle reste soumise à certains règlements de pohce. Les libraires ne doivent pas mettre en vente de li^Tes sans le nom et la demeure de l'imprimeur : ils sont tenus de déposer deux exemplaires des ouvrages qu'ils publient. Ils ne peuvent mettre en vente des li\Tes imprimés à l'étranger qu'avec l'autorisation du ministre de l'intérieur, etc.

Le Manuel du Libraire, dû à Brunet — le Brunet, comme on dit communément, — est le plus connu et le plus complet des manuels de ce genre. Le Journal de la Librairie, créé en 1811, indique semaine par semaine toutes les publications nouvelles.

LIBRATION (du lat. libratio), balancement apparent de la lune, qui a pour effet de faire varier légèrement la partie de sa surface visible de la terre, et la i>osition des taches de son disque. On distmgue \a L. en longitude, la L. en latitude et la L. diurne. — La L. en longitude, découverte par Hevelius, résulte de ce que la lune, au lieu de tourner exactement du même angle dans un temps donné, autour de la terre et sur son axe, et ainsi nous montrer toujours la même partie de sa surface, tourne uniformément sur son axe et irrégulièrement sur son orbite. Par conséquent, suivant que l'un de ces deux mouvements l'emporte ou non sur l'autre, la lune nous montre et' nous cache alternativement, à l'avant ou à l'arrière, de petites parties de sa surface. — La L. en latitude, décoinerte par Gahlée, résulte de ce que l'axe de rotation de la lune n'est pas tout à fait perpendiculaire au plan de son orbite. Suivant qu'elle est à un point ou au point diamétralement opposé de cette orbite, elle montre ou cache alternativement les parties de sa surface voisines de ses pôles. — Enfin la L. diurtie. découverte également par Gahlée, résulte de ce que l'observateur, emporté dans le mouvement diurne de la terre, change de position par rapport à la lune et par suite n'aperçoit pas toujours la même portion de sa surface. On doit à D. Cassini la première explication satisfaisante de la libration, dont la tliéorie complète a été donnée par Lagrange en 1763.

LIBRE (du lat. liber). Cette épithète prend un sens tout particulier dans certains cas. .\insi, en Botanique, on appelle : amande libre celle dont la surface n'adhère point à 1 enveloppe qui la recou\Te ; calice libre, celui qui n'a pas d'adhérence avec l'ovaire; ^/awii/ie* libres, celles qui ne tiennent ensemble ni par les Glets ni par les anthères; ovaire libre, celui qui n'a aucune adhérence soit avec le périanthe simple, soit avec le calice, etc.

En Poésie, on appelle vers libres des vers où l'on ad-

met différentes mesures, et qui ne sont pas soumis au retour d'un rvthme régulier.

Villes libres, nom donné à certaines viUes qui, n'étant soumises à aucun prince, étaient gouvernées par leurs propres magistrats. Voy. villes libres au Dict. dHist. et ds Géogr.

LIBRE ARBrTRE. Voy. LIBERTÉ.

LIBRE ÉCHAKGR. Voy. ÉCHANGE.

LIBRETTO. Voy. opéra.

LIBUSSA, 264» petite planète, trouvée le 47 déc. 1886 par G. H. F. Peters, à Clinton (Etats-Unis). Voy. planètes.

LICE (du b.-latin licise, clôtures; du lat. licium, trame), enceinte destinée aux tournois et combats à la barrière des chevaliers, aux courses de tête et de bague, etc. La lice correspondait à ce que l'on appelait, chez les anciens, stade, arène ou cirque; elle différait peu du champ clos. Le plus souvent, elle était coupée en deux par une barrière. On entretenait encore des lices sous Henri II ; mais, les tournois ayant été abolis après la mort tragique de ce roi en 1559, les lices cessèrent en même temps d'avoir aucune utilité.

On appelait aussi lice ou plutôt les lices, au moyen âge, dans certains châteaux ou remparts de ville, comme à la cité de Carcassonne, im espace étroit entre l'enceinte extérieure et un mur bas qui en défendait les approches.

LICE (du lat. lycisca, chienne née d'un loup et d'une chienne], femelle d'un Chien de chasse que l'on destine à faire race.

LICE (du lat. licium), terme de Tisserand. Voy. lisse.

LICENCE (du lat. licentia, permission). Dans l'Adminictration, on appelle licence l'autorisation soit d'importer ou d'exporter exceptionnellement certaines denrées prohibées et de trafiquer avec une nation étrangère lorsque les relations commerciales sont interrompues avec cette nation, soit d'exercer certaines industries ou de vendre certains objets. Cette deuxième espèce d'autorisation donne lieu à la perception d'un droit qu'on appelle droit de licence. Les industries qui y sont sujettes sont celles d'entrepreneurs de voitures, de fabricants de salpêtre, de sucre indigène, de cartes; les débitants de boissons, \Tns, bière, liqueurs, etc.

Dans les Facultés universitaires, la licence, qui, dans l'origine, était la permission d'enseigner, est un grade qui se place après le baccalauréat et avant le doctorat. On nomme licencié celui qui en est revêtu. Le grade de licencié s'obtient à la suite d'un examen spécial auquel, en principe, le récipiendaire ne peut se présenter qu'après avoir siaivi des cours pendant un temps fixe et avoir pris un certain nombre d'inscriptions. Il est constaté par un diplôme. Il y a des licenciés es lettres, es sciences {soit naturelles, soit physiques, soit mathématiques), en droit et en théologie. La licence, dans chacune de ces branches d'études, confère des privilèges particuliers, outre l'aptitude à se présenter comme candidat au doctorat. Dans l'enseignement secondaire elle est la condition de certaines fonctions et la porte du concours de l'agrégation. Dans les carrières judiciaires, le titre de licencié en droit est exigé pour devenir avocat, avoué, juge.

En Poésie, on nomme licence une dért^tion aux règles strictes.

Je t'aimais inconstant, qu'eussé-je fait fidèle?

(Rac, Andromaque.)

Il y a aussi des licences en Musique, en Peinture, en6n dans tous les Arts assujettis à des règles.

LICENCIEMENT (de licencier). Ce mot qui, dans l'Armée, était autrefois synonyme de congé (Vot/. ce mot), ne s'emploie plus que dans des circonstances spéciales. Ainsi, quand on passe du pied de guerre au pied de paix on licencie les troupes devenues inutiles. On licencie encore par mesure disciplinaire : c'est ainsi par exemple que l'autorité punit l'insubordination d'ime école, d'un lycée. On licencie enfin souvent pour cause de maladies épidemiques.

LICHANOTUS, nom latin scientifique du genre indris.

LICHE, Lichia, genre de Poissons acanthopténgiens, de l'ordre des Squamodermes, famille des Scombéroïdes, groupe des Centronotes, comprend trois espèces, de la mer Méditerranée : la L. amie ou Lica [L. amià), le Derbis (L. alauca), et la L. sinueuse [L. sinuosa). Leur chair est délicate et recherchée.

LICHEN (du gr. ^EtyfjV, dartre), inflammation de la peau, caractérisée par im prurit très incommode et par

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