‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 904 sur 1729 · LIT · texte numérisé non relu

LIT

LISEUR. Ce mot désigne, dans les fabriques de tissus ouvrés, brochés ou damassés, l'oumer qui lit les dessins et qui les imite sur les étoffes par l'enlacement des fils de la cliaîne et de la trame.

LISEUSE, petit instrument de Ijois, d'ivoire ou de métal, destiné à marquer une page d'un livre.

LISIER ou i.iziER, se dit, en termes d'Agriculture, du liquide provenant du mélange des urines et des excréments des animaux, et que l'on conserve dans des fosses couvertes pour s'en servir comme engrais. Voy. purin et engrais.

LISIÈRE (pour listières; du germ. lisla, bordure), bord longitudinal d'une pièce d'étoffe, ordinairement d'un autre tissu et d'une autre couleur que la pièce même. Les fils de la chaîne destinés à former les lisières, tout en faisant partie du tissu, ne sont pas ourdis en même temps que la pièce ; ils sont ajoutés après coup et tendus par des poids particuliers. — Ce mot désigne aussi une bande d'étoffe ou cordon dont on se sert pour soutenir les petits enfants lorsqu'ils commencent à marcher.

LISSAGE, LissEUR, LISSOIR (de l'anc. ht-allem. lise, doux). Le lissage consiste à unir et à polir la surface d'une étoffe ou d'un papier, ce qui lui donne du brillant; c'est le dernier apprêt qu'on fait subir au produit avant de le livrer au commerce. Le lisseur est l'ouvrier chargé de ce travail. Le lissoir est l'instrument à l'aide duquel il exécute l'opération du lissage. Voy. satinage.

LISSE ou lice (du lat. licium, trame). Dans les métiers à tisser, on appelle lisses des fils verticaux mobiles et à mailles, dans les mailles desquels sont passés un ou plusieurs des fils horizontaux de la chaîne. Au moyen de ces mailles et en faisant jouer les pédales, on fait ouvrir les lils de la chaîne d'un tissu quelconque pour y passer la navette et, par conséquent, le fil de la trame. On nomme aussi lisses deux tringles en bois, disposées parallèlement entre elles et par rapport aux fils dans une longueur égale à la largeur des tissus qu'on veut fabriquer.

Dans la Tapisserie, le métier est dit de basse ou de haute lisse, suivant qu'il présente un plan horizontal ou vertical. Dans les métiers de basse lisse, les fils de la chaîne sont tendus horizontalement, et ils montent et descendent alternativement par l'action des pédales. Dans les métiers de haute lisse, les fils sont tendus verticalement, et ils s'éloignent ou s'approchent sans quitter la position perpendiculaire. L'ouvrier est debout pour travailler au métier. L'invenlion de la basse et de la liante lisse semble venir du Levant. Les Anglais et les Flamands, qui y ont les premiers excellé, en ont peut-être apporté l'art au retour des croisades. En France, ce fut seulement sous le règne de Louis XIV que Colbert établit les manufactures de Beauvais et des Gobelins, où furent fabriquées d'admirables tapisseries de haute lisse.

LISSE (de lista, bordure). Dans la Marine, on appelle lisses de longues pièces de bois qui servent de préceinte, ou de renfort sur le bout des membres des côtés d'un navire. Les listeaux sont des pièces de moindre dimension. On nomme : lisses de vibord ou de plat-bord la ceinture qui enveloppe le bâtiment dans sa partie supérieure; lisses d'appui, des garde-fous. Voy. herpès.

On appelle encore lisse ou liste une bande de poils blancs située à la partie antérieure de la tête des chevaux à rol)e foncée, et occupant le chanfrein.

LISSE, espèce de couleuvre de couleur brune et tachetée de roux.

LISTE (de lista, bande, bordure), toute feuille contenant une suite de noms, de chiffres, d'articles, etc.

LISTE CIVILE, somme allouée dans les gouvernements constitutionnels pour les dépenses annuelles du chef de l'Etat. Généralement la liste civile est fixée au commencement du règne, et pour tout le temps qu'il durera. Elle est indépendante de la dotation mobilière et immobilière de la couronne (palais, châteaux, domaines, etc.), ainsi que des douaires et dotations des divers membres de la famille souveraine. — C'est en Angleterre, sous Charles II, que fut posé le principe de la liste civile. Le parlement se cliargea de pourvoir par des subsides annuels à la défense du royaume et laissa au roi le soin de défrayer la liste civile [civil list), c.-à-d. les personnes inscrites sur la liste des fonctionnaires civils; mais comme on avait ôté des mains du roi plusieurs propriétés royales et plusieurs droits féodaux ou régaliens, on lui accorda en compensation une somme fixe qui servirait à solder la liste civile : cette somme fut fixée à 1 200 000 liv. sterl. (env. 30 mil-

