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tude et l'art d'inventer) ; c'est d'après ces vues que furent rcdiiïcs la Logique de \Volf {1728),la théorie syllogistique d'Kuler (Lettres), ainsi que le Nouvel Organon de Lambert, |(hilosoplie qui fut le précurseur de Kant (1763). Cultivée également, avec talent, par Condillac et Destutt de Tracy, la Logique a été de nos jours le sujet de travaux importants qui ont fait connaître son histoire ou accru son domaine : M. Barthélemy-Saint Hilairc a donné un mémoire st(r la Logique d'Aristote et la traduction de la Logique d'Aristote; M. Cournot, un Essai sur les fondements de nos connaissances et sur les caractères de la criliaue philosophique et un Traité de l'enchainement des idées fondamentales dans les sciences et dans l'histoire, etc. Voy. Ravaisson, la Philosophie en France au ïix' siècle, § 32-33 ; Rabier, Leço7is de philosophie.
En Allemagne, Kant, tout en conservant dans sa Logique la doctrine péripatéticienne, fit entrer la science dans une voie nouvelle en posant, dans sa Critique de la raison pure, comme préhminaire indispensable de toute étude scientifique, le grand problème de Vobjectivité de nos connaissances, c'est-à-dire la question de savoir si les objets existent tels que nous les concevons (Voy. Renouvier, Essais de critique générale; Tissot, Essai de logique objective). Au contraire Hegel, identifiant dans sa Logique la Dialectique avec la Métaphysique, prétendit expliauer par des combinaisons d'idées abstraites toutes les réalités (Voy. panthéisme). — Voy. P. Janet, Essai sur la dialectique dans Platon et dans Hegel; Ucberweg, Système et histoire de la logique (3° éd., 1868, Bonn); Prantl, Geschichte der Logik.
La Logique a toujours eu sa place dans l'enseignement public en France; elle y est étudiée comme partie intégrante de la Philosophie. De 1852 à 1863, c'est sous le couvert du nom de Logique que la Philosophie a été maintenue dans l'enseignement des lycées.
En Grammaire, on distingue l'analyse logique et l'analyse grammaticale, le sujet logique et le sujet grammatical, etc. Voy. ANALYSE, SUJET, CtC.
LOGlSTIQUE^dugr.XoYiaTixoç). En Astronomie on appelle logarithme logistique d'un nombre de secondes l'excès du logarithme décimal de 3600" sur le logarithme de ce nombre de secondes. Le principal usage des logarithmes logistiques est de permettre de calculer plus promptcment le quatrième terme d'une proportion dont le premier terme est 60', ce qui arrive fréquemment en astronomie : on n'a pas de soustraction à faire pour ce calcul, puisque le logarithme logistique de 60' estO. Une table de logarithmes logistiques est jointe à la table de logarithmes de Callet. — La première table de ce genre fut donnée dans l'Astronomie Caroline de Street en 1661.
LOGOGRAPHE (du gr. Xoyoyoà'.poî). Chez les anciens Grecs, les logographes furent les premiers prosateurs et en même temps les premiers historiens. Quoiqu'ils prétendissent donner des annales véridiques, pures des fables et des mensonges imaginés par les poètes mythographes, leurs compositions ne sont autre chose que des recueils de traditions et de légendes. Cadmus et Hécatée de Milet, Acusilaûs, Phérécyde, Charon, Hellanicus sont les princi-
[»aux logographes : ils sont tous antérieurs à Hérodote, et e dialecte dont ils se sont servis est l'ionien. — Voy. Fragmenta historicorum grœcorum, de MuUcr (collection Didot), tome I.
Logographe, synonyme de sténographe. Voy. logographie.
LOGOGRAPHIE (de logographe], procédé qui jermet d'écrire aussi vite que la parole, sans sténographie, ni signes abréviatifs. Douze ou quatorze scribes sont rangés autour d'une table ; chacun a devant lui une provision de bandes de papier, divisées par compartiments, et portant un numéro d ordre. Quelques mots de la première phrase du discours prononcé sont saisis par l'écrivain n° 1, qui donne un coup de coude au n° 2 pour l'avertir de recueillir les mots suivants ; le n° 2 transmet le même signal au n" 3, et ainsi de suite jusqu'au dernier. Le premier recommence à écrire quand le dernier finit : réunis, tous les fragments forment une phrase complète. On recommence ensuite de la même manière. — La logographie fut imaginée en octobre 1790 pour recueillir les discours de l'Assemblée nationale; mais l'invention de la sténographie {Voy. ce mot) la fit bientôt abandonner.
