LIÈVE
LlGiNAGER
lieutenant-colonel. Le lieutenant-colonel porte deux épaulettes à graines d'épinards, mais elles ont le corps d'un métal et les franges d'un autre.
Pour le lieutenant général, voy. général.
On nommait jadis lieulenanl du roi tout commandant ^ns une ville de guerre. Les fonctions de cesofliciers étaient celles des gouverneurs actuels. Il y avait des officiers généraux pourvus de ce titre (auj. réservé aux officiers et officiers supérieurs, y compris les colonels). Les lieutenants du roi furent institués en même temps que les gouverneurs de province. Remplacés en 1791 par des commandants, ils reprirent, en 1814, leur premier nom, qui devint en 1829 celui de commandant de place, auquel depuis 1883 on a substitué celui de gouverneur.
2° Dans la Marine militaire, on appelle lieutenant de vaisseau l'officier qui vient après le capitaine de frégate. Il y en a de deux classes, comme dans l'armée de terre. Les lieutenants commandent les quarts à bord des vaisseaux. Ils font exécuter les ordres du capitaine, et président aux manœuvres. Leur grade correspond à celui de capitaine dans l'armée de terre. Ils portent deux épaulettes en or mat, à petites torsades et à corps uni ; une ancre en or fixée Bur le corps de l'cpaulette.
5° Dans l'Ordre administratif et judiciaire, il y avait jadis le lieutenant civil, les lieutenants criminels, le lieutenant général de police. Pour leurs fonctions, voy. lieutenant au Dict. d'Hist. et de Géogr.
4° Dans certaines circonstances extraordinaires, on a créé un lieutenant général du royaume. Cette dignité, qui équivalait à celle dorégent, était essentiellement temporaire, et ne se confiait qu'aux plus hauts personnages, la plupart princes du sang. Pliilippe le Long en fut investi à la mort de Louis le Ilutin. Le duc François de Guise le porta deux fois (en 1558 et 1560). Charles IX le conféra en 1567 au duc d'Anjou (depuis, Henri III) ; Mayenne se le fit donner en 1589, à la mort de ce dernier. Le comte d'Artois prit en 1814 ce titre jusqu'à l'arrivée de Louis XVIII, et, en 1830, Louis-Philippe d'Orléans fut lieutenant général du royaume pendant quelques jours, avant d'être proclamé roi. — Les rois de France ont parfois nommé des lieutenants généraux du roi pour certains lieux ou certaines affaires particulières : Richelieu, en 1629, fut lieutenant général, représentant le roi Louis XIII, pour le commandement de ses armées.
LIÈVE fde lever"!). On nommait ainsi, dans l'anc. Droit, l'extrait d un terrier [Voy. ce mot) contenant la désignation de chaque héritage, la redevance, etc., que l'on remettait au receveur, afin qu'il fît payer le cens, les rentes et les droits seigneuriaux.
LIÈVRE, Lepus, genre de Mammifères, de l'ordre des Rongeurs et type de la famille des Léporidés [Voy. ce mot). Les lièvres ont les jambes longues et musculeuses, le museau arrondi et recouvert de poils lonffs et soyeux, les yeux grands et saillants, latéraux, à membrane clignotante; les oreilles longues et molles, la lèvre supérieure très fendue et très mobile ; leur poil, long et rude, est d'un gris tirant sur le roux. Les lièvres sont doux et timides : ils n'ont d'autre défense que leur course rapide et la subtilité de leur ouïe, qui les avertit du danger. Ils ne se nourrissent que de végétaux : ceux oui paissent le serpolet sont les meilleurs. Les lièvres anondent dans toutes les parties du monde, surtout en Espagne. Ils vivent isolés, et ne terrent point ; ils sont très féconds, comme le lapin, mais ils ne se ploient pas, comme lui, à la domesticité. On les chasse à 1 affût, au chien courant et au chien d'arrêt. La femelle du lièvre se nomme hase. Le mâle qui a pris son accroissement se nomme bouquiti; avant cette époque, on l'appelle trois-quarts.
Le lièvre était, chez les anciens, consacré à Vénus; il était un symbole de franchise; chez nous, il serait l'emblème de la timidité et de la peur. Sa chair est défendue aux Juifs et aux Turcs.
On appelle : Lièvre des Alpes, le Lagomys; L. pampa, le Mara ; L. sauteur ou du Cap, l'Hélamys. — On a donné le nom de Lièvre marin à l'Aplysie.
LIÈVRE, constellation australe située au-dessous du trapèze d'Orion, comprenant 1 étoile de 3» grandeur, 9 de 4", 8 de 5°; son ascension droite moyenne est 5 h. 25 m., sa déclinaison 20° sud.
LIÉVRITE, sj-n. de ilvaïte.
