LIMITE
consiste en une inflammation de la peau qui tapisse l'intervalle des deux onglons, inflammation à laquelle succèdent une crevasse et des désordres qui gagnent insensiblement en profondeur et en étendue. La malpropreté en est la cause ordinaire. On la guérit facilement.
LIMACINE. Voy. spiratelle.
LIMAÇON, colixaçon, escargot, noms vulgaires des Mollusques du genre Hélice. Voy. hélice.
En Anatomie. on appelle limaçon une partie du labyrinthe de l'oreille interne qui a la forme d'une coquille de limaçon. Sa ca\'ité est séparée en deux parties ou rampes par une cloison nommée lame spirale. Voy. oreille.
Dans l'Horlogerie, le limaçon est une roue à dents inégales, destinée à déterminer le nombre de coups que doit sonner une p«ndule, une montre à répétition.
En Architecture, on nomme ainsi un escalier qui tourne autour d'un noyau ou d'une vis.
LIMAILLE (âc lime), métal quelconque réduit en poudre très fine au mojen de la lime. En Médecine, on fait usage de la limaille de fer ou d'acier comme tonique et altérant. Mêlée au soufre et au sel ammoniac, la limaille de fer constitue un lut fort employé dans l'ajustement de certaines pièces des chaudières à vapeur en fonte.
LIMANDE |de lime, parce que sa peau est nigueuse comme une hmc), poisson plat et mince de l'ordre des Pleuroneetcs, subdivision des Plies (Voy. pliej. La Limande ressemble à la Sole, mais elle a la tète plus pointue et n'est pas si longue. Sa chair est moins ferme, mais aussi délicate que celle de la Sole.
LIMAS. Voy. LIMACE.
LIMBE (du lat. limbus, bord), se dit, en Astronomie, du Ijord du disque du soleil ou de la lune. — On donne aussi ce nom, en Mathématiques, à tout cercle divisé faisant partie d'im instrument destiné à la mesure des angles.
En Botanique, limbe se dit : de la partie supérieure, ordinairement évasée et découpée, des calices monopliylles ; de la partie supérieure des corolles monopélales, celle qui vient après la gorge ; enfin de la partie d'une feuille ou foliole qui est formée par l'épanouissement du pétiole. Voy. calice et feuille.
iiuBEs, lieu où étaient les âmes des justes morts avant la venue de Jésus-Christ, et où vont celles des enfants qui meurent sans avoir reçu le baptême. Jésus-Christ, après sa mort, descendit dans les limbes, d'où il tira les pa- Iriairhes et les prophètes. Ce nom >ient de ce que les liral)es sont situés sur le bord [limbus] du paradis.
LIMBURGITE, roche analogue aux basaltes, mais dépourvue d'éléments blancs. Le tj-pe de la limburgite se trouve au château de Limburg, dans le grand-duché de Bade.
LIME (du lat. lima], outil d'acier trempé, dont les faces sont hérissées d'une multitude de dents, et dont on se sort pour dresser, ajuster et polir à froid la surface des métaux durs.
Pour faire des limes, on forge d'abord l'acier de manière à lui donner à peu près la forme de l'outil ; ensuite on le dresse en le faisant passer sous la meule ou sous la lime ; puis on taille le morceau de fer ainsi préparé, et qui prend le nom de verge : armé d'un ciseau et d'un marteau, le tailleur frappe sur la verge à coups précipités de manière à former deux séries de tailles obliques à l'axe de la lime, également distantes et parallèles ; seulement ces deux séries se croisent : de là les dents (ce travail n'a pu jusqu'ici se bien faire qu'à la main) ; enfin on trempe, opération délicate, car la lime trop molle ne mord pas, et, trop dure, elle s'égrène. Les grosses limes se fabriquent avec de l'acier naturel ou de cémentation ; les petites sont ordin.iircment on acier fondu. La forme, la dimension et la taille des limes varient à l'infini : on dit un carrelet, un tiers-point, une demi-ronde, une queue-de-rat, feuille-de-sauge, coutelle ou fendante, etc., pour dire qu'elles sont carrées, à trois angles, plates d'un côté et rondes de l'autre, rondes, à deux surfaces convexes, à forme de couteau, etc. Chaque lime a une queue destinée à recevoir un manche. La portion entaillée garde le nom de verge. — \ai France, autrefois, tirait ses limes de l'Angleterre, où les limes de Sheffield étaient renommées; aujourd'hui elle en fabrique en masse et de toutes qualités.
iiME, Lima, genre de Mollusques acéphales, de l'ordre des Pleuroconques et tvpe de la famille des Limidées : coijuille trigone, équivâlve et inéquilatérale, présentant
une impression musculaire à chaque valve; charnière dépourvue de dents, portant simplement une fossette triangulaire destinée à loger le ligament. Les Limes ont des représentants fossiles depuis l'étage triasique ; elles nvent aujourd'hui dans les mers profondes.
