‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 908 sur 1729 · LIVRE · texte numérisé non relu

LIVRE

LITTORAL (du lat. litloralis), sc dit de tout ce qui appartient aux bords de la mer, aux côtes. — En Géogra-

fhie, on appelle spécialement le Littoral un district de Autriche-Hongrie, qui s'étend le long de la mer Adriatique.

LITTOR ELLA, herbe aquatique. }oy. plantaginées.

LITTORINE (du lat. lillus, r'iy&ge), Liltorina, genre de Mollusques gastéropodes, de l'ordre des Pectinibranches et type de la famille des Littorinidées : coquille turbinée, épaisse, à bouche entière, ovale ou semi-lunaire ; bord columcllaire aplati, labre tranchant, opercule corné. Les Litlorines vivent sur les côtes de toutes les mers. — La L. littorale, vulg. Vigneau ou Vignot, Guignette, est commune sur les côtes de la Mancïie et de l'Océan : elle est comestible.

LITUITE [du lat. lituus, crosse), Lituites, çenre de Mollusques céphalopodes fossiles, de l'ordre des Tétrabranchiaux : coquille spirale, enroulée dans le même plan, à tours contigus dans le jeune âge, le dernier se projetant ensuite en ligne droite. Les Lituites appartiennent aux étages ordovicicn et gothlandien.

LITURGIE (du gr. >*£iToupyîa, service public). Chez les Grecs anciens, on appelait en général liturgie tout service public, et en particulier certaines charges imposées aux citoyens riches. Telles étaient à Athènes les fonctions de chorrge et de gymnasiarque, l'obligation de fournir aux frais des banquets publics dans les fêtes des tribus ou des théories envoyées à Délos ou ailleurs, enfin l'équipemenl et l'entretien des navires de guerre {trier archies).

LITURGIE. En termes de Religion, on entend par ce mot l'ordre et les cérémonies du service divin ainsi que les formules de prières consacrées par l'autorité spirituelle compétente, et en particulier l'ordre établi dans les prières et les cérémonies de la messe. Toutes les religions ont leur liturgie : on reconnaît beaucoup de morceaux liturgiques dans le Rig-Véda et le Zend-Avesta. On en aperçoit aussi des traces chez les Grecs, dans les prières des Eumolpides et d'autres familles sacerdotales ; le konx ompax des Eleusinies, Vévoé des fêtes de Bacchus, les mots favete linguis, tllicet (pour ire licet), etc., prononcés dans les sacrifices, sont des débris des liturgies antiques.

La liturgie chrétienne remonte aux premiers siècles de l'Eglise, mais elle ne fut mise par écrit qu'aux iv° et v* siècles. L'Eglise latine reconnaît 4 liturgies : 1° la L. de Rome ou L. grégorienne, qui vient par tradition de St Pierre, et qui reçut sa dernière forme du pape St Grégoire le Grand. Le concile de Trente et Pie V s'occupèrent de réformes liturgiques; 2» la L. de Milan ou L. ambrosienne, que l'on attribue à St Ambroise; 3" la L. gallicane, qui paraît dériver de l'Eglise d'Orient, parce que les premiers qui prêchèrent la foi en Gaule étaient venus de Grèce : elle fut en usage jusqu'au viii' siècle, époque à laquelle Charlemagne y introduisit le rite grégorien. Plusieurs rituels de France offrirent longtemps néanmoins de notables différences avec celui de Rome; mais elles ont récemment disparu; 4° la L. d'Espagne, ou mozarabe, tirée de la liturgie grecque et constituée par Isidore de Séville; elle fut en usage jusqu'au xi* siècle. — L'Eglise grecque a deux liturgies : celle de St Chrvsostome, qui est la liturgie ordinaire; celle de St Basile, qui ne sert

3u'à certains jours, à la fête du saint, la veille de Noël et e l'Epiphanie, les 4 dimanches du Carême et le Jeudi saint. En outre, les Nestoriens, les Arméniens, les Maronites, les Coptes, etc., ont chacun leur liturgie particulière. On croit pouvoir assigner l'origine des diverses parties de la liturgie grégorienne. Ainsi, le chant des psaumes, introduit dans la liturgie antérieurement à l'an 250, est attribué à St Ignace, disciple des apôtres. Ce fut St Jérôme qui, à la prière du pape Damase, distribua les psaumes, les évangiles et les épîtres dans l'ordre oii ils sont. Les oraisons, les répons et les versets furent ajoutés par les

Ïapes Grégoire et Gélase ; les graduels, les traits et Valleuia, par St Ambroise. Grancolas a publié les Anciennes Liturgies ou la Manière dont on disait la messe dans chaque siècle (Paris, 1697-99). — Voy. brévuire, anti-

PHONAlRE, MISSEL, etc.

Les religions réformées ont aussi leur liturgie : ainsi les Anglicans ont leur Book of common prayer, composé en 1548 et plusieurs fois revisé, notamment en 1552, 1559 et 1662.