LOGOGRIPHE (du er. /.ôvo;. parole, et YpCtpoç, filet, éniguic), csD'-cr! d énigme dont le mol est tel, que les let-
tres qui le comjwsent peuvent fournir plusieurs autres mots : la définition de ces mots secondaires aide à trouver le mot principal. — En langage de logogriphe, le mot total s'appelle le corps; pied veut dire lettre, tête la première lettre, queue la dernière, cœur celle du mihcu. Comme pour les énigmes et les charades, le mot principal doit être un substantif, ainsi que tous les mots formés par les décompositions. Aigle, p. ex., fournirait une excellente matière à logogriphe : on y trouve aile, puis tle, lie, cil. Voici un exemple de logogriphe versifié :
Vous pouvez sans fatigue extrême, Chers locleurs, me décomposer; Car je n'ai que six pieds. Sans y rien transposer, Otez-moi le dernier, je suis toujours le même.
Otcz-m'cn deux eucore, et sachez bien Qu'à ma nature ainsi, vous n'aurez changé rien.
(Rocher, Roche, Roc]
On trouve chez les anciens quelques exemples de logogriphes; mais ce jeu d'esprit a été surtout en vogue au wn" et au xvin" siècle, en même temps que l'énigme et la charade; depuis 1727, le Mercure en publia régulièrement dans chacun de ses numéros. On en trouvera une aniple collection dans le recueil intitulé : Un million d'Enigmes, Charades et Logogriphes, publié par Jlilaire le gai (1850).
LOGOMACHIE (du gr. >k6yo<;, parole, et piàyif), combatl signifie soit une dispute de mots, c.-à-d. une querelle provenant de ce que les deux adversaires prennent dans un sens différent le mot sur lequel roule la dispute, ou envisagent une autre face du même objet, soit une dispute entre les mots, c.-à-d. l'emploi dans les ouvrages scientifiques de termes contradictoires qui embrouillent les idées du lecteur au lieu de les éclaircir. Voy. langage.
LOGOS (du gr. Xôyoç, qui signifie à la fois parole et raison). Dans la Théologie chrétienne, ce mot désigne, d'après St Jean l'Evangéliste, la seconde personne de la sainte Trinité. Voy. verbe.
LOGOTHÈTE. Voy. le Dict. d'Hist. et de Géogr.
LOHERAINS (les), chanson de geste, qui se divise en cinq branches, composées au xji» et au xiii° siècle : Hervis de Metz, Garin le Loherain, Girbert de Metz, Anséia, Yon. Le roman entier comprend plus de 60 000 vers. C'est le tableau, parfois saisissant, de la haine qui met aux prises, pendant plusieurs générations, deux familles féodales, deux peuples, les Lorrains et les Gascons. Consulter : llistoire litlcraire de la France, t. XVIII et XXII ; Bonnardot. Essai de classement sur les manuscrits de% Loherains [Romania, avril 1874).
LOI (du lat. lex, legis), règle établie par une intelligence et une volonté souveraines. Il y a deux espèces de lois, celles dont l'exécution dépend de l'intelligence et de la volonté des hommes, la loi morale et la loi juridique ou positive, et celles que tous les êtres, quels qu'ils soient, observent nécessairement en vertu de leur nature, savoir les lois physiques, physiologiques, etc.
I. Loi morale, règle qui consiste dans l'obligation morale de faire le bien. Par la raison, l'homme conçoit une règle supérieure aux impulsions de l'instinct et aux calculs de l'intérêt, l'idée absolue, universelle et invariable du devoir ; par la liberté, il peut obéir aux prescriptions de la loi que la raison lui impose. En même temps que celle-ci l'éclairé, le sentiment le porte aux actes nécessaires à la réalisation de sa destinée, la lui fait aimer, l'avertit par des émotions particulières qu'il s'y conforme ou s'en écarte [Voy. devoir, morale). — La loi njora/e s'appelle aussi : loi naturelle, loi divine, parce qu'elle a Dieu pour auteur suprême, en tant qu'il a créé l'homme raisonnable et libre ; loi religieuse, en tant qu'elle nous prescrit nos devoirs religieux, etc.
Il en est de la société comme de l'individu. L'ordre social et les lois positives ont pour condition fondamentale le principe de la moralité humaine, la distinction du bien ol du mal, du juste et de l'injuste, les idées de devoir et Hc droit; sans elles, tout est arbitraire. « Dire qu'il n'y a rien de juste ni d'injuste que ce qu'ordonnent ou défendent les lois positives, c'est dire qu avant qu'on eût trace de cercle tous les rayons n'étaient pas égaux » (Montes-
3uieu, Esprit des Lois, I, 1). A ce point de vue. la loi oit tirer sa force du droit, et non le droit de la loi, comme l'ont démontré, chez les anciens, Platon [les Lois) et Cicéron (Z)^s Lois, De la République).