‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 894 sur 1729 · LIEUTENANT · texte numérisé non relu

LIEUTENANT

et ?vtepov, intestin ; parce que les anciens pensaient que, dans cette maladie, la tunique interne des intestins devenait si glissante qu'elle laissait passer les aliments sans les digérer), espèce de diarrhée chronique, commune chez les enfants, et dans laquelle ils rendent les aliments à demi digérés. Elle est souvent le résultat d'une alimentation prématurée chez les enfants à la mamelle ; c'est alors un des symptômes du caireau. Voy. ce mot et entérite.

LIERNE, nom vulgaire de la Clématite des haies.

LiERNEs (de lien ?), pièces de bois de 0 m. 155 à 0 m. 200 d'équarrissage, à l'aide desquelles on lie entre elles et l'on hride les solives d'un plancher qui ont une grande portée. Dans ce but, on dispose lesliernes en travers et on les entaille de la moitié de leur épaisseur à l'endroit où elles croisent chaque solive; puis on y met des chevilles, qui entrent à travers l'épaisseur du bois, et qui vont jusqu'aux deux tiers des solives. — On donne aussi ce nom aux nervures des voûtes ogivales qui portent des ticrcerons et forment en se réunissant une croix dont la clef est le centre.

LIERRE, Hedera, genre de la famille des Araliacées, renferme des arbrisseaux grimpants ou droits qui atteignent quelquefois des proportions considérables. La seule espèce qui croisse en Europe, connue sous le nom de Lierre commun ou (irimpant [II. hélix), se compose d'arbustes sarmenteux, uont les feuilles alternes, d'un vert sombre el [Kirfaitement unies, varient de forme sur le même pied : d y en a qui sont échancrées et découpées en 3 ou 5 lobes; d'autres qui sont entières, en forme de fer de lance près des fleurs. Les Heurs du lierre sont vertes et disposées en Ijouquets ronds, qui sont remplacés par de petits fruits violets renfermant de 5 à 5 grames. Le lierre s'attache tout aussi bien aux pierres, aux vieux murs, qu'au tronc des arbres : il se sert à cet effet de vrilles en forme de racines qui naissent du corps même de la tige, du côté <ltii s'appuie aux corps environnants. Quelquefois il rampe 5ur la terre en traçant; on peut alors s'en servir pour faire des bordures. Toutes les parties de la plante exhalent une <wlour forte quand on les écrase. Ses feuilles sont employées pour panser les cautères. Lorsque les fourrages sont peu abondants, on donne des feuilles du lierre aux moutons, aux chèvres et aux vaches, qui les mangent avec avidité. Les baies sont purgatives, et excitent le vomissement ; cependant les merles et les grives s'en nourrissent pendant l'hiver. Son lx)is est léger, grisâtre, poreux. On l'emploie, surtout les racines, à faire des tasses, et comme les liqueurs passent à travers, on forme avec la partie la plus tendre des filtres pour les fontaines. Les cortlonniers se servent de ce lx)is pour aiguiser et adoucir les tranchets avec lesquels ils coupent le cuir. — Les anciens avaient consacré le lierre à Bacciius : les buveurs s'en couronnaient , dans la pensée que la fraîcheur de sa feuille tempère la chaleur de la tête échauffée par le vin ; on décernait aussi des couronnes de lierre aux poètes qui avaient remporté le prix, i)arce que cette plante, toujours verla , était un emblème d'immortalité. — On donne pour emblème à l'amitié un lierre entourant de sa verdure im arbre renversé, avec la devise : Bien ne m'en peut détacher.

LIERRE TERRESTRE, dit aussi Chamécissc , Glécome ou Gécome, Herbe de Sl-Jean, Terrette, Rondelette , plante vivace de la famille des Labiées [Glechojna hederacea), tribu des Répétées, qui croît dans les lieux ombragés, et dont les feuilles ont quelque ressemblance avec celles du lierre. Sa tige, longue de 0 m. 10 à 0 m. 20, est rude et velue, rampante à la base et dressée à la partie supérieure ; ses feuilles cordiformes, arrondies, obtuses , crénelées, velues. Cette plante exhale une odeur aromatique et agréable. Sa saveur est un peu acre et amère.

LIEU (du lat. locus), portion de l'espace, ou espace qu'un corps occupe {Voy. espace). — On appelle lieu géométrique une ligne ou une surface dont tous les points jouissent d'une propriété commune à l'exclusion de tout autre point. C'est ainsi que la perpendiculaire au milieu d'une droite est le lieu des points également éloignés des extrémités de cotte droite ; que la bissectrice d'un angle est le lieu des points équidistants de ses côtés ; que le cercle est le lieu des points également distants d'un point fixe appelé centre ; que le plan perpendiculaire au milieu de la (Iroite qui joint deux points est le lieu des points de l'espace également distants de ces deux points, etc.