LIME- BOIS, Xylotrogus, Lymexylon, genre d'Insectes, de l'ordre des Coléoptères pentamères, famille des Serricornes, à corps allongé, à mandiijules courtes, bidentécs, vit à l'état de larve dans le bois et le perce en tous sens : il fait beaucoup de dégâts dans les oois de la marine.
Voy. XTLOPHAGES.
LIMESTRE. ancienne serge croisée et drapée qu'on fabriquait à Rouen.
LIMETTIER, Limettia, arbre du genre Oranger, a le port et les feuilles du Limonier : rameaux ayant, au lieu d'épines, de petites aspérités; fleurs petites et blanches; fruits globuleux, de moyenne grosseur, couronnés par un large mamelon aplati, et dont l'écorce très mince, d'un jaime pâle, contient une pulpe aqueuse, douce ou légèrement amère et parfumée. On distingue : le L. ordinaire, dont les fruits, appelés limes douces, ont un parfum agréable et se mangent confits; le L. des orfèvres ou Citronnier hérisson, dont le suc acide sert, ait-on, aux orfèvres indiens pour polir les métaux précieux, et le L. bergamotier. Voy. bergamote.
LIMICOLES (du lat. limus, vase, et colo, habiter), sousordre de la classe des Oiseaux, ordre des Echassiers, com- §rend des oiseaux de marais peu différents extérieurement es Passereaux, à tarses médiocrement élevés, à bec plus ou moins long, mais sans force, et vivant principalement de vers qu'ils trouvent dans la vase ou la terre humide. — On peut les partager en deux familles : les Pressirostres (genres Outarde, Pluvier, Vanneau, Hultrier, etc.) et les Longirostres [genres Ibis, Courlis, Bécasse, Bécassine, Echasse, Avocette, etc.).
LIMIER (du lat. ligamen, lien, laisse), grand Chien de chasse, avec lequel le veneur quête le cerf et les autres grands animaux et quelquefois les fait sortir de leur fort pour les lancer.
LIMITE (du lat. limes, limitis). Le mot limite est pris en Math, dans son sens vulgaire de terme, d'extrémité : on dit les limites d'un intervalle, d'une intégrale définie, la courbe qui limite une aire, la surface qui limite un volume. Par extension, c'est encore une certaine valeur qu'on ne peut dépasser : la limite d'une erreur est un nombre auquel on sait que cette erreur est inférieure ; les limites supérieure et inférieure des racines d'une équation sont des nombres entre lesquels on sait que ses racines sont comprises. — Mais ce mot désigne surtout un élal fixe dont s'approche une quantité ou une figure variable. Si l'on considère une suite infinie de nombres a,, ûj,... a»,..., on dira que a» a A pour limite quand n augmente indéfiniment, et l'on écrira : lira, a» (pour h = oc ) ^ A, si la différence A — a» décroît indéfiniment en valeur absolue quand m augmente indéfiniment, c.-à-d. [Voy. isfisi) si à cliaque nombre positif £ on peut faire correspondre un nombre entier positif r tel que la difTérence A — a« soit certainement plus petite que e en valeur absolue si n est > r. De même on dira que, lorsque x tend vers a, une certaine fonction f{x) a pour limite A, et l'on écrira : lim. f(x) (pour x = a)=k, si la différence f{x] — A est infiniment petite en même temps que x — a. — On dit : qu'un point variable a pour limite un point fixe, dans certaines conditions, quand, dans ces conditions, la dislance entre le point variable et le point fixe est infiniment petite ;
au' une figure finie variable a pour limite une figure finie xe quand les points de la première ont pour limite lea points de la seconde : qu'une droite variable a pour limite une droite fixe quand un point de la droite variable a pour limite un point de la droite fixe et que l'angle des deux droites a pour limite zéro : c'est ainsi que la tangente à une courbe en un point est la limite d'une sécante passant par ce point quand un autre point d'intersection se rapproche indéfiniment du premier. — Cette notion de limite, qui ne fait qu'un avec la notion d'infiniment petit, est fondamentale en Mathématiques.
Le mot limite a d'autres acceptions [limite supérieure, limite inférieure, valeur limite] qui ont été indiquées au mot ENSEMBLE. La signification suivante se rap|H)rte à la même théorie, au point de vue géométrique : Etant donne un ensemble de points en nombre infini, un point limite de cet ensemble est un point tel que si l'on décrit de
LIMNADIE
— yiG
LIMULE
ce point comme centre avec aiii rayon arbitrairement petit une splière, il y ait toujours à riiitcrieur de cette sphère un nonii)re infini <ie points appartenant à l'ensemble considéré. Quand un ensemble do points, contenant un nombre iidini de points, est situé à l'intérieur d'une surface fermée, cet ensemble admet toujours un ou plusieurs points limites.