LIGAIMENT (du lat. linamentum]. On nomme ainsi, en Anatomie, toute partie fibreuse qui sert à attacher ou à
soutenir des os, des cartilages ou des viscères. — 1» Les ligaments des os forment des faisceaux fibreux, de couleur blanche plus ou moins nacrée, arrondis et aplatis, et toujours entrelacés par leurs extrémités avec le périoste, ce aui les distingue des tendons : tantôt ils servent de moyens 'union des articulations, et alors ils ont la forme soit d'une bandelette qui entoure l'articulation, soit d'une gaine qui enveloppe les extrémités des deux os [L. capsulaires) ; tantôt ils sont attachés à deux points opposés d'mi même os ou à deux os différents : ils servent alors à clore une ouverture ou à donner attache à des muscles. Les bandelettes qui réunissent les lames des vertèbres, au lieu d'être blanches, sont formées d'un tissu fibreux de couleur jaune. — Ligament cervical, expansion ligamenteuse qui, chez les quadrupèdes, relie l'occiput aux apophyses des vertèbres cervicales, et soutient ainsi la tête dans sa position normale. L'Homme, dont la station est verticale, n'offre qu'un vestige de ce ligament.
2» On appelle encore ligaments : les replis du péritoine qui soutiennent quelques-uns des viscères abdominaux [L. du foie, L. postérieurs de la vessie, L. larges de la matrice] ; les expansions fibreuses ou aponévrotiques qui ont plus ou moins l'apparence ligamenteuse [L. antérieurs de la vessie, L. ronds de la matrice, L. de Poupart, etc.).
En Conchyliologie, le ligament est la partie élastique qui réunit les deux valves des coquilles.
LIGATURE (du lat. ligare, lier). En Chirurgie, on nomme ainsi un nœud avec lequel on lie certaines parties du corps dans divers buts, soit pour serrer la partie supérieure du bras ou du pied quand on veut faire une saignée ; soit pour étreindre les tumeurs dont on veut provoquer lentement la chute. Les ligatures se font, selon leur destination, avec une bande de toile ou un cordonnet de chanvTC ou de soie cirée, avec la corde à boyau, les fils métalliques, etc. La ligature des vaisseaux sanguins est dite : médiate, lorsque, avec le vaisseau lui-même, elle étreint une certaine portion des parties environnantes ; elle est dite immédiate, lorsqu'elle n'intéresse que le vaisseau, et, toutes les fois que cela est possible, ce genre de ligature doit être préféré ; la ligature est appelée : temporaire lorsqu'on ne la maintient que pendant quelques jours ou même quelques heures; permanente, lorsqu'on la laisse jusqu'à ce qu'elle tombe ou qu'on puisse la retirer. La ligature doit être faite asepliquement, sous peine de provoquer des hémorragies secondaires.
En Typographie on appelle ligatures plusieurs lettres gravées sans solution de continuité et londues sur une seule tige. En 1469, N. Jenson en grava quelques-unes pour son caractère romain. Un peu plus tard, Al. de Manuce en grava de nombreuses pour ses impressions en langue grecque. Depuis l'impression de l'Elien, faite sans ligatures par F. Didot en 1803, on abandonna peu à peu cette coutume, auj . disparue dans les impressions grecques ; mais on emploie toujours une assez grande quantité de ligatures pour l'arabe et le syriaque. — En Musique typographique, les ligatures sont les barres grasses qui lienf plusieurs croches modulées sur une seul£ syllabe.
LIGE (du b.-lat. ligius; de ligare, lier?), se disait, sous le régime féodal, du vassal tenant une certaine sorte de fief qui le liait d'une manière plus étroite que les autres envers le seigneur dominant. Le vassal lige, qu'on appelait aussi homme lige, était obligé de servir son seigneur envers et contre tous, excepté contre son père ; s'il était vassal de deux seigneurs et que la guerre éclatât entre ces deux seigneurs, il devait soutenir celui dont il était le vassal lige contre celui dont il n'était que le vassal simple. — On appelait terre lige, ligeance, le fief tenu à charge d'hommage lige. L'hommage lige, qu'on ne trouve guère avant le xii° siècle, remplaça à peu près partout l'hommage simple.
LIGIE, Ligia, genre de Crustacés isopodes, de la famille des Cloportides, qu'on trouve à l'embouchure des fleuves et sur les côtes de l'Océan : ce sont des animaux de couleur jaunâtre, longs de 0 m. 027.
LIGNAGER (de lignage, du lat. linealicum), se disait, dans notre ancienne Jurisprudence, de celui qui est du même lignage, de la même extraction. Les lignagers, dans la coutume de Paris, avaient les quatre quints [c.^-à. les 4/5) des propres. — On appelait retrait lignager l'action par laquelle un parent du côté et ligne d'où était venu à un vendeur l'héritage par lui vendu pouvait retirer