Lieux publics. Outre les rues, les places, les promenades, on désigne spécialement par ce nom, dans l'Anministralion, les étabUssements qui sont ouverts au public, tels

que les spectacles, cafés, cabarets, maisons de jeux, etc. Aux termes de l'article 9 de la loi du 22 juillet 1791, les agents de police peuvent pénétrer dans tous ces lieux à toute heure de jour, et même de nuit, tant qu'ils sont ouverts au public.

LIEU, nom vulg. du Merlan jaune, poisson que l'on pêche sur les côtes de la Manche. Voy. merlax.

LIEUX COMMUNS (du lat. loci communes; en gr. •zÔTmi). Les anciens Rhéteurs désignaient sous ce nom les divers aspects généraux sous lesquels il est possible d'envisager un sujet donné, de manière à en tirer ce qu'il contient et à le traiter entièrement. Ce sont des idées générales applicables à la plupart des sujets, et des répertoires oîi l'on peut puiser des idées. On distingue les lieux communs en lieux intrinsèques et lieitx extrinsèques. Les premiers sont au nombre de sept : la définition, soit générale, soit partielle ; Vénumération des parties, qui expose tous les détails du sujet, toutes les circonstances du fait ; le genre et Vespèce, où l'on cherche à prouver que ce qui est vrai du premier l'est nécessairement de la seconde, et réciproquement ; la comparaison et les contraires, qui consistent à tirer une conclusion de deux idées ou de deux faits qui se ressemblent ou qui sont opposés ; les choses qui répugnent,

?ui se rattachent aux contraires ; enfin, les circonstances Voy. ce mot), auxquelles on peut rattacher la cause et Veffet, ainsi que les antécédents et les conséquents, les accidents, etc. On en compte cinq des seconds : la loi, les titres, la renommée, le serment, les témoignages. Ari*tote y ajoute la torture. Voy. ces mots.

Les écrivains et orateurs ecclésiastiques ont nommé par imitation lieux théologiques des sources où ils peuvent puiser des arguments pour établir leurs opinions ou réfuter celles des autres. On en admet 10 : l'Ecriture sainte, la tradition, V Eglise catholique, les conciles, les souverains pontifes, les Pères, Y autorité de l'histoire humaine, celle des théologiens scolasliques et des docteurs, celle des philosophes et la raison naturelle. Tous sont évidemment des lieux communs extrinsèques.

LIEUE (du lat. leuca], ancienne mesure itinéraire de France, encore usitée en Espagne et en Portugal, et dont la longueur varie selon les pays, ou même, dans chaque pays, selon les provinces. En France, la lieue a été remplacée, comme mesure itinéraire, par le myriamètre, et, pour les petites distances, par le kilomètre. La lieue commune de France, de 25 au degré, valait 2 282 toises ou

4 444 mètres ; la lieue deposfe, 2 000 toises ou3 898 mètres ; la lieue marine, de 20 au degré, 2 850 toises 441, ou

5 555 m. 958. La lieue commune d'Espagne et de Portugal équivaut à 5596 m. 569. — On appelle lieue de pays une lieue un peu plus grande que la lieue commune, et variable elle-même avec les localités.

LIEUTENANT (de lieu et tenant], nom donné à celui qui tient la place d'un chef et qui commande ou administre pour lui.

1" Dans l'armée de terre, on distingue le lieutenant, le sous-lieutenant, le lieutenant-colonel; il existait en outre autrefois le lieutenant général, qui est devenu depuis 1848 le général de division. Les deux premiers sont officiers subalternes, le 3" officier supérieur. — Le lieutenant vient immédiatement après le capitaine; il le remplace en cas d'absence, et l'aide dans ses fonctions. II y a des lieutenants en premier et en second. Ce grade, créé dès 1444, supprimé par Charles IX, fut rétabli par Henri IV. Les lieutenants portent l'épaulette d'or ou d'argent, selon le corps, et à gauche. — Le sous-lieutenant est au lieutenant ce que ce dernier est au capitaine. Ce grade a été créé vers 1589. Les sous-lieutenants sont employés, comme les lieutenants, à tous les détails de service, de police et d'administration de la compagnie. Les sous-lieutenants portent l'épaulette à droite. — Le lieutenant-colonel vient immédiatement après le colonel, le remplace dans tous les cas d'absence, transmet ses oi-dres

Four tout ce qui concerne le service, la discipline, la tenue, instruction; en un mot, il est l'intermédiaire habituel du colonel pour toutes les parties du service. II n'en existe

3u'un par régiment, et ils ont au-dessous d'eux les chefs e bataillon ou d'escadron. Ce grade date de 1543, et iusqu'en 1791 il n'y en eut qu'un. De 1791 à 1793, on les porta au même nombre que les bataillons ou escadrons ; puis on remplaça leur nom par celui de chefs de bataillon ou d'escadron. En 1803, le grade fut rétabli, mais sous le titre de major, qui fit place, en 1815, à l'ancien titre de

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