LOGIQUE
ouvert et un avant-corps pratiqués à l'un des étajres d'un diiice, pour jouir de la vue du dehors et de la fraîcheur le l'air. La loge pontificale, située au-dessus du portique le l'église de St-Pierre de Rome, est le lieu d'où le lape donne sa bénédiction urbi et orbi. On connaît aussi es loges du Vatican [Voy. fresque). — A Paris, pluieurs tliéàtres, celui du Châtelet, l'Opéra, etc., ont des
Dans la Franc-Maçonnerie, on nomme loge un certam ombre de Frères réunis sous un même président ou vénéable, ainsi que le local où ils se réunissent. Voy. fr4>cs- Aço>s au Dict. d'Hist. et de Géogr.
En Botanique, les loges sont des cavités simples ou muliples qui existent dans l'anthère, l'ovaire, le péricarpe des lantes. Voy. locitlaire.
LOGEMENT (de loger; de loge], local destiné à l'habiition. Dans les grandes villes, où se trouvent en quantité es maisons mal bâties et des quartiers privés d'air, il liste une foule de logements insalubres. Une loi du 13 vril 1850 a armé les conseils mimicipaux des moyens 'assainir ces logements ; elle a été complétée par les' dérets des 22 janvier 1852 et 27 mars 1854. Les locataires xpulsés pour cause d'insalubrité n'ont droit à aucune inemnité.
Logement des troupes. En cas d'insuffisance des bàtilents militaires, le logement des troupes est dû par les itovens. giatuitement lorsque les troupes sont en marche, juf indemnité si elles sont en garnison. Les dépositaires de ïisses puJ)liques, les femmes veuves et les filles peuvent n pavant se dispenser de cette obligation (Loi du 8 juilît l'ïQf). L'origine des billets de logement remonte à ouis XII (Ordonn. du 20 févr. 1514).
Dans l'Art militaire, le logement d'une troupe estledétabement des fourriers qui marche, en temps de paix, en avant 'elle pour préparer son logement dans les étapes. — Dans s travaux de siège, le logement est un retranchement u'exéeute aussi rapidement que possible l'assiégeajit qui eut s'emparer d'un ouvrage pour empêcher le défenseur e le reprendre.
LOGEUR. Voy. acbergiste.
LOGIQUE du gr. f, Xoyixf,, de Tiôyoî, raison, discours), arlie de la Philosophie qui étudie les lois de la pensée, ar suite, qui nous enseigne les règles à observer dans invention et l'exposition de la vérité. Elle est une cience. parce qu'elle fonde ses théories sur la connaisance de nos facultés intellectuelles et qu'elle en déduit îs règles auxquelles celles-ci doivent être assujetties. Elle st un art, parce que ses préceptes s'appliquent à toutes es sciences et forment la justesse de l'esprit. — Elle traite eux grandes quoslioiis, celle de la Certitude et celle de la léthoae. Dans la 1™, elle défmit la certitude et Vévidence m en est le critérium , la probabilité, le doute ; elle xamine les trois svstèmcs qui s'y rattachent, le Bogmaisme, le Probabilisme et le Scepticisme ; par suite, elle listingue la science et Voninion, assigne les caractères de a vérité et les causes de l'erreur. Dans la 2*, elle dcteraine les procédés de la méthode, soit en général, soit par apport aux cUverses sciences particulières (sciences mathéiiatiques, piiysiques, naturelles, sociales); elle montre en uèine temps quel concours le langage peut prêter aux ipéralions de l esprit. Voy. ces mots.
La Dialectique . nui consiste dans l'art de discuter, fut a première forme de la Logique. Elle eut pour fondateur [énon d'Elée. Les Sophistes essayèrent de la réduire en ègles ; ils firent faire des pi-ogrès à la connaissance du lan- ;age et aux i)rocédés de la discussion. Socrate, en combatant leurs subtilités, donna à la dialectique ime base psychoogique et une direction rationnelle , soit qu'il réfutât ses l'iver^aires par Vironie, soit que, cherchant à connaître ' ts par les idées qu'ils font naître dans l'esprit, il enpar sa mafeulique l'art de l'induction et celui des lis. Enfin Platon, dans ses admirables dialogues, dé- 1 toutes les ressources de la méthode qu il tenait maître. Voy. ouLECTionE et idéalisme.