LITUUS, nom donné par les Latins au bâton augurai : il était recourbé par le haut conune la crosse de nos évêques, dont il a fourni le modèle. — C'était aussi le nom d'un

instrument de musique chez les- Romains ; les joueurs de lituus [liticines] formaient à Rome une corporation. Le lituus était en cuivre, avait quatre à cinq pieds de long et était souvent doré.

LIVARDE. En Marine, on appelle ainsi une perche longue et légère au moyen de laquelle on tend une voile rectangulaire enverguée sur le mat.

LIVAROT, fromage. Voy. fromage.

LIVÈCHE (du lat. levisticum, pour ligusticum, de Ligurie), Ligusticum, genre de la famille des Ombellifères, tribu des Angélicées, renferme des plantes herbacées, qui croissent naturellement en Europe, surtout dans les Alpes méridionales, et dans l'Inde. La Livèche commune [L. levisticum), ou Achede montagne, est cultivée dans les jardins pour la beauté de son feuillage et sa bonne odeur, analogue à celle de l'angélique. Ses racines et ses semences s'emploient en décoction comme diurétiques.

LIVRAISON (du lat. liberatio). Dans le Commerce, ce mot exprime la remise, la tradition que le débiteur d'une marchandise et en général d'une chose quelconque en fait au créancier. La livraison une fois faite et acceptée, l'acheteur n'est plus reçu dans ses réclamations, si ce n'est pour vices réahibitoires. Voy. ce mot.

En Librairie, livraison se dit de la partie d'un ouvrage qu'on délivre aux souscripteurs au fur et à mesure de 1 impression partielle qui s'en fait, pour la commodité de l'éditeur et des acquéreurs. Ce mode de publication est devenu commun de nos jours pour les ouvrages de longue haleine ou très populaires.

LIVRE (en latin libra], unité de poids et de monnaie chez plusieurs peuples.

LIVRE [poids). La livre des Romains, libra, as, se divisait en 12 onces. Elle ne pesait guère que 12 onces de notre ancienne livre commune (de 16 onces), et valait 527 grammes 187.

En France, il a existé simultanément plusieurs livres différentes jusqu'à l'établissement du système métrique. La plus ancienne se divisait, comme la livre romaine, en 12 onces. La plus répandue dans les derniers siècles était la livre de Paris, dite aussi livre commune, livre poids de marc. Elle se divisait en 2 marcs, le marc en 8 onces, l'once en 8 gros, le gros, dit aussi drachme ou dragme, en 3 deniers ou scrupules, et le scrupule en 24 grains ; en d'autres termes, la livre valait 2 marcs, ou Ib onces, ou 128 gros, ou 9216 grains. Cette livre, en prenant le

f:ramrae pour unité, équivaut à 489 gr. 5058. — Une autre ivre, dite poids de table, était en usage à Toulouse et dans le Languedoc ; elle se divisait, comme la précédente, en 16 onces; mais ces 16 onces étaient moins fortes et ne représentaient guère que 13 onces 1/3 de la livre de Paris. Elle valait, en prenant le gramme pour unité, 407 gr. 922. — La livre de Lyon différait encore des précédentes. — En outre, on employait pour la viande une livre dite carnassière, qui était le triple de la livre ordinaire.

Pour faciliter la transition de ces poids divers à un poids uniforme, un décret du 12 février 1812 avait prescrit une livre précisément égale au demi-kilogramme. Depuis le 1"^ janvier 1840, le kilogramme, avec ses multiples et sous-multiples, est seul admis légalement : mais, dans l'usage, le demi-kilogramme reçoit encore souvent le nom de livre.

En Angleterre, on distingue la livre troy, ou impériale, usitée pour les matières sèches, qui se divise en 12 onces, et vaut 373 grammes ; et la livre avoir-du-poids, qui sert

[»our les objets d'une nature grossière, tels que le beurre, e fromage, la viande, les articles d'épicerie, le blé, le pain et les métaux (excepté l'or et l'argent, que l'on pèse avec la livre troy) : elle se divise en 16 onces, et vaut 453 gr. 5.

La livre portugaise vaut 458 gr. 9 : elle se divise en 2 marcs, ou 16 onces; la livre espagnole vaut 459 gr. : la /. autrichienne vaut 560 gr. ; la l. prussienne ou de Cologne, 467 gr. 4 ; la /. d'Amsterdam, 494 gr ; la /. troye

de Hollande, 492 gr.: la /. suédoise, 424 gr. : toutes se

' " . 7, et se divise en 32 loths

divisent en 16 onces; la l. russe vaut 400 gr.

LIVRE [monnaie). Comme monnaie, la livre portait, chez les Romains, les noms d'as, ses, libella ; elle avait, dans l'origine, le poids réel d'une livre de cuivre ; mais son poids et, par suite, sa valeur varièrent fréquemment. Voy. as.

En France, il v avait autrefois deux principales espèces de livres : la tivre tournois (originairement frappée à

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