‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 906 sur 1729 · LITHIUM · texte numérisé non relu

LITHIUM

Lithine phosphatée. Voy. triphtllixe.

LITHINITE, sj-n. de Zinnwaldile [Voy. mica).

LITHIUM [Li= 7], métal très léger (D=0,59); il a la couleur de l'argent, mais s'oxyde promptement. L'oxyde (Li*0] ou lithine est une base soluble, alcaline, qui rapproche le métal des métaux alcalins, le potassium et le sodium. Les sels de lithium sont solubles, utilisés en thérapeutique : le carbonate est cependant peu soluble dans l'eau, contrairement à ce que l'on observe pour les carbonates des métaux alcalins.

Introduits dans la flamme, les sels de lithium, et en particulier le chlorure, communiquent à celle-ci une coloration rouge très intense ; le spectre est composé d'une raie rouge. Cette réaction très sensible a permis de constater la diffusion du lithium, sa présence en très petites quantités dans les eaux minérales (eauxdeCarlsbad, de Royat, etc.), et dans un grand nombre de matières végétales.

Le lithium a été découvert par Arfwedson (1817) dans certains silicates, tels ciue le trtphane, le lépidolithe ; on l'extrait auj. de Yaniblygonite. Le métal a été isolé en 1817 par Davy en décomposant la lithine au moyen de la pile. Bunsen et Matthiesen, et après eux M. Trooisl. en ont obtenu des quantités notables en décomposant le chlorure fondu pr le courant électrique.

La lithine, le carbonate de lithine et le chlorure de lithium exercent une action puissante sur la goutte et sur les rhumatismes. Les eaux minérales de Châteauneuf et de Royat (Puy-de-Dômej contiennent jusqu'à 35 miliigr. de lithine par litre, tandis que les eaux d'Allemagne les plus lithinées ne dépassent pas la quantité de 30 miliigr. par

litre. Les autres eaux de l'Auverçne contiennent aussi de la lithine, mais en moins grande quantité (Chàtel-Guyon, 28; Saint-Nectaire, 22 ; la Bourboule, 18; Mont-Dore, 8).

LITHOBIE (du gr. Xt^oî, pierre, et 2'oî, s'\c),Lithobiuê, genre de Myriapodes, de l'ordre des Cliilopodes, voisins des Scolopendres : 17 segments, 15 paires de pieds, les postérieurs plus longs ; antennes de 50 à 40 articles. Le L. fourchu ou L. à tenailles se trouve, aux environs de Paris, sous les pierres humides et sous les écorces d'arbres.

LITHOCÉRAME (du gr. XiOoî, pierre, et xipajjtoç, poterie) , nom donné par Brongniart à la faïence fine dure, oite aussi porcelaine opaque. L' iion-stone (pierre de 1er) des Anglais est une variété de lithocérame.

LITHOCHROMIE (de litho, four lithographie, et du gr. j^pwp.a, couleur), procédé pour imiter les tableaux à l'huile à l'aide d'estampes. Une estampe étant préalablement rendue transparente à l'aide d'un vernis gras, on étend derrière des couleurs à l'huile par couches égales et éjwiisses ; on colle ensuite l'estampe sur une toile à peindre et on passe un vernis sur la surface extérieure. Ce procédé fut d'abord appliqué à des lithographies; d'où son nom. — yoy. aussi chromolithographie.

LITHOCLASE (de Xîôo;, pierre, etxXâw, briser, di\nser], nom donné, en Géologie, aux cassures des roches en général. On peut diviser les lithoclases en diaclases et paraclases [Voy. ces mots).

LITHOCLASTE. Voy. litrotritie.

LITHODOME (du gr. Xi6oî, pierre, et Sôfio;, maison), Lithodomus, genre de Mollusques acéphales, de l'ordre des Orthoconques mtégropalléales, famille des Mytilidées : co-

3uille oblongue, équivalve, renflée et presque fermée, ont le crochet contourné forme la partie inférieure. Ce sont des coquilles perforantes, qui >ivent dans les pierres, les coraux et les autres coquilles, qu'elles percent au moyen d'un acide qu'elles sécrètent. Les Litliodoraes se trouvent à l'état fossile depuis l'étage bathonien. Les espèces vivantes se rencontrent dans toutes les mers. Le L. lilhophage, de la Méditerranée, est comestible. LITHOFRACTEUR. Voy. mtrogltcérixe.

LITHOGRAPHIE fdu grec Xtôo;, pierre, et ypàçpw, j'écris). La Lithograpliie est l'art de reproduire, par l'impression, les signes, dessin ou écriture, tracés avec un corps gras sur une pierre calcaire à grain fin, serré et homogène. Se dit aussi, par extension, iorstju'on substitue à la pierre une planche de métal, spécialement une planche de zinc. Le calcaire utilisé pour la Lithographie appartient à la formation géologique dite jurassique, dont les plus beaux spécimens sont encore auj. ceux qu'on extrait des carrières de Solenhofen, près de Munich, en Bavière. La France possède un certain nombre de gisements de calcaire lithographique ; le plus important comme exploitation est celui du Vigan (Gard), mais la qualité de ses produits n'approche pas de ceux de Solenhofen. Dans la carrière, les pierres sont débitées dans le sens de leur lit de formation, sur une épaisseur de Om. 10 à 0 m. 12 env., puis dressées sur leurs deux faces et légèrement polies; celle opération se faisait à la main, auj. elle se fait mécaniquement. Après avoir choisi la face destinée à recevoir l'écriture ou le dessin à reproduire, on ponce celle-ci avec beaucoup de soin, en se servant de pierre ponce de moyenne dureté,

au'on a la précaution d'humecter constamment. La pierre oit présenter après le ponçage l'aspect d'un marbre régulièrement dépoli. On écrit ou on dessine sur cette face, préalablement lavée à grande eau et séchée, en employant soit une encre, soit un crayon dans la composition desquels entrent du suif, de la cire' d'abeilles et du savon. L'encre litliugraphique, telle qu'on la trouve dans le commerce, est solide ; le savon qu'elle renferme permet d'émulsionner ses autres corps constituants de façon à pouvoir l'utiliser avec des plumes d'acier d'une grande finesse. Lorsque les signes à reproduire sont tracés sur la pierre, la planche obtenue est soumise à une préparation acide composée d'une solution faible de gomme arabique (arabine) additionnée de 3 p. KM) env. d'acide nitrique. L effet de cette préparation est complexe : d'une part, l'acide agit sur l'encre en neutralisant les alcalis de saponification qui ont facilité l'émulsion ; d'autre part, elle attaque légèrement la surface de la pierre, et cela nresque au contact des traits. Elle forme ainsi, sur toute la surface de cette pierre non protégée par l'encre, un sel calcaire fort adhérent et hygrométrique. La planche ainsi préparée est lavée à grande eau, puis recouverte d'une mince couche d'une solution gommeuse

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