lions de francs). Depuis, la somme accordée au roi d'Angleterre pour défrayer les dépenses de sa maison a conservé le nom de liste civile. En France, Louis XVI fixa lui-même, en 1791, sa liste civile à 25 millions. Ce chiffre fut maintenu sous l'Empire et sous la Restauration. La loi du 2 mars 1832 alloua 12 millions seulement à Louis-Philippe, mais en laissant au roi la jouissance de son domaine privé, et en donnant une dotation au duc d'Orléans. Le sénatus-consulle du 12 décembre 1852 avait alloué une liste civile de 25 millions à Napoléon III et une dotation annuelle de 1 500 000 fr. aux princes et princesses de la famille impériale. Le Président de la Répuolique n'a point de liste civile ; il reçoit un traitement.

LISTE ÉLECTORALE. Elle cst dressée par le maire dans chaoue commune et doit être l'objet d'une revision annuelle. Le tableau des additions et retranchements est déposé au secrétariat le 15 janvier au plus tard, et pendant 10 jours tout citoyen omis peut réclamer l'insertion de son nom, tout électeur inscrit peut demander la radiation d'un individu indûment inscrit ou l'inscription d'un citoyen omis; les préfets et les sous-préfets ont le même droit. Les réclamations sont jugées par une commission composée, à Paris, du maire et de deux adjoints, et, partout ailleurs, du maire et de deux conseillers municipaux. L'appel est porté devant le juge de paix, qui décide en dernier ressort, sauf le pourvoi en cour de cassation. La liste est définitivement close le 31 mars. Voy. élection.

LISTEAUX, en Marine. Voy. lisse.

LISTEL ou LISTEAU (de lista, bordure, bande). On nomme ainsi, en Architecture, une jjctite moulure carrée et unie qui surmonte ou qui accompagne une autre moulure plus grande, ou qui sépare les cannelures d'une colonne, d'un pilastre : on dit aussi filet. Les listeaux prennent le nom aarmilles quand ils tournent circulairement

LIT (du lat. leclus), meuble destiné au repos de l'homme. Le lit complet comprend la couche ou châlit, en lx)is ou en fer, et la literie (paillasse, lit de plume, matelas, traversin, draps, oreiller, couverture, edredon, saut de lit, rideaux, etc.). — Le lit de sangle est un châssis pliant et portatif qui se soutient par des sangles attachées d un côté à l'autre : le jour, et tant qu'on n'en a pas besoin, il se plie et n'occupe que peu de place; il est généralement remplacé maintenant par le lit pliant en fer. — Le lit de camp (usité dans les corps de garde) est une plate-forme de Bois en talus de 0 m. 60 à 0 m. 90 de hauteur, sur laquelle couchent les hommes de service : s'il est possible, on donne à chacun un matelas. — Les lits des marins sont habituellement des hamacs ou des cadres ( Voy. ces mots). — Le lit de parade est celui sur lequel on place, après leur mort, les personnes élevées en dignité, pour

3 ne le public vienne les y contempler. — Enfin, il y a es lits mécaniques, orthopédiques, à opérations, etc.

Les lits primitifs n'étaient que des litières de paille et d'herbes, clés amas de joncs et de roseaux jetés sur le sol, ou des toiles suspendues aux arbres ou aux poutres coiume nos hamacs ; ensuite vinrent les peaux de bête, les nattes et les tapis. Enfin, on imagina le bois de lit. L'Orient connut de bonne heure les lits riches et somptueux. L'ancienne Rome, qui avait des lits non seulement |)our le sommeil, mais pour la table, et qui déployait aussi pour ces meubles un luxe excessif, faisait des lits avec les Iwis les plus rares ornés de riches incrustations, et même en ivoire, en argent et en or. Le moyen âge en a eu de fort beaux, mais généralement massifs et sans élégance. Il en a été longtemps ainsi parmi les modernes : les lits étaient très hauts, comme de nos jours encore chez les paysans : on y montait à l'aide de gradins et de tabourets ; de plus, ils étaient sur une estrade, et souvent une balustrade régnait autour. Aujourd'hui les lits, même les plus riches, se distinguent avant tout par l'élégance et le confort.

Lit de justice. On donnait proprement ce nom, sous l'ancienne monarchie, au trône ou siège sur lequel le roi se plaçait lors des séances solennelles du parlement. Ce mot s'étendit ensuite aux séances elles-mêmes. Voy. le

LIT. En termes de Construction, le lit d'une pierre est la situation suivant laquelle cette pierre se trouvait placée dans la carrière. Les pierres ont cleux lits, celui de dessus ou lit tendre et celui de dessous ou lit dur. Dans les assises, une pierre posée en délit, c.-à-d. dans un sens qui n'est pas celui d^ son lit, perd beaucoup de sa force et risque d'être écrasée.

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