‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 897 sur 1729 · LIMACE · texte numérisé non relu

LIMACE

devient très dur : tel est le lx)is de cœur des arbres. L'aubier est le bois jeune où la lignification n'est pas encore complète.

Dans les régions chaudes, divers principes colorants se développent en outre dans la membrane ; plusieurs d'entre eux sont employés dans l'industrie, tels sont : le bois de canipêche, coloré en rouge sombre par l'iiématoxyline, qui vient de Y Hemaloxylon campechianum ; le bois de santal, coloré en rouge par la sanlaline et j)roduit par le Pterocarpus santalinus ; le bois de Fernambouc, coloré par la brasiline, et dû à un Csesalpinia.

LIGNINE ou vAscuLOSE, substance incrustante qui s'ajoute à la cellulose des vaisseaux du bois et leur donne leur rigidité. Les tissus lignifiés se reconnaissent à l'aide du sulfate d'aniline qui les teint en jaune. Voy. ligneux.

LIGNITE (du lat. lignum], dit aussi Bois fossile, substance charbonneuse fossile, tantôt compacte, terreuse ou ligneuse, contenant tout au plus 75 pour 100 de carbone. Le lignite est noir ou brun, souvent bitumineux ; il brûle quelquefois difficilement; d'autres fois sa combustion est assez facile pour qu'on l'emploie comme combustible dans les appartements, de préférence à la houille. Sa flamme, qui doime peu de fumée, est quelouefois verdâtre, et répand une odeur très variable, quelquefois acide. — Certairu>s variétés compactes et susceptibles d'un beau poli sont employées sous le nom A& jais ou jayet [Voy. jais) à la l'abrication des bijoux de deuil. D'autres variétés noirâtres et terreuses sont employées dans la peinture sous le nom de terre d'ombre, de Cologne. D'autres encore servent à l'amendement des terres. Enfin, les bgnites chargés de pyrites servent à la préparation du sulfate d'alumine et du sulfate de fer. — Les lignites se rencontrent dans les terrains secondaires et tertiaires; ils sont abondants, notamment dans l'étage sparnacien des environs de Paris, que l'on a quelquefois appelé Vétaye des lignites du Soissonnais.

LIGUE (du b.-lat. liga; de ligare , lier], union, confédération entre des princes, des Etats ou même des particuliers ayant un même intérêt religieux, politique ou commercial, pour se défendre d'un ennemi commun ou pour l'attaquer. De là la distinction des ligues défensives et des ligues offensives. — On connaît dans l'histoire la Ligue achéenne, la L. étolienne, la L. des villes lombardes, la L. hanséatique, la L. du Bien public, la Sainte Ligue, etc. [Voy. ligue au Bict. d'Htst. et de Géogr.). — Plus récemment on a donné le nom de ligue anglaise à une association formée en Angleterre pour obtenir le rappel des lois sur les céréales et la libre importation des grains [ani i-corn-law-league] ; fondée en 1838 par Cobden, manufacturier de Manchester, elle réussit en 1846 à faire ])roclamer la liberté du commerce des céréales. — Les lil^ues n'ont pas entièrement disparu de nos jours; en France, depuis 1870, la Ligue des Patriotes a souvent fait parler d'elle.

LIGULE (du lat. ligula, cuillerée), petite mesure romaine qui n'est connue que par un passage de Columelle, et qui paraît avoir valu la moitié du cyathus, soit env. 0 lit. 0228.

En Botanique, on donne ce nom aux petites lames membraneuses axillaires qu'on remarque dans beaucoup de Graminées, au sommet de la gaine, c.-à-d. au point où la feuille embrasse la tige : dans ce cas, la stipule [ligule] est soudée avec la feuille. — On appelle ligulées, ligulifères, les parties de la fleur qui ont des ligules. Ce mot s'applique aussi aux fleurs des Composées où tous les

Ï létales sont rejetés d'un côté. Ces fleurs sont dites liguées et la tribu dont les capitules ont toutes leurs fleurs ligulées s'appelle les Liguliflores ou Chicoracées.

LIGULE, genre d'Helminthes, de l'ordre des Trématodes, groupe des Distomes, qu'on trouve à l'état de proscolex chez certains poissons blancs (Ablette, Gardon, etc.), et à l'état parfait chez le Canard.

LIGUSTICUM, nom latin botanique du genre Livèche. Voy. ce mot.

LIGUSTRUM, nom latin botanique du genre Troène.

LILAEA, 213» petite planète, trouvée le 16 févr. 1880 par C. H. F. Peters, à CUnton (Etats-Unis). Voy. planètes.