Aiislote constitua définitivement la Logique en donnant 1 théorie scientifique de la méthode démonstrative dans
m Orginion (ôovavov, instrument de la science). Comme
ne démonstration est composée de plusieurs syllogismes, n syllogisme de trois propositions, une proposition de deux îrmes (sujet et attribut), l'Organon comprend six traités :
' 1", des Catégories, examine les notions simples qui,
^présentées par des mots isolés, jouent le rôle de sujet
ou d'attribut; le 2«, de l'Interprétation, considère les éléments de Ia proposition (nom, verbe, etc.), puis les diverses espèces de propositions; le 3', Premiers analytiques, expose les règles, les figures et les modes du syllogisme ; le 4*, Seconds analytiques, analyse les propriétés et les espèces de la démonstration, les questions que peut résoudre la science, la nature de la défmition, enfin l'origine des idées générales et indémontrables, des axiomes sur lesquels repose toute démonstration; le 5*, Topiques (ou de la Dialectique), énumère les lieux ou sources d'arguments, et indique l'usage qu'on doit faire dans la discussion; le 6', Réfutation des Sophistes, passe en revue les sophismes et enseigne la manière de les combattre. Comme la Canonique d'Epicure amoindrissait la science en la réduisant à la sensation, et que les Stoïciens n'ajoutèrent rien d'important à YOrgaiwn d'Aristote [Voy. catégories), les siècles suivants conservèrent religieusement le monument élevé par ce philosophe. L'Organon eut de nombreux commentateurs, parmi lesquels on remarque : chez les Grecs, Galien, à qui on attribue l'invention de la 4" figure du syllogisme, Alexandre d'Aphrodisie, Porph\Te, qui fit aux Catégories une introduction célèbre, Ammonius, disciple de Proclus, David l'Arménien, Simplicius, Jean Philopon ; et chez les Latins, Boëce, dont les travaux importants ont joué un rôle considérable en faisant connaître aux Latins et en conservant parmi eux l'œuvre d'Aristote. Au moven âge, la Logique d'Aristote régna à la fois sur les écoles mahométaiies, pour lesquelles elle fut traduite en arabe par Averroès, et sur les écoles chrétiennes, dans lesquelles elle donna naissance à la Scolastique : celle-ci commenta et simplifia l'Organon, en formulant les règles des propositions et du syllogisme ; elle s'en servit pour Y argumentation dans la querelle du Nominalisme, du Conceptualisme et du Réalisme. Alors se distinguèrent Roscelin, Abélard, Albert le Grand, Saint Thomas d'Aquin, Duns Scot, Occam, Raymond Lulle. Ensuite, du iiv» au xvi= siècle, les novatlons de Laurent Valla, Patrizzi, Ramus, Nizolius, Campanélla amenèrent l'ère nouvelle où parurent Bacon, Descartes, Leibniz et Kant.
En Angleterre, Bacon, exprimant dans un langage imagé l'opinion de ceux qui essayaient de secouer le joug de la Scolastique, aidé d'ailleurs par les progrès des sciences physiques, formula dans son Novum Organum (1620) les règles de la méthode expérimentale et inductive, dont Aristote, malgré son goût pour l'observation, n'avait donné qu'uile théorie insuffisante et entièrement méconnue au moyen âge. Peu après, Hobbes, dans sa Logique, résuma avec précision la théorie du svHogisme, et le Hollandais S Gravesande, dans son Introduction à la Philosophie, exposa les principes essentiels de la logique péripatéticienne, en y joignant un sommaire de la doctrine de Locke sur l'origine des idées. De nos jours, Hamilton a rappelé l'attention sur cette étude dans ses Fragments de Philosophie; mais sa doctrine a été comljattue par M. Stuart Mill Philosophie de Hamilton) ; ce dernier, s'inspirant de Bacon, de Hobbes, de Locke et de Hartley, et alliant leurs idées au Positivisme d'Aug. Comte, a essavé, dans sa Logique, de ramener toute la science à V association des idées. M. Alexandre Bain a aussi récemment donné deux importants volumes de Logique. Voy. empirisme.
En France, Descartes (Discours de la Méthode, 1637; Règles pour la direction de l'esprit. Recherche de la vérité par les lumières tiaturelles), substituant à l'autorité l'examen, sous le nom de doute méthodique , donna aux sciences une méthode du caractère le plus général. Cette méthode, tirée par lui des mathématiques, prenait comme critérium l'éviaence et comme principal procédé la déduction. Il l'accrédita par nombre d importantes découvertes scientifiques (Voy. Bertrand de Saint-Germain, Descartes physiologiste et médecin, 1869; L. Liard, Descartes) ; aussi est-ce en suivant ses principes, dégagés des hypothèses qui les faussaient, que ces sciences ont fait en France tous les progrès réalisés depuis (Voy. Bordas- Demoulin, le Cartésianisme).
Malebranche, dans sa Recherche de la vérité, donna un excellent commentaire des règles de Descartes ; les savants de Port-Royal, Amauld et Nicole [Logique ou Art de penser), ainsi que Bossuet [Logique'^ et le père Buffier [Principes du raisonnement] , fondirent l'enseignement de l'Ecole avec celui de Descartes ; de son côté, Leibniz essaya de concilier les travaux d'Aristote et ceux des réformateurs modernes [Discours touchant la méthode de la certi-
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