LIMNADIE, Limnadia, genre de petits Crustacés branchiopodes, voisins des Apus et qu'on trouve dans les mares d'eau douce. La Limnadie d'IJennann a été trouvée à Fontainebleau.
LIMNANTHE (c.-à-d. fleur de marais), Limnanthes, plante herbacée et annuelle de la Californie, forme un
fenre étaldi par I\. Bi-own et type de la petite famille des imtianlhées, voisine des Géraniacées.
LIMNÉE (du gr. Tviixvaïoi;, d'eau douce), Limtixus, genre de Mollusques gastéropodes, de l'ordre des Pulmonés et type de la famille des Limnéidées : coquille dextre, mince, ovale ou turriculée, à bouche ovale, entière, présentant seulement un léger renllcment columellaire, et dépourvue d'opercule. L'animal est muni d'une tête armée de deux tentacules aplatis et d'un pied ovale rétréci en arrière. Les Limnées ont des représentants fossiles dans tous les étages tertiaires ; elles vivent aujourd'hui dans les parties tranquilles des rivières et des marais des pays tempérés. — Espèces principales : la L. des marais [L. palmlris), la L. des étangs [L. stagnalis], la L. columnaire, la L. brune, la L. naine, etc.
LIMNOBIUM (du gi-. \i\i.vi\, marais, et pCoç, vie), genre de la famille des Ilydrocbaridées, tribu des Stratiotidées, établi pour des plantes herbacées de l'Amérique boréale.
LIMNORIE, Limnoria, genre de Crustacés isopodes, de la famille des Cloportides. Ce sont des animaux de très petite taille (0 m. 005), mais redoutables par les ravages qu'ils exercent en perçant le bois des vaisseaux et les charpentes des constructions élevées sur les côtes.
LIMODORE (du gr. 7kEt|j.tl)v, prairie, et Swpov, présent), Limodoru7n, genre de la famille des Orchidées, tribu des Aréthusées, renferme des herbes à fleurs élégantes, presque toutes propres à l'Asie orientale. La L. de Chine (L. sinense) a le tubercule arrondi, cinq ou six feuilles radicales, larges, nerveuses, lancéolées, une hampe très haute, avec des fleurs inclinées, blanches et rouges, répandant une agréable odeur. — La L. d'ivoire, ou Angrec cburné, est une autre Orchidée, de la tribu des Vandfées.
Voy. AXGREC.
LIMON (du lat. limus, vase), ou lehm, dépôts terreux constitués par un mélange d'argile avec des particules de silice et de calcaire extrêmement fines et avec de l'oxyde de fer, éléments auxquels viennent se joindre des débri? organiques.
Les limons sont le plus souvent d'origine fluvialile et sont déposés par les cours d'eau au moment de leurs crues; mais les limons des plateaux, très développés dans le nord de la France et dans le bassin de Paris, paraissent dus à la destruction superficielle des roches sedimentaires argileuses et marneuses par les agents atmosphériques, puis au remaniement des particules ainsi détachées par le ruissellement.
LIMON. On appelle encore limons (du lat. limus, oblique) : 1° les pièces de bois ou de pierre, taillées en biais, 3ui supportent les marches et la balustrade d'un escalier, ont elles forment le noyau ou la vis; — 2° dans la Marine, des bouts de cordage qui servent de bras d'échelle pour monter des gaillards dans les haubans, sans marcher sur les bastingages ; il y en a aussi pour monter au haut des mâts : les échelons placés entre ces limons sont de gros bâtons tournés, qui ont de 0 m. 40 à 0 m. 50 de longueur; — 3° (de l'espagn. limon, de leme, timon, gouvernail), chacune des deux branches de la limonière d'une voiture, pièces de bois adaptées au devant de la voiture et entre lesquelles on attelle le cheval : le limonier est le cheval
Îu'on met dans les limons de la voiture ; — 4° le fruit du limonier. Voy. ce mot.
LIMONADE (de limon), boisson acide composée de suc de citron ou de limon, d'eau et de sucre, et quelquefois 4'hoile essentielle de citron. On prépare la limonade à froid ou à chaud. Dans le premier cas, il suffit d'exprimer dans de l'eau fraîche le jus d'un citron ; dans le second, on prépare la limonade, qu'on appelle alors limonade cuite, en versant de l'eau bouillante sur un citron coupi en tranches. — La limonade sèche se fait en broyant l'acide
citrique avec du sucre, en aromatisant le mélange avec un neu d'essence de citron, et en le faisant dissoudre dans l'eau. Pour rendre une limonade gazeuse, on y introduit de l'acide carljonique. — On appelle limonade minérale, do l'eau sucrée, additionnée (le quelques gouttes d'acide minéral (sulfurique p. ex.), ce qui lui donne une agréable acidité.