LILAS ^du persan lilacl), Syringa, genre de la famUle des Olcacecs, section des Fraxinées, renferme des arbrisseaux bien connus, à feuilles opposées, lancéolées, d'un vert gai, nuancées de rouge quand elles sont jeunes ; à fleurs disposées en grappes ou en pompons, d'un port

agréable, élégant, d'un parfum suave et dont la couleur varie du violet bleuâtre au violet pourpré; il y a des. variétés à fleurs blanciies. Les lilas fleurissent de lionne heure ; ils font l'un des plus beaux ornements des bosquets à l'entrée du printemps. On relire de leurs fleurs une huile essentielle qui a l'odeur du bois de Rhodes. Le bois^ est dur, veiné, odorant ; il est employé par les tourneurs. — Le Lilas commun [S. vulyans) s'élève à 5 ou 6 m. ; son écorce est grisâtre, et amère comme toutes les parties de cette plante; ses feuilles sont larges, ovales; ses^ fleurs nombreuses, réunies en belles panicules pyramidales : on cite parmi ses variétés principales le L. royal et le L. de Marly. On croit ce lilas originaire de la Perse; il aurait été apporté de Constantinople en Europe en 1562, par Busbecq, ambassadeur de l'empereur Ferdinand I". Auj. il croît dans tous les terrains et à toute exposition. — Le Lilas de Perse [S. persica) est beaucoup moins haut que le précédent; ses feuilles sont plus étroites, lancéolées, souvent laciniées et presque pinnali^ fides; ses fleurs sont plus tardives et plus odorantes. Cette espèce est aussi originaire de la Perse ; on cultive surtout la variété dite L. sauge. — Le Lilas Varin, dit aussi L. de Rouen [S. rotomagensis), se taille en boule; ses rameaux sont grêles, piquetés de blanc, ses fleurs, plus grandes, plus nombreuses, d'une plus belle couleur. — Les lilas peuvent se multiplier par éclats.

Lilas des Indes ou de la Chine. Voy. azédarach.

Lilas de terre. Voy. iiuscAni.

LILIACÉES (du g.-tvpe Lilium, lis|, dites aussi Hémérocallidées et Asphodélées, famille oe plantes Monocotylédones, à albumen, à ovaire libre, renferme le plus souvent des herbes à racine bulbifère ou fibreuse, et quelquefois des arbrisseaux ou même des arbres : feuilles souvent toutes radicales, planes, ou cylindriques et creuses, ou épaisses et charnues; tige ou hampe généralement nue; fleurs tantôt solitaires et terminales, tantôt en épis, en grappes ou en ombelles, quelquefois accompagnées d'une spathe; calice coloré et pétaloïde, 6 sépales distincts ou unis par leur base, 6 étamines, ovaire à 3 loges, style simple ou nul, terminé par un stigmate trilobé ; fruit capsulaire à 3 loges. — La famille des Liliacées est généralement partagée en 4 sous-ordres ou tribus : les Tulipacées (à laquelle appartient le Lis), les Agapanthées, les Aloïnées et les Asphodélées. La plupart sont remarquables par l'élégance de leurs fleurs : tels sont les Lis, les Tulipes, l'Impériale, les Jacinthes, la Tubéreuse, ï'Hémérocalle, VAgapanthe, etc. Beaucoup d'espèces renferment un principe acre et amer dont on tire parti en médecine [Ail, Aloès, etc.). On y rattache les Asparaginées et les Colchicacées.

LIMACE (du gr. Xs[|xaÇ), Limax, vulg. Limas, genre de Mollusques gastéropodes, de l'ordre des Pulmonés et type de la famille des Limacidées : corps ovale, allongé^ mou; tête munie de deux paires de tentacules; peau rugueuse, épaisse et couverte d'une humeur visqueuse dont ils enduisent tous les corps sur lesquels ils rampent. Les limaces n'ont pas de coquille extérieure; mais ellesportent en arrière de la tète une pièce membraneuse et épaisse qui se soulève par les bords seulement et que l'on nomme manteau; sous ce manteau existe une petitecoquille blanche et mince, ou quelques corpuscules arénacés qui représentent les éléments désunis d une coquille. Les espèces les plus communes sont : la Limace rouge ou Arton, dont la couleur varie du jaune orangé au brunsombre et dont on fait souvent un genre à part [Voy. arion) ; la Grande Limace grise [L. antiquorum), commune dans les celliers, les caves et les cuisines humides; la Petite Limace grise ou Loche [L. agrestis), d'un gris sale, commune dans les jardins potagers; la petite Limace noire des jardins, etc. Les limaces habitent toutes les régions de l'Europe et de l'Amérique septentrionale; on les trouve surtout dans les lieux humides. Elles vivent de jeunes végétaux, de fruits, de champignons, etc. Elles font de grands dégâts dans les jardins potagers; pour les écarter, on entoure de suie ou île cendre les carrés qu'on veut garantir ; les crapauds en détruisent aussi un grand nombre. — Les limaces s'enfoncent dans la terre pendant l'hiver. Elles sont hermaphrodites, avec accouplement réciproque, et d'une fécondité prodigieuse. En Médecine, on feit usage de décoctions et de sirop de limace contre les affections de poitrine.

limace, maladie du pied des bœufs et des vaches. Elle

LIMACINE

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