La limonade est très rafraîchissante : on la prend tantôt comme boisson d'agrément, froide ou frappée à la glace; tantôt comme médicament, surtout dans les fièvres et les maladies bilieuses. On fabrique une limonade au citrate de magnésie, qui purge sans avoir le mauvais goût des médecines ordinaires. La L. siUfurique (2 gr. d'acide par litre) s'emploie contre la colique de plomb.
LIMONADIER, celui qui tient un café, qui y fait faire et y vend de la limonade, de l'orgeat, des liqueurs, du café, du chocolat, etc. Les limonadiers, venus d'Italie, ne se sont établis à Paris que sous le ministère du cardinal Mazarin. Le mot a vieilli auj. et ne se dit plus guère. Cafetier l'a remplacé. — On trouve dans la collection Roret un Manuel du limonadier. Voy. cafés.
LIMONELLIER ou limonie, Limonia, genre de la famille des Aurantiacées, renferme des arbustes des Indes orientales, à feuilles simples, trifoliées ou pinnées, à fleurs blanches ou roses et odoriférantes, à petits fruits rouges ou jaunes de la grosseur d'une cerise. On prépare avec ce fruit des confitures sèches et liquides, et des boissons rafraîchissantes. — On distingue le Limonellier à feuilles simples, le L. à trois feuilles, le L. à feuilles de citronnier, le L. de Madagascar, ou Bois d'anis, etc.
LIMONIER ou i,iMONMEB, Cilrus limonium, arbre de la famille des Aurantiacées, fait partie du genre Oranger et de l'espèce Citronnier. C'est un arbre plus élevé que le Cédratier, à tige droite, revêtue d'une ecorce grisâtre, se divisant en branches flexibles et longues, d'un vert jaunàlre et hérissées de longues épines : feuilles ovales, lisses, pointues et dentées; fleurs rouges ou blanches, et purinirines intérieurement. Les fniits, appelés litnons, sont ovoïdes, à
Eeau jaune, mince, lisse, aromatique, à écorce peu épaisse, lanche et coriace; le suc en est acide, al)ondantet agréable. On en fait le sirop de limon. Le Limonier croît dans les parties méridionales de l'Europe, ainsi que dans toutes les régions tropicales.
Un cheval limonier est un cheval dressé spécialement pour travailler en limons.
LIMONITE, sesquioxyde de fer hydraté [2Fe«0'.31I20], le plus abondant des minerais de fer. La limonite n'est pas cristallisée ; elle forme des masses stalactitiques et mamelonnées très brillantes {Hématite noire) ou fii^reuses {Hématite brune), des grains plus ou moins gros [L. pisolithique et oolithique), des masses compactes plus ou moins mélangées d'argile. Sa couleur varie du brun au noir; sa poussière est toujours d'un jaune brun. — En France, on rencontre la limonite hématite dans les Pyrénées (Ariège) ; la limonite i)isolitliique et oolithique constitue les minerais du Ilerry et de la Champagne.
LIMOSA, nom latin scientifique du genre barge.
LIMOSELLE (de limosus, limoneux), Limosclla, genre de plantes aquatiques de la famille des Scrofularinées, tribu des Sibthorpiées. La Limoselle aquatique croît en Europe dane les lieux humides; les autres espèces sont exotic^ues.
LIMOSINAGE ou limousinage (de Limousin, contrée fournissant beaucoup d'ouvriers maçons, d'oii, par extension, on a appelé un maçon un Limousin), genre de maçonnerie grossière, faite de moellons et de blocage noyés dans du mortier. Voy. maçonnerie.
LIMOUSINE (de Limousin), sorte de manteau fronce par le haut, fait de poil de chèvre ou de grosse laine commune blanche ou grise, que portent les rouliers et les pavsans du centre de la France.
LIMULE (du lat. limus, hmon), Limulus, gemc d'animaux marins qui forment la transition entre les Arachnides et les Crustacés. Ils sont caractérisés : par un céphalothorax énorme portant en dessous six paires d appendices, servant, les deux premiers à la mastication, les quatre autres à h. locomotion; par des branchies foliacées situées sous l'ai)domen et multiarticulées dans leur partie basilaire: par un appendice rigide, en forme de stylet, oui termine leur corps en arrière et qui a valu au groupe dont les Limules font partie le nom de Xiphosures. Ces animaux habitent les mers chaudes des Indes et de l'Amérique : le L. polyphème, ou Crabe des Moluques, long de 0 m. 50, vil